LES FILMS DE LA SEMAINE

Chaque semaine nous voyons des films de Hong Kong et nous n'avons pas le temps pour chacun d'eux d'écrire un article dessus. Alors nous avons décidé de vous donner nos impressions sur ces derniers. Un exercice forcément réducteur, mais qui j'espère vous permettra de vous guider dans vos choix. Evidemment vous êtes invités à participer. Envoyer nous vos impressions à l'adresse suivante : hkcinemagic@hotmail.com

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Semaine 30-09-04

Critique Express

The Master (1980)


de
Tony Liu

 

 

Plus vite, plus haut, plus fort, : le film de Kung Fu connaît une mise à jour à la fin des années 70, avec notamment l'apparition d'un sous genre (certains le considéreront comme un genre à part entière) du film martial : la Kung Fu comedy. Alors que Liu Chia-liang n'en finit pas de nous arroser de ses passionnantes bobines qui font la promotion des arts martiaux chinois par la représentation de leur aspect physique (les combats impressionnants) et moral (les scénarios qui impliquent souvent la progression du pratiquant et de l'homme, et le lien qui unit élève et professeur), un certain Tony Liu a l'audace de s'aventurer dans un terrain qui ne lui était pas réservé, le film de Kung Fu. La recette est connue, mais les ingrédients sont ici de première qualité et le plat savoureux.

On aura beau nous ressortir mille fois le même type de scénario de film de kung fu, nous nous ferons toujours avoir comme des enfants naïfs à qui l'on tend cinq fois de suite le même piège. Rivalités entre maîtres, coups bas indignes du code moral des arts martiaux, vengeance : aucun thème de The Master n'est nouveau pour le spectateur étant plus ou moins familier avec le cinéma Kung Fu, un genre qui a su résister aux années grâce à ses stars (qu'elles soient devant ou derrière l'objectif) et aux nouvelles techniques cinématographiques.

The Master n'y va pas par quatre chemins pour nous dévoiler les talents de son metteur en scène et de ses acteurs : Chen Kuan-Tai s'échauffe dès l'ouverture du film dans un combat qui dévoile ses bonnes aptitudes physiques au combat de style tradtionnel, ce qu'un Boxer From Shantung ne laissait pas supposer. Aussi bien dans les combats que pour dialoguer, ce grand acteur a la classe et livre une très bonne prestation. Yuen Tak également fait des étincelles et est assez impressionnant avec ses acrobaties et son agilité. Il fait un peu penser à un certain Hsiao Hou dans ses rôles de jeune élève surdoué (Mad Monkey Kung Fu, My Young Auntie). L'ensemble du casting est bon, et surtout capable d'assurer les bonnes chorégraphies des six chorégraphes (!!!), mélangeant les affrontements de type Kung Fu comedy et d'autres combats plus sérieux (contre les trois brigands experts en arts martiaux).

Rien n'est nouveau dans The Master, mais Tony Liu est vraiment efficace. Ni Kuang nous ressort les histoires devenues banales de maîtres et d'élèves, d'apprentissage des arts martiaux (on a droit à quelques superbes scènes d'entraînement dignes d'un film de Liu Chia-liang) mais la beauté des chorégraphies et leur rythme ni trop lent comme dix ans plus tôt à la Shaw, ni trop rapide comme dix ans après avec les Kung fu et Wu xia pian modernes, font de The Master un excellent Kung Fu Pian. (FD)


Semaine 30-09-04

Critique Express

The Champions (1983)


de
Brandy Yuen

 

 

Mêler kung fu et football, telle était la juteuse recette du génial Stephen Chow pour concevoir Shaolin Soccer dont l'énorme succès tant artistique que commercial n'est plus à rappeler. Presque vingt ans plus tôt, la Golden Harvest de Raymond Chow avait osé financer le scénario de Brandy Yuen, appelé The Champions, un film "de sport" qui dans une période de transition entre l'âge d'or du kung fu old school et les actioners urbains, à l'ère de la Kung Fu comedy, a du paraître peu banal. Yuen Biao, jeune prodige des arts martiaux et du cinéma Kung Fu et le football : deux choses incompatibles ?

Le générique du début réussit déjà à attirer la sympathie pour cette petite production dont je n'attendais pas grand chose : Yuen Biao et Cheung Kwok Keung jonglant et faisant jouer leur corps avec le ballon rond avec le sourire sur une musique vieillotte mais entraînante. Comment ne pas tomber sous le charme ? A vrai dire, dans The Champions, tout fonctionne avec le charme. Vous avez sans aucun doute déjà vu un film qui en lui-même est assez maladroit, dans lequel les personnages sont parfois peu profonds, mais qui a une si bonne volonté de faire plaisir au spectateur qu'il est impossible de ne pas céder aux charmes de ce film. Qu'importe le manque d'originalité scénaristique de The Champions (le jeune garçon naïf de la campagne qui arrive dans la ville et se confronte à ses vices), l'essentiel n'est pas là mais bien dans l'esprit bon enfant et humoristique dont regorge chaque scène. La simplicité des personnages et de l'intrigue passe beaucoup mieux quand le ton n'est pas sérieux, et de côté là, Brandy Yuen a plutôt bien réussi son coup : The Champions est avant tout une comédie.

Lee Tong (Yuen Biao) est le brave gars de la campagne, dévoué à son père, un ancien footballeur dont la brillante carrière a été avorté par des truands jaloux qui lui ont brisé une jambe. Un élément qui n'a pas du échapper à Stephen Chow pour le personnage de l'entraîneur (Ng Man Tat) de Shaolin Soccer. Naïf et habitué à évoluer dans son village, à ramasser des oeufs avec ses orteils sur la plage (qui n'a jamais fais ça ?), Tong s'en va en ville pour échapper aux voyous qu'il a humiliés. Le garçon a le don de toujours se fourrer dans de mauvaises situations, et de se mettre à dos les mauvaises personnes. Le plus drôle réside dans les bêtises à la chaîne, art dans lequel il est passé maître comme Jackie Chan dans beaucoup de ses rôles. Un ballon lancé là où il ne faut pas, et ce pauvre Ah Tong se retrouve en mauvaise posture avec des gars peu amicaux. Les gags sont enfantins mais malgré tout efficaces.

Excellente est l'idée de Brandy Yuen de mettre des scènes de foot dans sa comédie comme un réalisateur de kung fu pian aurait placé des combats. Malheureusement, Yuen n'a pas su exploiter pleinement à l'écran ce qu'il avait en tête. Les scènes de foot sont rares et brèves, ce qui est plutôt dommage quand on voit que la plupart sont amusantes et novatrices. Le petit Brandy nous fait mirroiter avec son générique d'ouverture un contenu visuellement très intéressant (le mélange des acrobaties et du foot) qui ne sera pas beaucoup développé. On se laissera volontiers amuser par les péripéties d'un Yuen Biao "homme à tout faire", véritable souffre-douleur dans le club du King (Dick Wei, le gros gros méchant) qui n'entend pas se laisser bouffer par un petit bouseux de la campagne.

Il est une seconde chose regrettable qui laisse penser que Brandy Yuen a gâché ses moyens, en croyant que Dick Wei, Moon Lee et Yuen Biao étaient plutôt fais pour les dialogues que pour la baston. Le premier a un rôle de méchant champion de foot qui achète ses adversaires, on le voit tout de même faire de malicieux tours de passe passe avec le ballon, mais pas beaucoup de tatane au menu. La seconde, c'est la potiche de service, qu'on voit en tout 25 secondes à l'écran. Le dernier, qui a le rôle principal, fait démonstration de son habileté à plusieurs reprises, aussi bien avec le ballon au pied que sans.

La question qui vient se poser est : avec une telle équipe de kickers à l'affiche, comment ce vilain canard de Brandy s'est-il débrouillé pour ne pas mettre de combats dans sa sympathique comédie footeuse ? Immense déception !

Brandy Yuen n'a pas su exploiter au maximum son idée de départ, en oubliant les talents des excellents acteurs/bastonneurs qu'il a embauchés, en ne filmant pas assez de scènes de foot et en créant des chemins dans lesquels ils ne s'aventure pas assez loin : il aurait fallu développer une relation entre Lee Tong et la soeur de son ami, ainsi qu'entre les deux amis.

Mais rien que pour son idée de départ ambitieuse et certaines scènes délicieuses, on pardonne aisément tous ses petits défauts pas gênants du tout à The Champions. (FD)


Semaine 30-09-04

Critique Express

Righting Wrongs (1986)


de Corey Yuen

 

 

Un an après un Yes Madam qui a terriblement la pêche, le réalisateur, chorégraphe et acteur essentiellement porté sur les films d'action / kung fu, Corey Yuen Kwai, nous sort Righting Wrongs. Avec Yuen Biao, Melvin Wong et Cynthia Rothrock (femme des années 80, et femme jusqu'au bout des poings) à l'affiche, impossible de s'attendre à une comédie romantique. Le cinéma de kung fu traditionnel vient de rendre l'âme, qu'importe, il existe toujours des frappeurs !

C'est donc sans surprise que Righting Wrongs se présente dès les premières images (des méchants américains voulant du mal à un chinois !) comme un film d'action comme il était à la mode d'en faire dans les années 80 à Hong Kong. Le scénario doit être assez simple pour ne pas empiéter sur les scènes d'action sur lesquelles le réalisateur et le chorégraphe misent tout. Les acteurs se doivent d'avoir des capacités physiques suffisantes pour assurer eux-mêmes les combats, et ces derniers doivent être en nombre suffisant pour en donner pour son argent au spectateur.

C'est avec grand succès que Righting Wrongs remplit toutes ces conditions. En proposant une sombre histoire de trahison au sein de la police (rappelant toujours plus le copinage entre flics et triades, et la corruption de la police en général), le film ne sort pas du tas mais le scénario n'a jamais été un frein pour un bon divertissement qui assure au niveau des scènes d'action. Righting Wrongs évite même la comédie et joue la carte du polar noir croisé avec des bastons spectaculaires à la Tiger Cage (une fine race !), en n'hésitant pas à faire mourir des gentils. Pour les scènes de bastonnade de Righting Wrongs, c'est Maître Yuen Biao qui est appelé à la barre.

Le frère de Samo et de Jackie, quand il n'a pas les poings dans sa poche, n'a rien à envier à ses collègues comédiens et combattants du cinéma de Hong Kong. Il a peut être quelques difficultés à s'imposer à l'écran en dehors des scènes d'action, par sa timide personnalité, mais Righting Wrongs constitue une belle démonstration de ce qu'un professionnel comme lui peut faire. On se souviendra d'un superbe coup de pied retourné sauté dans la tronche de Melvin Wong, et cela au ralenti pour plus admirer la beauté du geste, et se convaincre que Yuen Biao fait décidément partie des meilleurs. L'agilité et la rapidité d'exécution du bonhomme font des scènes d'action de véritables moments de bonheur pendant lesquels on laisse volontiers un sourire s'afficher sur son visage. Cynthia Rothrock et Melvin Wong ne déçoivent pas non plus quand ils se mettent à se friter, et c'est peut être ce genre de casting constitué de comédiens pouvant assurer sans problèmes les combats conçus par le chorégraphe qui font la réussite des scènes d'action. Si l'on peut reprocher à certains d'entre eux un jeu des plus simplistes, on ne peut leur retirer le mérite de s'être physiquement beaucoup impliqué dans bon nombre de films simplement pour divertir le public.

Dans le placard des meilleurs films d'action qu'on qualifiera de "modernes" ou "urbains", à ranger entre les In The Line Of Duty ou autres Tiger Cage, Righting Wrongs frappe juste et fort dans une période où le film d'action à la hong kongaise a su montrer ce qu'il avait dans les tripes. (FD)

 


Semaine 19-07-04

Critique Express

Men Suddenly In Black (2003)


de
Edmond Pang Ho Cheung

 

 

Depuis quelques temps, nous sommes obligés de reconnaître certaines qualités à des films qui ont cartonné à HK : grosses machines ne riment pas forcément avec daubes commerciales. Men Suddenly In Black est calibré pour le grand public, et son succès est logique quand on voit les choix de casting. Cependant, si Looking For Mr Perfect n'est pas si loin que ça, Men Suddenly In Black ne fait pas dans la débilité pure, ou du moins cache cette folie derrière un soi -disant polar. En effet, le principe du film est le suivant : reprendre les codes du polar / thriller, non sans talent, avec une histoire insensée prise au sérieux par tous les personnages du film. Le métrage est découpé en missions que se doivent d'accomplir nos quatre maris infidèles, et la musique effrénée, les enchaînements de plans sont là pour vous donner l'impression que vous regardez un polar qui n'a rien de drôle du tout. Les parodies sont bien insérées et allument tout sur leur passage, que ce soit le "hero movie", le "gambling movie" ou le film de triade, bref la majorité des styles appréciés par le public local, excepté le wu xia pian.

Eric Tsang, par ailleurs producteur du film, s'amuse à jouer le parrain, le chef en matière d'adultère, alors même qu'on peut le voir en même temps camper un chef de triade dans la série des Infernal Affairs. Les acteurs agissent comme s'ils se retrouvaient derrière la caméra de John Woo sur le tournage de A Better Tomorrow, même si Chapman To - valeur sûre quand il s'agit de faire rire le public local- cabotine inutilement à certains moments. Tony Leung Ka Fai a un rôle de mentor complètement hilarant, Lam Suet ne fait qu'ajouter un titre à sa filmographie, Teresa Mo se voit confier le rôle d'une femme autoritaire, alors que Sammo Hung se permet de rentrer le temps d'une seconde dans le champs de l'objectif... c'est dire si le film est soutenu par le milieu cinématographique de l'ex-colonie. Enfin, et pour finir sur le casting, quelques belles créatures vous seront montrées, et même si on était en droit d'en demander plus, Men Suddenly In Black n'est pas un film à bimbos. Les seuls personnages qui sonnent malheureusement faux sont ceux des femmes des quatre guignols : saoûlantes, lourdes et avec leur humeur détestable, elles ne sont dans le film que pour freiner leurs maris, autrement dit nous gâcher le plaisir !

Men Suddenly In Black prouve que la comédie cantonaise n'est pas limitée au cabotinage, et qu'un bon clin d'oeil au cinéma hk dans un film hk est on ne peut plus appréciable. (FD)


Semaine 19-07-04

Critique Express

Men Suddenly In Black (2) (2003)


de Edmond Pang

 

 

Deuxième film d’Edmond Pang après You Shoot, I Shoot, Men Suddenly In Black se révèle une excellente surprise et n’a pas de peine à se classer en tête des meilleurs films HK sortis en 2003. Le concept est simple, efficace et parfaitement ludique. Sur une trame classique que l’on a pu voir dans des centaines de film, à savoir l’organisation d’un casse et sa réalisation, Edmond Pang s’amuse à en parodier tous les codes, plongeant les protagonistes dans une rocambolesque histoire d’adultère. Disposant de 14 heures pour trahir leur épouse absente, quatre maris décident donc d’organiser une virée sur Hong Kong dont l’objectif ultime est de passer du bon temps avec les plus belles filles de la ville. Bien entendu, une telle mission nécessite une organisation précise et planifiée dans ses moindres détails. Parodie ludique, Men Suddenly In Black évite tous les pièges du genre. Ici, pas de clins d’œil appuyés à de simples séquences issues de films à succès. Les acteurs, Eric Tsang en tête, débitent leurs dialogues de la manière la plus sérieuse qui soit et les situations présentées (préparatifs des missions, motivation des troupes, approches des cibles, séquences de fuites) sont traitées sur un ton pince-sans-rire. On assiste notamment à un " gunfight " d’anthologie où les flingues sont remplacés par des flashs d’appareil photo et des gicleurs pressurisés, le tout monté de manière percutante sur une musique héroïque. On n’a même droit à des flash-back jouissifs racontant de manière émouvante l’issue tragique d’une précédente " mission " aux cours de laquelle l’ancien boss, joué admirablement par Tony Leung Ka Fai, n’hésite pas à se sacrifier pour cacher la fuite de ses complices.

Bref, une réussite incontestable signée Edmond Pang, réalisateur déjà responsable de You Shoot I Shoot et concepteur de l’histoire originale de Fulltime Killer, autre grand film ludique. (SJ)


Semaine 19-07-04

Critique Express

PTU (2003)


de
Johnnie To Kei Fung

 

 

PTU est vraiment le film que j'attendais. Je peux, comme beaucoup d'autres personnes, me permettre d'être soulagé. En effet, après une dérive vers des comédies instables et la plupart du temps foireuses, voici que Johnnie To revient au polar, genre dans lequel il se distingue et excelle même.

PTU ( abrégé de Police Tactical Unit, une unité de forces spéciales de HK ) n'a franchement pas tout pour plaire à un large public. Adoptant un rythme très lent- la totalité du film se déroulant en une nuit- le film de Johnnie To n'a au départ un scénario pas aussi jouissif que celui de The Mission, qui laissait déja présager de belles scènes de protection du boss Mr Lung. Définitivement noir, PTU conserve un aspect "vide" sauvé heureusement par une mise en scène dont la direction est claire : nos personnages errent dans une ville de Hong Kong déserte et endormie ( à ce point on peut parler de surréalisme ), dont l'obscurité est parfois trouée par les faisceaux des lampadaires. PTU se fait justement remarquer par sa photographie, signée Cheng Siu-Keung - qui n'est pas un inconnu au sein de la Milkyway. Les jeux d'éclairages résultent d'un véritable génie, et le moindre visage plongé dans l'obscurité, soudain éclairé par une lumière blaffarde force le respect. Dans cette nuit tout à fait comme les autres, officiers de la PTU et du CID aussi bien que membres de triades se mettent en action, tout ça pour le vol d' un malheureux pistolet et le meurtre de Ponytail.

Bien sûr, on va dire que Johnnie To se recycle et que, conscient de l'engouement du public pour The Mission, il reprend les mêmes procédés à une autre sauce en ne prenant aucun risque. En effet, les postures statiques, l'attitude déterminée des personnages sur une musique complètement à côté de la plaque mais tellement dans le style de To, et plein d'autres éléments font directement penser à The Mission. Mais pourquoi se plaindre, à l'heure où les polars d'ambiance de qualité se font de plus en plus rares ? On a droit à de véritables morceaux de bravoures: la montée des escaliers chorégraphiée tel un ballet dans ses mouvements de corps et de rayons de lampes torches, ou encore le gunfight final à faire pleurer. On profite des acteurs remarquables et de la team Milkyway : Simon Yam, à détester ou à adorer, Lam Suet bluffant, Raymond Wong Ho Yin en jeune premier, Ruby Wong glaciale, Maggie Siu sérieuse, puis viennent Eddie Ko, Wong Tin Lan ( le patron du resto dans The Mission, et père de Wong Jin, NDLR). Nos oreilles n'échappent pas aux partitions de Chung Chi-Wing ( oui... c'est lui le responsable des thèmes musicaux de The Mission) ici interprétées principalement à la guitare électrique, qui donne tantôt un ton oppressant au film, tantôt une ambiance de détente par des rythmes pop. L'humour n'est pas en reste, la scène du début dans le resto est là pour le prouver : la symphonie de sonneries de portables fait sourire.

Parlons des petits défauts qui viennent tâcher le tableau. On se demande, durant certaines séquences, si Johnnie To était en manque d'inspiration, et le temps se retrouve occupé par de longues scènes d'observation, de jugement d'autrui simplement par le regard. A part cela, rien de grave à signaler ! J 'oubliais, il manquait un petit mot sur l'aspect critique du film, concernant les actes de violence commis par les officiers de la PTU ( enfin, surtout par Simon Yam ! ) et du CID montrés à l'écran. Je pense que les vrais agents de Hong-Kong n'ont pas du apprécier le film, car entre la scène de tabassage dans la salle de jeux vidéos, où Simon Yam montre qu'il est parfait en distributeur de baffes, la violence physique employée envers un asthmatique, ou encore la pluie de coups que reçoit un indicateur par les agents du CID, sous les jolies yeux de Ruby Wong... cela va rester indigeste pour certains.

Pour tirer un bilan de tout ça, et résumer les choses : PTU reste une bonne friandise audio-visuelle qu'il vous faudra croquer sans modération. De plus, le dvd Mei Ah est très soigné, vous y trouverez une interview de Johnnie To et Simon Yam, non sous-titrée malheureusement. (FD)


Semaine 19-07-04

Critique Express

Running on Karma (2003)


de Johnnie To Kei Fung, Wai Ka Fai

 

 

Voici une fois de plus un film résultant de la collaboration entre Johnnie To et Wai Ka Fai, maintenant très habitués à travailler en couple. L'association de ces deux hommes a toujours été productive, la qualité étant plus ou moins là selon les films. Une chose est sûre, les deux hommes ne manquent pas d'idées, et surtout n'ont pas peur de les mélanger .

Running On Karma est un film très particulier. Il serait impossible de le classer, de lui coller une étiquette, tant il est marqué par les influence diverses de Johnnie To . La question qui se pose, est comment peut-on arriver à mixer des éléments si différents dans la plus parfaite homogénéité ? le film brouille les pistes du spectateur dès le point de départ, en montrant parallèlement un Andy Lau à mourir de rire avec ses biscottos en plastique, et une bande de policiers très sérieux en train de lutter contre un indien qui se plie de partout. Le film est parfois très drôle grâce à un Andy Lau joyeux et un tantinet bénet, mais jamais lourd et braillant comme certaines comédies grand public de la Milkyway Image. Il y a déjà l'apparence physique d'Andy Lau qui ne passe pas inaperçue il est affublé d'énormes muscles durant tout le film, ce qui contraste avec son caractère gentil. Ensuite ces combats jouissifs mais pas assez nombreux, dans lesquelles les protagonistes volent et exécutent des mouvements complètement dingues, dans une sorte d'exagération qui n'est pas étrangère à de nombreux wu xia pian. Les acteurs jouent tous comme s'ils ne savaient pas qu'ils sont matière à rire, et c'est cela qui est vraiment appréciable dans ce gros délire sérieux sur pellicule. 

Le fait de vouloir rassembler trop de choses dans un film est-il une critique qu'il serait justifié d'adresser aux créateurs de Running On Karma ? Je ne pense pas. Nous voyons bien que Johnnie To et Wai Ka Fai se font plaisir, et cela avec talent. Dans la mesure où ce film n'est pas une parodie facile, mais une sorte de synthèse des différents styles qu'ont abordé jusque là les deux collègues, Running On Karma mérite une certaine reconnaissance. D'autant plus que cet OVNI a du demander énormément de travail à l'équipe du film, constituée de techniciens habitués à travailler ensemble pour Johnnie To : Au Kin Yee et Yau Nai Hoi, deux scénaristes fidèles à la Milkyway Image sont de la partie, ainsi que l'excellent chorégraphe Yuen Bun et le directeur de la photo Cheng Siu Keung. Tapis dans l'ombre, ces messieurs ont une fois de plus fait démonstration de leurs talents.

Running On Karma est un film remarquable qu'on ne saurait vraiment décrire. Wai Ka Fai et Johnnie To ont donc signé un film qui ne manque pas d'audace, et qui ne manque pas non plus de nous étonner. (FD)


Semaine 19-07-04

Critique Express

Jiang Hu (2004)


de Wong Ching Po

 

 

La femme (Jacqueline Wu Chien Lien) d'un chef de triade (Andy Lau) vient d'accoucher. Son meilleur ami (Jacky Cheung), chef de triade lui-aussi, le pousse alors à la retraite...

Jiang Hu est une énorme déception que n'arrive pas à racheter une superbe image et l'avalanche de caméos de luxe (Norman Chu, Lam Suet, Chapman To, Eric Tsang...).

Le scénario n'est pas franchement original - une histoire de règlement de comptes dans le milieu des triades entre quelques boss -, et la seule bonne idée est très vite eventée par le spectateur, facilement en avance sur la mise au point finale.

Andy Lau joue comme à son habitude et, une fois de plus, se travestit un peu (une habitude prise dans Running Out Of Time on dirait !). Dans Jiang Hu, il a des cheveux mi-longs qui lui tombent constamment sur le visage... Jacky Cheung, pour son retour sur le grand écran, en fait des tonnes et est peu crédible dans son rôle de dandy des triades (il arbore un costume violet mélange du Prince de Purple Rain et de Louis XIV), bien porté sur la gâchette.

Les deux jeunes, Edison Chen et Shawn Yu, fidèles à leur prestation d'Infernal Affairs II ne savent toujours pas comment jouer et prennent la pose... la relève n'est pas assurée !

Un grand moment de rire : la scène du restaurant à l'occasion de laquelle Wong Ching Po a placé la table sur laquelle mangent Andy Lau et Jacky Cheung sur des rails de travelling. Pendant qu'ils discutent, la table et les deux convives avancent et reculent alors que le décor ne bouge pas. Et le malaise, c'est que TOUT bouge : le vin dans les verres s'agite, les acteurs ont des difficultés à rester stables... on ne sait plus si l'on regarde Titanic ou Jiang Hu !

A noter que le monteur, Pang Ching Hay, est le même que celui d'Infernal Affairs II.

Clin d'oeil à PTU : Lam Suet, policier, perd encore son pistolet de service...

Au final, un film à oublier qui tente de surfer sur la vague Infernal Affairs mais qui, faute d'un bon scénario et d'un budget conséquent (Jiang Hu fait vraiment fauché), ne lui arrive même pas à la cheville... (DOV)


Semaine 19-07-04

Critique Express

In The Line Of Duty 4 (1989)


de
Yuen Woo Ping

 

 

Cynthia, flic à San Francisco, est chargée de retrouver Luk, un petit dealer, témoin de l’assassinat d’un policier et vraisemblablement, détenteur de photos compromettant un important trafiquant de drogue. Elle n’est pas la seule à suivre la piste...

Avec la série des In The Line of Duty c'est tout le chapitre du cinéma d'action hong kongais qui s'ouvre, au sens le plus épuré du terme. Ce volume 4 voit le rôle principal féminin confié à Cynthia Khan, comme il en était pour l'opus précédant, bon petit film d'action sans prétention. In The Line Of Duty 4 est souvent cité en tant que meilleur film de la série, déjà constituée de très bons films de tatanes.

Si In The Line Of Duty 4 est un film d'action "au sens le plus pur du terme", c'est tout simplement parce que tout le film tourne autour des combats et des cascades. Le reste n'est que remplissage, avec un scénario empruntant les sentiers mille fois battus des super flics confrontés aux méchants terroristes et aux traîtres, et des dialogues peu inspirés. C'est donc les bastons qui poussent la plupart des spectateurs à se planter devant ce classique, dont on aime se repasser les combats en boucle rien que pour la virtuosité de leurs chorégraphies. De ce côté Yuen Woo Ping n'y est pas allé de main morte, en créant des combats réglés au millimètre, autrement dits à la hauteur de ceux qui les réalisent devant la caméra (des acteurs et artistes martiaux véritables comme Donnie Yen ou Cynthia Khan). In The Line Of Duty 4, en plus de contenir des combats survoltés qui ne manquent pas d'humour- Yuen Woo-Ping est quand même le roi de la Kung Fu Comedy- est un film à cascades. On ne compte plus le nombre de chutes d'une hauteur hallucinante, ni celui des cascades en moto, défiant à l'époque l'industrie du film d'action hollywoodienne, qui il faut l'avouer était à la traîne !

Certains crieront au scandale concernant une espèce de racisme anti-occidental dans ce film. On a d'ailleurs souvent dit que les étrangers, les blancs en particulier, obtenaient éternellement les rôles de salauds dans les films de Hong Kong. Si les mentalités ont depuis évolué, il est effectivement étonnant de voir à quel point les étrangers sont menés à mal dans ce film. Le réalisateur aurait pu choisir des méchants asiatiques, au lieu de quoi les ordures sont interprétées par des américains. (SPOILER) Si à cela on peut répondre que le flic Michael Wong est métis, la conclusion revient au même point énoncé plus haut, puisque son personnage est un traître. (FIN SPOILER) En plus d'être différents des gentils hong kongais au niveau de la couleur de peau, les méchants sont vraiment caricaturaux (dans le genre, ruez-vous sur The Master), à l'image du gros bad guy noir accro à la gonflette, à qui Donnie Yen se fera un plaisir de donner sa raclée.

In The Line Of Duty 4 est sûrement un des meilleurs films d'action urbain jamais réalisés à HK. Rassemblant plusieurs super stars du cinéma local (dont le jeune Donnie Yen qui éclate carrément à l’écran) au service d'une oeuvre destinée à un public assoiffé d'action, c'est un film qui symbolise à merveille le cinéma de divertissement de première classe comme HK sait si bien en produire. (FD)


Semaine 19-07-04

Critique Express

Tiger Cage (1988)


de
Yuen Woo Ping

 

 

Après une descente de police très musclée, un trafiquant de drogue se fait descendre. Son frère ne tarde pas à venger sa mort. Arrêté, il menace de dénoncer un gang de flics ripoux. Un inspecteur plus intègre que les autres (Jacky Cheung) va découvrir la corruption et s'engager avec son collègue dans une véritable tuerie entre flics, d'où personne s'en sortira indemne.

Tiger Cage est avec les In The Line Of Duty le film qui marque une reconversion dans les années 80 du réalisateur et chorégraphe spécialisé dans la Kung fu comedy, Yuen Woo-ping. On pourrait dire que le principe de ces films d'action urbains est le même que ceux des Films de Kung Fu réalisés auparavant par Yuen, avec simplement une mise à jour : les épéistes ou autres maîtres de kung fu sont devenus des dealers ou des flics, leurs armes sont des fusils et non des sabres. Pour le reste, un film de Yuen Woo-ping reste un film de Yuen Woo-ping, essentiellement porté sur les scènes d'action et les combats.

Le spectateur non averti du style du film devant lequel il se retrouve est rapidement mis au courant par une scène d'ouverture qui voit les armes à feu cracher pendant dix minutes non stop. Ponctuée d'une chute impressionnante, assurée par un cascadeur dont les obsèques n'ont pas du tarder après le tournage de la scène, cette introduction musclée donne le ton. Le gros problème est que voir plusieurs personnes se tirer dessus l'un après l'autre en plan fixe n'est pas d'un grand attrait visuel, même si quelques très belles chutes et projections arrivent toujours à temps pour nous rassasier. Le défaut de ce Tiger Cage, au contraire d'un jouissif In The Line Of Duty 4 qui laissait parler les mains et les pieds, est que les fusillades sans intérêt prennent trop de place et n'ont que trop peu à offrir. Yuen Woo-Ping excelle dans l'art de la chorégraphie des combats de kung fu, il est donc dommage de le voir ici s'adonner le temps de quelques séquences à des coups de feu à distance peu attrayants, en vain.

Que les fans de coups de tatanes en plein visage se rassurent, les duels à mains nues ne sont pas oubliés, mais simplement beaucoup moins nombreux et travaillés que ceux de In The Line Of Duty 4. Le jeune Donnie Yen que Yuen Woo Ping a alors pris sous "tutelle" compte heureusement parmis les invités, et nous fait profiter de son jeu de jambes rapide et souple, de ses déplacements fluides et de ses poings puissants. Il nous offre d'ailleurs le plus beau combat du film, contre deux gros méchants trafiquants étrangers (ce qui coule de source) qui mesurent quatre têtes de plus que lui. [SPOILER] Grosse est la déception ressentie à la disparition de Donnie Yen à la moitié du film, lui qui assurait la partie martiale des scènes d'action avec panache. [FIN DU SPOILER] Les autres acteurs n'étant pas martialement très compétents, mise à part Carol Do Do Cheng qui n'est pas si mauvaise, il faut aller voir du côté de Jacky Cheung et de son jeu dramatique pour trouver un rôle fort assurant avec succès la partie noire du film.

Le fait de voir les gentils mourir dans un film d'action lui confère un côté sombre. C'est le cas de Tiger Cage qui voit certains de ses personnages gentils mourir. Jacky Cheung, dont le rôle de flic victime de trahison et désespéré de voir ses compagnons tomber les uns après les autres, est totalement noir et débarrassé de l'étiquette du super héros de bon nombre d'actioners hongkongais. C'est une prise de position étonnante de la part de Yuen Woo-Ping, qui nous montre ici un film qui bouge bien, mais qui se veut trop policier pour répondre totalement aux attentes de son ancien public. (FD)


Semaine 19-07-04

Critique Express

Twist (1995)


de
Danny Lee

 

 

Un fourgon blindé a été attaqué et 170 millions HK$ ont été volés. L’OCTB (toujours dirigé par Danny Lee depuis les films de Kirk Wong) suspecte Simon Yam d’être l’instigateur de ce forfait. Mais la garde à vue s’avère tourner en faveur du suspect, puisqu’il prétendra avoir été battu (ce qui est vrai), et quand on attrapera des hommes de l’OCTB en train de mettre le feu à sa maison, son avocat et les médias vont s’en donner à coeur joie.

Les films de Catégorie 3 ont en général deux façons d’être visionnés. La première (dont le critique Paul Fonoroff est le grand représentant) est une approche sérieuse. Ce type de films est alors vu comme symbolique des problèmes de sociétés ou révélateurs des tendances les plus extrêmes qui agitent la société Hong Kongaise. La deuxième, c’est celle du second degré et de l’exploitation. On recherche le fun, la démesure dans la folie et autres femmes nues. Malheureusement, aucun des tenants de ces deux écoles ne trouvera son bonheur avec Twist.

Production Danny Lee oblige, Twist est une histoire de flics et de gangsters dans la lignée de ces autres longs métrages (on pense beaucoup à OCTB). Le bon vieux Danny est entouré des membres habituels de son équipe (Fan Siu Wong, le fidèle lieutenant Parkman Wong) et son adversaire est aussi un habitué du genre (voir Legendary Couple), la fashion victim Simon Yam.

Comme toujours chez l’homme, les flics sont des gens foncièrement honnêtes mais entravés par les agissements de méchants avocats et par des lois trop favorable aux accusés (la présomption d’innocence, quelle horreur !). Tous les moyens mis en œuvre par l’équipe de policiers (bastonnade, humiliation et même torture) seraient ainsi justifiés. S’il est vrai que la sécurité à HK est considéré comme un élément important de la vie courante et que certains abus sont commis en son nom par les forces de l’ordre, on est heureusement loin des excès décrits dans les films de Danny Lee. Heureusement que l’homme n’est jamais devenu un vrai flic, le résultat aurait été assez effrayant !

Le plus incroyable est que Danny se permet même de donner des leçons en montrant du doigt les méthodes de la Chine Continentale, décrites, elles, comme inhumaines. Drôle de façon de se justifier que de dire que son voisin fait pire. Surtout que les agissements de la police de la Chine Continentale décrites dans le film n’apparaissent pas de manière aussi évidente bien plus grave que celles de leur voisin Hong Kongais.

Les amateurs de bisseries ne seront pas plus comblés par Twist que leurs homologues sérieux. L’enquête est en effet peu palpitante, mis en scène de façon très plate et ne proposant que très peu de scènes d’action (seule une poursuite automobile mérite d’être notée). Le dernier tiers du film semble par contre bâti pour satisfaire ce public puisqu’il s’agit d’une très longue séquence d’interrogatoire où le but est de faire parler Simon Yam par tous les moyens mais sans laisser de marques apparentes sur le corps. Autrement dit : on a droit à une longue séquence de torture plus imaginative que d’habitude pour ce type de productions. Si dans l’idée, ce concept pourrait être amusant, sa réalisation s’avère trop gentille. Chaque nouvelle technique employée manque d’impact visuel et ne pourra satisfaire que les amateurs du genre les moins exigeants.

Twist a tout de même un atout à faire valoir, en la présence de Suki Kwan. L’actrice n’est en rien une spécialiste de la Catégorie 3, c’est une actrice grand public qui était jusque là habituée à la comédie. Avec Twist, elle se dévoile dans tous les sens du terme ! Elle joue son personnage avec conviction et, surtout, révèle ses charmes avec un aplomb surprenant. Bien sûr, elle n’est jamais nue mais entre petites tenues et autres vêtements mouillés, une bonne partie de son anatomie est visible. Saluons son professionnalisme qui permet de supporter la vision de ce bien triste Twist. (AL)


Semaine 19-07-04

Critique Express

Sixty Million Dollar Man (1995)


de
Raymond Yip Wai Man

 

 

Shing est un gamin pourri par l'argent de son milliardaire de père. Il pense alors que tout peut s'acheter, même l'amour de Sylvia, une copine de classe. Hélas, après un échec cuisant, il décide de se rendre à la maison de l'élue de son coeur qui se trouve être la fille d'un gangster notoire. Pensant ses secrets découverts, le mafiosi n'hésite pas à faire exploser la voiture de ce malheureux Shing, ne lui laissant que sa bouche, son cerveau et son pénis !!! Rendu à la vie par un professeur fou, l'amoureux éconduit se trouva doter d'un nouveau corps aux capacités extraordinaires de transformation en n'importe quel objet de la vie courante (grille-pain, micro-onde, tuyau d'arrosage, tube dentifrice géant, aspirateur, etc) !!!!!!

On peut considérer que Sixty Million Dollar Man est un des meilleurs films de Stephen Chow, dans la veine qu'il affectionne le plus : le mo lei tau, grand délire et gags politiquement incorrects !

C'est un vrai foutoir, complètement jouissif, qui emprunte tantôt à Pulp Fiction (séquence de la danse), tantôt à The Mask (on pourrait même dire que la deuxième partie du film est une sorte de relecture hongkongaise du blockbuster de Jim Carrey) et part dans tous les sens, sans trop se soucier (malheureusement ?) du scénario : la Wong Jing touch conjuguée à l'esprit Chow... un régal pour les vrais amateurs !

Ng Man Tat, l'éternel faire-valoir de la star comique, joue toujours les souffre-douleur et Tsui Kam Kong (habitué des Catégories III) endosse le rôle d'un scientifique un peu fou.

Fortement recommandé à qui de droit !!! (DOV)


Semaine 19-07-04

Critique Express

Lost And Found (1996)


de Lee Chi Ngai

 

 

Lost And Found est un mélodrame évitant avec excellence les écueils d'un genre qui transforme souvent les films en bluettes sentimentales et larmoyantes. C'est déjà un exploit en soi ! Le sujet pouvait prêter à une description pleurnicharde des dernières semaines de la vie d'une jeune fille atteinte de leucémie : ses relations avec son père autoritaire (un riche homme d'affaires !), avec ses frères et sœurs, avec un beau marin rencontré par hasard, l'espoir qui s'en vient puis s'en va…, le tout sur fond de décomposition physique et morale.

De plus, si le thème n'est pas neuf - il a déjà été traité avec bonheur (si l'on peut dire…) dans Hong Kong 1941, C'est La Vie, Mon Chéri ou, plus récemment, Made In Hong Kong -, il n'y a aucune sensation de déjà vu. Peut-être est-ce dû à la petite touche onirique, au côté conte de fées que traîne souvent avec lui le lunaire Kaneshiro Takeshi ici dans un de ses meilleurs rôles à ce jour, ou à la critique sociale… Car la force de Lost And Found, c'est aussi la description du monde des "petits" à Hong Kong. Dès le générique (beau noir et blanc et chanson de Leonard Cohen - Dance Me To The End Of Love), le réalisateur nous emmène à la rencontre des miséreux qui peuplent la ville, loin des images de cartes postales que véhiculent certaines œuvres. Nous ferons ensuite la connaissance d'un homme suicidaire délaissé par son épouse, seul avec ses enfants, d'une petite fille avec une mère au seuil de la mort qui pense qu'elle pourra la guérir si son jardin de roses fleurit, d'enfants autistes qui font dans la rue des dessins que personne ne comprend… En fait, toute une imagerie trop souvent absente des comédies "à la Jackie Chan". On est effectivement bien loin des Lucky Stars !!!

Lost And Found est entouré d'une partenaire de charme, Kelly Chen, toute en retenue dans un rôle assez difficile, et de seconds rôles bien construits et interprétés (Cheung Tat Ming et Jordan Chan en tête). La seule ombre au tableau, c'est l'éternel nul Michael Wong, celui qui ferait passer Rock Hudson pour Sir Lawrence Olivier… Il promène les deux ou trois expressions qu'il arrive encore à produire de film en film, au plus grand dépit des spectateurs. Heureusement pour nous, il n'est finalement que peu présent dans Lost And Found (on parle plus de lui qu'on ne le voit !).

Lee Chi Ngai se fait discret derrière sa caméra et privilégie la narration à l'esbroufe visuelle. Il insuffle à Lost And Found un ton nostalgico-désabusé qu'il avait déjà distillé dans Doctor Mack quelques mois plus tôt.

En conclusion, une production UFO, United Filmmakers Organization, chaudement recommandée aux romantiques. (DOV)


Semaine 19-07-04

Critique Express

Looking For Mr Perfect (2003)


de
Ringo Lam

 

 

Quelle surprise que ce Looking For Mr Perfect ! Je n’ai pas écris bonne surprise, attention, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on a du mal à attribuer ce film à Ringo Lam. Passée cette interrogation, le film se laisse regarder avec un bon gros sourire, ou long soupir selon le degré auquel vous le prenez.

J’avoue m’être laissé porter par cet enchaînement de gags tous aussi stupides les uns que les autres, mais le pire, c’est que la médiocrité involontaire de certaines farces, en plus de nuire au film, ne fait qu’ajouter une dose supplémentaire de débilité hilarante. Ce qui est encore plus drôle, c’est de voir les acteurs les plus connus actuellement dans l‘ex-colonie britannique, se ridiculiser joyeusement : Simon Yam fait des claquettes avec son look imparable, Shu Qi s’abandonne à des rêves d’enfant et attend le prince charmant, Hui Siu Hung campe un détective raté, Lam Suet qui minaude est à se tordre de rire, et ne parlons pas des autres personnages, des caricatures toutes aussi faciles les unes que les autres (voyez donc le photographe homo).

Mais quelle mouche a donc pu piquer l’homme qui est à l’origine du chef d’œuvre City On Fire ? Remarquez, si on oublie qui est Ringo Lam, Looking For Mr Perfect reste un habile mélange d’action et d’humour débile qui cependant garde le spectateur éveillé grâce à son casting à la mode (à signaler la prestation sympathique de la star montante Andy On), quelques gags et scènes d‘actions assez bien ficelées dans leur contexte parodique. Looking For Mr Perfect n’est pas du grand cinéma, c’est un film sans message et formaté pour la masse populaire. Il fait passer un bon moment et actualise la définition du " cinéma de divertissement " qui vraiment ne fatigue pas les méninges, et c’est justement pour ces raisons qu’on aime ou qu’on rejette ce film. Pour ma part la pilule est bien passée, même si bien sûr cet énorme sentiment d’avoir vu un produit superficiel reste présent. (FD)


Semaine 19-07-04

Critique Express

Good Times Bed Times (2003)


de
Chan Hing Kar et Patrick Leung

 

 

On prend les mêmes et on recommence ! Surfant sur la vague Sex And The City très à la mode à Hong Kong, Good Times Bed Times se présente clairement comme un produit cinématographique typique cherchant à capitaliser sur des succès récents. Ici, aucune originalité n’est de mise, toutes les situations montrées à l’écran ayant déjà été exploitées dans un passé proche. On retrouve ainsi le couple Louis Koo – Sammi Cheng lequel avait déjà parfaitement fonctionné dans Love For All Seasons de Johnnie To et Wai Ka Fai. D’ailleurs, ce brave Louis est à nouveau en proie à des problèmes d’ordre sexuel récurents. Chaud lapin dans le film de Johnnie To, il devient carrèment impuissant dans celui-ci. Mais pas de souci , car la jolie Sammi Cheng se chargera (encore) de rétablir la situation. Le second couple, quant à lui, est formé de Lau Ching Wan et de l’omniprésente Charlene Choi laquelle reprend son personnge de chipie immature qui n’a qu’une idée en tête, faire tourner celle d’un homme de quarante ans. Ça ne vous dit rien ? C’est que vous n’avez pas vu My Wife Is Eighteen.

Côté réalisation, Patrick Leung et Chan Hing Kar, forts du succès rencontré par La Brassiere et sa pseudo-suite Mighty Baby, remmettent le couvert pour ce film qui, en réalité, est double. En effet, les deux histoires de couple proposées sont presque indépendantes l’une de l’autre. Il est d’ailleurs fort probable que chacun des réalisateurs ne s’est occupé que d’une histoire, même si il est pratiquement impossible de distinguer le style de Patrick Leung de celui de Chan Hing Kar, tant la réalisation est homogène.

Dans l’ensemble, Good Times Bed Times se présente donc comme une comédie romantique sans surprise, mais néanmoins agréable, à condition de ne pas chercher autre chose qu’un divertissement sans prétention. Quelques séquences, néanmoins peu originales, parviennent tout de même à retenir l’attention. On n’échappe évidemment pas à un petit effet matrixien toujours efficace et à de sympathiques caméos grâce à la présence de Sandra Ng et de Tony Leung Ka Fai. (SJ)

 

 


Semaine 31-05-04

Critique Express

HERO (2003)


de Zhang Yimou Durée
Avec Jet Li, Tony Leung Chiu-wai, Maggie Cheung, Chen Dao Ming, Donnie Yen, Zhang Ziyi.

 

Histoire: La Chine profonde était divisée en sept royaumes Qin, Zhao, Han, Wei, Yan, Chu et Qi. Le roi Qin rêvait de conquête, unifier la Chine et devenir le premier Empereur. Les autres pays lui envoyèrent des assassins. Un jour, un héros "Sans Nom" venait lui livrer les "têtes" de ces derniers en échange d'une récompense royale...

Hero relate l'une des nombreuses épopées de l'Empereur Qin Shihuang (221-206 avant JC) qui fit construire la Grande Muraille de la Chine pour protéger la population contre les invasions des pays voisins. Hymne à la liberté, patriotisme, haine, amour, passion, devoir sont les thèmes de cette œuvre magnifiquement réalisée par Zhang Yimou. Ses talents d'esthète n'ont plus rien à prouver : les 4 chapitres sont truffés d'une couleur symbolique différente (rouge, bleu, blanc, vert), un procédé original qui préserve rigoureusement l'unité du film et intensifie le récit; les paysages somptueux; les scènes de chorégraphies "wuxia" sublimées; les séquences de bataille à couper le souffle avec un nombre de figurants époustouflant accentuant l'effet de masse. Tandis que Tigre et dragon d'Ang Lee nous livre à outrance des combats aériens, Hero nous réserve des affrontements nettement plus liés aux arts martiaux traditionnels où les épéistes sont certes dotés de facultés voltigeuses mais sans en abuser. Alors que Tigre et dragon est plombé par quelques lenteurs, notamment le trop long flash-back dans le désert qui casse un peu le rythme du film, Hero nous épargne de tout instant creux. Les différentes versions narrées par le héros Sans Nom (Jet Li) qui explique au Souverain Qin (Chen Dao Ming) comment il a éliminé les tueurs à gages Ciel (Donnie Yen), Neige Volante (Maggie Cheung) et Lame Brisée (Tony Leung Chiu-wai) s'imbriquent à merveille dans ce puzzle compliqué selon le procédé de thèse antithèse.

Où est la vérité? Qui complote contre qui? La fin politique légitime-t-elle les moyens? La force de l'œuvre réside dans ce labyrinthe cérébral (cf. les combats pensés) à l'image du personnage historique complexe de Qin Shihuang, certes dictateur tyrannique mais à la vision politique de paix indéniable grâce à son vœu d'unification de l'écriture et de la Chine. Autant dire que tous les personnages de Hero sont ambigus. Une belle réussite cinématographique servie par le trio efficace Jet Li, Tony Leung et la très classe Maggie Cheung ! (C.V.)


Semaine 23-12-03

Critique Express

Infernal Affairs II (2003)

De Andrew Lau et Alan Mak

La chronique sur une dizaine d’années de la montée en puissance d’un parrain des triades de Hong Kong.

Après le succès phénoménal du premier opus, on aurait pu craindre que les réalisateurs allaient tenter de reproduire bêtement la formule à l’identique. Mais au lieu de replonger le spectateur dans un thriller psychologique, ils ont fait l’effort de changer radicalement le concept en se lançant dans une chronique mafieuse. Malheureusement, le duo se limite à un exercice de style qui tourne à la vaine démonstration de savoir faire. Car si le montage, les cadrages et l’utilisation de la musique font preuve d’une volonté indéniable d’en mettre plein la vue, la vision de la mafia chinoise reste bien pauvre. Sans ambition thématique, sans regard politique ou morale, le scénario suit sans passion, d’une manière très narrative le parcours de ses personnages. Bref, le travail de tâcheron l’emporte une fois de plus sur une vision artistique plus ambitieuse. Andrew Lau ne restera décidément qu’un petit maître… du box-office.(HL)

 


Semaine 28-07-03

Critique Express

Drunken Monkey (2003)

De Lau Kar Leung

Trahi par son frère, un homme (Lau Kar Leung) adepte de la boxe du singe s'est retiré du monde en se faisant passer pour mort. Mais un jeune homme désireux d'écrire un livre sur la boxe du singe retrouve sa trace, ce qui attire l'attention des anciens ennemis.
Profitant des rééditions des films de la Shaw Brother en DVD, cette production a pour ambition de remettre au goût du jour les films d'arts martiaux.  Malheureusement, le vétéran Lau Kar Leung reprend la formule abandonnée il y a 20 ans sans la dépoussiérer. Du coup le film pâtit d'une réalisation datée et d'un air de déjà vu. Pire, le traitement des thèmes du genre est peu inspiré au regard des meilleurs films de l'époque. Quant au combat, Lau Kar Leung donne dans un classicisme dès plus sclérosé. En outre il sous-exploite l'excellent Wu Jing (vu dans Legend Of Zu) pour s'octroyer la plupart des combats. Or si le maître n'a rien perdu de son savoir, il commence quelque peu à manquer de vigueur. Il aurait fallu repenser le genre, ce que n'a pu réussir Lau Kar Leung, réalisateur définitivement trop passéiste. Réactionnaire, ce film n'intéressera par conséquent que les nostalgiques d'un style aujourd'hui révolu. (HL)

 


Semaine 30-06-03

Critique Express

Double Vision (2002)
De Chen Kuo Fu
Taiwan

Un spécialiste du FBI (David Morse) vient aider un policier de Tapei (Tony Leung Kar Fai) pour résoudre une série de meurtres très mystérieux.
Pour tenter d’aider Tony Leung Kar Fai à résoudre ses problèmes de couple, Morse déclare que si chaque culture a ses particularités, il y a des problèmes qui restent universels.
Ce dialogue représente le seul intérêt de Double Vision, chercher à répondre au problème du métissage culturel que posent les productions trans-nationales. Sous l’égide de Columbia Asia, ce film mélange en effet une équipe composée de taiwanais, d’hongkongais, d’australiens et d’américains. Malheureusement le réalisateur se révèle incapable d’opérer ce fameux métissage culturel, de toucher à l’universel tout en gardant son ancrage dans la culture asiatique. Comme les nombreux échecs avant lui, son film ressemble à une accumulation hétérogène et maladroite d’éléments narratifs, thématiques, de mise en scène, et de références cinématographiques piochées dans le bain trouble de la culture mondialisée. On retrouve ainsi la volonté de proposer un film techniquement aux normes internationales, bardé d’une mise en scène classique passe-partout et de situations narratives éculées reconnaissables par tous (Buddy movie, couple en crise…). L’aspect asiatique apparaît à travers une enquête qui débouchera sur l’univers du taoïsme. Mais le mélange ne fonctionne pas, tant l’ensemble manque de cohérence et d’originalité, d’autant que comme la plupart des blockbusters, aucune piste n’est approfondie. A l’image des nombreux changements de lieux, signifiés par une inscription à l’écran, le film ressemble à un incessant zapping : un zest de Seven, de couple en crise, de X-files, de taoïsme, de buddy movie, et ainsi de suite. Le mal qui ronge ce genre de tentative est sans doute le refus de s’engager dans un vrai parti pris de métissage, comme Tigre et Dragon par exemple. Le défi reste donc encore entier. Comment concevoir un cinéma asiatique commercial capable de concilier une identité propre avec les codes de la culture mondiale ? Si Double Vision a le mérite de poser le problème, il n’apporte pas la solution espérée. (HL)


Semaine 16-06-03

Critique Express

Looking For Mr. Perfect, (2003)
De Ringo Lam

Produit par Milkyway Image

Pour se remettre d’une arrestation qui a failli mal tourner, l’agent Grace décide de prendre des vacances en Malaisie avec son amie Joey, un mannequin en tournage. Elle a bientôt l’impression troublante d’y rencontrer l’homme mystérieux en costume blanc qui peuple ses rêves. Mais celui-ci s’avère être un détective privé sur une affaire de vol et recel…

Ringo Lam alterne depuis quelques années les incartades hollywoodo-vandamiennes (Maximum Risk puis Replicant) avec le besoin de se ressourcer dans sa colonie natale (Full Alert et Victim), démarche jusqu’ici gage de films hongkongais nerveux, secs et violents. Seulement voilà, qu’on se le dise, Ringo Lam est revenu fatigué des Etats-Unis : alors il s’est offert, en guise de vacances, un tournage léger dans un grand hôtel de Malaisie ! Il n’est d’ailleurs pas toujours aisé de faire la différence entre le spot publicitaire pour destination asiatique de rêve (gros et longs plans sur les danseurs locaux en représentation dans le hall de l’hôtel, belles vues et superbes intérieurs des spacieuses chambres, large éventail de sports nautiques, belles plages, magnifique temps…) et la comédie policière qui nous est promise.

Soyons cependant beaux joueurs : oublions qu’il s’agit d’un film de Ringo Lam (dur effort tant on l’attendait…) et regardons-le sans a priori. Hé bien, même appréhendé de cette manière, le contrat n’est pas rempli. Certes, le metteur en scène nous offre quelques séquences bienvenues (le combat avec la scie, une ou deux poursuites), mais il faut avouer que le récit ne sait pas très bien où il souhaite aller. Comédie romantique, espionnage, action, policier ? Tous ces styles sont à un moment donné abordés, mais le fait qu’ils ne sont qu’effleurés enlève toute cohérence d’ensemble au film. Si la comédie n’est pas légère et comporte son lot de blagues scatologiques (le détective en chef sur les toilettes de Hsu Qi…), homophobes (le photographe, un véritable… cliché !) et stupides, l’action, elle, est tout à fait convenue.

Quant aux personnages, ils sont mono-dimensionnels, sans aucun relief. Toute piste scénaristique qui permettrait de rebondir, de donner un peu de piment, est abandonnée : lorsque Grace découvre qu’elle a été espionnée – trahie – par son soupirant, elle ne lui en tient pas rancune plus de deux minutes… Hsu Qi, atout commercial principal, fait le minimum syndical en promenant sa jolie frimousse. Andy On, peut-être une future gloire du cinéma hongkongais, est sous-employé alors que c’est bien lui le héros du film. Simon Yam, passées les premières minutes à rigoler devant la nouvelle caricature qu’il nous propose (un tueur qui n’arrête pas de danser et de claquer des doigts pour se faire obéir), est rapidement irritant et ne reste que la parodie de lui-même.

Pour en revenir à Ringo Lam, ce film ne semble pas lui appartenir. Mieux vaut l’oublier (ce ne sera pas difficile, je vous assure) en rêvant à de nouveaux polars.

Cet été, le séminaire annuel de la Milkyway aura lieu dans un grand hôtel en Malaisie. (DOV)

 


 

Semaine 19-05-03

Critique Express

PTU (2003)

De Johnnie To

Si les polars de la Milkyway ont forgé la réputation de Johnnie To au sein d’une certaine cinéphilie mondiale, la position du réalisateur-producteur est toujours restée trouble. Vision artistique ? roublardise ? Opportunisme ? Sincérité ? Chaque film semble contredire l’image proposée par le film précédant. The Mission était un exercice plutôt réussi. En dehors de sa misogynie chronique, le réalisateur était parvenu à proposer une galerie de personnages attachants, tout en esquissant un portrait doux-amère des triades locales. PTU s’inscrit comme une suite de The Mission. Inversant la proposition, le film décrit cette fois la police et ses méthodes à la limite de la légalité. Malheureusement le résultat est bien en deçà de son modèle. Peut-être contaminé par le versant commercial de la Milkyway, qui produit à la chaîne des comédies romantiques débiles, PTU s’apparente à une suite peu inspirée. Les personnages sont insuffisamment développés, l’intrigue n’est qu’une suite de rendez-vous manqués, jusqu’à un retournement final plutôt facile. Côté action, rien de nouveau là non plus, To reprend les formules précédentes. La fameuse scène des escalators de The mission, se transforme en une scène d’escalier. En revanche, le réalisateur soigne particulièrement ses cadrage et sa lumière. Mais cette forme très élaborée tourne à vide, la métaphore du clair-obscur par exemple pour signifier l’ambiguïté des flics, n’est que répétée tout au long du film. Si le film commercial joue généralement sur la surenchère d’effets spéciaux, le film d’auteur selon To joue la surenchère d’effets de style. Pas évident qu’on ait gagné au change. Ennuyeux et inutile. (HL)

 


 

Semaine 21-04-03

Critique Express

Devdas (2002)
de Sanjay Leela Bhansali
avec Shah Rukh Khan, Aishwarya Rai, Madhuri Dixit

 Inde

Devdas (Shah Rukh Khan) et Paro (Aishwarya Rai) sont amis d'enfance. Paro se languit de revoir Devdas contraint par son père de partir étudier dix ans en Angleterre. Pourront-ils enfin exprimer leurs sentiments l'un pour l'autre et se marier ?
Parler d'un film Bollywood dans ces pages consacrées à Hong Kong peut paraître surprenant. Sans s'étendre sur le sujet, il arrive qu'on retrouve, dans d'autres cinématographies, une idée de cinéma (spectacle, réflexion ou exercice cinématographique) proche de ce qu'a pu fournir le cinéma de HK à une certaine époque. C'est le cas pour Devdas, d'où l'intérêt qu'on lui porte ici.
Devdas rempli son contrat de film à grand spectacle Bollywoodien (glamour, chants et danses, sentiments exacerbés) et fait preuve de raffinements, de subtilités ainsi que d'une grande rigueur. L'esthétisme, la psychologie des personnages, le scénario et les dialogues sont particulièrement soignés.
Il est difficile de parler de Devdas sans recourir aux superlatifs, tant ce film représente un véritable culte du beau. Il y a toujours un plus dans tout ce qui est mis en scène et cadré. Les actrices ont les mains maquillées et ornées de bijoux, elles portent des costumes chamarrés et évoluent dans des décors grandioses sublimés par un éclairage très travaillé. Mais Devdas n'est pas un exercice de style friqué et vain. Les magnifiques décors raffinés, presque baroques, le maquillage, les costumes et accessoires, et la photographie ainsi que certaines idées de mise en scène subliment les personnages et leur histoire. Tous ces éléments participent au spectacle et sont adroitement utilisés pour exprimer des sentiments et des émotions ineffables. Le talent du réalisateur, et de son équipe, est d'avoir mis une débauche de beauté et de splendeur au service de son propos et du parcours des personnages.
L'un des grands atouts du film est ainsi d'échapper aux travers typiques de ce genre de produit. Le réalisateur évite soigneusement de longs tunnels dialogués pour expliquer une histoire ou des sentiments. Il choisit plutôt de les montrer et de les dévoiler en recourrant à tous les éléments visuels (photographie, montage, décors, accessoires…) et sonores propres au médium. Toutes les ressources cinématographiques disponibles sont donc employées au maximum. La photographie est évidemment l'outil à l'efficacité la plus visible. Dans la scène au clair de lune où Devdas découvre le visage de Paro, les deux amoureux sont enrobés par une réflexion mouvante des vitraux colorés sous les rayons lunaires. Celle-ci accentue la révélation magnifique et souligne la comparaison entre la beauté des traits de Paro et de la lune. Le montage à également son importance. La séparation des deux amants est montée en cross cuting ou montage alterné, entre ici un flash back et une scène actuelle. Ce procédé permet de mettre en parallèle les tragédies du passé et du présent et donc démultiplie leur intensité dramatique. Enfin, l'ambiance sonore appuie les effets. Le bruit du tonnerre ou d'un claquement de fouet vient appuyer un moment tragique ou une terrible révélation.
Le fond et la forme vont ainsi se compléter, s'harmoniser et sublimer l'histoire des personnages. Le film prend des allures de conte de fée après le premier tiers. Tout converge alors vers un spectacle d'une intensité et d'une beauté extrême. Lors de la scène à la source entre Devdas et Paro, la lumière de la lune les illumine d'une clarté quasi féerique. Le film entre alors dans une phase plus onirique, en dehors des réalités d'une simple histoire d'amour, et évidemment loin du quotidien indien (lieu et époque demeurent assez flous). Devdas est devenu gentleman tandis que Paro possède tous les atours d'une princesse de contes.  Le premier ne peut se soustraire à son déclin malgré toutes ses vertus. Paro, elle, change de statut et évolue dans un environnement qui correspond à ses métamorphoses. D'abord jeune fille qui attend Devdas dans sa chambre, elle prend ensuite des allures de belle au bois dormant orientale au clair de lune. Puis elle acquiert une situation stable d'épouse d'aristocrate et de mère au sein d'un palais grandiose où un plan majestueux lui donne les apparences d'un personnage de peinture assujettie à son environnement et au décorum. Par la suite, sa grandeur, son charisme, le luxe des ses vêtements et bijoux révèlent l'importance de sa situation de maîtresse de maison.
En utilisant tous les moyens mise à disposition, le réalisateur Sanjay Leela Bhansali réussi avec rigueur et sans digression inutile à imprimer sur pellicule le pathos de ses personnages et à redonner ses lettres de noblesse au genre de la comédie mélodramatique indienne. L'histoire d'amour de trois heures ne s'essouffle pas car de nouveaux éléments viennent s'ajouter au récit et maintiennent l'intérêt du spectateur tout en faisant progresser l'intrigue. Ce qui ne veut pas dire que  Sanjay Leela Bhansali ne prenne pas son temps pour ménager de purs moments de poésie (avec danses et chants par exemple) ou des instants lyriques (dialogues imagés,  poétiques et / ou à plusieurs niveaux de lectures) qui confirme la filiation du film à la littérature. Pour mémoire, le scénario est basé sur un roman classique indien déjà maintes fois porté à l'écran.
Devdas
est un film populaire, mais qui offre une plus-value indéniable par rapport aux autres films commerciaux Bollywood du genre. Il ne sombre pas dans les écueils faciles du mélo. Le film n'est ni kitch, ni ennuyeux et tout en impliquant le public au divertissement, il évite de prendre le spectateur en otage d'une déferlante de bons sentiments et de débordements lacrymaux (comme le laissait faussement présager le premier quart d'heure). Bref, il titille autant l'affect que l'intellect, il contente autant le goût du beau que le pathos. Ce qui mérite tout de même la plus grande attention. (Thom P)

Golden Chicken (2002)
de Chiu Leung Chun

Un prostituée raconte des tranches de sa vie.
Petit succès au box office, ce film n'en est pas moins très décevant. Traiter du milieu de la prostitution est délicat. Et le film tombe dans tous les travers. Graveleux, insultant pour les femmes, oubli d'un point de vue moral, cette vision idéalisée de la prostitution n'est qu'un prétexte à une évocation nostalgique du Hong Kong passé. Mais ce n'est sans doute pas en se complaisant dans le passé que le cinéma de Hong Kong trouvera les réponses à la crise qu'il traverse.

 


 

Semaine 03-03-03

Critique Express

Hero (2002)
de Zhang Yimou

Chine

Un assassin au service de l'empereur vient lui apprendre qu'il a éliminé tous ses ennemis.
Super production luxueuse, Hero est un projet diablement roublard. Le casting, le budget et le genre semblent l'inscrire dans une logique de grand film populaire. D'un autre côté, la mise en avant de la culture chinoise, le maniérisme de la mise en scène et la réflexion sur le thème de l'héroïsme voudraient inscrire le film dans une démarche "auteurisante". Si dans Ashes Of Time Wong Kar Wai, sur un principe assez semblable, s'était réapproprié les codes du Wu Xia Pian pour les plier à son propre univers, Zhang Yimou se contente de laisser cohabiter les 2 démarches, sans jamais choisir. Le film tient à la fois du faux films de genre (son rythme, ses enjeux dramatiques, son atmosphère n'en relèvent pas) et à la fois du faux film d'auteur (esthétisme tape à l'œil, culture asiatique très stéréotypée, réflexion sur l'héroïsme assez convenue). Le film manque d'un point vue sincère, d'un vrai projet de cinéma. On est ici dans le louvoiement calculateur. Bof... (HL)

Phra-Apai-Mani (2002)
de Chalart Sriwanna

Thailand

Le roi Suthat O’ Rattanakasat envoie ses 2 fils  Phra-Apai-Mani et Sri-Suwan se former en vue de gouverner le pays. Cependant le roi est furieux quand il apprend que Phra-Apai-Mani a étudié la clarinette et que Sri-Suwan a appris les arts martiaux. Pour les punir ils décident de les exiler. Pendant ce voyage les 2 frères vont vivre des aventures incroyables.
En plein renouveau le cinéma Thaï continue à se développer en offrant des productions toujours plus ambitieuses. Phra-Apai-Mani n'est rien de moins qu'un film merveilleux entre Jason et les argonautes et Stormriders! D'accord c'est filmé avec les pieds (un piètre mélange du style hongkongais et de Matrix), d'accord les effets spéciaux sont assez ridicules. Mais après tout, n'est ce pas le cas des derniers épisodes de Star Wars? Là au moins il y a un côté exotique en plus. Et puis voir des sorcières des mers géantes, des sirènes hommes thaï et des fantômes d'eau, c'est franchement rigolo. Pour les amateurs de curiosités cinématographiques. (HL)

 


 

Semaine 06-01-03

Critique Express

Infernal Affairs (2002)
de Andraw Lau et Alan Mak

(Version mandarin)

La police et les triades se livrent une lutte impitoyable. Pour arrêter Sam (Eric Tsang), un gangster notoire, la police utilise un agent infiltré (Tony Leung). mais Sam possède également une taupe infiltrée chez les forces de l'ordre (Andy Lau).
Face au succès des blockbuster coréens, Medias Asia a décidé d'appliquer la même formule, à savoir apporter un soin tout particulier dans la production du film dans le but de rivaliser avec le standing international. Le casting est par conséquent de tout premier ordre, la musique et la photo sont soignées. Et surtout le film repose sur un scénario très écrit, propre à captiver l'audience. Le résultat a l'avantage sur les productions du même genre faites en Asie ou en Europe de bénéficier du savoir-faire hongkongais. Les réalisateurs n'hésitent pas à choisir des cadrages originaux, le montage sait se faire nerveux et les jump-cut (courte ellipse faite dans un plan) sont  légions.
Mais de fait Infernal Affairs s'inscrit dans la tendance à la mondialisation du cinéma où les codes cinématographiques tendent à s'uniformiser. De ce point de vue le film n'a pas l'audace visuelle et le style flamboyant des productions purement hongkongaise, même s'il se veut un hommage à A toute épreuve de John Woo. Le gouffre qui sépare les deux films est énorme. Bien sûr le succès commercial de Infernal Affairs donne raison aux producteurs. En plus le produit se vendra sans doute très bien à l'étranger. Et si, au final, il se laisse voir sans déplaisir, il montre surtout qu'une certaine idée du cinéma qu'avait développé les réalisateurs hongkongais est en train de disparaître. (HL)

Going Home (2002)
de Peter Chan

Un policier (Eric Tsang) et son jeune fils, emménagent dans un nouvel appartement situé dans un immeuble étrange et fantomatique. Un jour qu’il rentre à son domicile, le policier constate que son fils a disparu. Il décide d’aller se renseigner auprès de ses voisins, un homme étrange (Leon Lai) dont l’épouse est handicapée…Une très bonne surprise que ce film qui est de loin le meilleur tronçon de l’international Three. L’histoire est très innovante dans le sens où elle ne s’inspire d’aucune autre. La réalisation de Peter Chan est remarquable de sobriété, point d’effets racoleurs inutiles. Les interprètes sont excellents, Leon Lai en tête qui dans un rôle d’homme perdu et désespéré, un personnage presque "Kafkaien", réussit là ce qui est certainement l’une de ses plus belles prestations d’acteur. Eric Tsang dans un rôle sérieux reste très sobre, ce qui lui réussit en général très bien. Un esthétisme baroque magnifié par la caméra de Christopher Doyle vient donner un sentiment de malaise peu courant dans le cinéma HK. Une grande réussite dont le seul petit inconvénient tient à sa durée, 53 mins ça fait court, mais elles suffisent à donner à ce véritable petit joyau des qualités remarquables. Une ambiance étrange alliée à un climax surréaliste qui en font un bijoux d’innovation. Le meilleur film de l’ex-colonie pour l’année 2002 pour moi, ni plus ni moins. (Philippe Quévillart)

Going Home (2002) (2)
de Peter Chan

Un homme (Eric Tsang) emménage avec son fils dans un immeuble. Il découvre bientôt que son voisin (Leon Lai) vit avec une morte.
Ce moyen métrage tiré du film à sketchs Three est un pur exercice de style, qui ressemble à une carte de visite pour les réalisateur désireux de montrer son savoir faire. Si la mise en scène est donc très travaillée, à en devenir maniériste, le film ne repose sur aucun contenu vraiment intéressant. Le thème de "l'amour plus fort que la mort" n'est utilisé que pour donner une touche attendrissante à une machinerie qui tourne à vide. En 5 minutes tout est dit et il faut attendre 45 minutes pour avoir 2 effets de surprise qui servent à clôturer le récit.
Going Home sonne irrémédiablement creux. Pour les amoureux des exercices de style vains et chiadés. (HL)

Naked Weapon (2002)
de Ching Siu Tung

Des jeunes filles sont entraînées pour devenir des tueuses ultimes.
Produit conçu pour le marché anglo-saxon, Naked Weapon est un pur film d'exploitation. Sauf que, signe des temps, le politiquement correct a retiré ce qui faisait le seul intérêt de ce genre de produit à l'époque: l'excès. Ici l'érotisme est chic et la violence peu démonstrative. A coup sûr un futur DVD double collector chez le label Hong Kong Legend. (HL)

 


 

Semaine 23-12-02

Critique Express

My Wife Is 18 (2002)
de James Yuen

En quelques années, la comédie romantique est devenue un véritable genre dans le cinéma de Hong Kong. Il ne se passe désormais plus un mois sans qu’un nouveau film ne vienne tenter sa chance au box-office, souvent avec des résultats plus que mitigés. Il faut en effet bien avouer que dans ce domaine, Hollywood est bien mieux  rodé avec ses scénarios cadenassés dans les moindre détails et ses happy ends efficaces. Néanmoins,  le cinéma HK garde toujours cette petite touche de décalage qui le rend éminemment attachant.
My Wife Is 18 ne déroge pas à cette règle en proposant un scénario de base qui n’aurait certainement jamais passé la rampe aux Etats Unis. Jugez plutôt : Un jeune homme de trente ans, étudiant éternel, promet à sa grand-mère sénile d’épouser une adolescente de 18 ans (d’où le titre du film). Cette dernière le convainc alors de postuler pour une place d’enseignant dans une école pour fille, afin qu’il puisse étudier en toute libérté le comportement de la gente féminine et ce, dans le but de préparer une thèse sur les femmes. Les choses se compliquent encore au moment où une institutrice, la très jolie Miss Lee, tombe amoureuse de notre cher Ekin, lequel se retrouve également dans la ligne de mire de son collègue de travail, homosexuel de son état.
Bref, du n’importe quoi  , mais c’est bien pour cela que l’on aime le cinéma HK. Malgré cette idée de départ propice à de multiples quiproquos, le film reste néanmoins très gentil, alternant les scènes de comédie pure (Cheng se retrouvant contraint d’utiliser les douches des filles pour assouvir un besoin pressant) et les scènes plus romantiques (Yo Yo, malade, demandant à Cheng de la réchauffer). La réalisation de James Yuen est efficace, bien que dénuée de toute originalité.  Du côté des acteurs, Charlene Choi confirme ses prédispositions pour la comédie, en rendant  attachant son personnage de gamine bondissante et immature (à ce propos, il aurait été plus adéquat d’intituler ce film, My Wife is 12).  Ekin Cheng constitue quant à lui la vraie surprise du film. Malgré un rôle relativement plat sur le papier, il arrive parfaitement à faire exister son personnage de trentenaire, un peu à côté de la plaque, dont on se demande encore comment il a bien pu se retrouver dans un telle histoire. En résumé, si ce n’est pas la comédie du siècle, ni même de l’année, ce film reste tout à fait recommandable, ne serait-ce que pour constater que l’âge a des effets étonnants sur le jeux de certains acteurs. (Stéphane)

Heroic Ones (1970)
de Chang Cheh

Un chef de guerre vole de succès en succès grâce à ses 13 fils, des guerriers d'une grande renommée. Mais l'outrecuidance de la famille commence à éveiller des jalousies. Les fils resteront-ils unis face aux épreuves que leur infligeront leurs ennemis?
Heroic Ones (Les 13 fils du dragon d'or) se présente comme un grand film épique où alterne conspiration et scènes de combat à un contre 100. La trame politique reste cependant un peu trop simpliste, ce qui la rend au bout d'un moment ennuyeuse à suivre. Côté combat, le film n'est pas avare en assauts et en étripages en tout genre. Si les mouvements de troupe sont impressionnants et si le récit est prétexte à quelques morceaux de bravoures, l'ensemble reste plutôt conventionnel. Il faut donc prendre ce film comme un grand spectacle divertissant, mais à qui il manque la rage et la profondeur thématique des meilleurs Chang Cheh. (HL)

 


 

Semaine 18-11-02

Critique Express

The Touch (2002)
de Peter Pau

Une artiste de cirque (Michelle Yeoh) retrouve son petit ami (Ben Chaplin) qui était parti sans explication depuis 3 ans. Voleur, il a dérobé une mystérieux objet chinois à un riche collectionneur.
Il faut bien reconnaître un certain courage à Michelle Yeoh. Au lieu d'essayer de gagner un maximum d'argent en jouant dans des productions américaines, elle tente de contribuer au développement du cinéma asiatique. Sur le principe The Touch se veut une production asiatique capable de se vendre partout dans le monde. Sans modèle précis autre que le cinéma américain, le cinéma mondialisé reste encore à inventer. Or The Touch évite soigneusement toute proposition quelque peu audacieuse dans ce sens. La mise en scène est purement illustrative, la photo est soignée, le jeu des comédiens sobres, imitant finalement sur un mode très mou le modèle américain. La culture chinoise n'est plus qu'un ingrédient exotique, le style de Hong Kong est filtré par l'esthétique Matrix. La seule originalité du film réside dans sa scène finale aux effets spéciaux voyants. On y retrouve le côté bricolé du cinéma de Hong Kong ou les idées supplante enfin les contraintes de production. Malheureusement Petrer Pau n'est pas assez doué pour donner la nervosité nécessaire à cette scène. Mais peu importe de toute façon, l'étrangeté de cette partie du film est insupportable au regard normatif de bons nombres de spectateurs. Miramax envisage d'ailleurs de refaire les effets spéciaux pour la sortie américaine. Le parcours de The Touch montre donc que le cinéma mondialisé n'est toujours pas sorti de la logique d'aseptisation. (HL)

Horror Hotline...Big Head Monster (2001)
de Soi Cheang

Non, ne partez pas déjà!!! Derrière ce titre, ridicule s'il en est, se cache une véritable bonne surprise. Le renouveau du film d'horreur à Hong-Kong est en marche: des films comme Inner Senses, The Eye ou plus récemment Three montrent que le genre se renouvelle avec succès dans l'ex-colonie. Certes, ces titres sont souvent inspirés des gros succès américains du moment (Sixième Sens en tête), mais, ils restent des oeuvres sympathiques, plus regardables que la majeure partie des films d'action désormais (sous) produits à Hong-Kong. Horror HotLine n'est pas d'une originalité déconcertante, mais il s'avère très agréable.
"Horror Hotline" est une émission de radio laissant ses auditeurs raconter et divaguer sur des histoires surnaturelles dont ils auraient été témoins. Un soir, un homme appelle le standard et s'exprime au sujet d'un bébé monstre dont la tête est totalement disproportionnée et effrayante. Son témoignage est tellement troublant que le producteur de l'émission (Francis Ng) et une journaliste américaine (Josie Ho) vont enquêter sur cette étrange histoire.
Le film de Soi Cheang, également scénariste, surprend par son ton, volontairement premier degré: aucune place n'est laissé à l'humour, contrairement à la plupart des films fantastiques HK qui usent et abusent de cet artifice jusqu'à en dégouter le spectateur. Dans Horror Hotline, la tension est palpable, aidée en cela par des éclairages travaillés et une bande sonore réussie. Le rythme ne faiblit pas une seconde et le film intéresse de bout en bout. Là où le bât blesse, c'est que le film est fortement inspiré de Ring mais surtout du Projet Blair Witch. Pour ce dernier, ce n'est plus de l'inspiration, c'est quasiment du plagiat par moment... Les 5 dernières minutes du film en sont le plus bel exemple... A noter que le DVD du film contient 2 fins, celle présentée en salles s'avérant la moins efficace des deux. 
Horror HotLine
est donc un petit film réjouissant, une série B tout ce qu'il y a de sympathique, malheureusement plombée par un manque d'originalité manifeste. Néanmoins, il est permis de se laisser embarquer pour 90 minutes de frisson garantis!! (A. Caudron)

 


 

Semaine 07-10-02

Critique Express

My Left Eye Sees  Ghosts (2002)
de Johnny To et Wai Ka Fai

Une jeune veuve (Sammi Cheng) vit mal la perte de son mari. Un soir elle a un accident de voiture. Sauvée, elle se rend compte qu'elle est désormais capable de voir les fantômes.
La dernière production de la Milkyway est symptomatique du malaise qui touche le cinéma de Hong Kong. Face à la baisse de fréquentation des salles, les professionnels, au lieu de tenter de rebondir, de tenter d'offrir de la nouveauté, de faire preuve de dynamisme, ne font aucun effort pour sortir du marasme. pire ils le nourrissent.
My Left Eye Sees  Ghosts reprend la même formule que celle de Needing You mise au point il y a déjà 2 ans, si ce n'est que récit se teinte de fantastique. La mise en scène est paresseuse, aucun effet de style, tous les plans sont d'une grande platitude. Les acteurs font leur numéro sans grande conviction. Toutes leurs mimiques ont déjà été vues ailleurs. L'humour de répétition est d'une lourdeur insupportable, pas un gag n'est finalement amusant. Quand au thème du deuil, il n'est prétexte qu'à quelques scènes larmoyantes.
Pas étonnant que le film n'est pas déplacé les foules, tout comme les productions estivales. Si les professionnels du cinéma de Hong Kong veulent sauver leur boulot, ils devront faire preuve avant toute chose d'un plus d'enthousiasme, d'une vrai envie de faire du cinéma. Pour l'heure, ce film ressemble avant tout aux mort-vivant qu'il met en scène. (HL)

Dark Water (2001)
de Nakata Hideo

(Japon)

Une jeune femme en instance de divorce emménage avec sa petite fille dans un nouvel appartement. Peu à peu des phénomènes étranges se produisent, notamment une mystérieuse fuite d'eau qui apparaît au plafond.
Le réalisateur de Ring replonge le spectateur dans une atmosphère angoissante. Le résultat est cependant décevant. Trop lent, trop conventionnel et trop prévisible, le