ON THE RUN    Chroniqué par David-Olivier Vidouze (avril 2002)


Info film

Réalisateur : Alfred Cheung Kin-Ting.
Producteur : Sammo Hung Kam Bo.
Directeurs artistiques : Hai Chung Man, Dominique Lo Ga Yiu.
Scénaristes : Alfred Cheung Kin-Ting, Wong Wang Gei.
Monteur : Chui Jun.
Distribution : Yuen Biao, Pat Ha Man Jik, Charlie Chin Chiang Lin, Idy Chan Yuk Lin, Lee Heung Kam, Lo Lieh, Yuen Wah, Phillip Ko Fei, Alex To Tak-Wai, Lam Laap Saam, Bowie Lam Bo Yi, Cheung Choi Mei, Baau Hei Ming, Peter Ngor Chi-Kwan, Poon Jan Wai, Chan Cheuk Yan.
Durée : 84 minutes (au lieu des 88 minutes annoncées ; il manque au film le dernier plan, avant le générique).
Date de sortie : octobre 1988.
Genre : film noir.
Catégorie II (mais vaudrait bien un classement en catégorie III aujourd'hui).


Info dvd

- Editeur : Mega Star Video Distribution (HK) Limited.
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Boîtier plastique noir.
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Zone : toutes zones, NTSC.
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Face unique / Couche simple.
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Sous-titrage : 6 sous-titres optionnels : anglais / chinois traditionnel / chinois simplifié / japonais / coréen / nil.
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Chapitré : oui.


Image

- Format du dvd : 4:3.
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Format du film : 1.85 . Le format original est respecté, comme dans de nombreux dvd hongkongais.
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Qualité du master : très moyenne. Beaucoup de points blancs, griffures et déchirures. Le film a certes près de 15 ans, mais son état prouve qu'une fois encore à Hong Kong on se soucie peu de la conservation des oeuvres cinématographiques.
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Qualité de la compression : moyenne. De toute à fait correcte dans certaines scènes, la compression laisse franchement à désirer au cours de nombreuses séquences se passant dans l'obscurité (et le film en regorge !). Le premier plan est à ce titre fort angoissant : heureusement, l'image s'améliore par la suite.


Son

- Son : Dolby Digital 5.1 .
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Langues : cantonais.
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Qualité du son : assez bonne. Rien de bien exceptionnel.


Suppléments 

- Bande annonce du film.
- Bandes annonces de trois autres films avec Yuen Biao : Saga Of The Phoenix, Eastern Condors et Wheels On Meals.
- Accès direct aux 9 chapitres (grâce à une image fixe).
- Synopsis du film (2 pages en anglais et en chinois).
- Distribution et Réalisateur du film sur deux pages, dans le menu "Cast & Credit", en chinois ou en anglais, avec une fiche (biographie et filmographie) sur Yuen Biao.


Remarques

- Techniquement, un dvd du même niveau que ceux proposés habituellement par Mega Star : bonne qualité d'ensemble mais peut encore mieux faire.
- Malgré la présence de Sammo Hung à la production et d'une pléïade d'artistes martiaux d'envergure au générique (Yuen Biao, Yuen Wah, Phillip Ko...), il ne s'agit pas le moins du monde d'un film de kung-fu, mais d'un vrai film noir, dans la pure tradition américaine. Personnages poisseux, méchant tout puissant (très bon acteur taïwanais Charlie Chin qui fait juste ce qu'il faut quand il faut), innocent amené malgré lui à user - et abuser ? - de la violence, protagonistes à double facette, décors misérables (les beaux buildings de l'ancienne colonie à côté des taudis des miséreux), contenu politique (la peur de 1997 et l'effet qu'elle a sur certains policiers), perte total d'espoir... tous les grands thèmes sont réunis pour un résultat à la hauteur des ambitions du metteur en scène (curieusement habitué, jusqu'alors, aux comédies !).
Réalisme est donc le maître mot d'
On The Run. Exceptés les pistolets qui s'evertuent à tirer sans jamais se décharger, tout est mis en oeuvre pour scotcher le spectateur à son siège. Exit l'humour cantonais qui vient bien souvent gâcher les meilleurs polars, exit les "heroic bloodshieds" dans la tradition John Woo (ralentis, stylisation à l'extrême de la violence), exit le kung-fu à la sauce Jackie Chan (pas de pirouette, d'acrobatie - et pourtant, je le répète, le film est truffé de spécialistes !) : oubliez toutes ces références et préparez-vous au meilleur de ce que Hong Kong était capable de créer il y a 15 ans.
On The Run est aussi, sans conteste, le plus beau rôle de Yuen Biao. Nous sommes tout bonnement les témoins d'une révélation : un jeu d'acteur insoupçonné chez celui qu'on aimait à voir comme l'égal de Jackie Chan (voir même parfois son supérieur). Oui mais voilà, autant Jackie arrive à se "vendre", autant Yuen Biao a toujours du mal à gagner en popularité. (A l'image de Lam Shin-Ying, un grand artiste de l'ombre.) Avec On The Run, c'est chose faite : il peut enfin se concentrer sur son jeu d'acteur et non plus sur le pied qu'il doit envoyer à la tête de son adversaire !
Pat Ha, en tueuse venue de Chine Populaire pour gagner quelques sous et ramener des cadeaux à sa famille, déploie un jeu subtil et convainquant. A travers elle, c'est le thème de la Chine a deux vitesses qui est abordé, 9 ans avant la date fatidique.
La mise en scène est inventive et nous propose même des images qui, à l'instar d'un Chow Yun-Fat brûlant un billet de banque pour allumer sa cigarette dans
A Better Tomorrow, nous resterons longtemps en tête. Ainsi, le gros plan sur les visages de Yuen Biao et Pat Ha, dans l'embrasure de la porte de la planque du méchant, est plastiquement superbe et inoubliable. Le travail sur les décors et les lumière est lui aussi remarquable : le film se déroule en grande partie la nuit et il baigne dans une atmosphère très travaillée au niveau de la composition des éclairages (néons violents, candélabres luminescents, fenêtres des buildings, faisceaux éblouissants...). La pluie contribue aux sentiments de déliquescense et de disgrâce dans lesquelles sont plongés les héros de ce récit.
Un des thèmes principaux d'
On The Run est celui de la rétrocession de Hong Kong à la Chine Populaire. Il hante aussi bien les bons que les méchants, tous hypocrites à leur façon. Yuen Biao refuse le divorce proposé par sa femme car il veut se servir d'elle pour émigrer aux Etats-Unis (et une de ses première réactions lorsqu'il apprend son assassinat, c'est : "Comment vais-je pouvoir fuir Hong Kong maintenant ?"). Charlie Chin, quant à lui, utilise son statut de policier pour amasser le maximum d'argent avant la date fatidique et n'hésite pas à tuer la femme qu'il aime et qui a découvert son trafic. Personne n'est tout à fait blanc. L'héroïne, elle, est tout simplement une tueuse...
A noter que la version proposée par Mega Star ne comporte pas l'épilogue filmé mais simplement un texte. Dommage.
En conclusion, un film à voir absolument !
 


© HKCinemagic

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