Oui je sais Deauville, ça
fait déjà 2 mois et je nai pas été foutu de faire un papier dessus rapidement,
cest quil est devenu fainéant le Master Cyco depuis quil travaille, bon
bref cette fois ci ça y est le compte rendu est bien là pour vous faire patienter jusque
la prochaine édition dans 10 mois
On vous avait suffisamment prévenu, il fallait
réserver votre premier week-end de mars pour le festival Pan Asia situé à Deauville,
charmante petite ville bourgeoise de bord de mer, repère des parisiens le week-end,
connue pour son festival américain (Kitano et Tigres et Dragons lan
dernier
). Alors il pleuvait daccord, mais avec pas moins de 30 films à
laffiches et 75 invités réalisateurs ou acteurs, on nallait pas être déçu
dautant plus que toutes les conditions étaient réunies pour rendre ce jeune
festival indispensable : programmation éclectique, accueil et organisation parfaite,
projections dans des salles superbes (1200 places pour le CID pour un écran
denviron 250 m2). A vrai dire je trouve peu de points négatifs pour ce festival.
Bon daccord, on fantasmais depuis quelques mois à lidée de voir certains
films comme entre autre les derniers Miike (Audition !) ou Sogo Ishii (Gojoe !)
mais le premier avait déjà eu lhonneur dune rétrospective en France et le
second était bloqué par le distributeur. Ces films ne sont pas passés mais on a pu
découvrir à la place une programmation de films parfois méconnus mais tout aussi
intéressants. Signalons enfin que tous les films du festival étaient présentés
sous-titrés français.
Programmé idéalement un week-end de vacances avec une
journée supplémentaire par rapport à lan passé, le festival a, je pense, attiré
plus de monde, aidé par un bouche à oreille qui commence à fonctionner et aussi par le
soudain attrait des Français pour le cinéma asiatique (avec les succès de Tigres et
Dragons, dIn the mood for love et Yi Yi).
Outre des hommages aux réalisateurs Srilankais Lester
James Peries et à sa femme Sumitra Peries ainsi quau taïwannais Sung Tsun Shou,
réalisateur dune vingtaine de films dans les années 70 dont certains montrés les
débuts à lécran de la toute jeune Brigitte Lin, le festival a programmé des
films " jeune public " avec lavant première du japonais Nos
Voisins les Yamada de Isao Takahata stupidement programmé le jeudi à 9h30 pour que
certainement personne ne le voit. Fut programmé aussi le Pas un de moins de Zhang
Yimou ou Les Contes de la lune vague après la pluie de Mizogushi
Comme tout festival, des films se sont affrontés devant
un jury composé notamment du réalisateur Alain Corneau et de lacteur Vincent
Perez. Neuf films de huit nationalités différentes ont concouru pour les traditionnels
Lotus dor du meilleur film, réalisateur, image, acteur et actrice et prix du
public. Un panorama de neuf autres films était aussi présenté au public.
Voici à présent mon journal de bord au jour le jour,
il a fallu faire des choix et je ne métendrai donc pas sur les films Deveeri
(Inde), Fleeing by night (Taïwan), My heart (Corée du sud) que je
nai pas vu. Cest parti
Jeudi 1er mars 2001
Le jour J est enfin arrivé, nous voilà enfin en côte
normande pour se faire une indigestion cinéphilique. Au menu : du chinois, du thaï,
du jap et plein dautres gourmandises inédites rien que pour nos yeux. Le ventre lui
ne travaillera pas beaucoup ce week-end au point que certains repas ont été sautés ou
décalés dans la nuit pour pouvoir se faire un maximum de toiles. Dehors, il pleut et il
fait froid, cest pas aujourdhui quon ira prendre un bain. Seule
solution : le cinéma le plus proche, aujourdhui tout se passe au
" Casino ", belle salle denviron 400 places, grand écran,
sièges rouges confortables, on se croirait à la " dernière
séance ". Le public est là, public ou journalistes, ça je ne sais pas, en
tout cas les gens sont calmes, cest pas comme à Bruxelles au célèbre festival
fantastique où jai été voir le wu xia pian coréen Bichunmoo (moyen
sen dit en passant). Les belges sont fous, ça crie, ça parle, lambiance est
bon enfant, les gens font le spectacle et se manifestent face aux images (une lune
apparaît et toute la salle fait ouuuuuh, voyez le délire
) Ici à Deauville, les
salles sont moins pleines et les gens plus respectueux des uvres. Deux pays, deux
ambiances
bref, voici mes commentaires de cette première journée
The Cabbie
De Chang Hwa-Kun et Chen Yimen Taïwan 2000
Avec Rie Miyasawa et Tsan-der Tsai
Très éloigné formellement de la plupart des films de
Taïwan qui arrivent en France (lextrême lenteur des films de Hou Hsia Hsien ou
Tsai Ming Liang ), le film est une agréable comédie douce-amère qui relate la vie
dun chauffeur de taxi qui essaye coûte que coûte demballer une policière
essayant dattirer son attention en faisant des fautes de la route.
Le film se regarde avec plaisir, on rit parfois
intérieurement mais ce nest quun petit film sympathique, une agréable
entrée pour le festival qui ne mérite tout de même pas son prix du meilleur
réalisateur, la réalisation étant plate et sans surprise.
Time and Tide
De Tsui Hark Hong-Kong 2000
Avec Nicolas Tse, Wu Bai et Anthony Bunman Wong
On lattendait celui là, imaginez : le retour
à Hong-Kong de Tsui Hark après ses aventures avec Van Damme, un film daction vendu
à lorigine comme lEnfer des Armes de lan 2000
ça ne
pouvait quêtre bien mais dur fut larrivée
Le film met en scène deux
chanteurs à la vie dans un film bourré de gunfights, deffets spéciaux et
dexplosions en tout genre. Le montage est nerveux, les dialogues rares, ça plaît
donc forcément à certaines personnes, mais en ce qui me concerne jen attendais un
peu plus de la part du plus grand réalisateur / producteur de Hong-Kong (allé,
jose
du monde ?). Ce que je reproche donc au film cest son
scénario inintéressant (le résumé du dossier de presse fait pourtant 3 pages !)
et le parti pris du réalisateur de continuer ses expériences de caméras passent partout
déjà vu dans Piège à Hong-Kong. Les caméras dans les chaussures de Vandamme,
cest amusant une fois mais pourquoi persiste t-il dans cette voie ? Le
réalisateur sintéresse maintenant aux détails, il ne filme plus les explosions
mais lintérieur de celle ci, il fait accoucher ses personnages en pleines scènes
de fusillades,
amusant tout ça, Tsui Hark propose de linédit mais ça rend
pas le film meilleur. Le réalisateur samuse visiblement mais moi il ma
emmerdé (et endormi
), au point peut être dêtre méfiant sur son Zu 2
(même si les premières photos sont magnifiques) qui avec 1600 plans deffet
spéciaux risque de nous en montrer des prises de vue acrobatiques
disponible en vcd, prochainement en dvd.à Hong-Kong.
Une sortie ciné & dvd est prévue en France, patience
Vendredi 2 mars 2001
Une nuit à Pont Lévêque (son célèbre fromage, son
gîte rural contactez moi je vous direz ladresse
-) et un petit
déjeuner plus tard, nous revoilà à Deauville. Le programme de la journée est
chargée : séance à 12h30, 16h,19h et 21h. Le cercle HK Cinémagic / Zeni
sagrandit, on était cinq ce jeudi, on passe à huit (plus les groupies très
nombreuses à nos pieds...eh ? ah non, merde
). Ce soir, cest la
cérémonie douverture, les officiels ont sorti leurs beaux costumes, les nombreux
invités Air France remplissent gratuitement la moitié de la salle, ils sont contents,
ils vont voir de jolies asiatiques en costumes portées des drapeaux, Alain Pattel,
Elisabeth Kein, Vincent Perez
Super, ah yavais aussi un film, germano americano
chinois très conventionnel mais ça je vous en parle plus bas. Allez hop
Bon, il est 12h, la prochaine séance intéressante est
dans une demi heure, il me reste donc 30 minutes à combler, direction donc la salle du
casino où est projeté le thaï Iron Ladies (de Yongyooth Thongkonthun,
encore un nom très facile a retenir). Grand succès dans toute lAsie lan
dernier, cette comédie traite de laventure dune équipe de volley-ball
composée uniquement dhomosexuels et travestis lors dun tournoi national. Je
ne pourrai juger ce film nen ayant regardé que 20 minutes mais pour le peu que
jen ai vu le thème central est traité avec tous les clichés que lon pouvait
voir dans les film occidentaux il y a une quinzaine dannées (style La cage aux
folles
) : personnages efféminés, moqueries
Bref ce nest pas
avec ce film quon allait voir de linédit, direction donc la grande salle pour
la première bonne surprise du week-end
In The Heat Of the Sun
De Jiang Wen Chine/HK/Taïwan 1994
Avec Xia Yu et Jiang Wen
Ce long film de près de 2h20 est le premier long
métrage de Jiang Wen, connu en France pour Les démons à ma porte, grand prix du
festival de Cannes en 2000. Honteusement inédit en France (le film date déjà de 1994 a
été acheté par UGC qui ne la jamais sorti), le film raconte lhistoire dans
un style proche du Brighter Summer Day dEdward Yang, dune bande
dadolescents à Pékin un été des années 70. Ce qui fait plaisir dans ce film est
loptimisme des personnages, le portrait dune jeunesse privilégiée à la
recherche de lamour. Le cinéma chinois peut ainsi nous raconter dautres
histoires que le portrait de gens courageux dans la douleur (représenté par les
" combats " de Gong Li dans les chefs duvre de Zhang Yimou
Vivre et Qiu Ju). Malgré la dictature du communisme (représentée dans le
film par de nombreux chants nationaux) les personnages sont libres. Tout comme son nouveau
film présenté en salles actuellement, le réalisateur avait déjà choisi un fond
politique représenté par la description dune époque poste Révolution Culturelle
et son regard ironique quil porte sur cette époque bénie de lhistoire de
Chine.
Disponible en vcd
Bangkok
Dangerous
De Oxide et Danny Pang Thaïlande 2000
Avec Pawalit Mongkolpisit, Premsine Ratanasopha, Patharawin Timkul et Patarkapat
narkatapatatate (non celui là cest pour rigoler, non mais vous avez vu leurs
noms !)
Ce qui est bien dans les festivals comme celui là
cest de pouvoir voir en très peu de temps un maximum de films mais le fait de les
enchaîner peut être négatif car on vient rapidement à les comparer entres eux. Comment
donc être sensible par ce film quand on sort du film de Jiang Wen. Les deux films sont
très différents daccord, le premier est une chronique adolescente classique dans
la forme et qui raconte une belle histoire, le second un polar remplie deffets de
caméras et dont lintrigue est minimaliste.
Le film raconte lhistoire dun tueur
professionnel muet qui arpente les rues dangereuses de Bangkok où il exécute ses
contrats dans un silence de mort. Sa chance de rédemption est une jeune fille. Elle seule
est capable de le sauver et de lui apporter la tendresse quil na jamais connu
à moins que son mode de vie ne le tue avant.
Le film est réalisé par deux chinois de Hong-Kong dont
lun est un célèbre monteur. Cela ce voit à lécran : entre effets
clipesques et mise en scène à la Wong Kar-Wai, le film est un véritable travail de
monteur car du début à la fin le film nest quun enchaînement deffets
de caméras, daccumulations de filtres et ceci de manière encore plus présente que
le Time and Tide vu la veille ! Le film nest pas désagréable tout de
même, ces effets modernes sont sûrement une première dans un pays où le cinéma
nétait jusquà présent pas habituer à une telle mise en scène à
laméricaine. Au même titre que Le Pacte des Loups est une première en
France, les frères Pang ont réussi un vrai film de genre moderne dans un pays dominé
par le cinéma classique (drame,...) Ce que lon peut retenir aussi de ce film outre
les nombreux effets de style illustrant les assassinats, cest lhistoire
damour comme dans le The Killer de John Woo. Heureusement
quil y a cette histoire qui vient se greffer car elle relance lintérêt du
film qui aurait pu se contenter de nager sur cette vague asiatique de films de genre
privilégiant les beaux effets aux belles histoires dantan (comme lactuel Nowhere
to hide / Sur la trace du Serpent )
Sortie prochaine au cinéma en France
Eating air
De Jasmine Ng Kin Kia & Kelvin Tong singapour 2000
Avec Benjamin Heng et Alvina Toh
Serrant entre ses cuisses une vieille moto Yamaha à
bout de souffle, Boy roule comme un forcené sur le périphérique qui entoure Singapour.
A dix-huit ans, il est une sorte de héros local avec une vague réputation de champion de
kungfu. Dans la bande qui lentoure, il y a Ah Gu, Cao He Lang, Aw Tau. Pas tout à
fait des voyous mais des " glandeurs ", prompts à la bagarre à coup
de casque de moto. Parce quil rêve dun nouveau modèle pour remplacer son
vieux clou, Boy commet des imprudences : il emprunte de largent à un malfrat
et fait le dealer pour le rembourser. Les choses tournent mal et finissent par une rixe
sanglante dans un passage souterrain. Une leçon pour Boy qui se réfugie dans
lamour de Girl, vendeuse de journaux la nuit au bord des routes. Il ne retournera
pas vers ses potes, lenfer des motos, les rodéos dautoroutes, la violence,
lodeur dessence brûlée. (1)
Si avec ce résumé vous croyez voir du déjà vu,
détrompez vous, voilà enfin un film asiatique qui sort des deux grands courants actuel
que sont les films de frimes, " tas vu mes beaux effets ? "
ou les films " construit pour les festivals occidentaux ", ces films
lents, soporifiques, bref chiant pour faire plus court. Et puis cette bonne surprise nous
vient en plus dun pays dont on ne connait rien en matière de cinéma, Singapour,
une ville - état de moins de quatre millions dhabitants qui produit 1 ou 2 films
par an. Comme on la souvent constaté, cest par les petits films inconnus et
inattendus que lon fait les meilleurs soupes. Bon je memballe là pour
défendre ce film mais ce nest quand même pas le film du siècle, mais un petit
film très sympathique bourré de scènes rigolotes influencées par la culture jeune
actuelle : le cinéma kung fu, les mangas, la musique rock
Laffiche du
film parle de " motorcycle kung fu love story ", quatre mots qui
résument bien le film : une bande de jeune à motos, des clans rivaux, une histoire
damour pour le héros qui souvent sévade dans ses pensées où il se prend
pour un champion de kung fu ou en samouraï sanguinaire dans la cuisine de ses
parents
Lautre bonne surprise est la bande son pour une fois pas sirupeuse de
canto pop puante mais rock (avec des artistes locaux). Les acteurs, tous amateurs, sont
très convainquant notamment celui qui joue le rôle de Lao Beng, un espèce de hard
rocker aux cheveux longs qui nous raconte par flash-back ses exploits délirants très
éloignés de la réalité. Voilà, ce film est une excellente surprise qui je
lespère pourra être accessible à tous prochainement.
Disponible en dvd zone 1 à Singapour. Le
réalisateur nous a dis quune sortie à HongKong allais se faire prochainement.
Je vous invite à aller voir une interview du
réalisateur faites pendant le festival sur lexcellent site ami : http://zeni.free.fr
Shadow Magic
De Ann Hu Chine/Taiwan/Japon/Allemagne/USA 2000
Avec Xia Yu et Steve Chang
Pékin, 1902. Le " Feng Tai Photo
Shop " se prépare fébrilement à larrivée de la plus grande star de
lopéra de Pékin, Lord Tan. Le propriétaire du Feng Tai ne cesse de reprocher à
Liu Jinglun (Xia Yu), le photographe en titre, sa fascination pour lOccident et ses
nouveautés, qui daprès lui ne peuvent trouver leur place dans la société
chinoise traditionnelle. Quand arrive au milieu de cette effervescence un étranger,
Raymond Wallace (Jared Harris), venu présenter à Pékin le premier film muet, Shadow
Magic. Le film, Wallace, la fascination de Liu
vont ranimer lanimosité
envers les étrangers : Pékin panse encore les blessures de lInsurrection des
Boxers et se relève à peine de lOccupation européenne. Liu se doit de cacher au
Maître Ren et à son père Liu lAncien, lamitié qui le lie à Raymond. Il
passe de plus en plus de temps en compagnie de Raymond et du spectacle du Shadow Magic.
Ses sentiments amicaux se mêlent à son désir dapprendre le " secret de
létranger ". son entêtement va compromettre sa relation avec la femme
quil aime, Ling, la fille de Lord Tan, qui quand à lui, craint que le Shadow Magic
ne lui vole son public
(1)
En ce soir de cérémonie douverture où tout le
beau monde est présent, il fallait bien un film qui plaise à tout le monde, donc si
possible pas trop violent, sans sexe, avec une belle histoire linéaire classique, des
personnages attachants, et
parler en anglais pour la plupart des dialogues. Oubliez
lInsurrection des Boxers ou loccupation européenne du résumé, ce film
réalisé par une réalisatrice chinoise vivant aux Etats-Unis est une coproduction
internationale politiquement très correcte formaté pour les occidentaux élevé aux pop
corn, où lhistoire du pays est en retrait, seul comptant dans ce film cette
histoire du petit blanc intelligent venu en Chine montrer à une population
dignorants la magie du cinéma. Le fil de lhistoire est donc très classique,
vous avez même le temps daller pisser au milieu du film, vous comprendrez très
facilement la suite de lhistoire. Sans surprise donc, à part la présence du jeune
acteur Xia Yu vu la veille dans le merveilleux In The Heat of The Sun.