Tsui Hark a été le pivot central du renouveau du cinéma hong kongais au cours de ces vingt dernières années. Il a tout tenté, il s'est tout permis, expérimentant, renouvelant sans arrêt des genres en perte de vitesse. Il incarne mieux que quiconque l'esprit et la vitalité qui ont animé l'industrie cinématographique hong kongaise au cours des années 80 et au début des années 90. Et si l'on parle déjà d'âge d'or à propos de cette période, c'est surtout à lui qu'on le doit . Et pourtant il est, encore aujourd'hui, le moins connu et le moins reconnu des réalisateurs hong kongais. Trop fou, trop versatile, trop chinois, les cinéphiles lui préfèrent un Wong Kar-wai au style plus européanisé. Quant au grand public, il lui préfère John Woo dont les polars sont plus faciles à appréhender qu'une légende chinoise, surtout quand ils sont affadis par l'intraitable Hollywood. Mais qu'importe ! Même s'il n'obtiendra sans doute jamais une reconnaissance internationale, Tsui Hark est et restera un maître, à sa manière, iconoclaste.
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