Photo de Laurent Henry, à Udine, Italie

Une entrevue avec
KAREN MOK MAN WAI


En ce début du mois de mars 2002 Karen Mok a illuminé de sa présence la côte normande. Elle s'est en effet déplacée à plusieurs titres, d'abord pour assister au quatrième festival Pan Asia de Deauville 2002 et promouvoir le film de Chine Populaire All The Way dont elle tient le rôle principal. Karen était également membre du jury du festival. Elle a aussi composé les chansons du film coréen Failan quatre fois vainqueur cette année. Enfin, elle a profité de sa visite pour tourner des vidéos clips à Paris pour la promotion de son nouvel album.
Après une rencontre plus que brève au Festival Far East de Udine en 2001, nous avons eu la chance de retrouver Karen à Deauville et avons pu nous étendre plus longuement sur sa carrière, sa rencontre avec de grands réalisateurs et acteurs, la situation préoccupante du cinéma de HK et ses nombreux projets. Let's rock !

L'interview assez longue a été divisée en cinq parties.

Présentation - Dans la cours des grands - Tourner en Chine - Projets - Faire du ciné à HK - Filmographie - Retour au menu

PRESENTATION

Comment avez vous commencé dans le show-business ?
Par accident ! J'étais étudiante à Londres et je chantais sur des cassettes de démo pour des amis de Hongkong. Par la suite, j'ai décroché un contrat avec une maison de disques hongkongaise. Donc j'ai d'abord commencé par le chant puis j'ai fais du cinéma.

Comment arrivez-vous à mener une carrière de chanteuse en même temps qu'une carrière d'actrice ?
Il faut trouver le temps de faire le plus possible et on a peu de temps pour dormir ! Faire un peu de ci et un peu de ça constitue un équilibre pour moi, car je ne peux rester concentrée sur une seule chose pour trop longtemps. Si je passe trop de temps sur quelque chose, j'en perds l'intérêt. J'aime le changement.

Est-ce justement parce qu'à Hongkong tout va très vite et qu'il faut toujours se montrer par peur de disparaître du jour au lendemain ?
Il y a une limite à ce que l'on peut faire. Si vous en faite trop, vous vous fatiguez rapidement et vous vous exposez beaucoup trop. Ce qui n'est pas la meilleure chose à faire pour durer à HK. J'essaye de mon coté de ne pas penser trop à ce genre de chose et je prends souvent ce qu'on me propose. La chose la plus importante est de faire ce qui vous intéresse le plus.

photo deThomas

Avez vous déjà essayé de mélanger le monde de la chanson avec celui des films ?
J'ai écris des chansons pour les films dans lesquels j'ai joué. Mais je n'ai jamais encore chanté dans un film. En générale, je chante en mandarin et parfois en anglais et le plus souvent j'écris les paroles moi-même. Il y a quelques années, j'ai participé à une campagne de publicité pour la célèbre marque de cosmétiques Shiseido. J'ai écris plusieurs chansons pour cette campagne.

Combien des langues parlez-vous ?
Je parle couramment le mandarin, le cantonnais et l'anglais. Je me débrouille en français et en italien que j'ai appris à l'école il y a longtemps. Maintenant, j'attends l'opportunité de faire un film en France afin de pratiquer la langue !

Avez vous déjà pris de cours d'arts dramatiques ?
J'adorerais le faire, mais je n'en ai malheureusement pas le temps. Je n'ai pris que des cours de théâtres à l'école. On y étudiait Shakespeare et on le faisait de façon parfois amusante.
A HK tout est tellement speedé qu'il est difficile de disparaître pour deux mois et aller à New York pour prendre des cours. J'aimerais le faire mais j'attends d'avoir un peu plus de temps.

Etes vous influencées par le cinéma européen ?
J'aime regarder des films européens. En fait, mon film français préféré est Cyrano de Bergerac avec Gérard Depardieu. Mais mon film favori est un film italien : Cinema Paradiso.

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DANS LA COURS DES GRANDS

WONG KAR WAI
Vous avez collaboré avec Wong Kar Wai sur Les Anges Déchus. Comment s'est passée votre rencontre ?

Fallen AngelsC'était assez mystérieux je dois dire. J'avais juste commencé à jouer dans des films et n'étais même pas encore célèbre. Puis un jour, j'ai reçu un appel de la maison de production de Wong Kar Wai, ils me demandaient d'apparaître dans un de ses films. Je n'en croyais absolument pas mes oreilles ! J'ai dit oui bien sûr. Mais à cette époque il y avait un léger problème. J'avais les cheveux rouges comme ceux qu'on voit dans le film. Je leur ai dit : "Vous savez j'ai les cheveux teint en rouge !". Je ne savais pas vraiment si ça convenait au film. Ils ont répondu qu'ils verront, mais ils ont adoré. C'était en fait parfait pour le personnage !

Wong Kar Wai est réputé pour changer le script lors du tournage…
Peut être devrais-je préciser qu'il n'en a pas quand il commence. On ne sait jamais ce qu'il va se passer sur le plateau quand Kar Wai arrive. L'histoire apparaît en fait quand on tourne. Je pense que c'est une façon de concevoir le cinéma, et ça marche. C'est en fait très stimulant. Parfois je travaille avec des réalisateurs qui s'en tiennent strictement au scénario et n'en change pas un mot. Kar Wai lui fera tout ce qui lui passe par la tête. Mais sa méthode est tout aussi valable car parfois un acteur sort quelque chose de naturel et si le réalisateur voit que ça peut bien passer sur grand écran alors il explore cette voie.

Avez vous donc beaucoup improvisé sur le tournage des Anges Déchus ? Est-ce que Wong Kar Wai avait déjà une idée précise en tête sur votre rôle ou est-ce que le personnage correspond à votre propre personnalité ?
C'est difficile à dire car il a des idées très spécifiques en fait. Mais d'un autre côté il vous laisse beaucoup de libertés pour faire ce que vous voulez. Pour moi tout ça était comme de la danse ! Cela impliquait beaucoup le langage corporel. Les mots n'ont en fait que peu d'intérêt. Il s'agit plus de montrer de l'émotion à l'écran. La photographie de Christopher Doyle renforce par ailleurs cette impression de danse.

Vous avez joué dans une autre production de Wong Kar Wai, une comédie grinçante de Eric Kot, First Love : The Litter On The Breeze. Etait-ce aussi expérimental et déjanté sur le plateau que ce que l'on peut voir à l'écran ?
First Love: The Litter On The BreezeOui, ce gars est assez bizarre [Eric Kot], mais il est très sympathique. Je pense que ce fût très dur pour lui étant donné qu'il était réalisateur débutant. Il avait beaucoup d'idées mais peu d'expérience à vrai dire. Et puis, Wong Kar Wai a aussi sa propre façon de travailler. Mais c'était malgré tout une très bonne expérience pour nous tous.

C'était un tournage relativement long…
Oui, quelque chose comme neuf mois du début à la fin.

SYLVIA CHANG
Vous avez travaillé avec Sylvia Chang sur Tempting Heart (1999). Est-ce différent de travailler sous la direction d'une femme ?

Tempting HeartOui dans un sens. Je pense que les femmes ont en général une approche plus méticuleuse et plus fine des choses. Sylvia était comme une mère. Elle prenait soin de tout le monde sur le plateau et en particulier des acteurs. C'est une grande actrice elle-même et elle comprend exactement le type de problèmes que peuvent rencontrer les acteurs sur un tournage. En fait, pour Tempting Heart, il fallait jouer avec le cœur. On ne pouvait pas apprendre les textes par cœur puis les recracher comme ça. On devait vraiment ressentir les personnages.

STEVEN CHOW SING CHI
Votre premiére rencontre avec Steven Chow s'est passée pendant le tournage de A Chinese Odyssey, puis vous avez enchaîné plusieurs film à ses cotés. Je suppose que c'est l'un des acteurs/réalisateurs avec qui vous avez le plus d'affinités…

Karen ou Gullit dans Shaolin SoccerC'est vraiment la personne dans le business que je respecte le plus. Il a beaucoup de talent et ce qu'il fait, il le fait très bien. C'était une chance pour moi, une jeune actrice, que de commencer à jouer aux côtés de Steven. J'ai appris énormément sur le plateau. J'ai en fait beaucoup travaillé avec Steven [sur six films], et c'est un très bon acteur. Il est incroyable. Et c'est même encore plus incroyable depuis qu'il a commencé à réaliser. Il y a de plus en plus de profondeur dans ses films, il a acquis une certaine maturité, mais il parvient toujours à conserver un aspect comique. J'aimerais beaucoup retravailler avec lui.
Karen dans God Of CookeryMon film préféré avec Steven est God Of Cookery. Parce que j'y joue une femme devenue laide et c'est assez rare de se mettre un rôle pareil sous la dent. C'était plutôt amusant et le personnage de Turkey avait une certaine profondeur. Dans Shaolin Soccer, je fais un cameo. Je joue le célèbre joueur de football Gullit avec des dreadlocks et une moustache !

Les films de Steven Chow sont en effet très drôles, mais je suppose que sur le plateau il doit être particulièrement sérieux…
Il peut en effet être un véritable cauchemar pendant le tournage. C'est probablement parce qu'il est très demandant et c'est aussi un vrai perfectionniste. Il en demande beaucoup à toute l'équipe, que ce soit aux comédiens ou à l'équipe technique. De fait tout le monde est d'autant plus concentré et plus à l'affût que sur les autres tournages. Il a un script écrit avant de commencer le tournage, mais il lui arrive de changer des choses. Il peut même changer tous les dialogues d'une scène parfois.

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TOURNER EN CHINE

Les productions chinoises sont-elles très différentes des productions hongkongaises ?
All The Way (cliquez pour le poster de 75ko)Nous sommes tous chinois, mais les façons de faire sont différentes. Mon expérience des tournages en Chine a commencé avec All The Way [2000], là toute l'équipe était de Pékin. La grande majorité était de l'Académie du cinéma et leur façon d'opérer était très précise et très académique. On avait un script déjà finalisé et on s'y tenait. C'était une vraie expérience d'actrice pour moi. On avait du temps pour se préparer à l'inverse de HK où il s'agit plus d'improvisation.
All The Way était mon premier film en mandarin. Je peux parler mandarin mais faire la comédie dans une langue autre que la votre est une toute autre histoire ! Il y a des complications. Mais pour moi c'était rafraîchissant d'être dans un environnement étranger. J'ai moins de choses à me soucier. Tout me venait naturellement comme je ne m'en faisais pas. Cela peut donc vraiment être rafraîchissant pour vous, les spectateurs et les gens qui travaillent avec vous. C'est comme une bouffée d'air frais.

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PROJETS

Quels sont vos nouveaux projets ?
So Close cliquer pour atteindre le site officiel
En ce moment je finalise un album de musique qui devrait sortir en avril [2002]. J'ai profité d'être en France pour tourner deux clips vidéos à Paris. L'an dernier, j'ai joué dans deux grosses productions qui devraient sortir cette année. La premiére est un film d'action financé par la Columbia Tristar et qui s'appelle So Close, ça ressemble à Charlie's Angels [avec Vicky Zao Wei et Hsu Qi, réalisé par Corey Yuen Kwai et produit par Jet Li. La sortie est prévue pour l'été 2002]. Mais c'est un peu différent car je suis le seul flic. Les deux autres filles sont tueuses professionnelles. Ce qui est intéressant pour le publique Hongkongais c'est qu'il y avait longtemps qu'il n'avait pas vu d'héroïnes à l'écran. Michelle Yeoh [Tigre & Dragon, Police Story 3] l'a fait mais il y a longtemps que l'on n'avait plus vu ça. Le tournage fut assez éprouvant, j'en ai encore des bleus sur tout le corps, alors j'espère que ce film marchera bien.
L'autre film est un autre film chinois que nous avons tourné au Tibet. C'est aussi un film catastrophe à gros budget, dans les montagnes et la neige, avec une avalanche, des gens meurent et d'autres sauvent des vies, donc c'est un style plus Hollywoodien. Mais ce fut très amusant.

Karen joue la nonne en scooter dans A Teacher Without A Chalk. Vroom Vroom!Quelle sorte de personnages aimez vous jouer ?
N'importe quelle sorte vraiment. J'aime jouer différents types de femmes sinon c'est vite ennuyeux. J'aime les nouvelles expériences.

Y-a t-il un genre que vous affectionnez le plus ?
Les comédies musicales. Quelque chose comme Moulin Rouge. J'aimerais bien en faire une comme ça je pourrais chanter et jouer en même temps…

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FAIRE DU CINE A HK

Vous avez joué dans un film plutôt audacieux de Derek Yee : Viva Erotica.
Pouvez vous nous parler de votre expérience avec Leslie Cheung, acteur principal du film ?

C'est un très grand acteur, très professionnel. Il est dans le business depuis si longtemps que c'est comme un grand frère pour tout le monde. J'ai appris beaucoup aussi à ses cotés. On a même gardé contact.

Le thème du film est plutôt osé, il s'agit de l'histoire d'un tournage de "soft Porn" à HK [avec les deux icônes de ce type de cinéma Hsu Qi et Elvis Tsui]. Pourquoi avez vous accepté de prendre part à ce film ?
Viva EroticaEuh… Pour moi cela n'impliquer tout d'abord pas de scènes de nue. J'avais mes limites. C'était aussi la premiére fois que je collaborais avec Leslie Cheung et Derek Yee, deux personnes que j'admire beaucoup. Enfin, c'était un sujet assez peu exploité à HK alors cela m'a semblé plutôt intéressant.

Leslie Cheung joue le rôle d'un réalisateur qui pour faire des films doit se retrancher vers des productions commerciales érotiques. Pensez-vous que ce film reflète clairement les difficultés qu'ont producteurs et directeurs de faire des films à Hongkong ?
A l'époque [1996] l'industrie du cinéma à HK était en déclin. Elle n'avait pas encore atteint le fond, mais presque. Donc c'est vrai qu'il était difficile pour beaucoup de gens dans l'industrie de faire des films, et même de survivre. Certains ont dû se recycler en chauffeur de taxi !

A partir de 1996, vous avez joué dans plusieurs films qui ont pour sujets les triades : Sexy & Dangerous et Young & Dangerous 3 et 4. Pensez-vous que ces films sont perçus à HK comme un divertissement pur ou qu'ils ont une véritable influence sur les jeunes concernant les triades ?
Goodbye Mister CoolJe pense que sur le fond ces films étaient faits principalement pour le divertissement, plus que de parler sérieusement des triades. A HK on a toujours fait des films sur les triades. C'est quelque chose qui a toujours existé ! Ces films ont bien marché car c'étaient de bons divertissements et qu'ils étaient assez légers pour que le grand public les apprécie. Et en fait ils sont devenus si populaires que certains ont commencé à s'inquiéter en se disant "et si ces films banalisaient les triades aux yeux de la jeunesse ?". Les jeunes pourraient donc suivre le mauvais exemple et faire quelque chose qu'ils ne devraient pas faire.
Mon dernier "film de triades", Goodbye Mister Cool, est plus un film anti-triade qui n'idéalise absolument pas ce monde [
et qui évoque la rédemption d'un ex gangster qui sort de prison et qui doit payer le prix fort pour ses erreurs passées].

Quel point de vue avez-vous sur la situation actuelle du cinéma hongkongais ? Est-ce que la crise est finie ou est-ce toujours aussi dur ?
La situation se débloque je pense. Il y a encore beaucoup de problèmes mais c'est mieux qu'il y a quelques années. Les hongkongais ont l'esprit très combatif et ne s'avouent jamais vaincus. La créativité est très forte à HK aussi. Ils arrivent toujours à en faire un maximum avec un minimum de moyens. Il y a également plus d'investissements étrangers. C'est important pour nous car HK a toujours été une ville du cinéma.

Justement de plus en plus de maisons de production américaines investissent dans l'industrie de HK, comme Columbia Tristar par exemple. Pensez-vous que d'une certaine manière le cinéma de HK pourrait devenir du cinéma américain et perdre son originalité ?
Je ne pense pas. Par exemple, les gens de Columbia investissent dans les films asiatiques mais ne font pas des films américains en Asie. Ils y mettent de l'argent, c'est tout. Il y a une reconnaissance grandissante de l'Asie par le reste du monde parce qu'il y a une attention accrue non seulement sur l'industrie cinématographique mais aussi sur l'économie asiatique par exemple. C'est une très bonne chose pour nous et cela nous donnera l'occasion de faire les choses pour lesquelles nous sommes bons.

Est-ce que les quelques grands réalisateurs restant à HK comme Tsui Hark, Steven Chow ou Johnnie To pourraient améliorer les choses et redonner un second souffle à l'industrie ?
Bien sûr, plus il y aura de gens qui réussissent internationalement, et plus ce sera mieux et plus ça aidera l'industrie locale.

Avez vous vu Tigre & Dragon ? Est-ce pour vous un film typiquement Hongkongais ou autre chose ?
Cliquez pour agrendir l'image (75ko) (photo de LH)Bien sûr que je l'ai vu ! Je ne peux pas dire que je n'ai pas déjà vu ce genre de choses parce que d'une certaine façon c'est un film d'action chinois traditionnel, en costume et avec du Kung Fu. Et je pense que tout le monde en Chine et à HK a été élevé avec ce genre d'imageries. Mais c'est surprenant de constater comment Ang Lee [le réalisateur] a su moderniser le genre tout en conservant l'esprit et le coté traditionnel de la chose. C'était très dur de trouver cet équilibre car il fallait que le public occidental soit capable d'apprécier un genre tout à fais inconnu. C'est un film magnifique que j'aime beaucoup.

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Remerciements à Karen Mok pour sa gentillesse et sa patience.
Remerciements également à l'équipe du Festival Pan-Asia de Deauville (en particulier Nicolas) qui a fait un travail remarquable et qui nous a permis de rencontrer Karen.
Remerciements au Far East Festival de Udine.

L'interview, en majorité en anglais, fut réalisée par l'équipe du HK Cinemagic, avril 2001 et mars 2002. Propos traduits par Thomas, mars 2002. Les photos originales sont © HK Cinemagic.

FILMOGRAPHIE DE KAREN MOK MAN WAI JOY MORRIS

1993
Tiger The Legend Of Canton, Lee Lik Chi

1994
Family Affair, Cheung Chi Kok

1995
Fallen Angels, Wong Kar Wai
Heaven Can't Wait, Chi Lee
Out Of The Dark, Jeff Lau
Chinese Odyssey, Pandera Box, Jeff Lau
Chinese Odyssey, Cinderella, Jeff Lau

Photo de Laurent Henry1996
The God Of Cookery, Stephen Chow/ Lee Lik Chi
Viva Erotica,
Derek Yee, Law Chi Leung
Black Mask,
Daniel Lee
4 Faces Of Eve,
Sam Lam/ Eric Kot/ Kam Kwok Leung
Young & Dangerous 3,
Andrew Lau
Those Were The Days,
Eric Tsang
Sexy & Dangerous,
Billy Tang

1997
First Love: The Litter On The Breeze, Eric Kot
Task Force,
Patrick Leung
Lawyer, Lawyer,
Joe Ma
Kitchen,
Yim Ho
Young & Dangerous 4,
Andrew Lau
First Love: The Litter On The Breeze,
Eric Kot

1999
King Of Comedy, Stephen Chow/ Lee Lik Chi
Tempting Heart, Sylvia Chang

2000
Dragon Fire (aka Dragon Heat), Eric Kot
The Teacher Without A Chalk, Albert Mak
Roaring Wheels, Aman Chang
All The Way, Shi Runjiu

2001
Shaolin Soccer, Stephen Chow
Goodbye Mrs Cool, Jingle Ma

La Brassiere, Patrick Leung
So Close, Corey Yuen

Cliquez pour le poster (54ko)

Page réalisée par Thomas, Mars 2002.

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