Il
n’y a pas à ce plaindre, de plus en plus de films de Hong Kong et d’Asie
arrivent dans nos cinémas. Et c’est tant mieux. Malheureusement il y a
quand même très peu d’élus et vous avez sans doute envie de voir des
films qui ne sont jamais sortis sur grand écran et que vous adorez. Et
bien aujourd’hui c’est possible grâce à la vidéo-projection. Le
procédé n’est bien sûr pas nouveau, mais ce qui a changé, ce sont
les progrès techniques opérés dans ce domaine, ainsi qu’un
effondrement des prix. Au point qu’on peut dire que la vidéo-projection
sera demain la révolution qu’est le DVD aujourd’hui dans la façon de
voir les films.
Des
bases nouvelles
Il n’y a pas si
longtemps, le vidéo-projecteur était un objet inaccessible. Il fallait
compter au minimum 6000 euros et, dans les revues spécialisées, on vous
faisait comprendre qu’il fallait bien le double pour espérer obtenir un
résultat correct. Bref, après avoir rêvé 5 minutes, il fallait se
rendre à l’évidence. Ce genre de jouet était destiné aux bourses aisées
et aux passionnés fous.
Depuis la rentrée
2001 les choses ont néanmoins commencé à bouger. Les fabricants ont mis
au point de nouvelles technologies qui améliorent grandement le rendu de
l’image et ils ont commencé à baisser les prix de manière sensible.
Sony proposait ainsi sont HS1 pour 3500 euros. Et les spécialistes ont
considéré que pour ce prix, l’image était très belle.
Prenant de plus en
plus en compte le marché des entrées de gamme, les fabricants ont
multiplié les offres, proposant pour moins de 3000 euros des machines
encore bien meilleures que le Sony. Aujourd’hui deux vidéo-projecteurs
sortent du lot, le Panasonic ae-100 et le piano de chez Plus.
Un
peu de technique – version simple
Il existe 3
technologies pour faire de la vidéo-projection. On laissera de côté les
tri-tubes (les grosses machines avec 3 lampes de couleur) car ils coûtent
plus chers et sont beaucoup plus contraignant à utiliser (c’est gros,
il faut les régler, on ne peut pas les déplacer…). La technologie la
moins chère est le tri-LCD dont fait partie l’honorable Panasonic
ptae100. Elle offre une belle image. Le défaut de cette technologie est
d’avoir du mal à rendre la couleur noire qui manque de profondeur. Les
contrastes sont légèrement grisés. En outre, les pixels, qui
constituent la matrice à partir de laquelle est constituée l’image,
sont plus ou moins visibles et forme ce que l’ont appelle l’effet de
grille. L’autre technologie est appelée DLP, c’est elle qu’utilise
le fringuant Piano. Plus chère pour l’instant, elle offre un meilleur
rendu d’image notamment en proposant des noirs bien profond. Mais dans
certaines condition et selon la sensibilité des personnes, il est
possible de percevoir des lumières multicolores. Appelé effet
arc-en-ciel, ce défaut peut insupporter certaines personnes. Mais plus
cette technologie progresse, plus les fabricants parviennent à limiter
cet effet. On peut espérer qu’il disparaîtra bientôt.
Dans les deux cas ces
petites machines sont très petites, se posent où on veut (à condition
d’être correctement aérées). L’image se règle facilement à
l’aide d’un zoom et d’une bague de netteté. Mais elles sont également
bruyantes, à cause du ventilateur qui refroidit la lampe. Et pour obtenir
le meilleur de la machine, il faut souvent passer par un ordinateur PC,
qui permet de suppléer l’électronique cheap des modèles d’entrée
de gamme. Mais là encore, les derniers modèles montrent des progrès en
terme de qualité en utilisant un lecteur DVD de salon.

Et
les résultats ?
Sans pouvoir prétendre
à rivaliser avec la taille et la qualité de l’image cinéma, les résultats
sont aujourd’hui déjà bien bluffants. Du point de vue de la taille,
ces petites machines sont capables d’offrir une image de base de 2 mètres,
soit l’équivalent d’une télé 16/9 avec une diagonale de 2,30 mètres !
Certains amateurs avides de grandes tailles montent même jusqu’à une
base de 2,40 ! Mais plus vous êtes gourmand, plus votre image se dégrade…
Le rendu s’approche à présent de ce que l’on voit en salle. Si
l’image est plus électronique, les couleurs et le contraste n’ont pas
à rougir face à l’image cinéma. Bien sûr l’expérience en salle
reste unique, mais les vidéo-projecteurs parviennent à immerger le
spectateur dans l’image. C’est surtout la qualité de la source utilisée
qui va déterminer la qualité de la projection. Il faut oublier vos K7 ou
les VCD, la définition est vraiment trop moyenne. En revanche le DVD
permet d’offrir un résultat satisfaisant, notamment les DVD en 16/9.
Pour ce qui nous intéresse,
les films asiatiques, les DVD édités en 16/9 offrent un bon résultat.
Les masters HK passent bien, même s’il ne semblait pas aussi
impressionnant que ceux des Anglais de Hong Kong Legend sur une télé. En
privilégiant le rendu cinéma, quitte à laisser les défauts de
pellicule apparaître, l’éditeur a conservé une netteté très appréciable
quand le film est vu sur un vidéo-projecteur. Et c’est un vrai plaisir
que de découvrir l’ambiance gothique du Temple du Lotus Rouge
sur grand écran ou de se laisser enivrer par le surdécoupage
impressionniste de Blade Of Fury. Même Lifeline, un titre
vendu peu cher pourtant, délivre un rendu dès plus satisfaisant. On
pourra également apprécier sans hésiter les DVD de chez Canal+, MK2 ou
Ocean film avec le même plaisir.
Les DVD de Hong Kong
Legend sont en revanche plus décevants. C’est que l’éditeur anglais
restaure les films numériquement en utilisant des filtres pour atténuer
les défauts Si sur un petit écran, le résultat est bluffant, sur grand
écran, la perte de définition qu’occasionne ce travail de restauration
rend la projection moins agréable. Par exemple Project A possède
une image plutôt floue. Evidemment certains titres n’en demeurent pas
moins magnifiques comme Miracles ou Iron Monkey.
Il faut reconnaître
que les meilleurs DVD sont issus de films souvent sortis au cinéma. Pour
voir de l’inédit, il faut se tourner vers les éditeurs asiatiques.
Pour ce qui est des films de Hong Kong, les DVd 16/9 écrasent logiquement
les autres DVD. On peut enfin voir As Tears Go By de Wong Kar wai
dans une image de qualité sur grand écran. Plaisir… Techniquement, le
plus impressionnant reste Legend Of Zu. Bénéficiant d’un master
haute définition en 16/9, le spectacle est de toute beauté et propose
une vision très différente de ce que l’on peut voir sur une petite télé.
Immergé dans ce déluge de lumière, de couleur et d’action, on
comprend pourquoi le film peut paraître manquer de rythme sur télé. Indéniablement
ce film est fait pour être vu sur grand écran ! En plus grâce à
la magie du monde PC, il est possible d’ajouter des sous-titres français
pour profiter encore mieux du spectacle… Plus besoin des distributeurs (Miramax
au hasard…) qui achètent les droits des films sans les exploiter ou en
les mutilant.

Pour les DVD 4/3, les
vieux Mei Ah et Universe sont difficiles à regarder. C’est trop flou !
Après c’est surtout au coup par coup. King Of Comedy par exemple
offre une image sympathique. Etonnamment, c’est Megastar qui s’en sort
le mieux. Leurs titres sont plutôt bien définis et le rendu est souvent
très regardable sur grand écran. J’ai pu découvrir avec plaisir des
titres comme On The Run ou The Dead And The Deadly, qui si
on accepte de réduire un peu la taille de l’image, offre une image
acceptable.
Armé d’un tel
appareil, c’est désormais la qualité que vous rechercherez. Et
heureusement les films en 16/9, avec une bonne définition sont toujours
plus nombreux. Vivement l’arrivée de A toute épreuve ou The
Blade chez HK. Mais
aussi Shaolin Soccer, Black Mask 2, Era Of The Vampire…
Sans remplacer les salles de cinéma, la vidéo-projection permet
de rendre hommage aux films que nous aimons tant. Et ça, c’est un vrai
bonheur !
Et
l’avenir ?
L’hyper activité du
secteur montre que ce n’est qu’un début. De nouvelles machines
sortent sans arrêt, les prix baissent constamment, les progrès sont à
chaque fois nombreux. A un tel point, que comme en informatique, on a
tendance à ne pas savoir quand acheter, tant ce que promettent les mois
à venir semblent bien plus intéressant. Les 2 modèles cités plus haut
ont à peine 1 an, et ils ont déjà leurs remplaçants. L’autre bonne
nouvelle est que les prix continuent leur baisse. Des modèles de bonne
qualité se trouvent désormais aux alentours des 1500-2000 euros… Mais
surtout, une nouvelle génération de DVD s’annonce, proposant une image
dite haute définition. Si la chose n’a aucun intérêt pour nos bonnes
vieilles télés, ils permettront d’améliorer grandement le rendu de
l’image sur les vidéo-projecteurs. Il existe même déjà aux USA, le
D-Theater, un système de cassette numérique haute définition. Le
catalogue ne propose évidemment que des films américains, souvent des
daubes, genre Haute Voltige (Hé oui…). Il faut donc espérer que
toutes ces nouvelles technologies se développent et offrent une vraie
variété de choix. Nous aussi, on veut des films asiatiques en haute définition !
Note : Les photos
prises de films projetés ne rendent pas compte de la qualité réelle
offerte par le vidéo-projecteur
Laurent
HENRY – Octobre 2002