HONG KONG EXTREME :
du gore à l'outrageant...

Tonton anthony garde ses petites nièces...

par Master Cyco 

 

1 / petit historique
Comment faire un film de catégorie III, mode d'emploi
2/ focus sur le film le plus gore de Hong-Kong : Ricky Ho
3/ Black Sun : the Nanking massacre
4/ biographie de T.S Mou, réalisateur de Camp 731

 

Après vous avoir causer d'oeuvres cinématographiques bis et forts crâdes comme Camp 731, Untold Story ou Ebola Syndrome, on peut dire que s'il y a un mot pour caractériser une grande partie des films catégorie III que je vous ai présenté, c'est bien celui d' "outrageux". Rappelons la définition du dictionnaire qui qualifie d'outrageux tout ce qui est atteinte à l'honneur, à la dignité d'une personne. Les réalisateurs chinois doivent bien rire de cette définition, les oeuvres contreversées, ça ne les dérangent pas : cherchant toujours aller dans l'excessif graphique, ne se posant aucune question quant à la morale et ses limites, ces films atteignent des sommets de mauvaise foi et nous, on aime ça!

 

1/ Tout d'abord, un petit historique...

On peut dire que l'origine de la catégorie III se situe aux alentours des années 70 suite à l'apparition de productions thrash italiennes, les fameux "Mondo Cane" qui regroupaient des extraits de reportages et films amateurs morbides montrant de réelles images de tortures ou des morts filmés en direct...(en vidéo grâce aux 4 volumes de la série Face A La Mort). Suite aussi à une vague seventies de productions Z italiennes très gores comme Cannibal Hollocaust de Ruggero Deodato ou encore Anthropophagous, dans lequel un homme finit par manger ses propres intestins, les HongKongais montent au créneau voyant dans ces productions l'appât du gain pour très peu d'argent déboursée. La célébre compagnie Shaw Brother à l'origine des films de Chang Cheh se lance dans le cinéma d'horreur et érotique avec des films comme Blood Thirsty Dead de Sun Chung ou encore Spirit of the Raped. L'ancien assistant de Chang Cheh, Kuei Chih-Hung se reconvertit dans le cinéma d'exploitation violent et malsain avec des films comme The Killer Snakes (que j'aimerai bien voir d'ailleurs!). Les chinois commencent eux mêmes à proposer des "mondo carne" notamment avec la série "Shocking Asia". Mais c'est avec le film Camp 731 en 1990 que naît vraiment la catégorie III : entre documentaire et fiction, le film propose ce qu'on n'avait jamais voulu montrer au cinéma : viols, tortures, gore, inserts d'autopsie, tout y passe. L'objectif est clair, faire l'oeuvre la plus gerbante de l'histoire du cinéma. Objectif réussi, mais les hongkongais ne s'arrêteront pas là et réussiront à faire fort grâce à leurs psychokillers, en s'attaquant notamment aux derniers tabous (ne pas tuer femmes, animaux et enfants). Ces films, on peut les compter par dizaines. On les repére très facilement de par leurs titres qui comportent systematiquement un de ces mots : sex, naked, kill, darkness, red, blood...voir plusieurs. (Red to Kill, Naked Killer !).

Du sang... Du sang.... 

catégorie III : mode d'emploi

Le cinéma hongkongais se permet donc tous les débordements pour notre plus grand plaisir de cinéphiles en quête de sensations fortes. Il est le dernier endroit au monde où l'on peut trouver un cinéma extrême complétement dégénéré et sans interdit (sauf en ce qui concerne la pornographie "hard"). Sur ce terrain là, les américains ne viendrons pas piquer leurs idées, ça c'est sûr. Tout ce cinéma est construit toujours sur le même modèle, voici donc les ingrédients si vous avez quelques centaines de milliers de francs à dépenser (cela suffit) :

1 / choisir le bon réalisateur et les bons acteurs, c'est facile les mêmes noms reviennent toujours : Hermau Yau, Bosco Lam ou Billy Tang pour les réalisateurs, Anthony Wong ou Simon Yam chez les acteurs, plus plein d'actrices anonymes qui sont là pour montrer leurs culs à défaut de leur jeux d'acteurs se limitant à quelques cris.

2 / Il faut toujours en montrer plus par rapport au voisin pour ramasser le jackpot. Faire dans l'originalité est la bien venue : viols sur handicapés mentaux (Red To Kill), enfants brulés vifs (Run and Kill), décalotage de têtes (Ebola Syndrome) ou énucléations et autres triperies les plus gooooores (Ricky Ho) ferons l'affaire.

3 / quelques éléments sont appréciés par les amateurs. Quant on touche le bon filon, l'exploiter jusqu'au bout : ainsi avec la vague des films de psychokillers joués par Anthony Wong suite au succès de Untold Story, on appreciera quelques scènes d'anthropophagie. Petits pains et viandes humaines, quel régal!

4 / la scène de viol est indispensable. Dans tous les cas les filles doivent être nues car le public visé pour ces oeuvres d'exploitation est exclusivement masculin. Allongées, retournées, découpées, mangées, soumises, telles sont le devenir de la femme chinoise dans les films de catégories III.

5 / le film (qui dure au maximum 1h30) est généralement bien construit (en 8 jours!): même si les hongkongais sont connus pour leurs tournages anarchiques, sans storyboard, construits au jour le jour; la lumière, le rythme et le découpage sont très importants. Généralement le film est divisé en trois parties : une intro "choc" puis pendant 45 minutes, un long développement à base de comédie crétine, d'un soupçon d'érotisme, de scènes violentes régulièrement étalées, puis un final hard où souvent les violées se vengent, les psychokillers se font killés. Un film comme A Day Without Policeman de Jonny Lee est construit sur ce modèle : 45 minutes où il ne se passe rien (c'est à dire personne ne se fait violer ou dépecer) puis un final bestial où les meurtres s'enchainent, où l'on se massacre à la machette...Idem pour Untold Story avec sa fameuse séquence finale durant laquelle le tueur massacre une famille toute entière.

 

Oublier donc Brain Dead ou Evil Dead de joyeux films pour public prépubaire, à Hongkong, ça charcle dure. On fait dans la tripailles et dans le sensationnel et on aime ça! Vous n'avez pas à vous masturber l'esprit pour apprécier ces films. Cinéma irresponsable d'accord, graveleux, crétin, inadmissible dirons certains, mais comme dirais le prologue du premier film de Wes Craven La dernière maison sur la gauche ce n'est que du cinéma !

 

Pour illustrer cette introduction, j'ai choisi deux films très différents. Catégorie III tous les deux, le premier se place dans la catégorie des films "fun", plus proche de la bande dessiné. Film complètement décervelé au niveau de la rêflexion mais avec beaucoup de (morceaux de) cervelles (plus des bras et des ventres éclatés) dans les images. Brain Dead 0 - 1 Ricky HO.

Le second est un film sérieux, douteux, réalisé par TS Mou, déja à l'origine du gerbant Camp 731. Celui ci reste fidèle à sa thématique de l'invasion japonaise en Chine durant la seconde guerre mondiale mais avec sa façon personnelle et douteuse de dénoncer les choses. Il n'y va pas de mains mortes : il montre tout. Ce n'est donc pas pour "s'amuser" que l'on regarde ce film mais d'un oeil voyeur du fait de son sujet.

 

Deux films, deux approches de la catégorie III...

 

2/ Focus sur un film gore : RICKY HO de Lan Nai Kai

(1991) avec Fan Siu Wang.

En fait, le seul film gore à Hong-Kong est Story Of Ricky aka Rikki O de Lan Nai Kai (1991), film ultragore réalisé pour l'honorable compagnie Golden Harvest (elle a produit la plupart des Jackie Chan). Le film est basé sur une bande dessiné Japonaise et se situe entre Prison On Fire et Brain Dead !. Joué par Fan Siu Wang, acteur inconnu chinois, l'acteur a été choisi pour sa ressemblance au personnage de la BD. L'histoire se passe dans une prison futuriste, après que Rikki eut pris sa revanche sur les gangsters-dealers ayant tué sa copine.

Les poings de Ricky laissent des marques...

Doté de pouvoirs surpuissants (ses poings peuvent éclater un ventre !) Rikki se retrouve dans une prison où la violence est très courante. Ne pouvant rester insensible à la brutalité des matons envers les prisonniers, Rikki va utiliser ses super pouvoirs et éliminer un gardien de prison. Devenu le héros de la prison, et l'administration ne pouvant en rester là, révoltes et bastons ultragores suivront…

Doté d'un scénario minimaliste, en fait il faut avouer que l'intérêt du film vient d'ailleurs…Au même titre qu'un film porno par exemple dont le scènario peut tenir sur un confetti, le film d'horreur de base est là pour vous en mettre plein la vue dans la débauche d'effets spéciaux crades en tout genre:décapitations, énucléations, extirpations...et tout cela au pluriel s'il vous plaît! On peut dire qu'avec ce film, l'amateur sera combler. Mes yeux grands ouverts devant tant de barbarie, je me suis vicieusement amusé à noté les 20 premières minutes du film. Cela n'a pas grand intérêt, mais ça vous mettra en appêtit en attendant une éventuelle sortie vidéo, qui sait... Alors faites le vide dans votre tête, imaginer un univers carcéral, des têtes patibulaires et c'est parti... ( pour les personnes sensibles, en train de manger ou de digérer, prier de sauter ce paragraphe...)

1/ première scène: tête qui tombe sur une plaque de clous 2/ bous de bois en pleine figure, dégât style fer à repassé brûlant un visage 3/ combat entre un gros maton ( 2 mètres de haut pour 200 kg, du genre très impréssionnant) et Ricky Ho, conclusion: extirpation du foie et autres boyaux + écoulement d'au moins 40 litres de sang (un donneur de sang qui aurait fait plaisir à la Croix Rouge) 4/ clou de 25 cms traversant une main 5/ doigts pliés 6/ tête à moitié tranchée par une faux 7/ énucléation d'un oeil au bénéfice d'un oiseau! 8/ Ricky Ho se refermant une blessure avec ses veines (fort le gars!) 9/ le méchant essaie d'étrangler le héros avec ses intestins !!! 10/ tête éclatée par 2 mains 11/ cage thoracique extirpée de son corps 12/ visage "épluché" de sa peau...

Ricky surpris par l'arme de son adversaire: Ses tripes...

Donc voilà, je pense que vous avez compris ce qu'est le gore. Ricky Ho en est le meilleur exemple et le seul à ma connaissance. Le film n'ayant fait que 2 147 778 HK$ sur ses 7 jours d'exploitation, les maigres recettes n'ont pas encourager les producteurs à tourner de nouveaux films gore. Ce sont les films de psycho killers tirés de fait réels (Dr Lamb, Bunman...) qui ayant par contre eux bien fonctionnés la même année, qui ont engendrés toute une vague de thrillers psycho killers gore crétins.

 La suite avec Black Sun : the Nanking massacre