DVD HK : Le gang de Gans se déchaîne - le retour

HK renaît de ses cendres, après plus d'un an de silence vidéomatique. Cette fois-ci le label français part à l'assaut du marché  DVD. Un événement de taille que nous souhaitions saluer puisque HK a largement participé à la reconnaissance du cinéma asiatique en France. Mais pas question non plus de tresser des couronnes sans s'assurer de la qualité du travail. Plutôt que de proposer les habituelles fiches DVD que l'on trouve un peu partout, nous avons préféré vous offrir un petit dossier sur cette nouvelle tentive pour imposer enfin un cinéma qui le mérite vraiment!

HK en DVD : La politique de l’impossible
dvd hk : le verdict de HL - dvd hk : le verdict de David - dvd hk : le verdict de Gregory

 


 

DVD HK : La politique de l’impossible

 

1,5 millions de spectateurs pour Tigre et dragon, 1 million de spectateurs pour In The Mood For Love, 300.000 pour Fist Of Legend, le cinéma de Hong Kong semble être un marché juteux. Et pourtant voilà 2 ans qu’on attend les DVD HK. Pourquoi aura t-il fallu attendre si longtemps ? En plus du caractère maniaque de Christophe Gans, il faut aussi chercher du côté des asiatophiles les raisons d’un accouchement si pénible.

 

Avant la fin 1996, il n’y avait pour ainsi dire rien. Une poignée de films sortis au cinéma, des bacs vidéo à peine garni par des éditeurs sans projet véritable. En tout cas, aucun événement marquant n’a pu réussir à fédérer un public autour du cinéma de Hong Kong jusqu’à cette date. Les cahiers du cinéma rendaient compte de manière très partielle de ce qui se passait à Hong Kong. Les magazines plus orientés vers le cinéma de genres (Impact, L’Ecran fantastique, Le Cinéphage…), prenaient prétexte de n’importe quelle sortie pour faire découvrir le cinéma asiatique, mais le public ne pouvait rentrer facilement en contact avec les films de Tsui Hark, John Woo, Jet Li… Les plus mordus devaient s’en tenir à l’importation et aux échanges de copies.

Avec le lancement de la collection HK fin 96, Christophe Gans et son gang donnaient enfin accès au cinéma asiatique et surtout hong-kongais. Entre impératifs commerciaux, accessibilités des films, le label parvient malgré tout à s’organiser autour d’une idée cinéphile du cinéma asiatique, à savoir éditer les films les plus prestigieux ou ceux qui sont jugés les plus importants dans l’histoire récente du cinéma asiatique. Et il faut bien reconnaître que le public français aura eu la possibilité de voir des œuvres aussi rares qu’exigeante comme des films de la « nouvelle vague » (The Sword ou L’enfer des armes) et aura mis en lumière l’œuvre de Tsui Hark.

En l’absence de marché, cette conception de l’édition a-t-elle réussi à fédérer un public ? Pas vraiment, dans la mesure où l’apparition de la collection a révélé l’émergence de publics potentiels aux attentes et aux réactions très variables. En premier lieu, l’éditeur a pu compter sur le public historique du cinéma asiatique, celui qui se souvient encore de Bruce Lee et qui s’intéresse aux arts martiaux. Pas forcément cinéphile, c’est un public qui a surtout bien répondu aux films de kung fu, favorisant la sortie de ce type de films et en particulier ceux de Jet Li, l’artiste martial apte à remplacer le défunt petit dragon. Autre public historique, le cinéphage, amateur d’import et de nouveautés, d’action, de films décalés et de fantastique, s’est assez peu retrouvé dans la démarche de HK. Pour lui, le cinéma asiatique est avant tout un cinéma fun et rigolo. Trop sérieuse, la collection HK ne l’intéresse que sporadiquement, surtout que la qualité technique n’est pas un critère déterminant pour lui, dans la mesure où il a pris l’habitude de voir les films dans des conditions médiocres. Ainsi il hésitera à racheter un titre qu’ils ont déjà en VHS et réclame à tout prix des « nouveautés ».

Les cinéphiles traditionnels, ceux des cinés clubs, auraient dû permettre l’émergence d’un nouveau public pour le cinéma de HK. Mais le cinéma de genre a mauvaise réputation. Si le cinéphile se déplace volontiers pour aller voir le dernier Wong Kar Wai, il répond déjà bien moins présent pour un film de qualité comme The Mission. Ce film a pourtant bénéficié des mêmes systèmes de distribution que Wong Kar Wai (salles arts et essai + magazine). Quant au grand public, il lui faut de la VF et des films qui reste accessible sans effort. C’est logiquement Jackie Chan ou les coproductions sino-américaines comme Tigre et dragon qui ont trouvé ses faveurs.

Enfin, il reste le public de l’anime japonaise et des jeux vidéo. Nombreux et homogène, il constitue un marché assez florissant. Mais ce public ne plébiscite réellement que les films qui ont une parenté avec l’univers qu’il aime. Là encore, tout se joue au coup par coup !

Ainsi donc le public potentiellement intéressé par le cinéma asiatique et par conséquent par une collection DVD, ressemble à une nébuleuse bien difficile à contenter. L’exemple d’un film comme Storm Riders est à ce titre particulièrement révélateur. Présenté au festival fantastique de Gerarmer, il s’est fait très critiquer par un public peu habitué au cinéma de Hong Kong. Prudent, le distributeur a décidé de ne pas prendre le risque de sortir le film sur grand écran et lui réserve les faveurs d’une distribution en vidéo club. Surprise, le public est séduit, les fans de mangas adorent. Désormais le film est décliné à toutes les sauces et devrait faire partie des premiers DVD HK à sortir. Mais il ne faut pas se leurrer. Si pour une fois le succès est au rendez-vous, les contre performances sont aussi nombreuses. Pour que le cinéma de Hong Kong trouve le chemin des salles de cinéma et des bacs vidéo, il faut qu’un public fidèle réponde présent de manière régulière. Pour le moment ce public est bien versatile et condamne encore trop souvent le cinéma, qu’il aime pourtant, à la confidentialité.

Face à l’hétérogénéité  du public, HK tente une double réponse au sein d’une seule et même collection en proposant à la fois des titres exigeants et des titres plus grand public. Evidemment ce choix soulève déjà des critiques. D’un côté les plus cinéphiles reprochent la présence des titres plus porteurs commercialement comme Storm Riders, mais pas terrible du point de vue cinématographique. De l’autre les néophytes ne comprennent pas qu’il n’y ait pas tous les gadgets technologiques que l’on trouve ailleurs comme le son 5.1 par exemple. La navigation s’annonce périlleuse pour le label. Mais peut-il en être autrement au vue des circonstances ?

Laurent HENRY - 11/2001

 


 

DVD HK : Le verdict de Laurent

 

Après une attente trop longue, nous voici enfin en présence de l’objet tant désiré. Une collection de DVD en Français consacrée au cinéma asiatique. Enfin !

1. Présentation
Présenté dans des digits packs cartonnés, la collection HK veut se distinguer du tout venant. C’est classe, mais c’est fragile diront certains avec raison. Une fois inséré le premier DVD, on découvre avec plaisir un menu sobre et élégant. La navigation est astucieuse, car, à l’image d’Internet, le menu principal est toujours présent à l’écran. C’était tout simple, mais il fallait y penser ! Fini l’exploration des sous-menus interminables. Mais le plus agréable, c’est sans soute d’avoir choisi les musiques des films en fond sonore. Et pas de concession ! The Killer ou Black Mask s’écoutent aux refrains de canto pop pur jus, dont la célèbre chanson de Sally Yeh que tous les aficionados recherchent désespérément sur le net et dans les magasins spécialisés… Vous l’avez compris, les gens de HK n’ont pas perdu leur savoir-faire en matière de présentation. Le travail est bien fait et avec goût. 

2. L’image
Tous les transferts de HK sont en 16/9. C’est la grosse nouveauté et souvent une première mondiale, comme pour Zu ou The Killer par exemple. C’est un plus indéniable. Les masters utilisés sont plutôt propres. Bien évidemment, ils sont quelque peu abîmés. HK a voulu éviter de retravailler numérique l’image. Ces procédés permettent de gommer pas mal de défauts. En contre partie la netteté de l’image en prend un coup. Et surtout le rendu devient quelque peu électronique et perd de son naturel. C’est un choix d’éditeur. Ceux qui recherchent la perfection seront déçus, ceux qui préfèrent une image plus proche du rendu cinéma apprécieront.

En revanche, on est un peu déçu par la qualité technique des masters numériques. S’ils étaient parfaits pour l’édition vidéo, ils montrent leurs limites pour ce qui est d’une édition DVD. Ils manquent quelque peu de définition. Ce n’est pas catastrophique, surtout que le 16/9 permet de compenser en partie ce défaut, mais il est clair que l’image n’a pas l’incroyable précision des titres de Hong Kong Legend.

Il faut dire que l’éditeur anglais utilise souvent des masters hautes définitions. HK a d’ailleurs encodé la version alternative de The Killer avec ce procédé. Et il n’y a pas photo. Regardez une scène de la version internationale puis la même avec le deuxième disque. La différence saute aux yeux. Quand la pellicule n’est pas abîmée, ce dernier rivalise avec la qualité de Hong Kong Legend ! Pourquoi alors ne pas avoir édité les DVD avec des masters hautes définitions ? Ben parce que ça coûte très cher monsieur ! Et HK n’a pas l’ensemble du monde anglophone pour amortire les coûts d’une édition DVD !

Avec les masters actuels, la définition reste acceptable. Elle passe bien dans les scènes éclairées. Autant dire que la granulation est très présente sur Black Mask (avec une photo sous exposée de folie) et The Killer. En revanche le Chinois se déchaîne, où l’action se passe souvent de jour, offre une très belle image. En tout cas il faut espérer que le label passe le plus vite possible au master haute définition, surtout pour les titres les plus prestigieux comme The Blade ou The Lovers

Il y a un an, HK aurait sans doute impressionné. Aujourd’hui, avec la concurrence internationale, le label français se place dans une bonne moyenne. Mais n’oublions pas non plus que cette aventure ne fait que commencer. Hong Kong Legend a mis plusieurs mois pour acquérir son savoir-faire. Laissons un peu de temps à HK, qui doit également compter sur notre soutien financier pour pouvoir investir dans la haute définition…

3. Le son.
A lire sur les forums, les regrets concernant le choix de HK de privilégier les pistes d’origines, je pense que ces gens n’ont jamais dû supporter les bricolages hong-kongais dans le domaine du 5.1. Et vas-y que je te change les musiques et vas-y que je te rajoute des bruitages dans tous les sens. On n’entend plus les voix des acteurs ? Pas grave c’est du 5.1 ! Si Hong Kong Legend bidouille avec plus de doigté, c’est quand même du bidouillage ! Dès qu’il y a une bagarre, des bruitages sont soulignés et donne un caractère artificiel à l’ambiance sonore.

Si la coloration des films en noir et blanc avait soulevé quelques émois, les pistes sonores ont subi, à cause du DVD, les pires outrages. Surtout à Hong Kong ! Et le plus triste, c’est que tout le monde s’y met et qu’il est impossible de trouver certains films avec leurs pistes d’origine. Je bénis HK pour nous offrir ces dernières. Non le cinéma de Hong Kong n’a pas été conçu avec un esprit THX et DTS. HK respecte cela et c’est tant mieux.

 

4. Les suppléments
Rien n’existe ou presque, tout est à construire ! HK s’est donc lancé dans l’aventure. Le label a adopté une posture classique en allant recueillir la parole des acteurs et des réalisateurs des films édités. Evidemment la démarche repose sur la performance de chacun d’entre eux. Jackie Chan fait du Jackie Chan (grands gestes, pa, pa, pa…), Tsui Hark est parfois un peu embrouillé et John Woo est un vrai moulin à paroles. Les concepteurs des bonus ont eu l’intelligence de réorganiser les propos pour leur donner un maximum de cohérence. De ce point de vue le petit reportage sur Black Mask est le plus intéressant puisqu’il allie explications et interprétations (Black Mask est une biographie super héroïsante de Jet Li ! Dingue, non ?).

C’est bien, même si je regrette qu’il n’y ait pas un peu plus d’audace en osant par exemple mettre les membres d’HK à contribution. Christophe Gans aurait pu nous présenter les films (mais pas comme Jean Pierre Dionnet, c’est à dire en préparant pour ne pas dire des bêtises). Quant aux journalistes, ils auraient pu nous concevoir des petites explications. Par exemple j’aurais aimé voir un petit doc qui aurait comparé les 2 versions de The Killer. Car à moins d’avoir 2 lecteurs, ce n’est pas pratique de passer de l’une à l’autre en changeant les disques. Mais bon, arrêtons de rêver… HK a fait des efforts et ça se voit !

Bilan
Il ne manque que le master haute définition pour que ce soit parfait. C’est indéniablement l’image qui reste le point faible de la collection pour l’instant. Mais attendons l’avenir car les résultats sont déjà plus que prometteurs. Alors merci à monsieur Gans et toute son équipe. Et faites encore mieux demain !

Laurent HENRY - 11/01

 


 

HK DVD : Le verdict de David

Depuis la fin de HK Mag et la dernière K7 vidéo publiée, le marché a un peu évolué. Matrix et Tigre et Dragon sont passés par là, Wong Kar Wai a fait un carton en salle, ainsi que Jet Li avec Fist of Legend et The Mission a été distribuée (sans parler du succès à la location de Stormriders). Un ensemble d’évènements qui dénote un changement tangible des mentalités. Bref, l’époque où, pour se procurer de nouveaux films pour satisfaire notre soif de découverte, on était obligé de passer par les pressages de DVD HK s’éloigne de plus en plus. Aujourd’hui, HK vidéo débarque enfin, alors que d’autres éditeurs (comme HK Legend ou Tai Seng) tentent d’offrir une alternative de qualité au DVD édités a Hong Kong (master souvent en mauvais état, même pour des films récents, compression hasardeuse et le film comme seul bonus).

Doté d’un packaging sobre mais distingué, quant est-il exactement, faut il se ruer dessus ou, comme David Martinez l’a si bien répété, acheter une autre édition sous prétexte qu’elle possède un point virgule en plus ?

Pour The Killer, la question ne se pose même pas. L’édition de Critérion est introuvable et le pressage de Universe comme celui de Mega Star (format respecté mais image 4/3, aucun supplément et pour l’édition Universe, sous-titres français complètement farfelus) ne tient absolument pas la comparaison avec l’édition que nous offre HK Vidéo. Avec sa version longue en bonus, c’est l’édition que tout fan du film de John Woo se doit de posséder impérativement. Fruit d’un travail d’acharné et de passionnés, HK Vidéo nous comble de joie dès son premier titre et nous fait oublier les quelques défauts. Master abimé (on sait que la conservation des films n’a jamais été le point fort des studios HK) et compression défaillante (ça fourmille souvent dans les arrière-plans) au chapitre des mauvais points. Par contre, image 16/9 et mono d’origine (et non un quelconque bidouillage pour sourd voulant tester son installation 5.1), sous-titres lisibles et suppléments intéressants qui nous content (avec les différents protagonistes) la manière dont le film a pu se monter (et surtout la manière dont il a faillit ne jamais voir le jour)… Un bien bel objet.

Produit par Tsui Hark et mis en image par Daniel Lee, le deuxième titre de HK Vidéo tente de surfer sur l’aura que possède Jet Li auprès du public français. Black Mask, véritable comics Book live, n’est peut être pas le titre le plus pertinent de la collection HK mais c’est sans doute celui qui peut toucher une plus large audience. Ceci mis à part et sans rien enlever aux qualités intrinsèques du film, l’édition de HK Vidéo est à ce jour la plus respectueuse de l’œuvre originale. Même si l’image est très belle, l’édition zone 1 de chez Artisan est amputée de quatorze minutes et la bande son a été entièrement refaite (5.1 et musique rap) pour satisfaire au diktat actuel. Quant à l’édition de Mei Ah, n’en parlons même pas (piètre qualité d’images et surtout, il manque deux minutes). L’édition de HK Vidéo souffre des mêmes défauts que The Killer en ce qui concerne la compression mais pas en ce qui concerne le master qui lui est en bon état. L’image est toujours 16/9 et le rendu des couleur est plutôt bon pour un film qui a bénéficié d’une émulsion spéciale pour le développement du négatif. Au niveau des suppléments, on a droit à un reportage qui fait intervenir toutes les personnes impliquées dans le projet qui, sans être passionnant, a le mérite de s’éloigner des featurettes de promo habituellement présentes sur les dvds.

Le cas de Zu : les guerriers de la montagne magique est lui bien plus épineux. Non que l’édition de HK Vidéo soit déshonorante, loin de là. Mais pour les personnes qui décryptent les sous-titres anglais (une bonne partie des fans du cinéma HK, puisque pendant très longtemps, il n’y avait pas le choix), HK Legend doit éditer ce titre en avril 2002. Lorsqu’on connaît le traitement éditorial dont bénéficie les titres édités par cet éditeur, ainsi que la qualité des masters utilisés (à part deux ou trois ratés), on peut se poser la question de l’achat de l’édition de HK Vidéo. En effet, cette édition souffre du même défaut que les précédentes chez cet éditeur, à savoir une compression défaillante (ce n’est pas non plus la catastrophe, puisque l’ensemble est bien rendu). A la décharge de HK Vidéo, il est moins facile pour eux de faire le même travail de restauration que HK Legend lorsque l’on s’adresse uniquement au marché francais. HK Legend, en proposant l’anglais comme langue et comme sous-titrage s’ouvre un marché beaucoup plus large et peut espérer un retour sur investissement plus important. Mais, malgré tout, HK Vidéo ne démérite pas en proposant un commentaire filmé de certaines scènes du film par le maître lui-même. Même s’il relève souvent de l’anecdote, ce commentaire permet de mieux appréhender certains choix qu’a du faire Tsui Hark en réalisant son film. Conclusion : pour tout fan de wu xia pian ne parlant pas anglais, cette édition est la bonne. Pour les autres, chacun choisira entre le devoir militant qui inciterait à l’acheter (aidons une entreprise aussi fragile) et le désir de possédé la plus belle version du film qui nous commanderait d’attendre l’édition de HK Legend.

 N’ayant pas vu Le chinois se déchaîne, je n’en parlerai donc pas.

 Voilà un bref tour d’horizon sur la première salve. Espérons que la qualité de la compression ira en s’améliorant pour les prochains titres qui doivent être édités, car en terme de contenu, les dvd de HK vidéo sont entièrement satisfaisants. Bref, une entreprise à saluer et à défendre.

 David Aneas 11/01

 


 

HK DVD : Le verdict de Gregory

 

Chapitre …, scène de l’aéroport, l’une des plus excitantes du film, la musique de Lowell Lo est de plus en plus rapide, un climat de tension s’installe, Jenny (Sally yeh) s’apprête à revoir John (Chow Yun-Fat) qui se retrouve dans une course-poursuite au milieu d’une dizaine de policiers, le climax est à son comble quand un méchant bug refroidit toute mon excitation face à la découverte de la version longue de The Killer : le son disparaît, la très belle compression haute définition se transforme en dizaines de blocs de couleurs où l’image est déformée, Chow Yun-Fat défiguré, mon film préféré qu’est The Killer n’est plus qu’un gribouillis, l’horreur ! Juste au moment où la scène se termine, l’image redevient nette…pour quelques secondes ! Bref, voici telles ont été mes premières impressions des dvd HK à cause d’un dvd rayé. J’apprends par le net et par un ami que je ne suis pas seul, des dvd rayés ont été mis dans le commerce. La société, qui a gravé les dvd, est bien sûr la seule responsable car le travail de la part de HK VIDEO est impeccable. Quel bonus extraordinaire que de présenter 17 minutes de plus d’un film mythique, même si ceux ci n’apportent pas grand chose d’exceptionnel au film. Beaucoup reproche la qualité de l’image de cette version, mais moi, hormis de nombreux défauts de pellicule, je trouve celle-ci, du fait de son transfert en haute définition, plus fine. La grosse erreur de ce dvd sont les gros caches gris avec les sous titres français qui cachent des sous titres anglais et chinois incrustés à l’écran. Pourquoi n’avoir pas adapté la taille de ces caches en fonction de la taille des sous-titres anglais et de la présence de sous titres plus ou moins long en français (j’me comprend). La vision du film avec ce gros rectangle gris rend la vision du film impossible. Heureusement on peut l’enlever. Le documentaire de 40 minutes, qui complète les bonus classiques (filmos, bande annonce…), est fort bienvenu mais on n’y apprend pas grand chose d’inédit de la part de John Woo interviewé (absences d’anecdotes et d’images de tournages…). Dernier bon point, le packaging : encore une fois HK VIDEO a fignolé sa collection (tout comme elle l’avait fait avec les vidéos) en présentant ses films dans de beaux digipacks cartonnés rares. J’aurais tout de même préféré que même les éditions simples soit présenter dans des gros digipack comme celui de The Killer (jamais content le gars).

N’ayant pas acheté les trois autres dvd (mais ça ne saurait tarder avec celui de Zu) , je ne pourrai pas faire un long commentaire. Juste pour dire que je suis tout de même un peu déçu, du fait de la longue attente depuis plus d’un an. Je suis conscient que ce sont des films de Hong-Kong, donc les masters sont forcément abîmés. Mais l’achat d’un dvd d’un film que le fan a déjà dans une belle copie VHS implique un travail d’exception. Je ne demande pas un triple dvd avec pochette simili cuir pour chaque film mais un peu plus que 8’ d’interview de Tsui Hark (sur le dvd de Zu), 15’ de Jackie… Le problème est que le matériel promotionnel (making of, featurette…) n’existant pas, HK a dû tout faire. L’exercice est noble, surtout au regard des autres éditions dvd existantes (travail bâclé pour films sans intérêts chez AK vidéo…). Mais pourquoi limiter à 8 minutes une interview filmée quand on voit le flot de paroles qui existent dans feu HK magazine, pourquoi faire un commentaire sur 5 scènes quand tout le film mérite d’être analysé...

J’espère donc voir sur les éditions futures des rééditions en dvd de titres que l’on possède en VHS, des suppléments tout aussi intéressants, mais plus consistant. Pendant que j’y suis, si quelqu’un de HK me lit, je rêve d’une édition triple de The Lovers dans une pochette en forme de papillon avec le film transféré en haute définition et remixé 5.1 (ndr : même chez certains d’entre nous règne l’idéologie du 5.1) pour profiter de la très belle musique. Dans le second dvd : les suppléments avec les scènes inédites, parait-il très nombreuses, une interview récente de Charlie Young (que devient t’elle ? A quand son retour au cinéma ? ). Enfin dans le dernier dvd, la version années 60 de The lovers avec sous titres français. A bon entendeur salut.

Gregory AD 11/01