Critiques express - Archives Retour au menu 

Semaine 22-05-00

Critique Express

Romeo Must Die (1997)
de Andrewj Bartwick

Quand j'ai lu la critique de notre ami Eric, j'ai été sceptique. Non, il exagère. Ce n'est pas possible que ce film soit aussi mauvais qu'il le prétend. Hé bien je dois avouer que j'ai été particulièrement déçu par Romeo Must Die qui n'est qu'un petit film d'exploitation, ennuyeux, il dure presque 2h!, et où il ne s'y passe pas grand chose. L'espoir d'assister à une version modernisée de la pièce de Shakespeare s'éloigne très vite pour laisser place à une banale histoire de gangs. Bien évidemment le réalisateur ne nous épargne aucun cliché: rap, habits et yeah man (le film se déroule essentiellement dans la communauté noire). Du bis même pas drôle... Mais bon, avec Jet Li on peut laisser passer si les combats sont époustouflants. Que neni! Le dogme dont a déjà souffert Jackie Chan est de rigueur : Plus d'une minute, tu ne te battras pas. Rien d'extraordinaire à se mettre sous la dent donc, si ce n'est un effet d'une belle vulgarité : par trois fois, l'adversaire se transforme en radio (comme chez le médecin, bien sûr) et on peut assister aux brisures des os (miam!).
A l'instar de Chow Yun-fat, Jet Li exploite comme il le peut sa notoriété en essayant de s'en mettre plein les poches avant la retraite. Il faut qu'il se dépêche d'ailleurs, car il commence vraiment à avoir l'air vieux pour jouer les jeunes premiers. Au moins, la formule lui a bien réussi car il a bien cachetonné sur ce coup là. Pour les fan de la star, je leur conseille plutôt se repasser un Jet Li de Hong Kong, même les films les moins intéressants dans lesquels il a joué là-bas sont plus impressionnants et divertissants que ce pâle navet. (HL)

Fist Power (1999)
de Aman Chang

Anthony Wong est un ex-officier de l'Armée Britannique qui vient de divorcer. Son ex-femme lui annonce qu'elle veut partir avec son nouveau mari (un puissant homme d'affaires louche) et son gamin aux USA. Mais Anthony se refuse à ce départ et demande aux affaires sociales de pouvoir garder son enfant. Hélas, leur refus obligera le soldat désemparé à prendre en otage une école primaire et menace de la faire sauter si on n'accède pas à sa requête. Dans le même moment, un agent de la sécurité de Schenzen (Chiu Man Chuk) est venu à HK pour rencontrer une cousine (que sa famille voudrait le voir épouser). C'est dans la même école que cet expert en arts martiaux est chargé de conduire son neveu. Voyant la prise d'otages mal tourner et le refus des autorités à rendre le gosse, Chiu Man Chuk décide de récupérer lui-même l'enfant à l'aéroport. Mais la Police et de nombreux mercenaires engagés par le riche beau-père sont là pour lui empêcher de mener sa tâche à bien.
Chiu Man Chuk réédite la bévue qu'il avait faite en choisissant Aman Chang pour réaliser son tristement célèbre Body Weapon. Cette fois-ci, le remplaçant de Jet Li à Hong Kong affronte le néanmoins fameux Anthony Wong, et le résultat est bien meilleur que son précédent navet (cela ne pouvait pas vraiment être pire !), mais Fist Power n'est pas encore le chef d'oeuvre tant espéré. Certes, le film est très rythmé (sans doute trop), mais tombe rapidement dans le répétitif (toutes les dix minutes, Chiu affronte un nouveau groupe d'hommes de main) et dans l'irréalisme un peu saugrenu : c'est quand même un peu fort de chocolat de voir Chiu Man Chuk se battre contre une vingtaine de gars (plusieurs fois dans le film) sans être fatigué. Heureusement, il est épaulé par Sam Lee et Gigi Lai. En ce qui concerne la mise en scène, elle est assez banale et ne renouvelle pas le genre. On a cependant droit à d'assez bonnes courses automobiles en plein centre ville, et Wong jing (le producteur) n'a pas trop mis son fameux grain de sel (on ne subit que deux ou trois petites blagues qui n'alourdissent pas le propos). En résumé : une série B rythmée, mais trop répétitive et pas assez originale. Vivement que Chiu Man Chuk retrouve Tsui Hark !. (J-L)

Kawashima Yoshiko (1991)
de Eddy Fong

Ce film retrace la destinée d'une chinoise au début du siècle. Elevée au Japon, elle retourne en Chine où elle parviendra à devenir un chef militaire japonais avant d'être arrêtée, puis jugée après la reddition japonaise.
Adapté par Lilian Lee, la romancière de Adieu ma Concubine, ce récit se veut la chronique, à travers le destin de quelques individus, d'une Chine à l'histoire tourmentée. Malheureusement la sauce ne prend jamais vraiment car le réalisateur ne parvient pas à rendre ses personnages attachants. trop froid, trop superficiel, le film se regarde avec un certain ennui. Il faut dire à la décharge du réalisateur que son film avait été sélectionné à Venise. Mais comme deux grosses stars s'y partagent l'affiche, Andy Lau et Anita Mui, la Golden Harvest a exigé un version de 90 min. pour l'exploitation en salle à hong Kong, alors que la version pour le festival italien faisait 108 min. Evidemment la version DVD est celle de Hong Kong. A noter également qu'il existerait deux fins pour ce film, une fin heureuse et une fin tragique. (H.L.)

 


 

Semaine 08-05-00

Critique Express

Hero (1997)
de Corey Yuen

L'année de sa sortie sur les écrans, Hero marquait le retour de deux gloires des années 70: celui de la mythique firme Shaw Brothers, après des années de production télé et de l'acteur Yuen Biao, comparse de Jackie Chan et Sammo Hung. Un retour plutôt réussi.
Remake du The Boxer from Shantung de Chang Cheh, Hero raconte l'histoire de Ma Wing Jing (Takeshi Kaneshiro) et son frère, arrivés tous deux à Shangai à la fin du dix-neuvième siècle et qui, avec l'aide de Tam See (Yuen Biao), chef d'une des Triades locale, va progressivement prendre du galon jusqu'à lui faire de l'ombre. Amour, trahisons, amitiés viriles, tous les ingrédients sont réunis pour un bon film et le réalisateur Corey Yuen (Women on the Run, chorégraphe de Romeo Must Die), en grande forme, filme les scènes d'action avec l'ampleur nécessaire pour assurer un spectacle très convenable. Aidé par un budget important qui permet une direction artistique remarquable et par un casting de grande qualité, il signe un de ses meilleurs films même si Hero aurait quand même mérité un scénario un peu plus cohérent et la suppression d' une scène d'action qui pompe maladroitement les gunfights de John Woo, adaptés à l'époque où se déroule le film. Malgré tout, Hero reste un film réussi, spectaculaire et très divertissant, qui mérite plus que le mépris dont il fait parfois l'objet. ( A.C.)

The Tricky Master (1999)
de Wong Jing

Après le plutôt osé King of Comedy, Chiau Sing-chi ne prend pas de risques et essaye de capitaliser sur d'anciens succès commerciaux que lui ont donné God of Gamblers 2 et 3 et il s'essaye donc de nouveau au "gambling movie" avec l'aide de son vieux complice Wong Jing, ici scénariste, producteur, réalisateur et (mauvais) comédien.
La star interprète Wong, petit truand et maitre dans l'art du jeu. Il se voit bientôt contraint d'aider Leung (Nick Cheung), un flic infiltré et accessoirement son beau-frère, afin de faire tomber Ferrari (Wong Jing), parrain local et escroc de grande envergure. Assez bizarrement, le personnage de Chiau est en retrait et c'est Leung le véritable héros de l'histoire. Relativement peu présent dans le film, il semble fatigué, peu concerné par ce qu'il est en train de tourner, las de toujours interpréter le même personnage. Tout le génie comique du comédien semble disparu et rares sont les moments où il parvient à nous faire sourire, encore moins rire. Malgré tout, le film est agréable, plutôt correctement mis en scène par un réalisateur qui sait y faire, mais on sent que le filon commence sérieusement à s'épuiser et que la fin du genre est proche, ce qui n'empêche pas Wong Jing d'avoir initié depuis un My Name is Nobody, relativement similaire, toujours avec Nick Cheung mais sans Chiau Sing-chi. The Tricky Master a tout l'air d'un film transition, initiateur de la fin d'une époque. ( A.C.)

The Duel (2000)
de Andrew LAU

Master Cool-Son Yeh (Andy Lau) est un prince déchu expert dans les arts martiaux. Pour montrer ses valeurs, il décide d'organiser un duel sur les toits de la Cité Interdite entre Simon The Snow Blower (Ekin Cheng) et lui. Avant le combat qui s'annonce d'ores et déjà comme l'un des plus attendus du moment, d'étranges meurtres sont commis autour de la cité de l'Empereur. Mais Dragon 9 (Nick Cheung), le meilleur agent de Sa Majesté est sur le coup...
Bon, c'est une production Wong Jing, ce qui sous-entend un humour de potaches souvent mal venu dans un film qui avait des ambitions plus grandes. Ainsi, dans la première partie, on est obligé de subir la patte du "Maître" es-blagues Carambar. Heureusement, cela s'arrange légèrement mieux après. Andrew Lau arrive à récupérer les rênes de son film. Hélas, le mal est fait et toute l'oeuvre est bancale. Même les combats (au ralenti) chorégraphiés par l'étonnant Ching Siu-tung (qui file un mauvais coton depuis sa rencontre avec Mylène Farmer) ne parviennent pas à nous emmerveiller. Heureusement, le mystère d'une (petite) intrigue policière réussit légèrement à nous faire tenir jusqu'au bout d'un film passablement bâclé. Quant aux effets spéciaux à la Storm Riders, on reste aussi sur notre faim (A trop vouloir imiter Matrix, on se casse les dents !). Bref, The Duel ne va pas faire remonter l'estime d'Anthony Caudron envers Andrew Lau et son protégé transparent Ekin Cheng. (J-L)

Ballistic Kiss (1998)
de Donnie Yen

"On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même", le proverbe est connu et l'acteur Donnie Yen (In the Line of Duty 4; Tiger Cage 2) l'applique à sa carrière cinématographique. Au travers de sa société Bullet Films, il produit désormais ses films et les met en scène. Après un Legend of the Wolf plutôt raté, il s'essaye de nouveau à la réalisation avec ce Ballistic Kiss assez surprenant.
Ce film ne va certainement pas révolutionner la septième art mais en tout cas, Yen soigne particulièrement le boulôt et accouche d'un film d'action au scénario anecdotique (en gros, il interprète un tueur, ex-flic, qui veut se venger d'un ancien partenaire qui l'a foutu en taule), mais à la construction originale, mélangeant scènes intimistes et séquences d'action bien violentes, réalisées avec élégance et panache, sublimées par un montage exceptionnel. Le film est également assez étrange d'un point de vue visuel, la photographie faisant souvent la part belle à des éclairages saturés assez laids qui amoindrissent l'impact d'une oeuvre qui ne méritait certainement pas cet aspect esthétisant légèrement pompeux. Donnie Yen réalise donc une série B bien divertissante, aux scènes d'action très réussies et bourrées de bonnes idées graphiques, qui aurait seulement mérité un peu plus de modestie de la part d'un metteur en scène/ acteur principal qui a un peu tendance à se mettre trop en avant et abuser des prérogatives de son statut de réalisateur pour assouvir un égo que l'on pourrait ici qualifier de vraiment démesuré. ( A.C.)

 


 

Semaine 24-04-00

Critique Express

Lai Shi, China Last Eunuch (1988)
de Jacob Cheung

Elevé dans le culte de l'empereur, un jeune enfant Lai Shi, décide de se faire émasculer par son père pour devenir eunuque. malheureusement, le soir même où l'opération se déroule, l'empereur est renversé par les républicains. Lai Shi grandira dans une troupe d'opéra avant d'entrer comme eunuque au service de l'empereur. Mais les bouleversements politiques obligent le pauvre Lai Shi à fuir le palais impérial...
Film tragi-comique, le réalisateur s'en tire très bien en évitant, avec un tel sujet, de tomber dans le scabreux comme ce sera le cas pour Royal tramp. Le film fait passer du rire au larme le spectateur avec habilité. En plus le récit se double d'un propos politique. A noter également un casting assez étonnant puisqu'une bonne partie de la troupe de Samo hung a participé au projet (Wu Ma, Lam Ching-Ying et Samo lui-même). Le rôle de l'eunuque est tenu par Max Mok, les amateurs de la série des Il était une fois en Chine le connaissent bien, c'est lui qui interprète Leung Fu, dit le hiboux à partir du 2. Andy Lau a également un petit rôle. Et incroyable! Il est sérieux comme un pape.
Un film peu connu et pourtant hautement recommandable. (H.L.)

The Dragon From Russia (1990)
de Clarence Ford

Cinq ans avant l'adaptation cinématographique par Christophe Gans du manga de Kazuo Koike et Ryoichi Ikegami, Crying Freeman, l'illustre Clarence Ford avait déja donné sa version du mythe avec ce Dragon from Russia.
Reprenant approximativement la trame du manga, soit l'histoire d'un tueur romantique masqué qui va découvrir l'amour, le réalisateur accumule, le plus souvent en dépit du bons sens, les scènes d'action, très nombreuses et spectaculaires, quoiqu'utilisant abusivement les câbles. Mis en scène avec une indéniable efficacité et comportant des idées plutôt intéressantes, les combats sont de très loin la plus grande qualité du film, le reste étant le plus souvent bâclé, surtout le scénario, très confus. Si l'on ajoute au tableau des intermèdes comiques ratés, de très mauvais comédiens (surtout Sam Hui dans le rôle du Freeman, trop vieux pour le rôle et ne possédant pas un dixième du charisme requis) et un rythme en dents de scie, la mayonnaise ne prend vraiment pas et laisse le spectateur dans l'incompréhension totale, face à une oeuvre qui aurait méritée de rester à jamais dans l'esprit barré de son réalisateur. ( A.C.)

The Young Ones (1999)
de Steve Cheung

Film de prison de facture très classique, The Young Ones se distingue de la production courante du genre en mettant en vedette quatre jeunes mineurs dans le rôle des taulards, après que ces derniers, membres des Triades, aient été capturés lors d'une rixe avec une autre bande, par la police locale.
Après une première demi-heure qui ressemble à s'y méprendre à une énième resucée des Young and Dangerous, le film trouve progressivement son rythme et parvient à convaincre même si il n'est pas sans défauts. En effet, le centre de détention, où sont enfermés les héros, ressemble parfois au Club Med, les personnages secondaires sont très sommairement brossés et le scénario n'est pas très original. Mais, ce qui énerve le plus, est sans conteste l'aspect moralisateur du film, représenté par le personnage interprété par Louis Koo (Century of the Dragons), encore plus compréhensif et donneur de leçons envers les délinquants que Gérard Klein peut l'être dans "L'Instit". Le film est cependant relativement agréable à voir grâce à un casting sympathique qui sauve les quelques maladresses du réalisateur Steve Cheung. ( A.C.)

 


 

Semaine 10-04-00

Critique Express

The Legend Of Speed (1999)
de Andrew Lau

A la manière, mais tout est relatif, de John Woo et Chow Yun-fat, le réalisateur Andrew Lau (Storm Riders) semble avoir trouvé en Ekin Cheng son alter-ego. En effet, les deux compères ont déjà une bonne dizaine de films en commun dont cinq Young and Dangerous. Le duo magique du box-office se réunit de nouveau pour The Legend of Speed, sorti à Noël dernier à Hong-Kong.
Remake du Full Throttle de Derek Yee avec Andy Lau, ce film le met à la sauce des années 2000 en modernisant les courses de voitures désormais mises en scène comme des cinématiques de jeux vidéo (certaines scènes semblent sortit tout droit du hit Playstation, Ridge Racer). Sur un scénario basique de Manfred Wong qui narre les péripéties de Sky (Ekin Cheng), fils de riche prétentieux et arrogant qui, suite à la mort de sa fiancée dans un accident de la route qu'il a provoqué, décide de tout plaquer et de retrouver son père, également pilote de course, parti en Thailande, Lau soigne les courses-poursuites, véritablement splendides, au détriment du reste, très convenu. Même si le film verse dans le mélo sirupeux pour ados pré-pubères et que Ekin Cheng semble toujours avoir des difficultés à arborer plus de deux expressions faciales, un montage dynamique, une musique énergique et certaines scènes à couper le souffle parviennent à rendre le film plus que convenable. Andrew Lau parviendra-t-il à faire deux bons films d'affilée? Réponse avec The Duel, son dernier opus avec...Ekin Cheng! ( A.C.)

Never Compromises (2000)
de Bosco Lam

Dernier forfait en date de B. Lam, décrivant (avec fun et complaisance) les meurtres d'un fou dangereux campé par un Francis Ng ridicule et surjouant à mort. Le film suit l'enquête mené par Yu Rong Guang sur le meurtre atroce de 7 personnes. F. Ng et son comparse (Simon Loui) battent la campagne à la recherche de bons coups (pendables) et accessoirement tuent à l'aveuglette. L'incohérence du scénario n'a d'égale que la crétinerie des situations. Vu l'inconsistance du personnages, Francis Ng ne pouvait que cabotiner et faire la grimace, ce qui a au moins le mérite de nous faire sourire. En tout cas, un chose est sure, si le ciné de HK a perdu la plupart de ses forces vitales, il semble cependant qu'il ne puisse cesser d'excréter ce genre de daubes. Gageons que si l'homonyme de Bosco (Ringo) avait pris le chose en main, cela aurait été une tout autre histoire. (Th.)

The Rules Of The Games (1999)
de Steve Cheung

Un film typique sur la dure loi du milieu ou Alex Fong, Louis Koo, Kristy Yang et Sam lee ne font vraiment qu'acte de présence. La réalisation se taille péniblement un chemin dans un scénario broussailleux et trop hésitant. Toutefois la description des triades teigneuses qui harcèlent la populace est assez cohérente. On notera également que ce film est une catégorie 3, et que la douce Kristy Yang subit un viol colectif avant de se faire empaler sur des clous. Du bon goût en perspective... (Th.)

 

 

A.C. : Anthony Caudron, HL : Henry Laurent, Eric S. : Eric Sangerma, ...