LES FILMS DE LA SEMAINE

Chaque semaine nous voyons des films de Hong Kong et nous n'avons pas le temps pour chacun d'eux d'écrire un article dessus. Alors nous avons décidé de vous donner nos impressions sur ces derniers. Un exercice forcément réducteur, mais qui j'espère vous permettra de vous guider dans vos choix. Evidemment vous êtes invités à participer. Envoyer nous vos impressions à l'adresse suivante : hkcine@ifrance.com

ARCHIVES

Semaine 17-07-00 Critique Express
To Where he belongs (2000)
de ????

Encore un film de Simon Yam (inutile de préciser le nom du réalisateur). Encore une nouvelle raison de rager. Que cet excellent acteur fasse de la catégorie III, soit. Mais quel est l'intérêt de cachetonner dans des films aussi minables et insipides que celui-ci. Filmé à la va-vite, bien que certains plans soient plutôt bien fait, le montage est fait à la hache. Le tout au service d'une histoire sans intérêt. Non que l'accumulation des pires clichés soit génante, mais on y croit aussi peu que le réalisateur, le scénariste ou les acteurs. Et ce n'est pas l'extrême vulgarité de certaines scènes qui relève le niveau (comme le montage alterné : passage à tabac d'un jeune caïd par une bande adverse / plan poitrine du chef de la bande en train de chiiier - excusez-moi mais en l'occurrence, c'est le seul mot qui convienne). Film assez peu recommandable, To where he belongs est du cinéma de HK comme on n'aimerait jamais en voir.
PS : Le seul intérêt est le système de Biiiiiip, inédit à ma connaissance, qui censure les gros mots. Ca fait rire 5 minutes… (Florent)

White Lotus Cult (1993)
de Cheng Siu-keung

Le leader de la Secte du Lotus Blanc organise un faux assassinat contre l'Impératrice. En arrêtant le meurtrier, cela lui permet d'obtenir les grâces de Sa Majesté et de faire accuser Jin Zhun afin d'obtenir un livre sacré qu'il a en sa possession. Le maître est gravement blessé, mais parvient à transmettre tous ses pouvoirs internes à Sam, un jeune homme sur lequel il fonde tous ses espoirs. La fille de Jin se fera ensuite enlevée pour être donnée en sacrifice aux dieux. Heureusement, Sam maîtrisera ses nouveaux pouvoirs et pourra sauver la belle.
Enième succédané des "Il était une fois en Chine" et autre Secte du Lotus Blanc, White Lotus Cult n'arrive cependant pas à sa cheville. Certes, la volonté y est : de grands décors tournés en extérieur durant l'hiver, pas mal de figurants, des combats "aériens" ... Mais tout ceci ne parvient pas à hisser le film au rang de petit chef d'oeuvre du genre. Les acteurs ne nous convainquent pas, la mise en scène est assez réduite et les scènes d'action ne vallent pas un dixième de celles chorégraphiées par Yuen Wo-ping. Film à voir seulement par les amateurs du genre. ** (J.L.)

Heroes among Heroes aka Beggar Su (1993)
de Yuen Wo Ping

Nouvelle interprétation du mythique sifu Wong Fei Hong. Cette fois-ci, c'est du point de vue de So le mendiant (autre figure emblématique du folklore chinois) que l'histoire va se dérouler. Sur fond de guerre de l'opium, un prince Mandchou va utiliser l'accoutumence de Su à la drogue pour le mettre en travers de Wong, son ennemi juré. Heureusement, Fei-hong (pour les intimes) va contrecarrer cette tentative d'assassinat et va en profiter pour seuvrer notre pauvre Su. Ensemble, ils pourront lutter contre les meffets de la drogue en tuant l'un de ses instigateurs.
C'est bizarre, ce film ressemble pas mal à Iron Monkey. Faits tous les deux la même année par le même réalisateur, Hero... est une sorte de Robin des Bois (Donnie porte son costume au début du film) à la sauce Wong Fei-hong. Cependant, il est moins bien réussi que le premier. Certes, des formidables combats parfaitement chorégraphiés ponctuent le film, mais il manque une certaine magie que Iron Monkey possédait, une "touch" qui fait la différence. Mais ne faisons pas la fine bouche, Hero .. reste un film très correct que tous les amateurs de Yuen Wo Ping et Donnie Yen doivent voir. *** ( J-L)

 


  

Semaine 03-07-00 Critique Express
Spacked Out (2000)
de Lawrence Ah Mon

Lawrence Ah Mon aime observer un milieu social donné, sans suivre une intrigue précise, mais en proposant plutôt des tranches de vie. Dans cette optique, Spacked Out s'attache à décrire la jeunesse désoeuvrée du Hong Kong d'aujourd'hui. En 1987, dans Gangs, le réalisateur avait déjà abordé le sujet, si ce n'est que cette fois-ci, il a choisi de suivre le destin de 4 jeunes filles de 13 à 16 ans. Ce qui frappe dans ce film, c'est son réalisme cru, proche du documentaire. Les quatre actrices sont véritablement très jeunes et jouent remarquablement leurs rôles. Le spectateur découvre une ville de Hong Kong grise et terne où la jeunesse se perd dans l'ennui, la drogue, l'argent et le sexe. Une camera épaule vive, appuyée parfois par des relants de musique actuelle parachève de donner son style au film. On est loin du cinéma d'évasion que l'industrie cinématographique hongkongaise propose d'habitude. Si le film est parfois à l'image des vies de ses héroïnes, c'est à dire morne et monotone, il n'en demeure pas moins l'une des rares réussites du premier semestre 2000. (HL)

Purple Storm (1999)
de Teddy Chen

En ces temps de crise, il est rare de voir un bon film d'action Hongkongais. Heureusement, il y a des films comme Purple Storm pour redonner un peu d'espoir. Enfin un film qui nous épargne les clichés, les caricatures et les situations manichéennes comme c'est devenu presque systématiquement le cas à Hong Kong ou à Hollywood (même le Gladiator qu'on nous vend comme un film réussi n'échappe pas à ce triste cahier des charges...). En effet, le héros n'est pas monolithique puisqu'il est tiraillé entre des aspirations révolutionnaires et sa volonté d'aider la police. Mais surtout le "méchant", un révolutionnaire khmer, n'est pas pas qu'un fou furieux, c'est également un idéaliste au destin tragique, le monde ayant évolué sans lui. Si le film avait développé encore davantage ces deux personnages et la relation qu'ils entretiennent, il aurait sans doute atteint le rang de chef d'oeuvre. Mais les nécessité du grand spectacle oblige le réalisateur à laisser une large place à l'action, tache dont il s'aquitte plutôt bien d'ailleurs.
Si sa dernière production, Gen-X-Cop, est navrante, Jackie Chan se rattrape avec brio ici. Son prochain film est d'ailleurs aussi réalisé par Teddy Chen. Espérons qu'ils feront mieux que le très moyen Who Am I, réalisé par Benny Chan et que Jackie Chan semble avoir vampirisé. (HL)

Young Policemen in Love (1995)
de ?

Petite comédie très légère sous fond de film policier débilitant pour adolescents pré-pubaires, Young Policemen in Love est un sous-produit commercial destiné à plaire aux jeunes filles amoureuses de Takeshi Kaneshiro et Nicky Wu. Comme il en faut aussi pour les petits copains qui accompagne leurs petites amies au cinéma, le réalisateurs y a incorporé des scènes de gunfights courtes mais efficaces qui plagient à fond les films de John Woo. Pour ce qui est de l'intrigue, elle tient comme d'habitude sur une feuille de papier à cigarettes : deux jeunes policiers branchés arrêtent un dangereux criminel. Ils sont ensuite chargés de protéger une jeune étudiante richissime qui décide de prendre des cours à Hong Kong. Bien évidemment, le frère du gangster kidnappe la fille et Kaneshiro, son garde du corps amoureux, pour obliger son collègue à les échanger. Film à entrevoir le doigt sur l'avance rapide de la télécommande. ( J-L)

 


  

Semaine 19-06-00 Critique Express
Legend of the flying swordsman (2000)
de Lam Hing Lung

C'est l'histoire d'un homme qui, sourd, a du mal à assumer son rôle de mari, il vit avec son père, chef d'un petit royaume ; il se moque même de l'enfant que vient de mettre au monde sa douce femme dévouée ; un jour son père le ramène à la raison et le nomme chef d'une expédition il confisque même l'enfant à sa belle fille. Lors du convoi avec ses sbires, le jeune héros est attaqué et laissé pour mort et perd la mémoire. Pendant ce temps, sa jeune femme reçoit la visite d'un homme dont elle est tombée amoureux entre temps, mais celui-ci est mal accueilli par le beau-père. Le jeune héros soigné par une fille qui l'a trouvé décide de retrouver son foyer et découvre ses parents massacrés et va à la recherche de sa femme et de son fils.
Pas évident comme scénario. Toutes les situations se déroulent sans qu'on sache réellement ce qui se passe. En fait c'est grâce à d'interminables flashback qu'on comprend certains point du scénario, notamment à la fin où l'on apprend que la femme en une sorte de psychopathe. Pour ce qui est des scènes de combat, il y en a qu'une seule je dis bien une seule, c'est tout : le jeune héros se bat avec le beau garçon dont sa femme est tombée amoureux. Une scène de combat qui dure 3 à 5 minutes. Ne vous trompez pas en voyant l'affiche du film, ça trompe (d'ailleurs le vendeur m'a affirmé que c'était dans la ligné du très bon Storm Riders et du moyen A Man Called Hero que neni). Une mise en scène plate sans génie, de courts effets spéciaux lors du combat (du seul combat) en fait on dirait un téléfilm. Bref je me suis fait avoir ce n'est pas un wu xia pan, c'est une connerie (quoi que l'idée de base du scénario n'est pas mal). Mais bon décevant. Vivement le retour de TSUI HARK et d'autres. (Ko)

Shanghai Noon (2000)

Les stars vieillissantes du cinéma de Hong Kong n'en finissent pas de faire le siège des productions américaines dans le but de trouver une petite place au soleil de la notoriété mondiale. Et ça marche! Mais à quel prix? Dans Shanghai Noon, Jackie Chan est un soldat de la garde impérial qui part aux Etats Unis pour sauver la princesse Pei Pei, qu'un traître a fait enlever. Sur le chemin, il s'alliera avec un bandit au grand coeur et une indienne pour mener à bien sa mission.
Reprenant le buddy movie façon Rush Hour dans un contexte Western à la Il était une fois en Chine & en Amérique, Jackie Chan continue dans la même lignée que ses films précédents. Une fois de plus les clichés et les stéréotypes sont légion : les cow boys, les indiens et même les chinois semblent tout droit sortie d'un B.D. pour enfant. Le tout est mâtiné de quelques réflexions d'un niveau consternant sur les bienfaits des valeurs américaines. L'humour vole au ras des pâquerettes (du genre le cow boy qui prononce "princesse pipi" pour "princesse Pei Pei"...). Quant au scénario, il est à la limite de la cohérence, notamment la femme indienne de Jackie qui surgit de temps à autre pour sauver nos héros, c'est pratique comme ressort dramatique...
Mais bon, cela fait déjà un certain temps que l'on ne regarde plus les Jackie Chan que pour ses morceaux de bravoure. Malheureusement aucune scène d'action ne vient rattraper les faiblesses de Shanghai Noon. Si les combats sont un peu plus long que dans Rush Hour (c'est quand même pas le nirvana...), ils manquent singulièrement d'originalité. En plus Jackie est d'une lenteur exaspérante. Au final, ce film fait pâle figure devant Shanghai Express et Il était une fois en Chine & en Amérique, tous deux réalisés par le compère de Jackie Chan : Samo Hung. Sans être des chefs d'oeuvre, ils ont au moins le mérite de jouer la carte de la distance humoristique face à l'univers de pacotille qu'ils présentent et surtout les scènes d'action y sont bien plus impressionnantes. Shanghai Noon, lui, est plutôt à ranger du côté des narnars, malheureusement ennuyeux!

Eastern Heroes Vol. 1 et 2 (1994)

En Angleterre, Eastern Heroes est une revue culte, l'équivalent british de notre HK Magazine national. Ses initiateurs ont décidé de passer à la vitesse supérieure et d'offrir aux fans une version vidéo de leur travail, en passant sous le crible tout ce qui fait le cinéma de Hong-Kong, de la catégorie 3 au wu xia-pian, en passant par les "femmes fatales" comme Moon Lee ou Yukari Oshima.
Composé d'interviews et d'extraits de films souvent assez méconnus, le résultat s'avère intéressant à défaut de passionnant. En effet, si ce documentaire contient de bons entretiens avec Jet Li, Samo Hung ou Wong Jing notamment, certains d'entre eux restent désespérement superficiels comme c'est le cas de ceux de Simon Yam ou Tsui Hark. Le meilleur du reportage reste sans aucun doute les extraits des conventions initiées par la revue, où Chow Yun-fat était invité, et qui montre que le bonhomme est tout à fait sympathique, n'hésitant pas à embrasser sur la bouche certains de ses fans, y compris masculins!
L'intérêt du documentaire baisse drastiquement dès lors que le patron de Eastern Heroes passe à l'autopromotion gratuite en nous montrant comment sa boutique londonienne est bien remplie et le choix des produits uniques en Angleterre. Si l'on ajoute à cela que les interviews sont très mal filmées (tournage au camescope bas de gamme sur trépieds) et le son souvent inaudible, ce reportage est souvent pénible à suivre mais est tout de même agréable de par son contenu, relativement complet. (A.C.)

 


  

Semaine 05-06-00 Critique Express
Sausalito (2000)
d'Andrew Lau

Sausalito est le dernier film en date du réalisateur en vogue Andrew Lau déjà auteur de Stormriders, les Young and Dangerous, Legend of Speed et tout récemment The Duel. Mais cette fois-ci il délaisse l'action pour l'émotion. Sausalito est en effet une histoire d'amour à l'eau de rose interprétée par le couple Maggie Cheung, Leon Lai. Mis à part le fait de retrouver avec plaisir Maggie Cheung, Sausalito n'apporte guère d'émotions et n'offre qu'une banale histoire d'amour de plus avec ses hauts et ses bas. Un film qui n'intéressera donc à priori pas grand monde, bien qu'il connaisse un assez bon succès en Asie. (Eric S.)

Happy Ding Dong (1985)
de Michael Hui

Après le demi échec de son film en solo, Teppanyaki, on aurait pu penser que Michael Hui, le comique numéro 1 de hong kong à la fin des années 70, allait tout faire pour redorer son blason. En choisissant de faire le remake du célèbre Certain l'aime chaud, avec Cherie Cheung dans le rôle de Marylin Moneroe, on aurait pu espérer au moins un petit film divertissant. Malheureusement le film peine à remplir son contrat. Les gags sont plus rares que dans ses précédents films, ils sont souvent lourds quand ils n'ont pas été déjà vus auparavant. Pas grand chose à se mettre sous la dent donc. Et un constat, Michael Hui est décidément en sérieuse perte de vitesse depuis le debut des années 80. Les choses ne s'arrangeront malheureusement pas, si ce n'est le temps d'un film, le très réussi Chicken And Duck Talk. (H.L.)

The Legendary Tai Fei (1999) )
de Kant Leung

 

 Le cinéma de Hong-Kong souffre actuellement d'une maladie grave mais pas désespérée, la "Young and Dangerousite aigûe en plaques". Les symptômes sont les suivants: des jeunes coiffés n'importe comment rentrent dans le milieu des Triades et commettent des méfaits, ces derniers les faisant passer pour des héros auprès de la jeunesse locale car ils sont vachement beaux et sympas. La souche de ce virus est le désormais connu de tous, Andrew Lau, et sa série de 6 navets (et bientôt 7, parait-il), Young and Dangerous, fréquentés par de jeunes "talents" comme Ekin Cheng et par de vieux routiers comme Simon Yam, Danny Lee et Anthony Wong, ce dernier interprétant Tai Fei dans quelques films de la série, rôle qu'il reprend dans ce... Legendary Tai Fei, réalisé par Kant Leung.
Tai Fei est un gentil chef des Triades, plutôt rangé des voitures, qui apprend par une de ses anciennes maîtresses mourante qu'il a un fils âgé de 17 ans, Shin. Mais, la brave fiston est membre d'une Triade concurrente...Un scénario d'une grande originalité, un drame cornellien, des enjeux dramatiques époustouflants, des comédiens au sommet de leur art font de ce film un pur moment de ringardisme extrême, vu et revu des dizaines de fois. Anthony Wong cachetonne comme d'habitude, la réalisation est désespérément plate et vulgaire, les scènes d'action sont inexistantes, bref on s'ennuie ferme à la vue de ce film, preuve flagrante qu'il est grand temps pour le cinéma de Hong-Kong de renouveler ses formules usées jusqu'à la corde. (A.C.)

 


  

A.C. : Anthony Caudron, HL : Henry Laurent, Eric S. : Eric Sangerma, ...