1. Des débuts impersonnels

1980

The Enigmatic Case
Avec : Damian Lau Chung-Yun, Cherie Chung, Hon Gong, Kong Lau

Damian Lau joue le rôle d'un mendiant nommé Lu Tin Kwan, accusé à tort d'avoir volé de l'or et envoyé en prison. Les trois véritables voleurs sont retrouvés morts suite à un incendie mais le butin a disparu. Kwan va devoir fuir les autorités et les complices des voleurs décédés, afin de découvrir qui est l'instigateur du vol.

C'est le premier film de Johnnie To, tourné en Chine, après 8 ans passés à la TVB. Devant les difficultés de la réalisation et le résultat obtenu, il abandonnera le cinéma pour 6 ans et s'en retournera travailler pour la chaîne qui l'a formé... Je n'ai pas vu ce film, mais ceux qui ont eu la chance de le voir l'ont rapproché du Butterfly Murders de Tsui Hark, en mode mineur bien sûr. Laurent - qui fait partie de ces chanceux - le définit comme un " wu xia pian policier (...), à l'intrigue peu passionnante et aux combats pratiquement inexistants ".

 Disponible en dvd chez Mei Ah.

 

1986

Happy Ghost 3
Co-directeur : Raymond Wong Bak-Ming
Avec : Raymond Wong Bak-Ming, Maggie Cheung Man-Yuk, Fennie Yuen Kit-Ying, Wing Lam, Sabrina Ho, Tan Bee Lee, Danny Poon, Wong Ching, Leung San, Tsui Hark, Charine Chan Ka-Ling

Deuxième film de Johnnie To après son second passage à la TVB où il a pris le temps de mûrir en produisant et réalisant des séries pour le petit écran. Happy Ghost 3 est le troisième opus d'une série populaire qui compte au total cinq épisodes (de 1984 à 1991), tous co-produits, co-scénarisés et joués par Raymond Wong (qui tient lui-même le rôle du Happy Ghost). A noter que pour cet opus, il est en plus co-réalisateur, c'est tout dire de la place qu'a due occuper Johnnie To : celle d'un simple " yes man ", à la botte de la star du film. Cette série surfe sur la vague des films de fantôme tels que les Mr. Vampire et autres Spooky Bunch ou Close Encounters of the Spooky Kind. Mise à part le fait que Happy Ghost 3 a permis à Johnnie To de se remettre le pied à l'étrier dans l'industrie cinématographique (et de décrocher un succès), il lui a donné la chance de rencontrer (et diriger) Tsui Hark. Pour la petite histoire, ce film est un des premiers tournés par Maggie Cheung.

Je n'ai pas vu ce film, mais je pense qu'il a terriblement vieilli.

  

1987

Seven Years Itch
Avec : Raymond Wong Bak-Ming, Sylvia Chang, Nina Li Chi, Eric Tsang Chi-Wai, Woo Fung, Tam Sin-Hung, Cheng Kwan-Min, David Wu Dai-Wai, Sham Miu-Ha, Yeung Ar-Kit

Encore un film scénarisé, produit et mettant en vedette Raymond Wong. C'est une comédie maritale qui reprend d'ailleurs le titre d'un chef d'œuvre de Billy Wilder, The Seven Year Itch (Sept ans de réflexion, avec Marylin Monroe et Tom Ewell). Johnnie To tourne une nouvelle fois dans l'ombre de Raymond Wong. A noter une apparition éclair de Maggie Cheung.

Je n'ai pas vu ce film.

 

 

1988

The Eighth Happiness
Avec : Chow Yun-Fat, Raymond Wong Bak-Ming, Jacky Cheung Hok-Yau, Carol "DoDo" Cheng Yu-Ling, Cherie Chung Cho-Hung, Petrina Fung Bo-Bo, Michael Chow Man-Kin, Fennie Yuen Kit-Ying

C'est une comédie calibrée pour le Nouvel An Chinois, l'histoire de trois frères face à la gent féminine. Ils trouveront leur nouvel amour grâce à une panne du système téléphonique qui les mettra, par hasard, en communication avec des jeunes femmes qu'ils ne connaissent pas. Fai, l'aîné, travaille à la télévision et tombe amoureux d'une femme divorcée. Long, le puîné, est un playboy qui, bien qu'ayant une relation stable avec une jolie jeune fille, s'éprend d'une autre. Sung, le cadet, est un artiste comique, maladivement timide avec les créatures du sexe opposé... jusqu'à cette rencontre due au hasard.

Encore un film mis en scène sous la tutelle de Raymond Wong, une nouvelle fois co-producteur, co-scénariste et vedette (avec, cependant, Chow Yun-Fat et Jacky Cheung cette fois-ci), qui sera un énorme succès public (premier au box office pour l'année) et, étrangement, critique (il obtiendra le Hong Kong Film Award du meilleur film). Les recettes engrangées grâce à The Eighth Happiness permettront à Johnnie To de faire son film suivant, beaucoup plus intimiste et risqué. Un film terriblement sexiste, parfois raciste et très démodé que son auteur n'aime pas tellement.

 Note : *

 Disponible en dvd chez Universe.

  

The Big Heat
Co-directeur : Andrew Kam Yeung-Wah
Producteur : Tsui Hark
Scénariste : Gordon Chan Ka-Seung
Avec : Waise Lee Chi-Hung, Philip Kwok Chun-Fung (Kuo Chui), Matthew Wong Hin-Mung, Stuart Ong (Yung Sai-Kit), Joey Wong Cho-Yin, Michael Chow Man-Kin, Paul Chu Kong

En plein tournage de The Big Heat, Tsui Hark, producteur du film, décide de renvoyer Andrew Kam qu'il trouve trop mou à son goût. Il embauche à sa place un jeune metteur en scène pour lequel il a fait l'acteur deux ans auparavant (dans Happy Ghost 3), Johnnie To, et attend de lui qu'il " relève " le film de scènes d'action bien menées. Tsui Hark ne sera pas satisfait du résultat et rajoutera des séquences gores (gangster coupé en deux dans l'ascenseur, main transpercée par une perceuse ou déchiquetée suite à l'explosion du pistolet qu'elle tenait...). Aux dires de Johnnie To, la communication ne passait pas entre lui et Tsui Hark, bien trop exigeant et compliqué... Quoiqu'il en soit, Johnnie To aura l'occasion de voir fonctionner de l'intérieur une maison de production, la Workshop, et s'en inspirera pour fonder, quelques dix ans plus tard, sa propre compagnie, la Milkyway Image. Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'il n'hésitera alors aucunement à agir comme Tsui Hark envers ses " employés " (voir Beyond Hypothermia et Patrick Leung).

The Big Heat est un très bon polar, tourné dans une atmosphère oppressante, noire et désespérée, un polar jusqu'au-boutiste. Chaque chose y est poussé à l'extrême : la violence, les sentiments, les actes... Tous les protagonistes sont touchés au moins une fois dans leur chair ou parmi leurs proches : personne n'est épargné. Corps percés, brûlés vifs, coupés en deux, atrocement mutilés, criblés de balles, déchiquetés par des grenades, écrasés... un véritable inventaire cinématographique des morts violentes !!! Flop à Hong Kong, The Big Heat deviendra très vite culte en Occident. Mais quelle est la part du film à imputer à Johnnie To, où est son empreinte ? C'est souvent là le problème des œuvres collectives : réussir à mettre au crédit d'un metteur en scène unique des idées, bonnes ou mauvaises. Et au final, tout le monde est desservi, le film n'a plus aucune paternité. C'est le cas de The Big Heat. Mais bon, Johnnie To admet au sujet de cette œuvre qu'il a beaucoup appris au contact de Tsui Hark.

 Note : * * * *

 Disponible en cassette vidéo chez HK Vidéo et en dvd chez Mega Star.