ON THE RUN
VF Couleur
1988
Mobile film production / Polygram Video
Durée : 1h30
Realisateur : Alfred Chung
Avec : Yuen Biao, Patricia Ha, Yuen Wah, Chan Yun Lin
Musique : Violet Lam
Choregraphies : Samo Hung, Yuen Wah, Chin Ka Lok
Produit par : Samo Hung
Dans le même genre : Crime Story
Une tueuse au sang froid.


 

Chapitre 1 :LA DECOUVERTE :

"Tiens tiens, me dis-je, un polar HK !"
C'est en effet avec surprise qu'en déambulant dans un magasin d' occaze Parisien, plutôt réputé pour ses CD audio, je tombai sur la K7 de "ON THE RUN", coincée entre deux autres films hollywoodiens à 2 francs le carton de 25. Si on tourne la boite, on lit souvent bien des conneries : "le polar le plus violent de Hong Kong", "le couple le plus fascinant du cinema asiatique" etc... Bref, je le prend, pensant me retrouver devant un nanar bien mal doublé, comme d' hab'. Mais On the Run est en fait un très bon film (yes !). On met la K7, et on mate.

Chapitre 2 : L' HISTOIRE et les PERSONNAGES :

L'histoire est celle de Bill (Aïe les prenoms !), policier, futur divorcé, qui va perdre sa femme. Celle ci, également policier, comptait émigrer au Canada. Voilà qui n'arrange pas les affaires de notre homme, qui doit faire une croix sur son depart de Hong Kong. Mais revenons sur la mort de sa femme. Abbatue dans un restaurant par une tueuse à gage, on decouvrira peu à peu que ce sont les superieurs de Bill qui ont commandité le meurtre. Pourquoi ? je vous laisse le soins de le decouvrir.

En attendant Bill (Yuen Biao) n'est pas au courant, et il va poursuivre la tueuse pour la livrer à ses chefs, qui vont bien entendu vouloir tuer notre ami. S'en suit alors une course poursuite très interressante, du fait des personnalités des divers protagonistes :

Il y a les mechants : facile à reconnaitre, ils rigolent diaboliquement ou font la gueule. ceux-ci sont caricaturaux, et sont pour la plupart bornés. Sauf leur chef, mais ça c'est normal.

Il y a les bons : Bill, sa (feu) femme, sa mère, sa petite fille, ses amis. Ils pourraient se faire tatouer "victime" sur le front que ça serait pas plus mal.

Et il y a la tueuse, Di, et là ça devient interressant. L'actrice Patricia Ha joue son personnage à merveille : c'est en fait une femme torturée par la douceur et la froideur qui l'habitent. Au départ, on la trouve cruelle, mais au fur et à mesure, elle devient humaine, et on sent que c'est une personne desespérée qui tente tout au long de l'histoire de se trouver, et aussi de se racheter.

Et peu à peu, cette dualité semble toucher aussi Bill, qui ne voit plus en Di la tueuse de sa femme, mais une alliée qui fait preuve d'une abnegation sans limite. Mais au service du bien cette fois.

Presque personne ne ressortira indemne de cette lutte contre un systeme policier corrompu. Vers la fin, on trouve même que les mechants sont pitoyables. La violence est alors à son paroxysme, avec moultes effets gores et combats bestiaux, bien loins des coups impressionants présents dans les autres policiers HK...

La violence justement, est parsemée ponctuellement mais de manière majestueuse. qu'il s'agisse de scènes d'actions (celle où Di protège Billet sa petite fille est puissante), ou de scènes d'emotions (celle de la mort de la petite fille de Bill), on ne peut rester insensible : c'est criant de realisme, et c'est logique. Par ailleurs, malgré l' apparente simplicité des personnages, on réalise que tous ont des raisons de faire ce qu'ils font. Tout n'est pas noir, tout n'est pas blanc dans ce film.

Il y a aussi un peu d'humour, mais c'est presque invisible. C'est un polar serieux de chez serieux.

Yuen Biao en mauvaise posture.

Chapitre 3 : LA REALISATION :

Je tiens à attibuer la mention Mention speciale pour la musique, grandiose : les thèmes prennent aux tripes, et se melangent formidablement bien à la narration.

Ensuite, la colorometrie et la mise en scène sont vraiment bien conçues. Les couleurs un peu bleutées, cetaines scènes sont au ralenti façon Hard Boiled, le montage parfait... Ca fait pleurer tellement c'est beau. Même les scènes violentes font preuve d'un esthetisme remarquable.

Pour ce qui est de la qualité de la bande, elle n'a pas trop souffert, malgré l'age avancé du long-metrage (1988, quand même)... Quant au doublage, je vous rassure : il tiens très bien la route. Certes rien ne vaut la V.O, mais le ton des doubleurs est très juste, synchrone, et le texte bien adapté.

Chapitre 4 : CONCLUSION :

Bref, que dire d'autre ? Louez, achetez, volez, mais par pitié TROUVEZ ce film car il est non seulement doté d'un scenario hors-norme, mais aussi d'une realisation exemplaire..

Majestueux, bien conçu, attachant. Voici les qualités de On the Run, un authentique polar chinois.

 

LKL, Juillet 2000