Panorama d'avant festival


La quatrième édition du festival asiatique de Deauville promet d’être intéressante. Encore une fois cette année six films vont concourir afin de gagner six prix (Lotus du meilleur réalisateur, acteur/actrice, scénario, film et prix du public). C’est le coréen Shin Sang-ok, (réalisateur de plus de 70 films dont le festival rend d’ailleurs hommage) qui présidera la compétition accompagné des français Jacques Fieschi et Jacques Chancel et de l’une des jeunes actrices les plus populaires actuellement à Hong-Kong, Karen Mok. Le festival n’a une fois de plus pas choisi la facilité de montrer des œuvres reconnues dans d’autres festivals mais se veut découvreur de toutes les cinématographies d’Asie; ainsi les six films en compétition sont tous de nationalités différentes : nous verrons des films chinois, coréens, hongkongais, japonais. Le public français pourra aussi découvrir des films de pays dont les oeuvres arrivent très rarement sur nos écrans : d’Indonésie, des Philippines, de Malaisie, du Vietnam ou de Thailande. On pourra retenir la présence du film Peony Pavillon de Yonfan (Hong-Kong) où Joey Wong, la jolie fantôme de Histoires de Fantômes Chinois fait son grand retour au cinéma après plusieurs années d’absence. On pourra voir Cécilia Cheung dans un film coréen Failan, une autre histoire d’amour et on nous promet une charmante Asaka Seto dans le japonais A Woman’s Work où Shinya Tsukamoto, le réalisateur des films underground Tetsuo 1 & 2 fait l’acteur. A noter sur vos tablettes l’avant première d’un western Thai qui se veut très kitsch : Les larmes du tigre noir, de Musa le guerrier un film d’arts martiaux coréen avec Zhang Ziyi et enfin du nouveau film du réalisateur de L’Ile, Kim Ki-Duk, Address Unknown, qui une fois de plus se veut très provoquant.

Cette année, les organisateurs ont pensé aux nombreux fans de cinéma d’animation en présentant le nouveau film de Rintaro, réalisateur de Galaxy Express 999. Metropolis est basé sur le manga de 1949 du légendaire Osamu Tezuka qui se dit s’être inspiré du poster du classique de Fritz Lang. On pourra voir en avant première internationale le nouveau film de Takuji Endo, Patlabor WXIII, troisième épisode d’une des séries " cyberpunk " les plus populaires au Japon (50 000 références apparaissent sur Internet en ce qui concerne Patlabor !). Enfin, deux soirées seront consacrées à un programme d’animation qui se veut un hommage au studio Madhouse, l’un des studio les plus dynamiques du Japon créé par des transfuges du studio de Osamu Tezuka. Ces soirées de deux heures environ seront constituées d’OAV tels que Vampire Hunter ou Manie Manie, les histoires de labyrinthe, un programme composé de trois sketchs réalisés par Rintaro, Kawajiri et Otomo un an avant Akira. Ce programme a fait date dans l’histoire de l’animation en contribuant à fixer les règles dans l’art de l’" anim " et en montrant trois styles par trois maîtres du genre.

La grande nouveauté de cette année est la présence d’une seconde compétition composée de films tournés au format vidéo. Grâce à l’arrivée de petites caméras numériques, le cinéma s’est démocratisé en donnant la possibilité à tous de pouvoir tourner des films pour un budget modeste grâce à un matériel léger et peu coûteux. En France, les films tournés en DV commencent à arriver sur nos écrans notamment grâce au Dogme de Lars Von Trier (Dancer In The Dark ou encore la trilogie de Jean Marc Barr). Cette compétition nommée " Off and Exp(erimental) Factory " a pour but de proposer au public et à la critique des œuvres surprenantes, encore assez inconnues et peu montrées. On pourra y voir des films venus de Singapour, Malaisie, Japon, Hong-Kong et Corée. Tous les films seront présentés sous titrés anglais en la présence de leurs réalisateurs. On retiendra notamment la présence d’un film Hongkongais, A Small Miracle de Kenneth Bi avec Sam Lee (Made in Hong-Kong), l’histoire d’un petit comptable timide qui pour reconquérir l’estime de lui même et le respect des autres, pour aussi avoir de l’argent et jouer le rôle social que ses proches attendent de lui, se met à vendre des pilules d’ecstasy. Tout ira mieux, puis un peu moins et bientôt pas du tout…

Outre la présence une fois de plus d’un programme pour le jeune public où l’on pourra voir malheureusement qu’en version française Le Village de mes rêves de Yoichi Higashi et l’unique film hindou du festival Mon petit diable de Gopi Desai, l’événement exceptionnel du festival sera la présence de la version inédite " director’s cut " de Kagemusha, l’ombre du guerrier de Akira Kurosawa (Japon, 1980), Palme d’Or du festival de Cannes 1980. Cette version présentée est la version sortie au Japon en avril 1980. Francis Coppola et George Lucas, producteurs exécutifs de la version internationale, avaient fait amputer me film de vingt minutes pour ne pas effrayer le public occidental avec un film parlant japonais de trois heures.

Enfin le festival sera l’occasion de rendre hommage au réalisateur producteur de Hong-Kong, Johnnie To à travers quatre films représentatifs de son œuvre " touche à tout " : Lifeline, un film d’action très efficace avec un Lau Ching-wan pompier (en vidéo chez Hkvidéo), Running out of time, un excellent polar scénarisé par les français Julien Carbon et Laurent Courtiaud avec Lau Ching-Wan et Andy Lau. On pourra voir deux films réalisés récemment, Help ! ! !, comédie non-sensique avec Ekin Cheng, Cécilia Cheung et Jordan Chan, sorte de parodie de Urgence et enfin Full Time Killer, le grand succès de l’été dernier qui ne s’avère qu’un petit polar très inspiré par les succès des films d’action (Time&Tide, Terminator…). Ce film fera la clôture du festival suite à la remise des prix.

Au final on peut donc se réjouir de ses quatre jours d’autant plus que les personnalités seront nombreuses et faciles d’accès. La plupart des réalisateurs seront présents ainsi que quelques acteurs et actrices. On pourra tout de même regretter l’absence d’œuvres très attendus et fédératrices (Shaolin Soccer, Legend of Zu), ainsi que tout un panel d’œuvres plus underground mais importantes dans la culture cinématographique de ces pays comme les derniers films de Takashi Miike (Ishi the killer entre autre) ou Sogo Ishii (Electric Dragon 80 000 v). Pour cela il faudra se rabattre sur le festival fantastique de Bruxelles entre les 15 et 30 mars qui propose comme l’an dernier (Gojoe) un excellent programme (Pistol Opera de Suzuki, Red Shadow de Hiroyuki Nakano…)

GAD (fév 02)


© HKCinemagic

Les articles n'engagent que leurs auteurs. Toute reproduction d'un article du site en vue d'une édition doit faire l'objet d'une demande. Les photos utilisées pour illustrer ce site sont tirées de magazines, d'autres sites ou de VCD. Si les personnes possédant les copyrights sur ces photos ne souhaitent pas les voir figurer dans ce site, qu'elles nous préviennent, nous les retirerons.