Semaine 19-02-01

Critique Express

Gen-Y-Cop (2000)
de Benny Chan

Alors qu’il est transporté à Hong-Kong pour un salon (sic !), un robot appartenant au FBI est dérobé. Accusés injustement, trois jeunes flics doivent mener l’enquête.
Je ne pensais pas que le cinéma italien aurait à ce point influencé le cinéma de Hong-Kong. En effet, pour avoir une idée de ce à quoi ressemble le film (si tant soit peu que l’on puisse l’appeler comme ça), il faut imaginer un croisement improbable entre les films du duo comique (re-sic !) Bud Spencer et Terence Hill, Robocop et Jingle Ma (re-re-sic!). C’est difficilement concevable, mais Benny Chan a réussi. Cette suite d’un film déjà insignifiant me fait poser une question : "jusqu’ou s’arrêteront ils ?" Acteurs en roue libre qui n’en peuvent plus de cabotiner (la palme à Sam Lee), musique techno envahissante, scénario interdit aux plus de douze ans (comme le résultat d’ailleurs) filmé comme un clip et monté de manière épileptique (photographie hyper léchée, ralentis, accélérés, tout y passe ! y zont lancé un concours ou quoi ?). Visiblement, Benny Chan cherche à prouver depuis quelques "films" qu'il est capable de délivrer un blockbuster mais dans quel but? Signé avec une major américaine pour devenir un "yes sir" de plus? En tout cas, le fait que l'on y parle plus anglais que cantonais est révélateur de cette volonté de se fondre de plus en plus dans un moule international (americain donc). Allez, encore un effort Benny et avec un peu de chance, toi aussi tu rencontreras Jean-Claude Van Damme pour ton prochain film.(DA) 

Help !!! (2000)
de Johnny To et Wai Kar Fai
Le quotidien d'un triangle amoureux dans le service des urgences d'un hôpital, où le personnel  voit son intérêt avant celui des patients.
Derrière ce qui pourrait être un épisode d'Urgence à la sauce made in Hong Kong avec des acteurs dans le vent (Ekin Cheng, Jordan Chan et Cecilia Cheung), se cache en fait une comédie non-sensique. Le problème, c'est que pour que ce type de film fonctionne, il faut du rythme et des gags. Question rythme, Johnny To, en bon artisan, en insuffle suffisamment pour que le film se regarde sans bâillement. Là ou le bas blesse, c'est au niveau des gags. Même si certains sont vraiment hilarants, ils sont finalement peu nombreux. Reste un objet sans prétention (je l'espère!) devant lequel on ne s'ennuie pas, mais qu'on aura vite oublié après le générique de fin. Vivement que Johnny To retourne à des projets un peu plus personnels. (DA) 

 


 

Semaine 05-02-01

Critique Express

Fighter's Blues (2000)
de Daniel Lee 

Tiger (Andy Lau), qui vient de passer dix ans en prison, se rend en Thaïlande pour retrouver Pim, sa fiancée. Sur place, il apprend que celle-ci est morte et que, de plus, il est père d'une fille.
Depuis What Price Survival (Frères d'armes, sorti en France chez Polygram), on attend peut-être trop de Daniel Lee. Fighter's blues déçoit, il déçoit d'autant plus qu'on se rend bien compte que Daniel Lee n'est pas un incapable. Montage intelligent qui permet aux plus belles scènes de trouver un rythme propre, travail sur la photographie (magnifique) ou la composition des plans. En terme de cinéma,   il est à mille lieux des tacherons qui se disent réalisateur et qui produisent des mélos ou des bluettes à la pelle.Andy Lau, magnifiquement dirigé, est vraiment émouvant (ce qui n'est pas le cas de tout le monde) avec un jeu tout en retenue.
D'ou vient le probleme alors ? Du cahier des charges initiales peut être. On voit bien, tout au long du film, les hésitations de Daniel Lee. Quel film donner aux producteurs ? un mélo à succès ou un film d'auteur. Visiblement, il n'a pas su choisir.(DA)

Comeuppances (2000)
de Derek Chui

Sung, ancien dévelopeur de films devenu photographe, assassine King, un boss des triads. Sa mort aura des conséquences inatendues sur celui-ci, un journaliste et un policier.
Produit par Johnny To, ce petit film au ton inhabituel est une fable remplie d'allusions à la période faste des années 80/90. Lorsque le cinéma et ses héros faisaient encore rêver avant que les triades et la crise économique qui a frappé l'Asie ne le plongent dans un marasme dont il commence à peine à sortir. D'ailleurs, les trois personnages principaux peuvent être vus respectivement comme le réalisateur/metteur en scene (Sung le photographe), le scénariste (Hak le journaliste) et le spectateur (Michael le policier) et leur parcours, à la réconciliation entre Hong-Kong et son cinéma. Au final, c'est bien le policier (spectateur) qui décidera s'il veut ou non voir l'histoire continuer. Sans nous délivrer une oeuvre majeure, Derek Chui nous offre ici un film au ton léger (voire même ironique). La mise en scene y est alerte et l'on ne s'y ennuie pas. Une curiosité.(DA)

Cheap Killers (1998)
de Clarence Ford

Encore un film tiré de l'association entre le réalisateur Clarence Ford et le producteur Wong Jing. Quand ils se foutent de la gueule du public, cela donne l'immonde Her Name is Cat. Quand ils se décident à faire du cinéma décent, ils parviennent à concocter Naked Killer ou Century of the Dragon. Cheap Killers appartient à cette catégorie de produit aussitôt vu, aussitôt oublié mais qui permet de passer un bon moment.
Sam (Alex Fong) et Yat-tiu (Sunny Chan) sont des tueurs professionnels à la solde ds Triades. Lorsqu'ils ratent une de leurs mission et que la police se fait menaçante, Jimmy, leur patron, décide de les supprimer. Ils parviennent à s'enfuir et vonr reminer leur vengeance.
Fidèle à son habitude, Clarence Ford soigne les éclairages et donne au film un côté artistique qui tranche avec la violence du film, parfois à la limite du gore. Relativement peu nombreuses, les scènes d'action sont tout de même efficaces même si le montage aurait mérité d'être un peu plus nerveux pour qu'elles soient pleinement convaincantes. Le point le plus intéressant et surprenant du film reste sans aucun doute le soin accordé aux deux personnages principaux, plus étoffés que ceux présents dans les films du genre. Même si rien n'est dit explicitement, leur manière de se vêtir, de se comporter l'un vis-à-vis de l'autre, ne laissent plâner aucun doute quand à la nature réelle de leur relation, qui va bien au-delà de l'amitié.
Même si, comme souvent, le scénario s'avère des plus prévisibles et que le film possède un côté racoleur assez prononcé, Cheap Killers se révèle donc une relative bonne surprise. (A.C.)

 

 


 

Semaine 22-01-00 Critique Express

Task Force (1997)
De Patrick Leung

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Ancien assistant de John Woo quand ce dernier œuvrait encore à Hong-Kong, Patrick Leung avait impressionné pas mal de monde avec son Beyond Hypothermia, un mélo-polar pas mal inspiré des films du maître. Avec son second opus, Task Force, Leung montre qu'il est vraiment un réalisateur à suivre.
Le film suit le quotidien d'une bande de policiers de quartiers et plus particulièrement de trois d'entre eux, Rod Lin (Leo Ku), Shirley (Karen Mok) et LuLu (Eric Tsang). Vient à se mêler à cette galerie de portraits une prostituée mythomane interprétée par la divine Charlie Young. La grande originalité du film vient du scénario, pas du tout linéaire et ne racontant rien de précis, construit à base de flash-back et d'anecdotes vécues par les personnages. Ces derniers sont très bien brossés et leurs interprètes respectifs les rendent très sympathiques et attachants. Mélange très agréable de comédie de mœurs, de drame et d'action, le film aurait pu, entre d'autres mains, s'avérer très indigeste mais Patrick Leung réussit parfaitement à rendre touchante cette histoire classique mais solidement racontée. Co-produit par John Woo (qui se fend d'un caméo à la fin du film), le film accumule les hommages, notamment lors d'un gunfight calqué sur Volte/Face, où un personnage de tueur pose un casque de baladeur sur les oreilles de Charlie Young d'où on peut entendre une musique enfantine qui couvre en partie la violence de la scène. Task Force se révèle donc au final un film émouvant, voire touchant, qui tranche agréablement avec la production actuelle.

Skyline Cruisers (2000)
de Wilson Yip

Quatre as de la cambriole sont chargés de retrouver la formule d'un remède contre le cancer qu'un industriel a volée à son propriétaire laissé pour mort.
Univers high-tech, montage clipesque et jeune (n'importe quoi, mais un cran en-dessous de Tokyo Raiders), psychologie inexistante, sens du suspense (non, là je déconne !), Orang-outan (ou chimpanzé, j'en sais rien, je suis pas zoologiste moi) qui n'a rien à faire là. Le dernier film de Wilson Yip poursuit dans la veine amorcée par GEN-X-COPS et consorts. Ceux qui aiment se retrouveront en territoire connu, les autres pourront se demander si c'est bien le même réalisateur qui a fait Bullet Over Summer. (DA)

Undercover Blues (2000)
de Billy Chung

Quatre hommes menés par Franck (Ray Lui) partent en Malaysie pour tenter de retrouver  Joe (Daniel Wu), flic infiltré dans les triads et ancien partenaire de Franck..         .
Avec un scénario bien mince et un budget réduit, Billy Chung réussit au moins une chose : les scènes d'action, fortement influencées par Johnny To (le réalisateur a du voir et revoir The Mission, pas que pour les scènes d'action d'ailleurs, puisque l'ambiance générale du film est calquée sur celui-ci). Malheureusement, elles sont complètement désamorcées par une musique aussi ridicule qu'inappropriée. En fait, la musique plombe tout le film. Même en coupant le son et en se contentant des sous-titres, les personnages n'échappent pas vraiment aux clichés habituels. Dispensable donc. (DA)  

 


 

Semaine 25-12-00 Critique Express
Needing You (2000)
de Johnny To et Wai Ka-fai

Un homme à femmes (Andy Lau) tombe sous le charme d'une jeune femme délurée (Samy Cheung).
Faut-il en rire ou en pleurer? Après l'intriguant The Mission, le duo Johnny To et Wai Ka-fai cède à la mode de la comédie sentimentale. Tout y est! Stéréotypes, acteurs qui surjouent, situations mièvres, humour lourd et j'en passe. Le seul élément qui sauve l'entreprise du désastre, c'est le tour parodique que prend le film lorsque le duo se met à se moquer des anciennes bluettes tournées par To. Et c'est ainsi que Andy Lau prend les poses du Chow Yun Fat de All About Ah Long ou qu'il croise le motard de Moment Of Romance. Regard cynique de gens intelligents qui savent pertinemment qu'ils refont la même chose qu'il y a dix ans. Sauf que là, visiblement ils n'y croient plus du tout. Le public n'y en a en tout cas vu que du feu puisque le film est le plus gros succès de l'année. (HL)

A War Named Desire (2000)
de Alan Mak

A la mort de sa grand-mère, Chun decide de retrouver son frère qui est devenu un membre influant de la mafia thailandaise, en pleine guerre de pouvoir.
La vision de "A war named desire" d'Alan Mak, m'a agréablement surpris. C'est le troisième film de ce réalisateur (d'après HKMDB) et je ne sais pas ce que valent les deux premiers. Mais en ce qui concerne celui-ci, je trouve que c'est la réussite la plus évidente depuis "The mission" de Johnny To, dans la mesure ou il s'éloigne de la tendance "américanisante" amorcée par Teddy Chen et les autres. Bien sûr, le film n'est pas parfait et certaines scènes semblent hors sujet mais il se dégage de l'ensemble une volonté de faire les choses différemment. Il y a un vrai travail sur les ambiances, les acteurs sont très bons. Si Alan Mak réussi à s'affranchir de certaines figures imposées, il peut devenir un très bon cinéaste .(DA)

Jiang Hu - The Triad Zone (2000)
de Dante Lam

Alors qu'il est menacé de mort, Jimmy Yan (Tony Leung Kar Fai), un parrain des triads prend peu à peu conscience du monde qui l'entoure.
Et alors là, on rentre dans un univers complètement inconnu. Rien ne laissait présager que Dante Lam s'embarquerait dans une telle fantaisie. Ce film est complètement loufoque, à contre courant de ce que j'ai vu récemment. Le traitement décalé de cette rédemption plutôt étrange (le mot est faible) est assurément un point fort du film. Avec une mise en forme plutôt classique, ce film a l'intelligence de ne jamais sombrer dans le grotesque et Dieu sait que certaines scènes pouvaient s'y prêter. Une excellente surprise à découvrir absolument.(DA)

Enter The Eagles (1998)
Corey Yuen

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Considéré par feu HK Magazine comme un des plus mauvais films tournés à Hong-Kong ces 20 dernières années, cette oeuvre du spécialiste Corey Yuen (Cheap Killers) vaut pourtant bien mieux. Initié par la Golden Harvest afin de concurrencer les blockbusters américains, il fait partie des films d'action à la mode US comme l'ont été avant lui Extreme Crisis et Downtown Torpedoes, deux films mineurs certes, mais hautement divertissant, tout comme l'est cet Enter the Eagles.
Martin (Michael Wong), voleur professionnel, est contacté par Karloff (Benny "the Jet" Urquidez) afin de dérober un diamant dans un musée de Prague. Aidé de son équipe habituelle dont Mandy, une tireuse d'élite (Shannon Lee), ils se rendent sur les lieux. Mais, rien ne se passe comme prévu lorsqu'ils ont dans les pattes Lucy (Anita Yuen) et Tommy (Jordan Chan), deux apprentis-voleurs.
Le scénario n'est vraiment pas décoiffant d'originalité mais les qualités du film sont ailleurs. En effet, les scènes d'action, qui composent une bonne moitié du métrage, sont vraiment impressionnantes et spectaculaires: le film accumule gunfights titanesques et scènes de baston endiablées, sur un rythme d'enfer, même si le budget limité du film rend certains effets spéciaux assez médiocres. Les comédiens font leur travail de façon consciencieuse même si Shannon Lee (la fille de Bruce) singent les mimiques de son père beaucoup trop souvent, elle se révèle donc souvent pathétique même si c'est une combattante émérite. Enter the Eagles n'est donc pas le film de
l'année mais constitue une série B en tour point honorable. (A.C.)

 


 

Semaine 11-12-00

Critique Express

A War Named Desire (2000)
de Alan Mak

Un jeune homme se rend en Thaïlande pour réclamer l'argent que son frère (Francis Ng) aurait volé à la famille. Sur place les deux frères sont pris dans une machination qui va les rapprocher.
En dépit d'une bonne volonté évidente, le scénario se veut complexe, les personnages construits, le réalisateur ne parvient pas à utiliser judicieusement les multiples influences dont il se sert et qu'il a visiblement assez mal digérées. Le film mêle en effet des ambiances à la Milkyway Image de Johnny To, du polar à l'ancienne et des effets visuels à la Jingle Ma (beurk...). La musique est d'ailleurs à l'image de ce mélange improbable en oscillant entre le thème mélancolique, la canto pop sucré et de la pseudo techno! Dommage car quelques scènes prouvent qu'en étant plus audacieux, le film aurait pu être un de ces petits polars noirs et stylés qui ont fait les beaux jours du cinéma de Hong Kong. A War Named Desire prouve que la magie a bel et bien disparu. (H.L.)

Holy Weapon (1993)
de Wong Jing

Encore tout abasourdi par la performance de Michelle Yeoh dans le sublime Tigre et Dragon d'Ang Lee, je cours vers ma pile de VCD pas encore visionnés et me jette sur celui d'Holy Weapon, wu xia-pian signé du "maestro" Wong Jing, et force est de constater que la performance de Michelle Yeoh dans le film de Lee était exceptionnelle au regard de celle qu'elle fournit dans ce dernier.
Après avoir battu le représentant d'une école japonaise d'arts martiaux (Simon Yam) grâce à l'aide d'une potion magique concoctée par un sorcier incompétent (Ng Man-tat), Mo Kake s'apprête à épouser sa dulcinée, Ching Sze (Michelle Yeoh). Mais, les effets secondaires de cette potion sont désastreux et Mo Kake s'en trouve métamorphosé. Dégoûté du changement de comportement de son amant, elle s'enfuit. Mais, le guerrier japonais refait surface 3 ans plus tard...
Malgré une apparente facilité, le scénario se révèle vraiment chaotique et bordélique. Les personnages sont trop nombreux ce qui rend le film assez difficile à suivre par instant. Si on ajoute à cela un humour "ras-du-gazon" et des situations qui frôlent le théâtre de boulevard, Holy Weapon s'avère une déception. Malgré un casting haut-de-gamme, des idées complètement farfelues et des combats en apesanteur relativement réussis, ce wu xia-pian fantastique ne se classe pas vraiment parmi les chef-d’œuvre du genre, tournés à le même époque. (A.C.)

Jiang Hu - The Triad Zone (2000)
de Dante Lam

La vie mouvementée d'un chef de Triad (Tony Leung Ka Fai) partagé entre ses affaires, sa maîtresse et sa femme (Sandra Ng).
En cette année bien terne pour le cinéma de Hong Kong, ce film est plutôt une bonne surprise. Dirigé par le compère de Gordon Chan avec qui il avait réalisé Beast Cops, on y retrouve le même principe, mais cette fois-ci côté Triad. Le film démystifie le milieu en en montrant son quotidien le plus trivial ou en parodiant les clichés du Triad-movie. Très stylisé également, il parodie les effets de style qui tendent à magnifier le gangster. Souvent insolite, parfois drôle, Lam maîtrise son propos, même si parfois le récit tend à manquer de rythme, certaines scènes traînant en longueur. Plus alerte, Jiang Hu - The Triad Zone aurait sans doute été une belle réussite.

 


 

Semaine 13-11-00

Critique Express

Century Of The Dragon (1999)
de Clarence Fok

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Après un navrant, et le mot est faible, Her Name is Cat, le réalisateur multi-tâches, Clarence Fok, tourne à nouveau pour Wong Jing et nous offre un Century of the Dragon d'un bien meilleur acabit même s'il ne constitue en rien un grand film. Aidé par un casting de grand standing composé de vieux routiers comme Andy Lau ou Anthony Wong et de gloires montantes comme Louis Koo, la vedette du Suspect de Ringo Lam, il livre un "triad movie" meilleur que la moyenne du genre, il est vrai assez basse ces derniers temps. Koo interprète Chow, flic infiltré dans la triade Hung Hing et que prend sous son aile Fei-lone, joué par Andy Lau, ancien patron de cette dernière et retiré depuis cinq ans en honnête businessman. Quand Pao (Anthony Wong), le boss actuel, est gravement blessé, les velleités commencent. Même si le scénario du flic infiltré est archi-classique (City on Fire, To Live and Die in Tsim Sha Tsui) et que toutes les figures imposées du genre répondent à l'appel, le résultat se laisse voir par le biais de ses acteurs, notamment Andy Lau, qui abandonne ses rôles de jeune premier pour un rôle plus mûr, laissant à son successeur, Louis Koo, le soin de prendre la relêve, et par le soin global apporté à l'écriture des personnages, plus développés que d'ordinaire. Les scènes d'action sont, quand à elles, pas très nombreuses ni inspirées, Clarence Fok ayant une tendance à abuser du bouton "zoom avant/arrière" de sa caméra au delà du raisonnable. Malgré tout, le résultat s'avère intéressant à défaut d'être passionnant. (A.C)

Double Tap (2000)
de Lo Chi Leung

Lors d'un concours de tir, Miu (Alex Fong), un flic et Rick (Leslie Cheung), un spécialiste des armes, sont au coude à coude. Ils vont s'affronter dans l'ultime épreuve, quand, tout à coup, un concurrent devient fou et se met à tirer sur la foule. Rick l'abat. Trois ans plus tard, un témoin est assassiné. Miu est persuadé que Rick est le tueur. Les deux hommes vont s'affronter à nouveau, mais cette fois-ci, ce n'est plus un jeu.
Le début du film laisse craindre le pire. Le concours de tir n'est-il pas un moyen de célébrer une nouvelle mode à Hong Kong? En fait, il s'agit d'un leurre. La glorification des champions de tir est là pour contraster avec une enquête policière brutale et sombre. Certes cette dernière s'avère assez conventionnelle, certes les scènes d'action manquent d'imagination, mais Double Tap a pour lui de jouer la carte de la sobriété et de l'efficacité. Loin des mises en scène tape à l'œil des Jingle Ma ou Andrew lau, le réalisateur s'appuie plutôt sur des acteurs solides et un scénario cohérent. Trop classique, il manque peut-être au film un style plus marqué, une énergie rageuse,comme dans Full Alert, qui est assez proche dans ses thèmes. Néanmoins en ces temps de vaches maigres, il n'est déjà pas si mal de voir une bonne série B, qui ose aborder avec sérieux des thèmes comme la folie ou la fascination pour le meurtre. Recommandable. Are you ready? (H.L.)

In The Mood For Love (2000)
de Wong Kar Wai

Un mari trompé (Tony Leung Chiu Wai) tombe amoureux de la femme (Maggie Cheung) de l'amant de sa femme.
Plans magnifiques, jeu d'acteurs impéccable, musique sublime, le dernier film de Wong Kar Wai est une d'une réussite formelle indéniable. Néanmoins sa mise en scène reste très proche de ce qu'il a déjà fait. Quant aux thèmes abordés, rien de nouveau non plus. Une fois de plus le réalisteur nous parle d'amour, de solitude, de la difficulté à communiquer. Soit vous serez subjugué par la perfection formelle du film, soit vous commencerez, comme moi, à vous ennuyer devant un spectacle bien rodé et sans surprise. (HL)

 


 

Semaine 16-10-00

Critique Express

Tian Di (1994)
de David Lai

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Petit polar relativement méconnu, Tian Di vaut largement le détour. Produit par son acteur principal, Andy Lau, cette resucée Hong-Kongaise des Incorruptibles, est un élégant polar situé dans les années 30 qui tranche agréablement avec la routine actuellement en vigueur dans la production locale, inondée de "triad movies" de plus en plus fauchés et sans intérêt. La canto-star incarne l'agent Cheung qui, après des études en France, est muté à Shanghai afin de lutter contre le trafic d'opium. Rapidement, il s'aperçoit que toute la société est gangrenée par ce trafic, même les plus hautes sphères, qu'elles soient politiques ou judiciaires. N'écoutant que son sens du devoir, Cheung va se mettre à dos aussi bien les gangsters locaux, que la police, dont certains membres sont également impliqués. Bien que le scénario ne regorge pas de grandes trouvailles, le film est cependant sauvé par sa direction artistique exemplaire: les costumes, les décors et surtout la photographie sont de toute beauté. Le réalisateur David Lai effectue un travail très honnête et donne à sa mise en scène la vigueur nécessaire afin de rendre le film plus qu’attrayant. Si on ajoute des scènes d'action très efficaces, notamment un gunfight, sur un long toboggan, très bien découpé, et un Andy Lau visiblement concerné par ce qu'il fait, Tian Di tient ses promesses de bout et bout et tient en haleine jusqu'à la dernière seconde. (A.C)

G4 Option Zero (1997)
de Lam Dante

La vie professionnelle et sentimentale d'une brigade spéciale d'intervention.
Gordon Chan et Lam Dante n'en finissent pas de décliner le concept militaro-polar ouvert avec Final Option et qui consiste à mêler le quotidien des personnages et des scènes d'action chocs. Si Beast Cops donnera un résultat très intéressant, la formule fonctionne nettement moins bien ici. Les scènes d'action sont plutôt enlevées, mais la psychologie des personnages et les situations sont d'une grande banalité. Adultère, difficulté à aimer quand on est agent en mission, c'est toujours les mêmes problèmes. En plus Carmen Lee joue le rôle d'une nunuche assez insupportable, ce qui rend son histoire d'amour avec le héros complètement ridicule. En plus le film est trop long, 1h50, ce qui occasionne d'inévitables longueurs. Dommage... (HL)

 


 

Semaine 02-10-00

Critique Express

Conman In Tokyo (2000)
de Ching Siu-Tung

Wong Jing, producteur, nous livre un opus de plus à la longue série des gambling movies dont il est le principal fournisseur depuis plus d'une dizaine d'années maintenant. Le titre anglais du film fait référence aux deux premiers opus, Conman et Conman In Vegas mais n'a en fait aucun lien avec eux si ce n'est la présence de Nick CHEUNG que Wong Jing essaie de nous caser depuis longtemps comme nouveau Stephen CHOW (y a du boulot) au travers de film comme Prince Charming, Tricky Master et la série des Conman mais généralement dans des seconds rôles. Dans Conman In Tokyo, il interprète Jersey, un petit génie de l'arnaque et du gambling qui, lors d'un séjour au Japon va retrouver les traces de Cool (Louis KOO, deja vu dans la série des Troublesome Night et le très bon Bullets Over Summer), ancien "dieu du jeu", qui avait disparu de HK depuis trois ans. Ce dernier, trahi par son meilleur ami qui lui a pris sa femme (paralysée, soit dit en passant par une balle qui était destine a Cool, mais bon, passons), se retrouve maintenant gérant d'un petit restau chinois à Tokyo. Jersey va finalement aider Cool à récupérer sa femme , son honneur et affronter le dieu du jeu japonais.
Ce qu'on peut aimer ces scénarios tortueux et 1000 fois répétés. Comment peut faire Wong Jing pour nous asséner toujours la même recette qui à l'exception des God of Gambler avec Chow Yun-FAt ou Stephen CHOW, ne nous a décidément pas pondu que des chefs d'oeuvre. Conman In Tokyo fait partie de ces oeuvres aussitôt vues, aussitôt oubliées dont on se demande comment Ching Siu-Tung qui n'avait plus réalisé depuis Dr Wai a pu se retrouver embarque dans cette aventure. (Eric S.)
Le réalisateur est parfois appelé Tony Ching Siu Tung. S’agit-il donc du fameux réalisateur de la workshop ou un autre réalisateur ? Nous ne savons pas. (ndr)

Born To Be King (2000)
de Andrew Lau

Décidément, la série des Young And Dangerous ne s’arrêtera donc jamais. L'infatigable Andrew LAu est toujours présent derrière la camera, on prend les mêmes (Ekin Cheng, Jordan Chan) et on recommence. La coupe est pleine, les personnages ont beau avoir mûri, on en a marre tout simplement. La série ressemble de plus en plus a Dallas au cinéma et on s'ennuie grave. Peu d'action, peu de jeu d'acteurs (on a l'impression qu'Ekin Cheng tourne une pub pour un laxatif), même Shu Qi ne suffit plus à notre peine. Bref trop c'est trop, on espère que les chiffres décevants du box-office de cet ultime opus marqueront la fin de la série. (Eric S.)

Gorgeous (2000)
de Vincent Kok

Un riche homme d'affaire écolo, qui fait du kung fu à ses heures, tombe amoureux d'une jeune fille qui a de bons rapports avec les dauphins.
Quand j'ai vu Shanghai Noon, je croyais que Jackie Chan avait touché le fond. C'était sans compter avec Gorgeous. Consternant, ce film est un nanar désagréable, une insulte à l'intelligence du public. Enfilant sans vergogne les clichés les plus éculés, ce qui se veut être une comédie romantique, n'est qu'un patchwork ennuyeux de scènes ridicules qui devraient affoler les moins de 6 ans. Côté réalisation, la platitude est de rigueur, avec à peine deux scènes d'action sans lustre. Shu Qi est insupportable en "gourde, j'ai huit ans d'âge mental". Quant à la musique, elle est épouvantable, dans la lignée de celle de Tokyo Raiders, c'est dire... Le pire est sans aucun doute l'idéologie écolo/non-violence dont la naïveté est affligeante. Pour qui Jackie Chan nous prend-il? Un film à réserver aux amateurs de nanar qui se délecteront sur le DVD d'un making of à l'image du film, et d'un commentaire audio de Jackie à pleurer de rire puisque l'acteur raconte sa vie (et raconte souvent n'importe quoi) et ne commente pas du tout le film. C'est vrai qu'il n'y avait pas grand chose à commenter. Si Gorgeous préfigure la suite de la carrière HK de Jackie Chan, je suis très inquiet pour le prochain film de Teddy Chen. (HL)

 


 

Semaine 11-09-00

Critique Express

Street Of Fury (1996)
de Billy Tang

Une bande de jeunes délinquants dans le monde des Triades...Non, ce n'est pas le énième épisode de la série des Young and Dangerous mais une copie quasi-conforme, mise en scène par le tâcheron Billy Tang, réalisateur, entre autres nanars, du Defector avec Jet Li. A Hong-Kong, comme ailleurs, quand une formule marche, on l'exploite à fond et les producteurs de Street of Fury l'ont bien compris, donnant le minimum de dollars pour que le projet prenne forme, pompant allègrement la copie du voisin, sans ajouter une seule idée neuve, et en engageant un réalisateur qui saura leur rendre un film propre, sans aspérités, prêt à cartonner auprès de la cible visée: les jeunes rebelles en herbe. Le film raconte donc l'histoire lénifiante de Hu et Long (Louis Koo) qui, après une altercation avec le chef d'une Triade (Simon Loui), vont demander de l'aide auprès d'une autre "mafia" et de son patron incarné par Jerry Lamb (Midnight Zone, Body Weapon). Ils vont, bien entendu, gravir les marches du pouvoir, une à une. Rien à signaler dans ce produit standard qui accumule les clichés du genre jusqu'au dégoût et où Billy Tang ne fournit aucun effort afin de remonter le niveau, se contentant d'illustrer platement un scénario semble-t-il écrit au jour le jour, sans aucun respect de la logique narrative. Le film verse, heureusement, parfois dans la parodie, permettant au film d'éviter le naufrage, grâce à certains comédiens, notamment Jerry Lamb, qui semble prendre un malin plaisir à se ridiculiser. Adepte, d'habitude, d'un brushing à la Barthez, il arbore dans Street of Fury une perruque qui le fait passer pour un fan de Bob Marley. L'acteur avait-il fumé la moquette pour se laisser imposer un tel postiche? (A.C)

Naked Killer (1993)
de Clarence Ford

Une jeune rebelle (Chingmy Yau) devient l'élève d'une experte tueuse suite à la mort de son père.
Film culte chez les anglo-saxons, il est difficile de comprendre les raisons d'une telle réputation. Inspiré par les films "chauds" de l'époque, Nikita et Basic Instinct surtout, Naked Killer a gagné son statut de Catégorie 3, plus à cause de son ambiance "lesbienne" que pour ces scènes chocs. Le visuel, dans l'esprit de Saviour Of The Soul, est séduisant, mais c'est quand même l'ennui qui domine entre les quelques morceaux de bravoure "érotiques" ou violents qui parsèment l'intrigue. Sans doute l'un des films de Hong Kong à la réputation la plus surfaite.

 


 

Semaine 28-08-00

Critique Express

Zen Of Sword (1992)
de Yu Ming Shan

A l’heure où le Wu Xia Pian n’est plus d’actualité, on a toujours le réflexe de se rabattre sur ce qui a déjà été fait 1,2,3,4,5,6 voire 10 ans avant. Saluons avant tout les concepteurs des Storm riders, A man called hero, The duel, Crouching Tiger Hidden Dragon et très prochainement de ZU, warriors of mountains 2, les seuls Wu Xia Pian qu’on peut voir depuis deux ans environ. Revenons alors au WXP d’avant. Voici un film dont personne ne parle : Zen of Sword. Sorti en 1992, il n’est malheureusement pas encore sorti en DVD. Dommage. En deux mots c’est l’histoire d’une princesse et d’un prince qui veulent faire régner l’ordre dans le royaume respectif, mais le prince doit pour cela également éliminer l’autre princesse. Avec un scénar assez simple, Yu Ming Shan excelle dans la mise en scène : des combats époustouflants (je pèse mes mots), une scène choc : le combat entre deux vieux dans une forêt (du dragon ball Z). Déjà dès le début un combat entre Jackie Cheung et des espèces de prêtres volants qui avant d’attaquer font des incantations (on a vraiment l’impression que les protagonistes savent voler). Si personne ne connaît ce film, alors courrez le chercher et pour ceux qui veulent découvrir le Wu Xia Pian, c’est le moment. A la fin vous aurez un final dévastateur. Passez-vous le mot, c’est un film à découvrir, à aimer et à savourer. (Ko)

2000AD (2000)
de Gordon Chan

L’une des dernières grosses Production hongkongaise avec la méga star Aaron Kwok. Un scénario intéressant, des grosses cascades, de très bons acteurs (avec le fabuleux Francis Ng) et avec en prime sur le VCD le making-of et le clip du film chanté par le héros lui-même. Un bref résumé du film : Peter (Aaron Kwok), ses amis Benny (Daniel Wu) voient leur vies basculer quand Greg (frère de Peter) est arrêté par la police de Hong Kong dirigé par l’officier Ng (Francis Ng) et la CIA pour espionnage informatique. En fait c’est un complot pour le faire accuser de hacking. Les vrais coupables sont des hackers dirigés par Kelvin (Andrew Lin) le chef de la sécurité de la CIA qui a procédé également à l’arrestation de Greg. Après l’assassinat de ce dernier, Peter et ses amis vont devoir tout faire pour innocenter son frère et découvrir le fond de l’histoire, leurs aventures les mèneront à Singapore et ils seront aidés par Eric un agent secret local qui a pour mission d’obtenir les informations concernant cette affaire.
Que le spectacle commence ! ! ! Co-auteur et co-scénariste, CHAN nous pond là un film qui a pour principal intérêt, celui de mettre en valeur la star Aaron Kwok et il est vrai que celui ci fait des prouesses physiques assez exceptionnelles (il récidive d’ailleurs dans un film qu’il est en train de tourner à Hong Kong où, paraît-il, il pratique les arts martiaux). Malgré une fin qui nous laisse sur notre faim (sans jeux de mots), le rythme du film est bien soutenu et les bonnes idées visuelles accréditent ce film de série A et confirme par la même occasion le statut de GORDON CHAN comme l’un des meilleurs réalisateurs de vrais films d’actions à Hong Kong. Notons également la formidable interprétation de Francis Ng (encore parfait). Malgré les personnages stéréotypés et des moments inutiles, le film est à découvrir. (ko alias Fabrice)

Twelve Nights (2000)
de Aubrey Lam
avec Cecilia Cheung

Douze nuits dans la vie d'un couple, de la rencontre à la séparation.
Produit par Peter chan et réalisé par la co-scénariste d'une bonne partie des films de la UFO, Twelve Nights perpétue l'esprit de cette défunte maison de production, qui proposait des films dont le contenu n'était pas toujours à la hauteur de leurs qualités techniques. Sur ce dernier plan, il n'y a rien à redire: photo travaillé, musique originale et utilisé avec goût, acteurs au ton juste. En revanche, si la réalisatrice évite l'écueil de la mièvrerie qui fait des ravages dans ce genre de films à Hong Kong, le spectateur a du mal à s'intéresser à la vie du couple qu'on lui propose, tant les situations et le propos paraissent convenus. Il lui manque le rythme et l'humour des comédies à l'italienne que suggère pourtant certains morceaux de la bande son. Sans cette énergie le film reste désespérément plat. (H.L.)

 


 

Semaine 14-08-00

Critique Express

Tokyo Raiders (2000)
De Jingle Ma

A Las Vegas, une jeune femme (Kelly Chen), attend son petit ami pour se marier, mais celui-ci ne vient pas. A Hong Kong, l’appartement de ce dernier est vide. Seul un décorateur d’intérieur (Ekin Chen) est là pour réclamer de l’argent. Tous deux décident de se rendre à Tokyo, le dernier lieu où ils peuvent espérer trouver le disparu.
A chaque nouveau film d’Andrew Lau, je me dis : "  là, ils touchent le fond, ils ne peuvent pas faire pire ". C’est sans compter sur Jingle Ma qui construit avec une rigueur implacable la filmographie la plus navrante du cinéma hongkongais moderne. La réalisation tient du surréalisme. Accéléré, ralenti, plans flous, rembobinage de quelques secondes… On imagine Jingle Ma utilisant sa table de montage comme une platine de DJ, appuyant sur des boutons multicolores au gré d’une musique à consonance latino du plus mauvais goût. Délirant et fatiguant. J’espère que dans les cinémas d’Asie, les spectateurs avaient le droit à des sacs pour vomir car, rien qu’à la télé, le film donne mal au cœur. Pour ce qui est de l’intrigue, elle est inracontable : Des événements se produisent à l’écran en tout cas avec des scènes d’action de temps en temps. Côté acteur, la belle Kelly et le beau Ekin montrent l’étendue limitée de leur jeu d’acteur face à un réalisateur qui ne sait pas les diriger. En revanche, Tony Leung, en roue libre, s’amuse comme un petit fou en inspecteur gadget idiot. A la vision de ce film, son prix à Cannes acquiert encore plus de saveur. Vous l’aurez compris Tokyo Raiders est un nanar de la plus belle eau. Mais un nanar où l’on rigole (beaucoup du film, rarement avec lui), pas celui où l’on s’ennuie ferme. Il faut donc le voir en groupe (une seule fois quand même) pour s’en taper une bonne tranche. Seul problème, trouver un acheteur consentant. Merci Jean-Louis ! (HL)

2000AD (2000)
de Gordon Chan

Greg (Ray Lui) se fait tuer dans une embuscade, alors que la police venait de l’interroger à propos d’une affaire d’espionnage. Peter (Aaron Kwok) et ses amis décident de découvrir ce qui s’est passé.
Après un Beast Cops plutôt réussi, on attendait beaucoup de Gordon Chan. Malheureusement ce 2000AD est une grosse déception. A vouloir américaniser son cinéma, le réalisateur finit par perdre le charme des films de Hong Kong sans pouvoir, faute de budget, rivaliser avec les débauches pyrotechniques dont est capable Hollywood. Le résultat s’apparente à un téléfilm américain joué par des asiatiques. D’une grande banalité l’intrigue se traîne. Les scènes d’action sont rares. Leur efficacité est souvent amoindrie par l’utilisation d’une musique peu inspirée. Décevant. A réserver à un très bon public ou au jour de grosse fatigue. Mais attention à ne pas s’endormir devant la télévision. (HL)

And I hate you so (2000)
de Hai Chung Man

Le film réunit le couple Aaron Kwok et Kelly Chen, déjà ensemble dans whatever will be, will be. Il semble que le cinéma de HK en dehors des films en costume et des films de triade, ait une attirance particulière pour les comédies sentimentales ou les mélos dramatiques. And I hate you so appartient à la première catégorie. Cette année, Sausalito avec Leon Lai et Maggie Cheung ainsi que 12 nights avec la révélation féminine des HK awards 99, Cecilia Cheung, avaient déjà ouvert la route. Toutefois dans ce film la mayonnaise ne prend pas. Les autres films cités, à défaut d’être des chefs d’œuvre, avaient au moins le mérite de retenir l'attention, And I Hate You So est quant à lui soporifique à mourir et il est vraiment difficile de tenir jusqu'au bout des 90 mn de métrage. L'intrigue est plate, deux personnes se haïssent avant de s'aimer, et le couple Kelly-Aaron ne convaincra personne. Même les amateurs d'histoire à l'eau de rose s'endormiront devant un film tellement superficiel qu'il ne vaut même pas la peine d'en écrire une critique. D'ailleurs j'arrête.

 


 

Semaine 31-07-00

Critique Express

Hot War (1999)
de Jingle Ma

Blue, Tango et C.S. sont des scientifiques de la C.I.A.. travaillant sur le projet VR FIGHTER qui consiste à transformer des agents non-expérimentés en de formidables agents de combat. Un terroriste international surnommé " Alien " tue la fiancée de C.S. pendant leur mariage et kidnappe Blue pour obtenir des informations concernant leur projet scientifique et menacer le monde économique. Tango et C.S. décident de suivre le traitement " VR FIGHTER " afin de stopper " Alien " et de sauver Blue. Malheureusement les effets biologiques du projet VR vont transformer C.S. en une machine à tuer qui ne pense qu’à la vengeance. Devenant incontrôlable, il décide de stopper " Alien " tout seul. Les deux amis vont alors s’affronter et essayer d’arrêter " Alien ".
Deux nouvelles star de Hong Kong pour ce thriller futuro-scientifico-dramatique avec de l’action en prime : Ekin Cheng et Jordan Chan transformés en de redoutables agents de combat, ce dernier confirme son allure charismatique ; on ne présente plus Ekin Cheng héros de Storm Riders et du bon A man called Hero (malgré les mauvaises critiques et le bide du film). Cette production Jackie Chan nous emmène dans un monde futuriste où une fois de plus la technologique informatique est mise à contribution. Les deux héros utilisent les gadgets, les armes à feu et leurs corps pour réussir leur mission. Malgré un scénario bizarre, Jingle Ma nous offre quand même des bons plans. A détester ou à apprécier. (Ko).

The Masked Prosecutor (1999)
de Herman Yau

Une personne mystérieuse avec un masque fantôme fouette et humilie violemment les criminels qui n’ont pas été inculpés par la cour. Les gens l’appellent " the masked prosecutor ". Lun ,un jeune inspecteur accompagné de son assistant un vieil inspecteur proche de sa retraite prennent l’affaire en main. Ils découvrent que le " masked prosecutor " était auparavant un brillant policier ; mais ce dernier a commis une erreur fatale lors d’une opération de police. Il fut licencié et emprisonné. Après sa sortie de taule, il devint " the masked prosecutor " un vengeur solitaire mais également hors la loi.
Une idée pas très originale, en effet c’est du déjà vu à l’écran. cependant le film reste linéaire sans trop d’invraisemblances. on n’entre pas dans l’irréalisme hongkongais. Ça reste un polar simple qui a du mal à démarrer mais qui se termine avec pas mal de rebondissements. Les acteurs sont toujours aussi bon : on retrouve Jordan Chan (Hot War) et le vieux Ko Shou Liang toujours aussi énergétique dans ses rôles et la belle Grace Yip (la fille de Shou Liang dans le film) ; dans le rôle du " masked prosecutor " on retrouve Louis Koo (jeune acteur). Un bon film policier qui se veut sympathique et ayant à l’instar d’autres productions de hong kong une fin assez dramatique : encore une dose d’émotions. (Ko)

Juliet In Love (2000)
de Wilson Yip

Un petit truand (Francis Ng) voit sa vie bouleversée par un chef de triad (Simon Yam) et Juliette (Sandra Ng), une hôtesse d'accueil d'un restaurant.
Depuis Bullet Over Summer (99), Wilson Yip est devenu un réalisateur prometteur. Malheureusement Juliet In Love ne parvient pas à confirmer les espoirs que l'on a pu placer en lui. Comme pour son précédant film, Yip fait se confronter des personnages d'horizons très divers qui doivent apprendre à s'apprivoiser pour communiquer. Si le procédé passait bien dans Bullet Over Summer grâce à l'humour, Juliet In Love est plus dramatique et parfois Yip tombe dans les travers de la mièvrerie. En outre la première partie du film est minée par des tics de mise en scène peu en rapport avec le sujet. Juliet In Love apparaît donc comme un film de transition, où le réalisateur se cherche en style et un ton. Néanmoins, face aux mièvreries sucrés qui inondent actuellement le marché, Juliet In Love offre sans doute plus d'originalité, avec sa galerie de personnages atypiques notamment. Mention spéciale pour Sandra Ng, une habituée des rôles comiques, qui joue avec beaucoup de retenue. (H.L.)

 


 

A.C. : Anthony Caudron, HL : Henry Laurent, Eric S. : Eric Sangerma, ...