ACCIDENTAL SPY (THE)    Chroniqué par David-Olivier Vidouze (mai 2001)


Info film

Réalisateur : Teddy Chan Tak-Sum.
Producteur : Jackie Chan.
Producteur exécutif : Stephen Chiu, David Chan.
Producteur associé : Gin Lau Sin Hing.
Chorégraphes des scènes d'action : Stephen Tung Wai, Jackie Chan's Stuntmen Association.
Scénariste : Ivy Ho.
Distribution : Jackie Chan, Eric Tsang Chi-Wai, Vivian Hsu, Kim Min Jeong, Wu Hsing-Guo, Cheung Tat-Ming.
Durée : 108 minutes.
Date de sortie : janvier 2001.
Genre : action.
Catégorie IIA.


Info dvd

- Editeur : Universe Laser & Company. Un des deux plus gros éditeurs de dvd hongkongais (avec Mei Ah).
- Boîtier plastique noir.
- Zone : toutes zones, NTSC.
- Face unique / Couche simple.
- Sous-titrage : 3 sous-titres optionnels : Anglais / Chinois traditionnel / Chinois simplifié.
- Chapitré : oui.


Image

- Format du dvd : 4:3.
- Format du film : 2.35 . Le format original est respecté, comme dans de nombreux dvd hongkongais.
- Qualité du master : très bonne. Un master quasiment dépourvu de rayures et scratches.
- Qualité de la compression : bonne. Un soin tout particulier apporté à un dvd phare de la collection Universe : un traitement de star pour un film de star !


Son

- Son : Dolby Digital Stéréo .
- Langues : Cantonais et Mandarin.
- Qualité du son : bonne pour le 5.1 (DTS non testé...).


Suppléments 

- Bande annonce du film.
- Bandes annonces (avec image mouvante) de Hit Team et Lavender.
- Dans le menu "Stars' files" une fiche (biographie et filmographie), en Chinois ou en Anglais, sur Jackie Chan (des informations qui commencent à dater puisqu'elles s'arrêtent à Gorgeous), Viviane Hsu et Eric Tsang.
- Un "making-of" d'une durée de 20 minutes, en Cantonais ou Mandarin, avec sous-titrage non optionnel en Chinois simplifié (rien en Anglais...).
- Accès direct aux 8 chapitres (grâce à une image mouvante).


Remarques

- Techniquement, c'est un très bon dvd. Un seul manque : enfin une version anamorphique...
- Artistiquement, autant le dire tout de suite, Jackie Chan, "vieille formule", est bien mort et enterré. De quand remonte cet enterrement, chacun a sa propre réponse, selon ce qu'il aimait chez un des plus grands acteurs de films d'action de tous les temps. On a vu un accident dans la pseudo comédie romantique Gorgeous, une allégeance aux normes hollywoodiennes pour Rush Hours et Shanghai Noon... mais on s'est peut-être trompé ! Jackie Chan se cherche, à la manière de ces acteurs "musclés" (Schwarzenegger et autres Stallone) qui, passé un certain âge, doivent penser à réorienter leur carrière pour garder une place au sein de l'industrie cinématographique et des box offices. Et Jackie se cherche... Devons-nous subir cette quête pour autant ?
Les arts martiaux se font rares dans The Accidental Spy. Ils sont censés être remplacés par des cascades à "l'Américaine" (poursuites en voiture, pyrothechnie en veux-tu en voilà...) et, comble de l'orgueil, par un scénario soi-disant plus travaillé. Echec sur tous les fronts : un réalisateur hongkongais n'a jamais réussi à égaler un William Friedkin ou un Michael Mann (rappelez-vous French Connection, To Live And Die In L.A., Heat...), et, quant au scénario, écrit par la scénariste de Comrades, Almost A Love Story, il est aussi indigent qu'un bon vieux Coplan ou qu'un OSS 117 de la grande époque (pourtant, cela commençait bien : un agent secret coréen sur son lit de mort fait croire à notre héros qu'il est son père) ! Pire, les 15 dernières minutes de The Accidental Spy ne sont qu'un vulgaire prétexte à rajouter une dernière séquence d'action : le méchant est mort, le film achevé et, pourtant, Jackie continue seul dans une pâle imitation de Speed (un camion citerne en feu qui ne peut pas s'arrêter sous peine de tout faire sauter !). Un peu comme si le pré-générique des James Bond se trouvait à la fin du film... The Accidental Spy partage d'ailleurs avec cette illustre série une furieuse dérive mercantile de très mauvais goût : gros plans sur des bouteilles de Tiger Beer, sur la Breitling de Jackie, le nouveau scooter BMW... Mais où est passée la naïveté que l'on aimait tant dans le cinéma de Hong Kong ?
On remarquera aussi dans ce film un nombre inhabituel de morts violentes pour un Jackie Chan. Et dire qu'il s'était brouillé à ce sujet avec Kirk Wong le temps d'un Crime Story qu'il jugeait alors trop "noir et sanglant" !!! L'humour potache et très souvent limite, une de ses marques de fabrique, est de plus quasiment absent (je sais que cela en ravira plus d'un !).
Vivian Hsu, comme naguère la belle Maggie Cheung dans les Police Story, n'a qu'un rôle de potiche. C'est bien dommage...
Pour positiver quelque peu, notons la présence des habituelles acrobaties poétiques chères à Jackie : une poursuite dans les rues d'Istanbul pendant laquelle il essaye vainement de rester vêtu (il vient de sortir - d'être sorti ! - nu d'un hammam) tout en se battant avec ses adversaires. Il finira par se draper d'une curieuse façon ! Ou des leçons de trampoline données à une cliente estomaquée...
Autre bon point, les multiples langues parlées dans The Accidental Spy (Cantonais, Mandarin, Anglais, Turc, Français - si, si, un tout petit peu ! -) sont bien intégrées au récit et ne donnent pas un arrière goût de ridicule et d'artificialité. Et puis le méchant est asiatique : fini les risibles ennemis qu'on pouvait trouver dans Who Am I ? ou Mr. Nice Guy.
A noter que les Turcs seront heureux d'apprendre qu'ils font partie du Tiers Monde.
En conclusion, The Accidental Spy est un film calibré "Hollywood", réservé aux fans de Jackie Chan.


© HKCinemagic

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