fs&zen
Cette demoiselle ne fait pas que jouer de la flûte...SEX & ZEN

Hong-Kong 1991. Un film érotique de Mickael Mak d'après un scénario d'Alex Lee. Directeur de la photographie : Peter Ngor. Musique de Chang Wing Leung. Produit par Johnny Mak et la Golden Harvest. Avec dans le rôle de l'étalon Lawrence bite de chval Ng , Kent Cheng en maître guillotine , Lo Lieh, Elvis Tsui Kam-Kong et toute une ribambelle de petites chinoises qui aiment les galipettes : Amy Yip, Carrie NG, Mari Ayukawa et Isabella Chow(de)… Disponible à la location et à la vente en VF.

 

En complément au dossier sur le porno japonais dans le numéro 10 de l'excellent magazine HK Orient Extrême Cinéma, voici un premier article sur un des genres qui a le plus de succès à Hong-Kong : le cinéma catégorie 3 érotique (ou pornographique). Souvent appelés soft-porn pour leur côté finalement très pudique par rapport à certaines boucheries sexuelles que l'on peut trouver dans nos pornos occidentales, ces soft-porn fleurissent très régulièrement sur les écrans de cinéma de Hong-Kong. Avant d'être piraté pour être regarder par toute la famille, quelques messieurs chinois remplissent les salles au point de retrouver certaines semaines dans le top 10 des meilleurs entrées ciné, 2 ou 3 de ces cochonneries. Imaginable dans les années 70 en France au temps des Emmanuelle et autre Histoire d'O, j'imagine très difficilement un érotique underground à une 8e place en France entre Astérix et Payback par exemple. En fait, le cinéma érotique occidental a pris de nouvelles formes et inonde encore nos écrans mais avec des stars et des grands réalisateurs: Basic Instinct, Sliver…en sont la preuve. Bref, revenons à nos moutons pour vous présenter LE film érotique chinois…a Chinese Sex Story en quelque sorte.

Si je vous dis flûte, cheval, tarzan, guillotine ou praticien fou, vous me dite…Sex and Zen bien sûr ! Oui, tous ces éléments vous les trouverez dans ce film, le seul film érotique où le héros a une quéquette de cheval, où les gens font l'amour en faisant tarzan, où les flûtes ne servent pas uniquement à faire de la musique. Que d'idées, comme seuls les chinois étaient capable d'apporter au film érotique.

Pas très Zen, cette scène...Produit par l'une des plus grandes sociétés de production de Hong-Kong, à l'origine de la plupart des Jackie Chan, de la série Chinese Ghost Story justement ou de Tortue Ninja, Sex and Zen est un délice pour les yeux, très kitsch, plein d'humour et de sensualité.

A la co-production de ce désormais film culte : Johnny Mak, réalisateur du polar Long Arm of the law, film très violent datant de 1984. A la réalisation, son frère Mickael Mak aussi appelé Poon Man Kit réalisateur des deux suites de LAOTL, mais aussi du fameux To Be Number One (Le Parrain De Hong-Kong en français sorti chez Polygram uniquement en français, quel scandale !). Comme vous le voyez, ce n'est pas des blaireaux à l'origine de ce film, on est loin d'un érotique Z à 2 balles. Ainsi voyez le casting : Maggie Cheung et Charlie Young pour une scène de lesbianisme, Joey Wong et Anita Yuen qui jonglent avec des flûtes très habilement, Chow Yun-Fat en Rocco de ces dames…glups non, non je pense m'être trompé. Tout ceci n'est qu'un doux rêve.

L'un des jeux du film consiste à ne jamais montrer la poitrine d'Amy. Oui, je sais, c'est frustrant.En fait, les starlettes de ce film s'appellent Amy grosse pointrine Yip (vue dans China Dolls, Easy money sorti chez Kara film en son temps, To be number one…, soeur de Cecilia, Sally et Véronica ?), Carrie NG (City on Fire, Gunmen, Naked Killer, Rock n'Roll cop tout de même), Isabella Chow…pour n'en citer que quelques unes (et il y en a beaucoup d'autres, voir l'orgie finale qui clôt le film en beauté(s).)

 

Chez les acteurs, quelques guest-stars comme le gros mais non moins charismatique Kent Cheng (Once Upon A Time In China, Crime Story plus quelques cat3 : Dr Lamb ou Run And Kill toujours inédits en France, quel scandale !) ou encore Elvis Tsui Kam-Kong, père de Charlie Young (miam) dans l'un des chef d'œuvre du grand Tsui Hark : The Lovers (Laurent jubile de plaisir à la lecture de cette consécration) .Voilà, si tout çà ne vous donne pas envie de voir le film…Mais le scénario me dirait vous, et ce côté rigolo kitsch, qu'en est-il ?

Voilà, voilà donc l'histoire : dans la chine médiévale, la virilité est signe de puissance : si un noble constate que son domestique possède un membre plus imposant que le sien, celui-ci peut se fâcher tout rouge. C'est ce qui arrive au valet de Ming (Lawrence Ng), blessé dans l'entrejambe par son maître d'un coup de couteau. Pris de regret, le maître conduit le blessé chez un guérisseur-sexologue un peu obèse mais surtout très fou (Kent Cheng) ! Le remède de ce zinzin : greffer un zizi de cheval qui en pleine forme atteint la respectable longueur de 50 centimètres, quelle forme ! Adepte de la mini-guillotine pour l'amputation de l'ancien membre, il faut un orage obligatoirement pour que le praticien rentre en transes et que l'opération soit possible. Maintenant bien monté, Ming peut enfin culbuter sa femme ainsi que d'autres demoiselles qui ne résisteront pas à l'animal.

Le film est une accumulation de scènes croustillantes plus ou moins drôles, jamais vulgaires ( aucun sexe ou minou n'est montré, sauf en ombre chinoise) comme Elvis Tsui culbutant sa compagne en équilibre sur une chaîne pendue à une poutre ou comme cette scène où deux gazelles s'aiment dos à dos à l'aide d'un objet qui peut faire office d'instrument de musique, savoureux et complètement inédit. Aussi au programme : une utilisation toute nouvelle de l'échelle ou encore une partouze finale où pas moins d'une vingtaines de courtisanes excitent le héros à l'aide de plusieurs plantées sur des rouets puis le dévorent goulûment.

Mais où est donc passé le zen...

Quel beau programme pour un film qui a connu un jolie succès local (il est même sorti au cinéma en France et a été présenté au festival du film fantastique ! ! d'Avoriaz en 1994), et a connu 2 suites parait-il insipides. Jetez-vous donc sur ce petit film très sympa, drôle, très sexe. Ce n'est pas de sitôt que l'on reverra l'histoire de la sensualité chinoise traité de cette façon.

MASTER CYCO LI YUN-CHAN (Avril 1999)

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