1980 : The Sword de Patrick Tam
Un jeune épéiste (Adam Cheng) en quête de gloire cherche à affronter un célèbre combattant pour asseoir sa réputation.

Avec ce premier film, Patrick Tam revisite le wu xia pian, un genre alors un sérieuse perte de vitesse. Il porte un regard distancié sur cette recherche vaniteuse de la gloire par le combat, une recherche qu'il juge vaine car l'épéiste finit toujours par trouver plus fort que lui. Les chorégraphies de Ching Siu-tung, déjà très rapides et savamment découpées, achève de faire de ce film un des classiques de la nouvelle vague.

 

1980 : Don't Play With Fire de Tsui Hark
L'équipée sanglante de 3 jeunes hong kongais et d'une jeune fille recherchés par des trafiquants d'armes.

Tsui Hark a toujours eu besoin d'un chorégraphe pour mettre en place les scènes d'action de ses films. Première association des deux hommes qui annonce une collaboration fructueuse.

 

1986 : Peking Opera Blues de Tsui HarkPeking Opera Blues
Le destin de trois femmes (Brigitte Lin, Cherie Chung et sally Yeh) dans un pékin troublé par les luttes de pouvoir au début du siècle.

Film majeur dans l'élaboration du style Workshop, Ching Siu-tung met en place les scènes d'action qui se déroulent dans l'opéra ainsi qu'un final éblouissant sur les toits de Pékin. Fusillades, envolés de personnages, ballets et mouvements de foule. De grands moments de cinéma...

1987 : Syndicat du crime 2 de John Woo
Le retour de Ho (Ti Lung) sorti de prison pour aider son frère (Leslie Cheung) policier infiltré dans les milieux mafieux.

Contrairement à Tsui Hark, John Woo aime à organiser seul ses chorégraphies. Ching Siu-tung n'a donc pas eu beaucoup à faire si ce n'est mettre en place les cascadeurs. Néanmoins c'est lui qui a eu l'idée de la fameuse fusillade dans l'escalier où Chow Yun-fat dévale les marches sur le dos.

 

1988 : I Love Maria aka Roboforce de David Cheung
Un groupe de terroristes utilise des robots pour tenter de dominer le monde. Un inventeur fou (John Sham) et Whisky (Tsui Hark) un ex-membre du groupe vont réussir à prendre le contrôle de Maria, un robot construit à l'image de l'amie d'enfance de Whisky (Sally Yeh), elle-même chef du groupe. Avec l'aide de cette machine, ils lutteront contre les terroristes…

Comme plus tard pour Heroic Trio, ce film puise tout à la fois son inspiration dans la pop culture occidentale et chinoise. Et comme dans Heroic Trio, il ne parvient pas à offrir une synthèse de ces deux univers. A noter une très belle scène de pousuite dans les arbres dont on sent l'emprunte indéniable de Ching Siu-tung.

  

1989 : The Killer de John Woo
L'histoire tragique d'un tueur à gage (Chow Yun-fat) résolu à aider une chanteuse (Sally Yeh) qu'il a blessé.

Comme sur Syndicat du crime 2, Ching Siu-tung se contente d'épauler John Woo.

 

1990 : Swordsman de Tsui Hark
Différents clans s'affrontent pour mettre la main sur un mystérieux parchemin.

Le projet, qui devait offrir à King Hu un retour au premier plan, tourne au calvaire. King Hu remercié, les réalisateurs se succèdent avant que Tsui Hark ne reprenne le film en main. Au total Ching Siu-tung dit en avoir tourné un tiers. Les scènes d'action en tout cas en porte sa marque. Par Rapport à Duel To The Death, elles sont encore plus rapides, proches de l'illisibilité, une stylisation qui donnera le ton à toute la vague des wu xia pians produits dans les années 90.

 

1992 Dragon Inn de Raymond Lee
Un eunuque monte un traquenard pour éliminer ses ennemis politiques. Les deux clans se retrouvent bloqués par la pluie dans une auberge…

Même travail que sur les Swordsman pour les scènes d'action. Le film propose une esthétique particulièrement recherchée dont Ching Siu-tung, en tant que directeur artistique n'est pas étranger.

 

1992 Justice, My Foot! de Johnny To

 

1992 : Royal Tramp de Wong Jing
Wilson Bond (Stephen Chow) se trouve bien malgré lui envoyé à la cité interdite pour mettre la main sur un livre caché dans le palais impérial.

Parodie des Swordsman, Ching Siu-tung rend un travail beaucoup moins recherché que sur les productions Workshop. Le style se fait moins précis, moins inventif, plus grossier. Le genre de film qui continue à populariser sa mise en scène de l'action tout en précipitant son usure.

 

1992 : Royal Tramp 2 de Wong Jing

 

1992 : Moon Warriors de Samo Hung
Un jeune pécheur (Andy Lau), ami d'une orque et possédant de grandes qualités martiales, aide l'empereur trahi (Kenny Bee) par son frère. Mais il tombe amoureux de sa fiancée (Anita Mui).

Un bon travail qui capitalise sur les acquis des précédentes réalisations.

 

1993 : Holy Weapon de Wong Jing
Pour défaire un dangereux épéiste japonais, sept jeunes femmes (parmi lesquelles Michelle Yeoh et Maggie Cheung) vont unir leurs forces.

Une scène délirante tout droit sortie de l'esprit de Ching Siu-tungTypique des productions Wong Jing, le film mêle allègrement tout et n'importe quoi. De bons moments succèdent aux scènes les plus affligeantes. C'est d'autant plus dommage que le casting est fabuleux et que Ching Siu-tung dispose de quelques moyens pour réaliser de beaux combats. Ainsi au début du film un duel montre l'un des combattants porter dans les airs une croix géante tandis que son advesaire est prêt à riposter avec une roue aux dimensions gargantuesques ! Les acquis de la série des Swordsman sont ainsi gaspillés par une exploitation à outrance du retour en force des films en costumes.

1993 : Flying Dagger de Wong Jing

 

1993 : Butterfly And Sword de Michael Mak

 

1993 : Mad Monk

 

1995 : A Chinese Odyssey I : Pandora's Box de Jeff Lau
Un voleur (Stephen Chow) se rend compte qu'il est la réincarnation du roi singe.

Sans révolutionner ce qu'il a mis en place, Ching Siu-tung participe à ce qui restera l'une des dernières féeries chinoise à ce jour, un projet que Tsui Hark a longtemps caressé, mais auquel il a renoncé en raison d'effets spéciaux trop compliqués à mettre en œuvre. Moins hystérique mais toujours très recherché, ses scènes d'actions font merveille. Véritablement le genre de sujet fait pour lui.

1995 : A Chinese Odyssey II : Cinderella search de Jeff Lau
Revenu 500 ans dans le passé, le roi singe (Stephen Chow) doit mettre fin à la malédiction dont il a été victime.

L'histoire continue, le style et le ton ne changent pas. Les amateurs de féeries chinoises sont toujours au anges.

 

1996 : Ah Kam de Ann Hui
Ah Kam (Michelle Yeoh) est cascadeuse. A force de montrer de la bonne volonté, elle finit par s'intégrer à l'équipe de Tung (Samo Hung), un chorégraphe réputé dans le monde du cinéma...

La très jolie Micelle YeohAnn Hui nous donne à voir l'envers du décors. L'ouverture du film notamment est très impressionnante, le spectateur assistant au réglage de scènes de combats dans le style des Swordsman. Le choix de Ching Siu-tung comme chorégraphe n'a rien d'un hasard... Ironie du sort, Michelle Yeoh s'est réellement blessée sur tournage. Ce grave incident a obligé la réalisatrice à revoir son scénario en ajoutant une histoire d'amour au beau milieu de l'intrigue. Evidemment la structure du film en pâtit. Reste la possibilité de découvrir Michelle Yeoh dans un rôle complexe et touchant qu'elle assure avec un talent certain.

1998 : Blacksheep Affair
Un homme des forces spéciales de la Chine (Zhao Wen-zhou) se rend en Europe de l'Est pour escorter le dangereux gourou d'une secte japonaise.

Mélanger le style de Ching Siu-tung avec une histoire qui fait échos à un événement réel relève de la gageure. Bien évidemment le projet en devient ridicule quand dans un final à la Ching Siu-tung Zhao Wen-zhou affronte au sabre le gourou de la secte !

Laurent HENRY.


Biographie

Filmographie commentée en tant que :
Réalisateur

Gros plans sur :
Swordsman 2
Histoire de fantômes chinois 3


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