Semaine 20-05-02

Critique Express

Beauty And The Breast (2002)
de Yip Wai Man
Un homme (Francis Ng) parie qu'il sera capable de séduire une timide jeune femme (Michelle Reis). Il lui fait croire qu'il est en malade, en phase terminal...
Surfant sur le succès de La Brassière, le réalisateur n'a visiblement pas compris que la cible de ce genre de film est le public féminin. La vision machiste du début, qui voit les deux héros définir la personnalité des femmes en fonction de leur poitrine, n'a pas dû forcément les séduire. Même si la suite s'apparente à une classique comédie romantique, la médiocrité de la mise en scène, la nullité des gags, expliquent sans doute l'échec du film au box office. Et puis torture suprême : voir la jolie Michelle Reis se compromettre. Assister à la cherche  d'un WC, pendant 5 min, par l'actrice, est insupportable. J'avoue, j'ai tenu 15 min. (HL)

This Is The Law (2002)
de Leung Tak Sam 

(Corée)

La police est sur les traces d'un homme qui fait la justice lui-même.
Ce film veut mêler une réflexion sur la justice tout en s'attachant au quotidien de la police. Le problème reste que la réflexion en question s'enfonce dans une intrigue tortueuse et ridicule digne d'un film bis. Quant à la vie du commissariat, la faiblesse du personnage féminin (un problème récurant dans le cinéma coréen actuel) limite considérablement l'intérêt de l'histoire d'amour qui est censé se lier pendant l'enquête. Vraiment pas terrible... (HL)

AFRIKA (2002)
de Cheung Chi Sing

Deux amies partent en week-end dans la voiture d'un de leur amis. Elles y trouvent 2 flingues qu'un mafieux et un flic avaient joué au poker.
Visiblement le réalisateur ne cesse d'hésiter sur la direction à donner à son film. Tantôt comédie policière, film pour teenager, Road Movie, Buddy movie, critique pro-féministe, le projet ne finit par ne plus ressembler à rien. Il ne sort évidemment pas grand chose de ce mélange indigeste. (HL)

Fudoh, The New Generation (1997)
de Thakeshi Miike

(Japon)

La nouvelle sensation asiatique vient du Japon: il s'appelle Takashi Miike. Véritable stakhanoviste de la caméra, il tourne en moyenne 5 films par an depuis ses débuts en 1996. Le monsieur a ses fans mais aussi ses détracteurs: en effet, ses films sont tout sauf conventionnels: ils carburent à 2 ingrédients principaux: l'ultra violence et le sexe. Réalisé en 1997, Fudoh, the New Generation répond parfaitement à ces critères.
Riki Fudoh assiste durant sa jeunesse au meurtre de son frère par son père, illustre yakuza. Dix ans plus tard, accompagné de camarades de classe triés sur le volet (un mongolo costaud, une ecolièr(e) qui se sert de son vagin comme arme mortelle et accessoirement hermaphrodite...), il décide de se venger en dégommant un à un les membres des clans concurrents ainsi que ceux de celui auquel il appartient.
Adapté d'un manga de Hitoshi Tanamura, le film accumule les scènes frappadingues pendant sa première demi-heure: tout le sens de la démesure de Miike est mis à profit dans un déluge de violence, de gore et de sang. Malheureusement, la suite se traîne en longueur et l'on s'ennuie ferme après cette entrée en matière plus qu'alléchante. Même le final du film reste très sage face à ces débordements de sauvagerie. Si le film était un court-métrage, il serait certainement un classique du genre mais il est évident que Miike ne sait pas tenir son récit.
Le film est handicapé par un scénario très conventionnel, bourré de bonnes idées mais souvent très mal exploitées par un réalisateur principalement occupé à choquer son auditoire. Opération réussie qu'à moitié, faute également à une réalisation trop molle dès que l'action cesse.
Miike est certainement un réalisateur qui révolutionne le cinéma de genre, ce qui en ces temps moroses est plutôt une bonne nouvelle, mais il ne mérite pas, loin s'en faut, le statut de culte que certains lui vouent car de la tripaille et des vagins mortels ne font pas un film. (Anthony Caudron
)

 


 

 

Semaine 15-04-02

Critique Express

Color Of Pain (2002)
de Leung Tak Sam 

Un tueur à gages japonais qui ne sait pas combien de temps il lui reste à vivre ; un flic qui a tué par accident un de ses collègues. Tel est le début de ce film qui aurait pu être une bonne surprise. Le premier quart d’heure, totalement maîtrisé (et presque muet) n’est malheureusement pas à l’image du reste du film. Dommage, car on assiste ensuite à une énumération des grandes figures du polar HK de ses vingt dernières années, sans distance ni originalité. Reste quelque scènes étonnantes directement influencées par le film Etat Second de Peter Weir, mais ça ne suffit plus.(DA)

U-Man (2002)
de Cheung Chi Sing

Sam Lee et Anthony Wong sont deux flics champions de l’infiltration. Pour s’introduire dans un lycée de jeunes filles afin d’y mener une enquête, ils ont l’idée géniale de se déguiser respectivement en étudiante handicapée et en prêtre. Amis du Z et d’autres objets étranges, ce film est fait pour vous. Produit par Dante Lam (dont c’est la première incursion dans le domaine de la production pour un film qu’il ne réalise pas), U-Man nous ferait presque croire que le cinéma de Hong Kong se porte bien pour nous sortir de tels films. Bref, si vous n’avez pas peur de voir Anthony Wong en prêtre faire du Kung Fu en poussant des cris stupides ou de voir Sam Lee en handicapé ne pas réussir à monter des marches d’escaliers, n’hésitez pas. Ce film est fait pour vous. (DA)

My Wife Is A gangster (2001)
de Cho Jin-gyu

(Corée)

Une chef de gang épouse un homme pour satisfaire les exigences de sa sœur malade.
Comédie policière, ce film repose sur le principe ultra usé du couple mal assorti. Il s'agit ici d'une femme frustre et d'un homme doux. Il aurait donc fallu beaucoup de talent au réalisateur pour mêler adroitement les scènes de film de gangsters, les relations mélo-dramatiques des 2 sœurs et les situations de comédie assurées par l'intrusion incongrue du mari. Malheureusement la mise en scène reste désespérément plates, les situations sans surprise et les parties comédies manquent de rythme. Bref encore un de ces films coréens médiocre et convenu. (HL)

 


 

Semaine 25-03-02

Critique Express

Visitor Q (2001)
de Takheshi Miike

(Japon)

Une famille à la dérive accueille un étrange visiteur. Sa présence suffit à réunir la famille qui plonge plus que jamais dans leurs perversions (néchrophilie, meurtre, violence...)
Proclamé grand provocateur, Takheshi Miike fait pourtant le consensus autour de sa filmographie autour d'une certaine cinéphilie avide de films chocs et "dérangeants". Ce Visitor Q est d'ailleurs présenté comme une charge féroce contre la famille japonaise. En fait de charge féroce, le réalisateur aligne une série de clichés (le fils agressif, le salary man raté, la mère au foyer délaissée...). Chaque personnage échappe à sa condition en s'adonnant à divers pratiques qui vont de l'inceste à la nécrophilie en passant par la prise de drogues. De fait, ils sont également victimes de la perversité des autres ou de leurs propres vices. Ainsi les femmes se prostituent, le fils est la victime de ses camarades, le père a été violé...
Cette plongé dans le vice et les tabous aurait pu donner un film passionnant. Malheureusement le réalisateur s'en tient à un cynisme et un second degré qui limite le projet à l' exercice de style. Facile...

The Avenging Fist (2001)
de Andrew Lau et Corey Yuen

Dans un lointain futur, trois agents sont soumis à de terribles expériences génétiques. L'un d'entre-eux, devenu fou par le pouvoir que lui procure le "power glove" va tenter d'asservir le monde. Heureusement que 20 ans plus tard, le fils de Thunder va à son tour s'emparer du gant pour venger sa mère, essayer de sauver son père et sa petite amie.
Dans l'équipe du HKCINEMAGIC, celui qui est chargé de récupérer les plus belles perles de HK, c'est moi et aujourd'hui, c'est un morceau de choix que je vous propose avec ce fameux Avenging Fist, soit disant remake du jeu vidéo Tekken (que par ailleurs je ne connais pas). Il y avait sûrement (on n'en douterait pas...) une bonne intention de la part de ses producteurs qui voulaient allier l'imagnation fun des films HK et l'univers djeunz des jeux vidéo, mais le résultat en est plutôt une bouillie informe entre un futur à la "5° Elément", une pseudo-philosophie à la Star Wars pour choisir entre le bien et le mal, et des personnages tout droit sortis de Streetfighters de JCVD. Bref, à l'instar de ces références, le film transpire le ridicule à chaque instant. Et même si les effets spéciaux sont de plus en plus réussis à HK, le charme n'opère plus et ni l'apparition de Sammo Hung et Yuen Biao dans le même film et ni des bons SPFX n'y changeront rien. Andrew Lau démontre ici une fois de plus l'étendue de son grand manque de talent. Le seul point positif est finalement l'étroitesse du cameo d'Ekin Cheng (jouant le personnage de Sammo dans sa jeunesse....), comme quoi, cela aurait pu encore être pire ! Une bien maigre récompense. (J-L.)

Rock And Roll Cop (1994)
de Kirk Wong

Parmi les metteurs en scène hong-kongais émigrés aux USA, les noms de John Woo et de Tsui Hark sont les plus cités. Malgré tout, ils ne sont pas les seuls à avoir tenté leur chance à Hollywood: Stanley Tong, Ronny Yu, Ringo Lam ont eux aussi tâté de la caméra aux Etats-Unis. Kirk Wong fait également parti de ceux-là avec l'OVNI The Big Hit en 1997 et le pilote de série TV que personne n'a vu, The Disciples signé sous le pseudonyme d'Alan Smithee.
Avant, il s'etait fait un nom auprès des amateurs de polars avec des films comme Crime Story ou OCTB. Le bonhomme a aussi réalisé ce Rock n' Roll Cop qui, s'il ne constitue pas un chef-d’œuvre, s'avère une série B des plus divertissante.
Après un hold-up sanglant perpétré à Hong-Kong par un gangster notoire, Hung (Anthony Wong), flic de son état, est envoyé en Chine populaire pour l'arrêter. Il va faire équipe avec un policier du cru, ayant lui aussi une dent contre la malfaiteur, ce dernier ayant tué quelques temps auparavant son ami. La situation se complique lorsque la fiancée actuelle du criminel s'avère être l'ex d'un des 2 flics.
Sur un scénario classique, Kirk Wong réalise un polar tendu, violent et rythmé. On y trouve toutes les obsessions du cinéaste dans sa façon de magnifier aussi bien les flics que les voyous et lorsqu'il pointe du doigt les dysfonctionnements du système judiciaire. Comme dans la majorité de ses oeuvres, le film est principalement tourné en décors naturels sauf que les rues de Schenzen remplacent les rues mal-famées de HK.
La violence du film reste sobre et sèche sauf dans le final qui sombre un peu dans la surenchère au détriment de l'équilibre du reste du film. Si l'on ajoute à la toute fin un message politique un peu naïf, la conclusion du film est globalement décevante.
Mais les 80 minutes qui la précédent tiennent vraiment en haleine le spectateur, aidé en cela par la composition sobre d'Anthony Wong. Kirk Wong se sert de ce film comme galop d'essai pour ce qui sera son meilleur film, OCTB. En effet, certaines scènes de Rock n' Roll Cop font étrangement penser à ce dernier.
Ce film méconnu s'avère donc être une excellente surprise qui nous fait regretter une époque, pas si lointaine, où le polar de HK était de qualité et où les écrans n'étaient pas encombrés de films de triades à deux sous, sans intérêt.
  (Anthony Caudron)

 


 

 

Semaine 18-02-02

Critique Express

Loser’s Club (2001)
de Patrick Yau

Après deux ans d’absence et une belle polémique, Patrick Yau revient avec une comédie. Peut-être pas le genre le plus évident pour un come back, surtout à Hong Kong, tant le genre est infesté de produits mineurs. Autant le dire tout de suite (à mon grand désespoir), le film est un échec. Patrick Yau semble avoir oublié toute idée de mise en scène et le film ne fait qu’enfiler une série de lieux communs. En nous racontant l’histoire d’un producteur (Eric Tsang) qui voit en un chanteur has been (Francis Ng) le moyen de revenir sur le devant de la scène, Patrick Yau passe complètement à côté de son sujet. Reste une tentative de rendre humain ses personnages et en filigrane, une lecture sur la difficulté d’imposer ses points de vue dans le monde du cinéma. Pas de quoi sauver le film. (D.A.)

Running Out Of Time 2 (2001)
de Johnny To 

Tournage mouvementé que celui de ROOT 2, commencé par Dante Lam puis fini en catastrophe par Johnny To, le film a sans aucun doute souffert d’un tel traitement. Pas réellement une suite (Andy Lau disparaît à la fin du premier) mais un prolongement, Lau Chi Wan servant de trait d’union, ROOT 2 voit la machine tourner à vide. Aidé par un scénario vraiment inepte (qui voit tout de même une poursuite d’aigle en voiture ou un saut dans le vide d’Ekin Cheng au son de l’Internationale, si si ! pour le prochain ROOT 3, je propose une poursuite de saumons avec un pédalo au son de Bernard Lavillier : De n’importe quel pays, de n’importe quel couleur, le saumon est un cri qui vient de l’intérieur…), ROOT 2 possède les mêmes défauts que le premier sans en avoir les qualités. Tout juste repère t-on une ou deux bonnes idées (la poursuite à vélos filmée comme une poursuite de voitures, après Hollywood et The Fast and the Furious, Hong Kong invente The Slow and the Furious) avant que le film se termine. Décidément, ROOT 2 ne donne qu’une envie : changer les paroles de l’Internationale « C’est la déroute finale… ». (D.A.)

Laggan (2001)
de Ashutosh Gowariker

(Inde)

Un villageois de la région du Champaner, Bhuvan, défie un officier britannique. Ce dernier accepte d'exonérer la région du Lagaan, un impôt, si les indiens parviennent à le battre au criquet. Dans le cas contraire le Laggan sera triplé. Aidé par la soeur de l'officier, Bhuvan a trois mois pour se préparer...
Longtemps ignoré, le cinéma populaire indien gagne en reconnaissance depuis quelques années. Plusieurs productions ont bien marché en Angleterre et voici que Lagaan se retrouve en compétition aux oscars face à Amélie Poulain!
En allant vite, le cinéma indien et un cinéma chatoyant et naïf, qui aime le mélange des genres. Les films durent facilement 3h et comprennent obligatoirement des numéros de chants et de danses. Les acteurs surjouent, le glamour est poussé à son paroxysme. Production internationale, Lagaan fait-il partie du "world Cinéma", ce cinéma qui édulcore les traditions locales pour séduire le public du monde entier? Je serais tenter de rapprocher ce film de Tigre et Dragon. S'il conserve bien des aspects du film indien et notamment les moments chantés, le film est plus sobre que ce que j'ai pu voir ailleurs. L'intrigue est simple, le glamour est moins exacerbé, les changements de genres moins brutaux. Agrémenté d'une production irréprochable, Lagaan a donc l'attrait de l'exotisme tout en étant plus accessible qu'une pure production indienne. Mais il perd du coup de sa saveur. Il fait penser à un film un peu trop sage, au scénario classique et prévisible, avec quelque longueur. Néanmoins il se laisse voir avec plaisir et permettra aux curieux de découvrir le cinéma populaire indien. D'autant que Lagaan doit sortir sur les écrans français et que le DVD zone 1 possède des sous-titres français.

 


 

Semaine 17-12-01

Critique Express

The Bra (La Brassiere) (2001)
de Patrick Leung 

Une compagnie qui fabrique des soutiens gorge et qui n’emploie que des femmes, décide, pour créer le soutien-gorge ultime, d’embaucher deux hommes (Lau Ching-Wan et Louis Koo) qui n’y connaissent strictement rien.
Après l’échec (public et critique) de Born Wild, Patrick Leung revient avec une comédie romantique. The Bra, s’il réconcilie celui-ci avec le public (le film a fait un carton au box-office), n’en demeure pas moins un ratage. La lecture du scénario nous avait déjà alerté, la vision nous le confirme. Que font Patrick Leung et Lau Ching-Wan dans cette galère ? Tentative étrange de cross-over entre les comédies romantiques hongkongaises et Ally Mac Beal, le film manque sa cible sur les deux tableaux pour n’être qu’un sommet de lourdeur. Est ce qu’on se serait trompé sur Patrick Leung ou a t-il à ce point besoin de rassurer ses producteurs ? (D.A.)

The Tai-Chi Master (1993)
de
Yuen Woo-Ping

Par ambition, un jeune homme trahi son ami d'enfance.
Le succès des Il était une fois en Chine a généré une exploitation effrénée du retour en grâce des films d'arts martiaux. Après avoir été lui-même chorégraphe sur la prestigieuse série de Tsui Hark, Yuen Woo-Ping a multiplié les projet avec un bonheur variable. Tai Chi Master fait partie des bons crus. Le film n'a, il est vrai, aucune originalité particulière. Son scénario, ses personnages, ses chorégraphies exploitent la veine de la kung fu comédie remis au goût du jour par les idées visuelles de Tsui Hark. Néanmoins le film a pour lui d'utiliser au mieux le savoir faire industriel du cinéma hongkongais de l'époque. Le casting, les chorégraphies, la musique... en font un film d'exploitation de très bonne facture, qui se regarde avec beaucoup de plaisir. (HL)

The Remplacement Suspect (2001)
de Marco Mak 

Troisième film cette année (en plus du montage de Legend Of Zu) de Marco Mak, The Remplacement Suspect est sans doute le plus réussi de tous. Cop On A Mission et A Gambler’s Story souffraient d’un déséquilibre entre une certaine maîtrise visuelle et son impact à l’écran (trop d’effets tue l’effet) ou de scénario un peu indigeste (surtout pour Gambler’s Story). Cette fois ci, en nous contant une prise d’otages et en s’appuyant sur un scénario plutôt malin, Marco Mak réussit presque à nous convaincre au moment ou l’on avait abandonné tout espoir en lui. L’unité de lieu comme de temps inhérent à ce genre de film évite à Marco Mak de s’éparpiller dans des méandres inutiles (visuel ou scénaristique). En mettant de côté ses ambitions formelles ( pas toutes quand même !), il nous délivre un film court, sec, non dénué d’humour (Michael Wong, excellent) ni d’ironie ou la morale n’est pas toujours sauve.. Bref, une bonne surprise que cette série B (comme Hong Kong n’en fait malheureusement plus beaucoup). (D.A.)

 


 

Semaine 17-12-01

Critique Express

Beijing Rocks (2001)
de Mabel Cheung

Une chronique de la jeunesse actuelle à Peking, née après la révolution culturelle, en quête de repères.
Incroyable, ce film devrait figurer au Guiness book des records tant il accumule les clichés et tant il atteint des sommets de mièvrerie. De plus, Mabel Cheung se prend pour Wong Kar Wai, sans mesurer un instant que chez lui, le traitement visuel est toujours en adéquation avec le vague à l’âme de ses personnages alors que là rien de tout ça. On assiste médusé à une succession de n’importe quoi tape à l’œil et pathétique. Et ce ne sont pas les acteurs (Shu Qi et David Wu pourtant sobre) qui sauvent l’entreprise du naufrage. (D.A.)

A Gambler’s Story (2001)
de Marco Mak

La dérive d’un homme (Francis Ng) et d’une femme (Suki Kwan), tous deux joueurs invétérés qui s’amusent à dépenser le peu qu’ils gagnent dans les casinos à Macao.
Produit par Wong Jing (qui aura exploité jusqu'à la corde un genre qu’il a initié), A Gambler’s Story n’apporte rien au genre si ce n’est un immense bâillement. The Blood Rules et Cop On A Mission avait révélé un Marco Mak et ses tendances à rester prisonnier de l’image et ses travers, mais (surtout sur Cop…) il s’en sortait grâce à un scénario malin. L’absence totale de scénario et un manque évident d’ambition font que de Gambler’s story, on n’en retient plus que les travers et un exercice de style un peu vain. Décidément, Marco Mak est bien meilleur sur une table de montage (récemment sur Time And Tide ou Legend Of Zu) que derrière une caméra. (D.A.)

Fulltime Killer (2001)
de Johnny To et Wai Ka Fai 

On savait qu'avec les bonnes comédies noires et grinçantes Help !!! et Too Many Ways To Be Number One, Johnnie To et son comparse Wai Kar Fai étaient passés maîtres dans l'art du foutage de gueule. Cependant leur dernière production Full Time Killer part dans tous les sens sans vraiment aboutir quelque part. Le scénario, peu original, n'est absolument pas crédible et le développement des personnages trop succincts. Dans FTK, Simon Yam interprète un flic d'Interpol qui perd sa subordonnée sous le feu nourrit d'Andy Lau (le tueur sadico-épileptico-rigolo). Yam ne cherche même pas à se venger et finit, viré de la police, par écrire un livre sur les deux tueurs mythiques (sick) qui s'affrontent. Yam est excellent en flic ou écrivain, mais son personnage finalement torturé a du mal à trouver sa place dans le contexte du film. A force de s'éparpiller commercialement To finit par se dissiper artistiquement. Le casting international et les dialogues en cantonais, japonais et anglais permettront au film de se vendre au moins au Japon, en Chine et en Corée. L'utilisation de la violence gratuite surfe sur la vague des films sadico-gore du japonais Miike (Dead Or Alive) et les scènes pompées sans intelligence aucune sur les œuvres les plus marquants de la décennie (Terminator, Hard Boiled, Fallen Angels, Time and Tide, LeonPirates!) devrait permettre à FTK d'avoir un écho international. Il est d'ailleurs pré-selectionné pour les Oscars dans la catégorie films étrangers. Les reproches sus mentionnés concernant FTK semblent tout de même émaner d'un choix des investisseurs plus que de To qui avait jusqu'à présent fait preuve d'une certaine cohérence dans ses choix. En août dernier, il annonce son désir de quitter son poste administratif de "chef des opérations" de la maison de production China Star. Il affirme vouloir retourner aux polars noirs (et plus de comédies niaises, youpie !) et débusquer de nouveaux réalisateurs talentueux comme il y a deux ans. C'est tout le bien qu'on lui souhaite. En attendant, on saisit mieux les défauts de FTK lorsqu'on sait qu'il fut tourner conjointement avec Love On A Diet et que To passait d'un tournage à l'autre sans même prendre de repos ! (Th.)

 


 

Semaine 29-10-01

Critique Express

You Shoot, I shoot (2001)
de Pang Ho Cheung 

Un tueur professionnel, qui voit son activité sur le déclin, se voit contraint d’embaucher un assistant de cinéma pour filmer ses exécutions. Sans qu’il s’y attende, le marché explose…
Film d’un genre nouveau dans l’ex-colonie, You Shoot, I shoot privilégie le second degré et la dérision. Si l’idée semble excitante, le résultat n’est pas du tout à la hauteur des espérances. C’est dommage car le film est parsemé de très bonnes idées mais l’absence d’un point de vue et la facilité avec laquelle le réalisateur sombre dans le théâtre de boulevard empêche le film d’être inoubliable. Pour ceux qui attendaient une alternative à Stephen Chow, ça sera pour une autre fois.
(D.A.)

Fulltime Killer (2001)
de Johnny To et Wai Ka Fai 

Le film raconte la lutte à mort entre deux tueurs professionnels aux idéaux très différents (Andy Lau et Takashi Sorimachi). L’un est secrètement amoureux d’une femme, alors que l’autre veut lui ravir sa place de tueur numéro un.
Full Time Killer repose sur une idée déjà bien usée: l'art idéalise la réalité. Pour porter un regard neuf sur un tel thème, il faut faire preuve d'une incroyable subtilité et oser l'originalité. Malheureusement Johnny To fait surtout preuve d'une fumisterie très désagréable. Car en fait ce thème lui permet de copier (l'idéalisation est là!), en les filmant d'une manière très paresseuse, des scènes d'action marquantes de ces dernières années: John Woo, Leon, Time And Tide... Prisonnier d'un genre qui lui a permis d'acquérir une petite notoriété sur le plan international, le réalisateur semble surtout en proie à une crise d'inspiration. Le jeu pataud des références est censé donner le côté arty au film, l'action doit s'assurer la bienveillance des fans de films de Hong Kong et le casting doit assurer le succès commercial sur les marchés asiatiques. Si le pari commercial est gagné, pour le reste le manque de sincérité et d'ambition pour un vrai regard sur le polar condamne le film à un médiocre jeu de bluff, pas bluffant pour 2 sous. (HL)

 


 

Semaine 08-10-01

Critique Express

Fulltime Killer (2001)
de Johnny To et Wai Ka Fai 

A l’heure où sort (enfin !) sur les écrans français The Mission, beaucoup s’interrogent sur la possibilité pour Johnny To d’entamer une carrière internationale (des rumeur font état de deux projets, l’un avec Jean Reno et l’autre avec Samuel L Jackson), Fulltime Killer apporte un début de réponse. Le film raconte la lutte à mort entre deux tueurs professionnels aux idéaux très différents (Andy Lau et Takashi Sorimachi). L’un est secrètement amoureux d’une femme, alors que l’autre veut lui ravir sa place de tueur numéro un.
Film étrange, souvent déroutant tant la direction qu’a voulu donner Johnny To à son film nous échappe de prime abord. Le film semble être fait pour percer sur le marché américain dans ce qui ressemble à un remake d’Assassin (de Richard Donner), mais au bout d’une demie heure, tout se brouille. Johnny To s’amuse avec toutes les références qui ponctuent son film. Point Break, Léon, Terminator 2, Desperado, Fenêtre sur cour ou bien encore ses propres films comme Too many ways…On a même carrément droit, dans une scène qui se déroule dans un cinéma à la bande annonce de The Mission. Dès lors, tout ceci n’est pas à prendre au sérieux (à l’image des deux tueurs, l’un collectionne les Snoopys, l’autre fait des crises d’épilepsie !). Avec un cynisme affiché, Johnny To nous livre en fait, sous les dehors d’un film éminemment commercial, une véritable entreprise de déconstruction. Alors que Andy Lau donne dans l’exubérance, à la limite du grand guignol, Takashi Sorimachi se la joue Zen. Le flic qui les pourchasse (Simon Yam) finit écrivain et a peur de la page blanche et la femme, dont les deux tueurs sont amoureux, finit aussi par se servir de gros calibres. Rien n’est crédible, les héros ne sont que des archétypes et tout est irréel dans ce jeux scénaristique. Johnny To se joue de toutes les conventions liées au polar et nous rappelle sans cesse la nature du projet : le film débute et se clôt sur une machine à écrire. Roman de gare mis en image par des auteurs plus malins que leur sujet, Fulltime Killer ressemble a une approche théorique du cinéma que Johnny To pourrait produire à Hollywood. (DA)

Para Para Sakura
de Jingle Ma (2001)

Dreamy Wong (Aaron Kwok), professeur de danse, est poursuivi par une malédiction depuis qu’il est enfant : Il ne voit qu’en noir et blanc et est incapable de dire « je t’aime ». Un jour, il rencontre Yuri (Cécilia Cheung)…
Que dire de plus, tous est dans le sujet. Et dire que Jingle Ma a fait plus sobre que d’habitude pour filmer une telle histoire. Débarrassé de tous ses tics, on se rend vite compte que Jingle Ma ne sait ni filmer, ni raconter une histoire. Film presque musical, avec presque un scénario, un presque réalisateur qui fait presque du cinéma. L’ensemble est un summum kitch même pas drôle, à moins d’avoir avalé quelques pilules prohibées par la loi avant de le visionner. A regarder juste après un épisode des Télétubbies. (DA)

Shaolin Soccer (2001)
de Stephen Chow

Un ancien joueur de foot déchu (Nam Nat Tat) monte une équipe de foot composé d'ex moines shaolin pour battre son ancien rival et sa terrible Evil team.
Gros carton public et critique, Shaolin Soccer est une indéniable réussite. Très bien écrit et soutenu par une production sans faille (effets spéciaux réussis et musique très belle notamment), Stephen Chow prolonge le virage qu'il avait entamé avec God Of Cockery. Moins porté sur le comique, il favorise désormais davantage l'émotion et son récit. On regrettera simplement que cette relecture footbalistique de la kunf fu comedie se contente de reprendre les poncifs du genre sans chercher une quelconque originalité. Mais surtout, le film n'apporte pas grand chose de neuf par rapport à ce que Sthephen Chow avait déjà fait dans God Of Cockery ou King Of Comedy. Même ambiance, même personnage féminin torturé. Néanmoins l'ensemble reste frais, les séquences de foot sont superbes et l'émotion passe bien. On espère maintenant qu'un film qui est capable de concilier avec talent la culture mondiale (le foot) et une culture locale (le kung fu) trouvera une distribution plus large que l'Asie. (HL)

 


 

Semaine 10-09-01

Critique Express

Born Wild (2001)
de Patrick Leung

Tide (Daniel Wu) cherche à comprendre comment est mort son frère Tan. Il se rend vite compte que celui-ci participait à des matchs de boxe clandestins…
Après la manière originale dont Patrick Leung s’était affranchi de ses maîtres avec le sympathique Task Force, on ne peut être que déçu à la vue de ce Born Wild. Visuellement parfaitement maîtrisé, le film, malgré des acteurs impeccables, pêche à cause de son scénario insipide qui accumule un nombre insensé de clichés. En résulte un objet froid qui, malgré la volonté du réalisateur, empêche toute tentative d’identification de la part du spectateur. De plus, la structure narrative complètement décousue, qui faisait un des intérêts de Task Force, appauvrit ici le film. Le parallèle établi entre les deux frères est trop évident dans sa symbolique pour avoir une quelconque portée. En résulte une succession de scènes qui, prisent séparément, ont plus de force que le film lui même. Un comble. (DA)

Fighting For Love (2001)
de Joe Ma

Tony (Leung Chiu Wai) n'aime pas vraiment sa copine chanteuse. Alors quand il rencontre Sammi (Cheung), il craque. Mais comment va-t-il annoncer la rupture à sa copine chanteuse qui lui annonce leur mariage? La vie amoureuse des hongkongais n'est décidément pas simple!
Le succès de Needing You a aiguisé les appétits! Joe Ma photocopie consciemment la formule : la romance d'un couple petit bourgeois (joué par des stars du box office) matinée d'humour gras (Tony Leung mange par erreur des croquettes pour chien). L'intrigue se tire tant bien que mal au grès des péripéties qu'on accumule sans grande logique. Les stars assurent le strict minimum, leur présence étant de toutes les façons l'essentiel ici. Quant à la réalisation de Joe Ma, elle n'a aucun éclat. A moins d'être un amateur jusqu'au boutisse de ce genre de produit, passez votre chemin. A noter quand même des scènes toujours stupéfiantes dans le n'importe quoi, comme seul les imaginent les hongkongais. On voit ainsi l'une des soeurs, un peu barge, de Tony se faire calmer en respirant des chaussures. Pour assurer le coup Tony lui met sous le nez le sparadrap qu'il avait autour de l'orteil! (HL)

Cop Shop Babes (2001)
de Aman Chang

Beer (Eason Chan) et Satay ( Jerry Lam) sont 2 policiers transférés dans un commissariats à la brigade des Cop Shop Babes! Une aubaine pour ces 2 dragueurs. Malheureusement Fireball veut se venger des Cop Shop Babes et de leur chef (Carina Lau)! Spécialiste des bombes, il commence par faire exploser un cabine téléphonique pour attirer l'attention. Mais c'est bientôt les vies des filles qui sont en jeu.
Et dire que je pensais que les Hongkongais n'osaient plus en faire des films pareils. Mais si! De la comédie non-sensique à 2 balles, du nanaresque fort en chocolat, du n'importe quoi ultime et plus encore. Reprenant vaguement le concept des Drôles de dame déjà piraté par un pathétique Martial Angels, le film atteint par moment des sommets d'idioties à la limite de la compréhension. Il faut dire que son réalisateur,Aman Chang, a déjà une carrière à faire pâlir les Jingle Ma ou autre Nam Nai Choi avec des oeuvres aussi grandiose que Mr Viagra, Body Weapon ou Sex And Zen 3.  Les amateurs du genre seront comblés et se délecteront du pervers déguisé en femme qui imite les animaux, de Wong Jing en Hannibal Lector et des épiques désamorçages de bombes. Pire que The Big Deal, The Cat ou He Comes From Planet K? L'histoire le dira... (HL)

 


 

emaine 27-08-01

Critique Express

Shaolin Soccer (2001)
de Stephen Chow

Sans nouvelle de stephen chow depuis l’excellent King Of Comedy, l’acteur a pris le temps pour préparer son come back. Bien lui en a pris car le film est en passe de devenir un des plus gros succès jamais enregistrés à Hong Kong. Bénéficiant des dernières techniques en matière de trucage digital disponibles à Hong Kong, Shaolin Soccer est une réussite. Pas seulement parce qu’il intègre avec bonheur les effets spéciaux (depuis Storm Rider, on savait que le cinéma de Hong Kong pouvait jouer à armes égales avec Hollywood) mais sans doute parce que depuis King Of Comedy, Stephen Chow s’est fait moins potache, plus adulte et a arrêté de s’éparpiller dans tous les sens.
Le scénario, complètement original et digne des meilleures sketchs des Monty Python, nous conte l’histoire d’une ancienne gloire du foot déchue qui voit l’occasion de revenir sur le devant de la scène en constituant une équipe de foot pratiquant le kung fu shaolin. Parmi les idées les plus surréalistes, on a droit à des cours nous expliquant comment le kung fu shaolin peut nous aider dans la vie quotidienne, un groupe musical shaolin (absolument hilarant) et le gros du morceau, les matchs de foot shaolin où l’on voit des idées visuelles toutes plus loufoques les unes que les autres (fortement inspirées par les cartoons). Miramax ne s’y est pas trompé d’ailleurs, puisqu’ils ont racheté les droits pour une exploitation internationale. A voir absolument. (DA)

Visible Secret (2001)
de Ann Hui

Dans une boite de nuit, Peter (Eason Chan) fait la connaissance d'une jolie jeune fille (Shu Qi). C'est alors que d'étranges événements surviennent dans sa vie.
Après plus de 4 années d'absence, le retour d'Ann Hui à la réalisation était très attendu. Malheureusement Visible Secret est une déception. Surfant maladroitement sur le succès du 6ème sens, le récit alterne fantastique, romance et scènes de comédie sans jamais réussir à trouver une quelconque efficacité, l'humour et la romance venant parasiter la dimension horrifique du récit . Ann Hui ne semble d'ailleurs visiblement pas très concernée par son sujet en filmant les moments forts sans rechercher la moindre originalité. Une pure oeuvre de commande, faite sans conviction. Espérons que son succès au box office permette à Ann Hui de réaliser des films autrement plus ambitieux. (HL)

The Fun, The Luck And The Tycoon (1990)
de Johnny To

Un beau nanar à ne pas rater! Plus fort que Gameboy kid et He comes from planet K réunis!!! Mais qu'est ce donc que cela que c'est comme beau film à voir? The Fun, The Luck And The Tycoon, ça ne vous dit sans doute rien et c'est normal d'ailleurs. Ce film fut produit et dirigé par Johnny To en 1990 (l'esthétique du film fait penser à 1985), avec en autre Chow yun Fat, Sylvia Chan et le groupe mythique de pop (maintenant dissout) BEYOND.
L'histoire classique (un riche s'éprend d'une pauvre) ne laisse  rien supposer de nanaresque a prioiri, tout au plus une mauvaise comédie. Cependant, le traitement des scènes comiques et des situations vaudevillesques valent le détour ne serait-ce que par le performance grave de Chow Yun Fat et d'autres rôles secondaires. Il ne recule devant rien le bougre et n'hésite pas à perdre toute crédibilité durement acquise pour faire le pantin. Bref un grand moment de cinéma... Pour vous en convaincre, accélérez jusqu'a la scène du dortoir ou celle de la descente de flics dans la chambre des garçons. Johnny To ne cessera donc pas de nous étonner, soit dans la médiocrité absolue (All about Ah Long en dit long sur les coiffures de l'époque!) ou dans le film déjanté (Help !!!) ou encore le polar décalé (Longest Nite, The Mission). Évidemment, pour garder toute salubrité mentale, vaut mieux regarder en groupe et passer a la thérapie après. Chose que je n'est pas faite, oups.... (Th.)

The City Of The Lost Soul (2000)
De Takashi Miike

L'équipée sanglante d'un tueur et de sa compagne (Michelle Reis).
Difficile d'échapper au concert de louange concernant ce cinéaste japonais qui fait un malheur parmi les cult addict du monde entier. C'était pour moi la première incursion dans l'univers de ce cinéaste et je dois dire qu'à la vue de ce film, il m'est difficile de comprendre l'enthousiasme que soulève Takashi Mike. Il s'agit en gros d'une BD live, parsemée de quelques scènes (plutôt rares) "délires" qui affole les fans du monsieur. C'est très tape à l'œil et sans propos véritable. Et dire qu'on arrête pas de nous rabâcher les oreilles avec le fameux combat de coqs filmé à la façon Matrix. Une grosse minute qui parodie pour la énième fois les mêmes images, sans apporter rien de neuf. Le génie de Miike est d'avoir fait passer pour génial ce que tous le monde à déjà fait 100 fois. Si vous ne connaissez pas ce réalisateur, ne commencez donc pas par ce film là. Très prolifique, il doit être très inégal. Et je ne doute pas qu'il a fait mieux. (HL)

 


 

Semaine 23-07-01

Critique Express

Fing's Raver (2001)
de Sherman Wong

Fing's Raver s'appelle aussi Fing's Fever, ce qui pourrait se traduire par La Fièvre de l'Ecstasy, les fings étant de petites pillules à base de Mdma. Le film décrit le petit monde gravitant autour de ces substances (consommateurs, dealers, flics...), au travers des habitués d'un boite de nuit, pour embrayer peu à peu sur la lutte du frère d'un dealer (Sam Lee), d'un flic et du patron de l'établissement en question pour enrayer le trafic, et pour cause: cette drogue tue.
Tiraillé entre son habillage techno-mode, son sujet casse-gueule et ses orientations assez grand public, le film a bien du mal à avoir un discours clair. Ainsi la drogue rend crétin et tue mais, grâce à elle, ta mère devient cool et les filles se déshabillent! Fing's Raver n'assume donc pas son sujet principal (la mort par la  drogue) et surtout la gravité qui l'entoure. Sherman Wong désamorce les quelques scènes graves en multipliant les séquences de comédie pas drôles et les plans "de haut en bas j'en rate pas une miette" sur les danseuses. La lumières rouges, les stroboscopes et le même morceau de canto-techno se retrouve tout au long du film. Fatiguant et vite agaçant, Fing's Raver rate le grand écart entre sujet difficile et film grand public. (Luc B.)

Lunch With Charles (2001)
de Michael Parker

Pour sa première participation à une production étrangère (canadienne), Lau Ching Wan a eu l’intelligence de ne pas parodier ce qu’il faisait à Hong Kong et de choisir un script plutôt honnête (basiquement, un chassé-croisé amoureux). Utilisant le cadre de la comédie romantique, ce road movie s’amuse des conventions liées aux cultures des protagonistes et fait de la communication le thème principal du film. Communication dans le couple, communication entre êtres de culture opposée et enfin moyen de communication, qui ne rapproche pas toujours les êtres (le paradoxe est bien connu et l’on peut dire que le réalisateur en use). Malgré le fait que quelques grosses ficelles soient visibles, le film reste attachant. Grâce aux acteurs mais aussi au réalisateur, qui ne sacrifie pas tout sur l’autel du happy end. Une bonne surprise. (DA)

Goodbye Mr. Cool (2001)
par Jingle Ma

Cool Dragon (Eckin Cheng) est un ancien triade revenu à Hong-Kong après un long emprisonnement en Thaïlande. Légèrement handicapé (il boite), il aspire désormais à un vie modeste, devenant serveur dans le café d'un ami. Le milieu, se souvenant de ses anciens exploits (dont on apprend pas grand chose), va essayer peu à peu de le rattraper.
Après Tokyo Raiders, je m'attendais à un pur divertissement tape-à-l'œil de la part de Jingle Ma. Surprise, le scénario n'est pas qu'un prétexte aux scènes d'action, assez peu nombreuses d'ailleurs, et le film tend vers le drame, le mieux étant que le réalisateur arrive à trouver le ton juste à de nombreuses reprises! Aidé par un Eckin Cheng qui soigne son image (Eckin aime les enfants, Eckin est responsable, etc) tout en restant convaincant, Jingle Ma livre un film sans prétentions, assez naïf, traversé de passages inspirés, même si on les a déjà un peu vu ailleurs. Dommage pour les quelques longueurs et les deux-trois scènes à la Tokyo Raiders, mais Jingle Ma semble sur la bonne voie, la prochaine sera la bonne? (Luc B.)

Runaway (2001)
de Dante Lam

Décidément, Dante Lam enchaîne les projets à une vitesse folle (pas moins de trois films en moins d’un an). Runaway, dernier en date, reprend les choses là ou Jiang Hu les avaient laissées. En effet, dans le ton et dans la forme, il semble clair que Dante Lam a voulu revenir à la spécificité de Jiang Hu. On suit donc les aventures de deux escrocs obligés de se cacher dans une station balnéaire pour échapper à leur patron à qui ils ont fait perdre de l’argent. Sur cette trame et n’ayant pas peur de la comédie, Dante Lam va entraîner ses personnages dans un délire de plus en plus prononcé, sans se soucier de la cohérence de l’ensemble ni surtout (alors que c’était une des forces de Jiang Hu) de sombrer dans le grotesque (complètement assumé, voir la fusillade finale). En voulant à tout prix maintenir le rythme du début jusqu'à la fin, Dante Lam nous épuise et surtout, il ne cherche pas à développer les bonnes idées qui parsèment son scénario. Toujours plus semble être la devise cette fois ci sans se douter que cela pouvait se transformer en un peu trop.(DA)

 


 

Semaine 02-07-01

Critique Express

Bakery Amour (2001)
de Steven Lo

Après les films du nouvel an, voici un nouveau genre qui pointe le bout de son nez : les comédies romantiques créées pour la Saint Valentin (décidément, y sont jamais à court d’idées). L’histoire suit donc les aventures de Tai Chi (Francis Ng), qui en voulant aider sa voisine de palier à se remettre avec son ex tombe amoureux d’elle.
Plutôt bien faite (j’entends par là qu’elle n’a pas à rougir devant les films que Meg Ryan enchaîne à la pelle) et bien joué (avec un Francis Ng parfait à contre-emploi), Bakery Amour remplit sa mission de film de divertissement sans ambition ni personnalité, destiné à plaire au plus grand nombre et parfaitement jetable. Un film Kleenex donc. (DA)

For Bad Boys Only (2000)
de Yip Wai Man

A la recherche d'une petite amie disparue (Shu Qi), une équipe de jeunes détectives (Ekin Cheng, Kristy Yang)  tombe sur un trafique de clonage humain.
Un film d'action typique de Hong Kong. On prend tout ce qui est à la modeau cinéma. Ici Tokyo Raiders et Gen-X-Cop pour le local, Matrix et Mission Impossible pour l'international. On y ajoute des stars à la mode, un sujet piqué dans le journal. On mélange le tout avec un peu d'humour et de la romance à l'eau de rose. Et à moins de tomber sur un réalisateur malin, on obtient généralement un plat reffaufé, limite avarié. Pas de chance, Yip Wai Man, n'est pas le cuisto de la situation. A moins d'être un fan de Tokyo Raiders vous risquez l'indisgestion ou de vous endormir, selon votre tempérament. (HL)

Durian Durian (2000)
de Fruit Chan

Après un Little Cheung qui clôturait en beauté une trilogie sur la rétrocession amorcée avec Made In Hong Kong, Fruit Chan continue d’explorer les changements et les mutations de la société chinoise. En nous contant, d’un côté l’histoire de Yan, chinoise venue à Hong Kong espérant trouver fortune, et de l’autre celle de Fan (l’amie de Cheung dans son précédent film), Fruit Chan, pour la première fois, situe son film du point de vue des chinois. Durian Durian, qui démarre comme un prolongement de Little Cheung (mais à travers le regard de Fan), pousse jusqu’au bout la logique amorcée par celui ci. Le film a été tourné avec des acteurs non professionnels et encore une fois, ils sont tous parfaits et magnifiquement dirigés. Le scénario, relativement linéaire, est mis en image d’une manière particulière, décomposé en vignettes, donnant l’impression de ne pas savoir où aller. Mais si les " vignetes " sont à peine développées, c’est pour mieux servir le propos du film, qui se construit comme un tableau impressionniste, par petites touches successives. La caméra observe ses personnage en cherchant à se faire absente, à ne pas déranger, presque pudique, et Fruit Chan se fait de plus en plus naturaliste. On suit une tranche de vie, révélatrice de l’attrait et de la désillusion que représente Hong Kong pour les chinois (à l’image du fruit nommé dans le titre, ceux qui y ont goûté comprendront). Comme à son habitude, Fruit Chan évite tout misérabilisme et nous livre un portrait sensible et humain de ses personnages. Durian Durian pointe du doigt les contradictions des chinois face à l’espoir que représente le retour de Hong Kong dans la Chine populaire. En préférant la nuance et la suggestion, Fruit Chan nous livre un des meilleurs films de l’année 2000.(DA)

 


 

Semaine 28-05-01

Critique Express

Feel 200% (2001)
de Joe Ma

Réalisé par Joe Ma (réalisateur/producteur et fondateur de la boite de production BIG), Feel 200 % suit les aventures amoureuses d’une bande de jeunes amis, beaux, dans le vent et sans problèmes d’argent. Bref, des gens comme nous quoi…
Après quelques réussites mineures dans le domaine de la production (A War Named Desire ou Bullet Over Summer), Joe Ma revient à la réalisation avec Feel 200%, sorte de Friends à la sauce hongkongaise. En effet, le film cultive et revendique son aspect sitcom. Du scénario à la mise en scène en passant par le jeu des acteurs, tout vient nous rappeler la nature du produit que l’on a entre les mains. Les personnages évoluent dans un monde plus virtuel que réel tant il est aseptisé et tous refusent de grandir, ce qui est en contradiction totale avec la vie professionnelle qu’ils mènent (comme c’est bien souvent le cas dans les sitcoms). Dans la mesure où Joe Ma n’apporte ni critique ni idée nouvelle sur ce genre archi codifié, Feel 200% aurait du se cantonner à une diffusion TV plutôt qu’à une sortie cinéma. (DA)

Love Au Zen (2001)
de Derek Chui

Etrange film que ce Love Au Zen. La dernière réalisation de Derek Chui (après un Comeuppance léger et sympathique) est une comédie romantique à mille lieux de ce qui se fait normalement dans ce type de production. En adaptant une pièce de Raymond To (scénariste de quelques bons films), Derek Chui a le mérite de ne pas tomber dans le piége du théâtre filmé.
Dès le générique, qui mêle habilement des images de villes, de temple et de nature, on se rend compte que Derek Chui s’est fait un peu plus ambitieux que d’habitude sur le plan formel, impression qui sera confirmée tout au long du film. En effet, sur le plan esthétique Love Au Zen est une véritable réussite. Des cadrages au montage, tout est fait pour accompagner les émotions des personnages. Et c’est lentement mais sûrement que le charme du film agit. Jusqu'à atteindre pratiquement un sentiment de sérénité, qui nous ferait presque oublier certaines facilités du scénario ou la naïveté de certaines scènes. Mais cette naïveté est propre au genre (seul quelques cinéastes plus urbains ont réussi à s’en défaire) et si l’on y regarde de plus près, d’un point de vue qualitatif, les comédies sentimentale sont tellement nivelées par le bas (à part quelques productions UFO, et encore) que Love Au Zen fait figure d’oasis de fraîcheur dans ce paysage. A Hong Kong, il n’est resté qu’une semaine à l’affiche. C’est bien évidemment dommage car il méritait  beaucoup mieux au vu de ce qui cartonne dans le genre.(DA)

 


 

Semaine 14-05-01

Critique Express

Cop On A Mission (2001)
de Marco Mak 

"Ce soir, j'ai tué mon meilleur ami. Je pensais que ça me toucherait plus que ça mais je suis rentré chez moi et comme j'avais faim, je me suis même fait cuire des nouilles". Cop On A Mission nous montre la descente de Mike (Daniel Wu), un flic chargé d'infiltrer un boss des triades (Eric Tsang) et qui se laisse prendre au jeu du pouvoir.
Réalisateur l'an dernier d'un prometteur The Blood Rules, Marco Mak n'arrive pas à transformer l'essai et son film possède les mêmes défauts. Cop On A Mission ne sait pas quel ton adopter et c'est dommage car on a l'impression d'assister à deux films en même temps qui ne se rejoignent que trop rarement. Le premier, qui montre la déchéance de Mike est de loin le plus réussi. Marco Mak trouve une approche originale et filme cette descente à l'image de la partition musicale qui l'accompagne : comme du jazz léger et entraînant. En revanche, dès que Marco Mak essaye de se montrer sensuel en nous décrivant l'attirance bientôt réciproque de Mike pour la femme du boss, il ramène tout de suite son film au niveau d'un Neuf Semaines et Demi (aie !) et cède à la tentation de l'image léchée, filmée au ralenti sur des slows langoureux. Mais étrangement, on a l'impression que Marco Mak est plus fasciné par le corps de Daniel Wu qu'autre chose. Il ne peut se retenir de le filmer dénudé, le summum étant atteint lors d'une scène mémorable où l'on voit un Daniel Wu complètement nu sous la douche en train de se caresser. Mais ces quelques audaces ne font pas oublier les maladresses qui parsèment le film. En plus, Marco Mak complique inutilement son scénario et certaines scènes sont vraiment superflues. Bref, il manque de la rigueur pour que l'ensemble soit convaincant. (DA)

The Blood Rules (2000)
de Marco Mak 

Quatre voleurs, qui veulent raccrocher, acceptent un dernier contrat. L'un d'entre eux, jeune chien fou, décide de doubler les autres et de faire le coup tout seul.
Sur la base d'un scénario archi usé (de James Yuen, réalisateur de Clean My Name), Marco Mak réussit à s'extirper dès son deuxième film de la masse des réalisateurs. Photographie soignée, montage intelligent (un minimum pour quelqu'un qui a officié sur les tables de montage des plus grands) malgré une utilisation presque lassante du ralenti. Le tout, saupoudré de quelques bonnes idées comme les aquariums pour signifier l'enfermement moral des héros. The Blood rules aurait presque pu être une heureuse surprise s'il n'était symptomatique du cinéma actuel à Hong Kong. Un cinéma qui se cherche et qui n'arrive plus à recycler les anciennes formules. Il manque une direction précise à son film pour qu'il emporte l'adhésion. Le triangle amoureux, tel qu'il est traité, affaiblit vraiment le film au lieu de l'approfondir et l'aspect mélo de certaines situations cantonne le film à une série B moyenne alors qu'il vaut bien plus. Soyons indulgent, ce n'est que son deuxième film. D'autres ont mis plus de temps à s'imposer. (DA)

 


 

Semaine 30-04-01

Critique Express

Hit Team (2001)
de Dante Lam

Ho, flic infiltré, est délaissé par sa direction après une mission qui a mal tourné et qui le condamne à rester dans un fauteuil roulant. Pour lui payer le traitement qui lui permettra de marcher à nouveau, quatre de ses amis policiers décident de braquer les triades. Forcement, l’aventure va virer au drame.
Après les réussites qu'ont constituées Beastcop et Jiang Hu : the triad zone, Dante Lam prend un virage à 180° pour revenir à un univers connu, celui des First Option et consorts qui prenait le parti pris de suivre le quotidien d’une unité d’élite. La nouveauté, c’est que pour une fois, on passe plus de temps avec les mauvais flics qu’avec les bons. Mauvais parce qu’ils ont choisi de se situer de l’autre côté de la loi pour aider un ami. Les dilemmes moraux des différents protagonistes, même s’ils sont présents, sont assez vite balayés par les scènes d’actions qui, sans être novatrices, sont pour le moins efficaces. De plus, le film recèle quelques belles séquences : comme cet instant suspendu ou la caméra s’attarde sur le visage de King prenant conscience du massacre qui va suivre, ou encore les scènes de Daniel Wu sur la plage, se confiant à une inconnue, image presque onirique et étrange dans le contexte du film. Certes, le scénario (de Dante Lam) ne brille pas par son originalité et bien des situations sont convenues et donnent une impression de déjà vu. Mais Hit Team, grâce à quelques scènes glissées presque par erreur et une interprétation convaincante (Daniel Wu commence à prouver qu’il peut être autre chose qu’une figure mode et surtout Alex To est impeccable) est, de loin, le meilleur film de cette vague initiée par Gordan Chan. Espérons qu’un jour Dante Lam ait un script à la hauteur des ambitions qu’on lui portent.(DA)

Martial Angels (2001)
de Clarence Ford

Cat (Shu Qi), pour sauver son ex-petit ami (Julian Cheung), doit dérober un logiciel à son employeur. Elle fait appel à six amies pour l’aider (Spider, Octopus, Monkey, Goldfish, Pigeon…ça ne s’invente pas !).
Dis comme ça, ça a l’air ridicule, mais en fait, ça l’est. Le scénario est on ne peut plus opportuniste puisqu'on a droit à un croisement de Drôle de dames et Mission impossible. Mais, en plus, on a l’impression que c’est notre Jean Rollin national qui a réalisé le film. L’ensemble est mal joué, l’histoire inepte, les scènes d’action sont ennuyeuses et Clarence Ford ne sait définitivement pas se servir d’une caméra. Pourtant, il règne sur ce film une ambiance presque nostalgique. Comme si Ford ne s’était pas rendu compte que l’on était au 21ème siècle. Son cinéma semble naïf et innocent dans le cadre actuel de la production hongkongaise (comme pouvait l’être justement, à l’époque, celui de Jean Rollin). En tentant de copier le cinéma US pour le public local, Martial Angels est un vestige du passé, l’antithèse du cinéma contemporain hongkongais qui tente de faire des films locaux pour le public US. Ce film est nul, certes, mais d’une nullité décalée. (DA)

 


 

Semaine 09-04-01

Critique Express

 Headlines (2001)
de Heung Lap Hang

Thème rarement abordé dans le cinéma actuel à Hong Kong, Headlines nous transporte dans l'univers de la presse écrite en décrivant le quotidien de trois journalistes : Joey (Maggie Cheung Ho Yee), qui veut faire un article sur un jeune marginal ; Peter (Daniel Wu), un débutant qui, en voulant dénoncer la pauvreté brise une famille et Sorrow (Emil Chow), un vieux de la vielle, qui enquête sur un vol de bijoux mettant en cause un ami policier.
Deuxième film de Heung Lap Hang (le premier, Home Again, pas vu), Headlines surprend en montrant les deux faces du journalisme. Comment concilier l'impératif d'une Une qui fait vendre tout en respectant la vie privée d'autrui. Derrière chaque article se cache une histoire, une personne dont l'intérêt n'est pas forcement la préoccupation majeure des journalistes. A part l'histoire de Peter qui, dans son approche, cède a la facilité et n'évite pas les poncifs du mélo, le reste du film évite d'être trop manichéen. En mélangeant vie personnelle et besoin professionnel, Headlines en arrive à la conclusion que, la frontière entre bourreau et victime est parfois bien mince. Le souci est que l'ensemble ne décolle pas du niveau d'un bon téléfilm, malgré une interprétation convaincante. C'est dommage car le film pose quelques bonnes questions mais reste trop superficiel dans ses réponses. (DA)

I Do (2000)
de Cheung Chi-Sing

Réalisé par un des scénaristes (entre autre) de The Golden Girls ou de plus récemment A Fighter Blues, ce film nous conte l’histoire de couples qui se font et se défont parmi la jeunesse actuelle de Hong Kong.
Avec un scénario improbable tellement il accumule les clichés, des personnages dont les motivations restent pour le moins obscures, Cheung Chi-Sing essaye quand même de glisser dans cette bluette quelque thèmes de société comme la peur du sida ou bien la solitude. Même si visiblement il tente d’apporter un peu de fraîcheur dans le traitement, dire que ces thèmes sont à peine effleurés est encore loin de la vérité et c’est bien connu, de bonnes intentions ne font pas forcément un bon film et  I do   en est la preuve vivante. (DA)

 


 

Semaine 26-03-01

Critique Express

Accidental Spy (2001)
de Teddy Chen

Un vendeur d’équipement sportif orphelin se retrouve mêlé à une histoire d’espionnage après avoir retrouvé son père en Corée.
Sorti pour le nouvel an chinois et carton au box office à Hong Kong, Accidental spy marque le retour aux affaires de Jackie Chan dans l’ex-colonie, après deux films hollywoodiens médiocres (pour ne pas dire plus). L’attente suscitée par ce film (Teddy Chen aux commandes et budget considérable) était d’autant plus grande que les dernières productions de Jackie à Hong Kong (Mr. Cool, Jackie Chan dans le Bronx ou bien Gorgeous) ont aussi énormément déçu (là aussi pour ne pas dire plus !). La faute peut être à un ego surdimensionné qui oblige souvent les réalisateurs à s’effacer devant lui. Et Teddy Chen, malgré le talent qu’il déploie n’y a pas échappé. Jackie Chan, du début à la fin, est présent sur chaque plan. De fait, le film donne l’impression d’avoir été tourné par un schizophrène. A chaque fois que Teddy Chen tente de donner une direction à « son » film, Jackie le ramène immédiatement dans son système. Le scénario, pourtant, offrait des perspectives intéressantes comme la manipulation ou la quête d’identité (thème déjà abordé dans le réussi Purple Storm, précédente réalisation de Teddy Chen) mais ceux-ci sont ici à peine effleurés. C’est dommage, car on peut imaginer à quel résultat aurait put arriver Teddy Chen si on lui avait laissé les mains libres. Malgré tout, Accidental Spy est à ce jour le meilleur film de Jackie Chan depuis Drunken Master 2 (je sais, c’est pas difficile diront certains …). (DA)

Wu Yen (2001)
de Johnny To et Wai Kar Fai

L'empereur Qi (Anita Mui) voit sa vie devenir un enfer à cause de ses deux concubines (Sammi Cheng et Cécilia Cheung, déjà aperçues respectivement dans Needing You et Help!!!).
Gros succès au box office (avec Accidental Spy), cette comédie sortie pour le nouvel an chinois est une déception. On espérait quand même autre chose que ce film pour le retour d'Anita Mui sur les écrans (absente sur les plateaux de tournage depuis 1997). De la  même manière, Johnny To, après une année 2000 riche en spectateurs mais pauvre en créativité (Needing You et Help!!! justement, rien que ça), ne voit toujours pas sa cote remonter. En fait, le résultat est tellement affligeant que je soupçonne une incompréhension culturelle pour expliquer ça. Mais là franchement, je n'en suis pas sûr. Tous les gags tombent à plat malgré (ou à cause) la performance des acteurs. Ils cabotinent tous tellement (Anita Mui a dû finir le tournage exténuée) que l'on s'interrogerait presque. La seule bonne idée du film reste l'insert d'ombres chinoises pour figurer les batailles qui se déroulent à l'extérieur. Bref, encore un rendez-vous manqué.(DA)

Legend Of A Fighter (1981)
de Yuen Woo Ping

Jugé trop faible par son père, un fils apprend en cachette et avec l'aide de son professeur le kung fu. Douze an plus tard, son père découvre son talent et décide d'en faire son successeur.
Si les effets dramatiques sont parfois trop appuyé, cette kung fu comédie tient la route. Elle offre son lot de combats, de gags et de philosophie martiale. Avis aux amateurs... (HL)

 


 

Semaine 19-02-01

Critique Express

Clean my name, Mr coroner (2000)
de James Yuen

Desservie par une affiche qui laisse croire à une comédie (ce que le film n’est pas, même s’il ne manque pas d’humour), Clean my name…, est une des bonnes surprises de l’année 2000. Sans non plus retrouver la magie des années 90, ce film produit par Joe Ma (producteur avisé, puisque déjà responsable de Bullet Over Summer, A War Named Desire ou bien Victim de Ringo Lam ) tente de suivre la voie ouverte par les productions de Johnny To, c’est à dire un budget réduit pour limiter les risques financiers, des scénarios travaillés et un réalisateur concerné. On ne peut que saluer cette démarche, Joe Ma et Johnny To faisant partie des rares personnes à vouloir proposer une alternative à la tendance américaine que prend le cinéma de Hong Kong.
L'histoire est celle d’un deal de faux billets qui tourne court. Fred (Nick Cheung), un flic infiltré dans les triades depuis cinq ans, se retrouve accusé de vol ainsi que du meurtre de son partenaire. Dans sa fuite, il sera aidé par un médecin légiste(Francis Ng).
Basé sur un scénario plutôt bien construit, la bonne surprise tient au fait que le film préfère prendre les chemins de traverse pour arriver à son dénouement. Visiblement, James Yuen n’est que très peu attiré par les scènes d’action. D’ailleurs, là où n’importe qui aurait cherché à les étirer et les dramatiser, il se contente de quelques plans et passe à autre chose, préférant suivre le duo formé par Francis Ng et Nick Cheung. Paradoxalement, c’est en même temps un des points faibles du film. Car autant l’interprétation de Francis Ng en légiste à la limite de l’inadapté sociale est, comme d’habitude, excellente, autant celle de Nick Cheung en flic traqué est un peu légère. Même si ce n’est pas le seul reproche que l’on puisse faire au film, Clean my name… , contrairement à certaines productions récentes, prend le spectateur pour un adulte.(D.A.)

China Strike Force (2000)
de Stanley Tong

Deux flics (Aaron Kwok et Wang Leehom) tentent de contrer deux trafiquants de drogues (Coolio et Mark Dacascos) qui veulent inonder la Chine.
Apres une timide expérience américaine (Martial Law avec Samo Hung dont il réalisa le pilote), Stanley Tong revient avec un film doté d’un casting jeune et international (Fujiwara Norika pour le japon, Coolio pour le marché américain et Mark Dacascos pour faire plaisir à Christophe Gans) que l’on pourrait presque taxer d’opportuniste. Normal, puisqu’il est prévu d’être vendu aux quatre coins du monde. Le problème, c’est que même si les scènes d’actions sont efficace, Stanley Tong réalise ici un film sans grande personnalité ni originalité, qui fait succéder aux combats et aux courses poursuite des moments de romance et d’humour. Pas besoin de préciser dans quel domaine il est le plus doué ni non plus d’ajouter que tout cela ressemble à un produit calibré destiné à plaire au plus grand nombre.(D.A.) 

 


 

A.C. : Anthony Caudron, HL : Henry Laurent, Eric S. : Eric Sangerma, D.A : David Aneas.