HK DVD - Petit bilan provisoire 05/2000

 

Depuis que nous avons lancé la rubrique DVD, il y a un peu moins d'un an, le marché de ce nouveau support a considérablement évolué partout dans le monde. Et Hong Kong n'est pas en reste. Comme vous êtes de plus en plus nombreux à avoir fait l'acquisition d'un lecteur, et que si vous lisez ces lignes, c'est que le cinéma de Hong Kong doit vous intéresser, voici un résumé des quelques dernières tendances qui secoue le marché de l'édition vidéo Hongkongais.

Le menu de Swordsman 2 sorti en DVD chez Mei Ah.

Petit historique. - Et maintenant ? - Alors on s'y met aux DVD made in Hong Kong ?
Quelques titres pour bien commencer. - Les films remasterisés connus de nous.
Les DVD à éviter. - Bilan par éditeur. - Où acheter ? - Menu DVD - Sommaire

 

Petit historique.
Si au début les éditeurs se sont empressés de sortir leur catalogue en DVD, sans doute pour échapper au piratage, ils n'ont pas vraiment eu d'égard pour la qualité. En gros l'acheteur avait à faire à des super VCD, c'est à dire une image améliorée par rapport au vcd, mais le master était le même (c'est à dire souvent très abîmé) les sous-titres n'étaient pas amovibles, les suppléments inexistants et souvent il n'y avait même pas de menu ! Bref rien de très réjouissant et en plus ces DVD coûtaient une fortune…

Heureusement les choses au rapidement changé. D'abord il y a eu Megastar qui s'est mis à sortir des DVD avec un cahier des charges davantage porté sur la qualité. Non seulement cet éditeur a choisi un catalogue de titres prestigieux (les séries des Better Tomorrow, Histoires de fantômes chinois, Il était une fois en Chine ou Police Story…), mais il a recherché des masters pas trop abîmés, ajouté des filmographies, des sous-titres amovibles et même des pistes sons en dolby digital 5.1 !

Le nirvana ? Pas vraiment… Si c'était mieux qu'au début, il y a encore pas mal à redire. D'abord à cause du 5.1. En fait l'immense majorité des films de Hong Kong sont en mono. Pour obtenir du 5.1, les éditeurs se sont " amusés " à refaire la bande son des films. Mais sans moyen suffisant, parfois sans les musiques d'époques, et avec des bruitages refaits, les résultats sont souvent catastrophiques ! Quelques exemples : Dans City On Fire les armes à feu sonnent comme celles des années 90 ! Pire, Better Tomorrow (Le Syndicat du crime) a connu une première sortie avec des musiques piochées notamment dans la B.O. de Forest Gump… Diary of A Big Man a connu un sort similaire. Les musiques rigolotes composées par James Wong ont été remplacées par de la musique d'ascenseur ! En outre, la plupart du temps, les sons fusent un peu n'importe comment dans les enceintes. Bref, c'est presque toujours du bricolage qui dénature la bande son du film. Le pire c'est que du coup les DVD étaient chers. Et comme tous les éditeurs ont suivi la politique de Megastar, le massacre audio s'est propagé à l'ensemble des sorties DVD.

Le menu de Kawashima Yoshiko (1990), un film d'Eddie Fong, l'un des réalisteurs de la nouvelle vague.

L'autre problème qu'a rencontré cette deuxième génération de DVD, a été la compression. Moins performant que leurs homologues occidentaux, les éditeurs Hongkongais proposaient des images moins définies, plus floues et plus granuleuses. Le beau catalogue Megastar n'est pas à la hauteur de ce point de vue là. O Rage, O désespoir… Certes, c'est mieux qu'une VHS, mais on est encore très loin de la finesse des DVD américains.

Et maintenant ?
Pour le son, les critiques ont porté leurs fruits. Une nouvelle version de Better Tomorrow est sortie ! Mais surtout les pistes sont devenues plus sages. Et puis à cause de la crise et sans doute parce que le support ne rencontre pas le succès escompté à Hong Kong, les éditeurs sont revenus au mono d'origine pour bon nombre des titres. Vive le mono ! Mei ah a même fait l'effort de sortir certains de ses titres avec au choix le mono et la piste Dolby Digital 5.1. Si cela coûte cher, en revanche les simples mono ont vu leurs prix devenir très raisonnables. Vous voilà prévenu, si vous voulez faire péter les watts, c'est un bon gros blockbuster américain qu'il vous faut.

Au niveau de qualité d'image, les choses s'améliorent vraiment. Les éditeurs ont enfin compris que les défauts d'un master en piteux état conduisaient à un résultat obligatoirement mauvais. Même si à Hong Kong la préservation des films est inexistante, les éditeurs sélectionnent avec plus de soin leur masters, si bien que la plupart des masters utilisés sont aujourd'hui de bonne facture. Pour ce qui est de la compression, il y a du mieux. Universe est aujourd'hui le meilleur dans ce domaine, mais les autres ne s'en sortent pas trop mal. Si les éditeurs devraient encore progresser en améliorant la qualité de l'encodage mpeg 2, le problème reste que presque tous les films sortent sur des disques simple couche. Or les notre sont bien souvent double couche. Ces derniers permettent notamment d'augmenter le débit d'information, et donc la qualité d'image s'en trouve généralement améliorée. Mais un disque double couche coûte plus cher à produire. Il est peu probable que les éditeurs Hongkongais s'y mettent dans ces conditions.

Pour ce qui est de l'image 16 / 9, personne ne s'y est mis. Ce type de format a l'avantage d'augmenter la définition de l'image, mais cela prend plus de place sur le disque. Le passage au double couche est souvent nécessaire. Même problème que précédemment, ça coûte trop cher…

Vous adorez les suppléments, vous achetez certains DVD rien que pour cela. Vous ne regardez même pas le film qui les accompagne ? Alors fuyez les DVD de Hong Kong. Enfin, vous aurez quand même le droit à quelques bandes annonces, des filmos parfois, la bande annonce du film le plus souvent. Mais pas de making Off, de documentaires ou d'autres choses de ce genre. Enfin parfois, il y en a. En cantonnais ou mandarin… Héhéhé… Vous ne comprendrez pas grand chose à moins de comprendre la langue du Shakespeare local.

Les productions récentes de Johnny To édité par Universe possèdent toutes des suppléments et certains sont sous-titrés en anglais!

Alors on s'y met aux DVD made in Hong Kong ?
Au regard des progrès qualitatifs, du fait qu'ils possèdent tous ou presque des sous-titres anglais, qu'une bonne partie du catalogue coûte moins de 80 frs et qu'ils sont presque tous All Zone (pas besoin de dézoner la machine ! ! !), c'est certainement l'une des options les plus intéressantes pour découvrir le cinéma de Hong Kong. Mais il ne faut pas le faire n'importe comment, si comme moi vous recherchez la qualité à petit prix. Je vous livre le fruit de mon expérience dans ce domaine.

En ce qui concerne les grands classiques, soyez très prudents. Vous avez sans doute déjà acheté les cassettes, pas d'urgence. Mais surtout ce sont les premiers qui ont été édités, souvent le travail n'est pas à la hauteur et ils sont restés chers pour la plupart (ils sont malins les éditeurs Hongkongais…). Mais surtout ce seront les premiers à être édités dans nos contrés dans des versions sans doute excellentes (encore que parfois on a des surprises comme les sabotages effectués sur Black Mask ou Fist Of Legend). Encore quelques mois de patience et The Killer sera disponible chez nous. Aucun intérêt donc d'aller l'acheter pour 21$, ce qui nous fait quand même 160 frs avec les frais de port.

Evitez au maximum les DVD dont les sous-titres ne sont pas amovibles (même si le DVD propose une image de qualité, les sous-titres blancs restent illisibles lors des scènes très lumineuses), surtout que les éditeurs sont en train de se lancer dans une politique de remasterisation de ces titres en proposant une meilleure image et des sous-titres amovibles. Au regard de la qualité du travail des éditeurs, ne dépassez pas un prix de 20 $ (frais de port inclus). On trouve des tas de bons titres entre 5.5 et 15.5 $ (hors frais de port, vous suivez ?). Pas la peine de se ruiner sauf si vous chercher un titre précis bien sûr.

L'un des grands films de Tsui Hark malheureusement inédit chez nous.

Le mieux c'est de tabler sur des titres bons marchés dont on sait qu'ils ont peu de chance d'arriver chez nous, même en cassette. L'autre chose à voir, c'est également les versions coupées dont nous abreuvent certains éditeurs. Le DVD vous permettra notamment de redécouvrir Jackie Chan qui est celui qui a le plus souffert de cette pratique.

 

Quelques titres pour bien commencer. - Les films remasterisés connus de nous.
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