GROS PLAN SUR UN FILM CULTE :

FUTURE COPS

 

Aujourd'hui, nous allons essayer de s'attaquer à un sommet du Bis, considéré par certains comme l'une des plus grosses daubes de cette décennie, et par d'autres (mais ils sont plus rares) comme l'Himalaya de la fantaisie, l'Everest de la débilité, le K2 de la comédie nulle... en bref , en résumé et pour être plus concis à l'un de ces films qui restent à tout jamais gravé dans nos mémoires (pour le meilleur et quelquefois pour le pire), j'ai nommé Future Cops. Explorons donc d'un peu plus près cet objet curieux, cet OVNI du Paysage Audio-visuel Hong-Kongais.

 

SOMMAIRE

1-FUTURE COPS : LA FICHE TECHNIQUE
2-FUTURE COPS : L'HISTOIRE
3-FUTURE COPS : LA CRITIQUE
 

RETOUR MENU GENERAL



FUTURE COPS : LA FICHE TECHNIQUE

 

CASTING :

Les 4 Futures Cops sont :
- Andy Lau (Ti Man - Vega)
- Simon Yam (Dhalsim)
- Aaron Kwok (Ryu)
- Jacky Cheung "Tête de Balai" (Guile)

Les 4 Bad Guys sont :
- Ken Lo "le Général" (Bison)
- Kim (Ken)
- Toyota (!?) (Honda)
- Billy Chow "Thai King" (Sagat)

 

- Dicky Cheung est Ah Lung, le héros "Ng Kwan Yu" (San Goku !!!)
- Chingamy Yau est la soeur du héros "Chun May" (Chun Li)
- Richard Ng est Richard Yu, le fiancé de la mère du héros "Green Face" (Blanka)
- Charlie Yeung est Choi Ney, la fille dont est amoureux le héros

 

COLLABORATEURS :
- Metteur en scène : Wong Jing
- Direction des combats : Ching Siu Ting
- Producteur : John Higgins
- Maison de production : Wong Jing's Workshop Ltd

 

AUTRES :

Durée : 1H35

Date de sortie : 15 juillet - 4 août 1993

Place au box office : 16° (City Hunter/ Niki Larson du même Wong Jing et traitant du même sujet dans une des scènes finales à savoir le pastiche de Street Fighter II ) sorti la même année fut 3°)

Recette : 18 178 129 HK$


Chingamy Yau est Chun-May

RETOUR SOMMAIRE

 


FUTURE COPS : L'HISTOIRE

Tout commence en 2043 où doit être jugé le plus grand chef de gang de HK : le Général. Le juge qui s'est fait l'ennemi juré de la pègre est Yu Ti-Hsiung. Les hommes du Général ont donc l'idée de remonter 50 ans en arrière pour retrouver le tout jeune magistrat quand il n'était encore qu'un étudiant fragile et altérer ainsi le destin fatal de leur leader. La police devine leur plan machiavélique et envoie donc ses meilleurs éléments : les Future Cops (des policiers aux pouvoirs bioniques surnaturels). Envoyés en 1993, ils font la connaissance de Ah Lung, un étudiant légèrement attardé (il a quand même 28 ans !) qui est le souffre-douleurs du Collège où règne en maître tyrannique Kei On, le parrain du campus à la banane proéminente (un peu à la manière de Fonzie dans Happy Days). Pour retrouver le futur juge (pas de Yu Ti-Hsiung dans l'école), les Future Cops vont aider Ah Lung à se défaire de son tortionnaire, tandis que les hommes du Général aident ce dernier afin qu'il rassoit son autorité et les aide à retrouver le magistrat. Le combat entre les deux parties sera donc inévitable. Pendant ce temps, la mère de Ah Lung annonce à tout le monde qu'elle compte se remarier avec Richard Yu et de ce fait toute la famille va changer de nom : son fils retrouvera son véritable prénom et se nommera dorénavant Yu Ti-Hsiung.

La bataille finale peut d'ores et déjà commencer entre les méchants (aidés par leur chef qui a réussi à s'évader du futur) et les Futures Cops qui auront besoin d'aide. Toute la famille du juge va alors se transformer à son tour en super-héros. Ainsi, les "bad guys" vont prendre la pâtée du siècle et les choses vont pouvoir reprendre leur cours normal .

 RETOUR SOMMAIRE

 


FUTURE COPS : LA CRITIQUE

Bon, c'est avant tout avec beaucoup de recul qu'il faut regarder ce genre de film. Wong Jing, c'est le croisement entre Max Pecas, Benny Hill, Claude Zidi des Sous-Doués, Jean-Marie Poiré, les ZAZ, Leslie Nielsen le pétomane fou (pour celui qui n'est pas doué en anglais, il y a un mot de vocabulaire qu'il faut à tout prix connaître quand on regarde les sous-titres d'un Wong Jing original (et pas mal d'autres oeuvres HK du même tonneau), c'est "to fart" = péter ; "fart" = pet). Ce dernier avertissement dénote bien l'ambiance à laquelle chaque spectateur doit s'attendre quand il commence à regarder l'un de ces films.

Future Cops ne déroge pas à la règle susdite et peut donc s'apparenter à un "Y-a-t-il un Street-Fighter dans le collège fou fou fou pour sauver le Futur ?". Ainsi, le scénario est vraiment mince et l'histoire n'est que prétexte à l'enchaînement de gags plus ou moins (surtout moins) réussis. Les scènes se succèdent sans quelquefois n'avoir aucun lien, certains personnages disparaissent puis reviennent sans vraiment trop savoir ce qu'ils ont fait entre-temps, personne dans le collège ou à la maison n'est surpris de voir surgir ces drôles d'olibrius aux pouvoirs surnaturels. Il faut dire que Wong Jing (et son public) s'en fout, ce qu'il recherche avant tout, c'est l'action et l'humour (souvent potache). Partant de ce postulat fort simple, il ne va donc pas s'encombrer de scènes explicatives fort ennuyeuses qui ne feraient qu'encombrer "l'histoire" et ralentir le rythme.

Il est ma foi vrai que sa recette commerciale est très efficace. En effet, Wong Jing sait s'entourer des meilleurs spécialistes comme par exemple Ching Siu Tung en directeur des combats qui va insuffler à ces "Street Fighters" une force et un réalisme (par rapport aux modèles du jeu vidéo) rarement vus sur un écran. Exit la version hollywoodienne mou du genou de Steven De Souza avec JCVD. Cette fois-ci, avec la version HK, tous les protagonistes ont des pouvoirs para-normaux qu'ils savent utiliser, on reconnaît les coups spéciaux (la bonne idée du film est l'introduction de la musique et des bruitages du jeu, ce qui donne à Future Cops une ambiance véritablement "live" de son modèle). Pour donner une idée, il suffit de se repasser la célèbre séquence de Niki Larson / City Hunter où Jackie Chan se transforme en héros du jeu Street Fighter II. Si vous avez adoré cette scène, il faut savoir que tous les nombreux combats de Future Cops sont filmés de la même façon. On aura donc droit au "Whirlwind Kick" de Chun-Li (le coup de pied jambes en l'air tourbillonnant), les bras et jambes s'allongeant à l'infini de Dhalsim qui crache toujours autant le feu, etc. Les coups pleuvent, certes en accéléré, mais la technique (même si elle est rudimentaire) est au point et le résultat à l'écran dépasse de très loin son homologue américain qui aurait dû s'en inspirer pour remonter le niveau de ses scènes de combats réglées par un grabataire arthritique hémiplégique. On comprend maintenant aisément que les frères Wachowsky aient fait appel à un spécialiste tel que Yuen Woo Ping (confrère de Ching Siu Tung et responsable également des combats pour Claw of Steel / Last Hero in China de Wong Jing) pour régler les scènes d'action de leur efficace Matrix. D'ailleurs, on accuse souvent (et à juste titre) que certains films du célèbre réalisateur aient été tournés par d'autres (pendant que celui-ci supervisait d'autres productions en même temps !!!). Comme je pense qu'il ne possède pas encore le don d'ubiquité, on peut comprendre cette attitude quand on regarde la quantité de films produits, réalisés, et écrits par M. Wong rien que pour l'année 1993 (l'une des plus grandes années en terme de quantité pour le cinéma HK). Bien évidemment, on pourrait rétorquer que quantité ne rime pas avec qualité, mais quelques aficionados dont je fais partie regrette bien souvent ces formidables années (1991-1994) d'où sont sortis quelques-uns des plus grands chefs d'oeuvre de l'ex colonie britannique.

Pour en revenir à Future Cops, je ne peux passer outre les gags du fantaisiste Wong Jing. Bon, alors là, je vais m'attaquer à quelque chose de vraiment particulier : l'humour cantonais à la sauce Wong bas de plafond qui s'arrête souvent à la ceinture (aussi bien devant que derrière, si vous voyez ce que je veux dire). Ici, nul besoin de chercher un éventuel message plus profond de la part du réalisateur : c'est du premier degré avant tout. Les gags les plus débiles s'enchaînent, du gag visuel style "Y-a-t-il..." des ZAZ avec bruitage pour bien l'appuyer au gag non sensique made in HK. Bon, j'avoue avoir essayer de me remettre à niveau en regardant (furtivement et à doses hautement homéopathiques) quelques Max Pécas et consorts passant cet été sur M6, mais j'ai passé l'âge (est-ce qu'il y a vraiment un âge ???) pour rire à des trucs aussi navrants. Alors quand on sait d'avance qu'un film comique de Wong Jing est basé sur les mêmes principes grossiers, on émet quelques réserves à le conseiller. Celui-ci n'y échappe pas : c'est lourd, vraiment très lourdingue. A choisir, je préfère largement le style de Jeff Lau (voir mon article sur l'un des films les plus débiles : The Eagle Shooting Heroes) ou Lee Lik Chi (le complice co-réalisateur des derniers Chow Sing Chi). Mais bon, si vous voulez passer une bonne soirée entre amis où il ne faut vraiment pas réfléchir, Future Cops est tout désigné pour remplir à bien cette mission délicate (choses indispensables : il faudra avant tout bien s'imprégner de bière ou toutes substances euphorisantes (avec modération), ressortir sa vieille console pour s'échauffer et surtout ne pas se prendre la tête).

Après ces quelques conseils, je n'ai plus rien à vous dire sinon ... ORYUKEN !!!!! (à bon entendeur, salut !!)

 

RETOUR SOMMAIRE

 

Jean-Louis Ogé