- ANALYSE & CRITIQUES-

La rétrocession vue par... Fruit Chan
Fruit Chan, de tous les réalisateurs de Hong-Kong, est sans doute le seul cinéaste qui ait choisi d’aborder frontalement ce thème. En y consacrant pas moins de trois films.

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Made In Hong Kong
The Longest Summer
Little Cheung

Introduction à la "trilogie 1997"

1er juillet 1997, après une concession d’un siècle, Hong Kong, sur la base d’accords signés quelques années plus tôt retourne définitivement dans le giron de la Chine communiste. Bien que celle-ci ait promis 50 ans sans changement (d’ou le titre du prochain film de Wong Kar Wai : 2046, ce sera l’année fatidique), qu’en est-il exactement ? Comment la population a t’elle vécu ce passage. Est-ce que les habitants de la colonie ont eu le sentiment de vivre l’histoire en marche ? Quatre ans après, effectivement, Hong Kong garde son statut particulier et les chinois du continent sont toujours obligés de passer une "frontière" pour pouvoir entrer à Hong Kong.
" Un pays, deux systèmes " ont proclamé les autorités et Hong Kong représente encore un eldorado pour toute les personnes qui tentent chaque jour de passer la frontière (légalement ou non).

Ironiquement, avant la rétrocession, c’était bien la Chine qui représentait un eldorado pour les réalisateurs de la colonie. Et il s’est finalement avéré une véritable désillusion pour tous les cinéastes qui ont cru à l’ouverture d’un nouveau marché. La Chine reste toujours aussi hermétique. Et c’est sans doute ce qui explique le changement d’attitude des studios et l’explosion des cinéastes tel que Jingle Ma, Benny Chan ou encore Andrew law. Sans doute plus aptes à séduire les studios avec des films impersonnels mais exportables. Le marché de la Chine restant fermé, le seul moyen d’en conquérir de nouveaux est alors de séduire l’occident. Avec l’apparition de film comme Skyline Cruisers, Tokyo Raiders ou encore Gen-Y-Cops, on pourrait presque taxer ces " réalisations " de produit de la rétrocession. Ce qui avouons-le, n’est pas très brillant.

Mais ce résultat ne doit pas faire oublier qu’à l’époque, beaucoup de cinéastes ont tenté, souvent par le biais de la métaphore (Tsui Hark en tête), de parler de la rétrocession et de ses craintes. Fruit Chan, de tous les réalisateurs de Hong-Kong, est sans doute le seul cinéaste qui ait choisi d’aborder frontalement ce thème. En y consacrant pas moins de trois films, Fruit Chan a su saisir l’air du temps dans la colonie avant que celle-ci ne change de visage et se maquille en rouge.

Made In Hong Kong Made In Hong Kong

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Made in Hong-Kong : Comme un certain malaise…

Né en Chine en 1959, Fruit Chan émigre à l’âge de 10 ans avec sa famille à Hong-Kong. Après des études de cinéma, il a longtemps travaillé pour les grands studios (d’abord dans l’écriture de scripts, puis comme assistant-réalisateur). Mais ce système, estime t-il, n’est absolument pas adapté à la réalisation des projets qu’il a en tête. Pour conserver une totale indépendance (mot rare dans le cinéma actuel à Hong Kong), il démarre en empreintant de l’argent à ses amis et réalise Made in Hong-Kong avec des bouts de pellicules récupérés sur des vieilles bobines.

Tourné avec peu de moyens (80.000 US$) et des acteurs non professionnels, Made in Hong-Kong suit le quotidien de Moon et de Sylvester, un débile léger qui a l’odorat hyper développé, chargés de récupérer l’argent emprunté à un boss des triades. Ils tombent amoureux de Ping, une jeune fille dont la vie dépend d’une transplantation de rein.

Sur un sujet qui peut laisser penser à un mélo, Made in Hong Kong se dresse plutôt comme un constat (à ce titre, il n’apporte aucune solution) sur le malaise qui se propage à travers la jeunesse actuelle de Hong Kong. Une jeunesse complètement sans repère. Qui est autant le produit de parents démissionnaires que d’une société prête à les abandonner. Sans avenir, elle quitte l’école de plus en plus tôt, se tournant souvent, pour gagner de l’argent facilement, vers les triades. Mais on est ici à mille lieux de l’univers glamour des " Young & dangerous ", et l’on ne tire aucune gloire à devenir homme de main. A part peut-être celle de finir mort dans les détritus en train de se faire dépouiller par des plus jeunes que soi. La violence appelle la violence, et ceux qui prétendent le contraire sont, au mieux, des inconscients ; au pire, des menteurs.

Devant un tel malaise et une telle violence, Fruit Chan nous présente des héros qui ne sont que des morts en sursis. Et tout, de la mise en scène aux personnages vient appuyer cette idée. A tel point que l’on finit par se demander si les héros ont eux-mêmes conscience d’être en vie. Moon est " visité " plusieurs fois par soir par le fantôme d’une suicidée qui lui fait l’amour. Le royaume des morts est pour lui aussi réel que celui des vivants. La scène du cimetière nous conforte dans ce sentiment : on y voit les personnages hurlant en courant dans un cimetière le nom de la suicidée, afin d’essayer de retrouver sa tombe. Bien évidemment, personne ne répond, mais cette quête leur aura permis, l’espace d’un instant, d’oublier leur quotidien et de retrouver une part de l’enfance qu’ils ont à peine quittée.

Moment de bonheur de court instant puisque bientôt, Moon, se rendra compte qu’il est encore en vie, et douloureusement. En acceptant (ce qu’il avait toujours refusé) de tuer quelqu’un. D’un seul coup, la réalité d’un meurtre de sang froid lui rappellera qu’il est encore en vie dans une superbe séquence qui nous montre d’abord l’acte fantasmé par Moon, puis l’acte tel qu’il a réellement eu lieu. Et au dernier moment, Moon s’avèrera totalement incapable d’appuyer sur la gâchette, signant symboliquement son arrêt de mort. La dernière scène, qui clôt le film en beauté (graphiquement parlant, bien sûr), nous confirme, si l’on en doutait encore, que l’on avait à faire à des morts-vivants. Puisqu’on entend en voix off la voie de Moon nous parler comme s’il était encore en vie, alors que celui-ci s’est suicidé sur la tombe de Ping. Fruit Chan, la veille de la rétrocession, dresse un bilan sur une jeunesse en proie au pessimisme, abandonnée par les structures sociales ou par leur famille. Une jeunesse, finalement, à l’image de la colonie, " abandonnée " elle aussi, par la couronne britannique.

Made In Hong Kong Made In Hong Kong

Sur le plan de la mise en forme, Fruit Chan, pour son premier film indépendant (il a tourné Final In Blood en 1991 dans le cadre des studios) ne s’est pas encore affranchi des figures qui l’inspirent. Visuellement, le film doit beaucoup à Wong-Kar-Wai, notamment à Chungking Express. Il faudra attendre les films suivants pour qu’il se débarrasse définitivement de ses influences les plus marquées. Mais malgré cela, Made in Hong Kong emporte l’adhésion grâce à son scénario d’une grande richesse et à ses acteurs. Fruit Chan confie d’ailleurs qu’il a pendant deux mois éclusé les bars de Hong Kong à la recherche de jeunes pouvant être naturels et spontanés. Ce parti pris est complètement artistique d’après Fruit Chan, puisque aucunement dicté par des contraintes financières. Les acteurs amateurs apportant une fraîcheur que des acteurs professionnels n’auraient pas été capables, selon lui, d’apporter. Visiblement, le résultat est à la hauteur de ses espérances. Sam Lee (dont c’est ici le premier rôle) est étonnamment sobre, lui qui par la suite va devenir un spécialiste du cabotinage et de la roue libre.

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The Longest Summer : Les oubliés de la rétrocession

Doté cette fois d’un budget beaucoup plus conséquent (façon de parler !), Fruit Chan enfonce le clou. Le deuxième opus de cette trilogie est de loin le plus désespéré. Fruit Chan profite d’images tournées pendant les cérémonies de la rétrocession pour nous raconter l’histoire d’anciens soldats, dont l’unité a été dissoute par les autorité, et qui décident de faire un casse dans une banque. A partir de ce film, Fruit Chan se sépare petit à petit des tics visuels qui ponctuaient Made in Hong Kong. Fruit Chan, qui reconnaissait l’influence de Wong-Kar Wai, devient plus contemplatif, parfois à la limite du documentaire. Les soldats, que filme Fruit Chan, ne sont que l’ombre d’eux-mêmes. Ils n’ont jamais combattu, jamais tué personne et, à la veille de la rétrocession, sont abandonnés par tous. D’abord par les britanniques, qui ne veulent plus de cette armée, ensuite par les communistes, puisqu’ils sont un symbole d’un passé à oublier. Yin, le leader de la bande, résume parfaitement la situation en une phrase : " Nous ne sommes plus anglais et nous ne sommes pas chinois ".

The Longest Summer prolonge l’idée de Made in Hong Kong à propos d’une société en plein délabrement. Comme en témoigne la famille de Yin, dont le jeune frère Suen (Sam Lee) fait partie des triades. Pour les parents, la seule chose qui importe, c’est que leurs enfants aient de l’argent et ce, quels qu’en soient les moyens, y compris en faisant partie des triades. Non seulement les parents sont au courant des activités de leur fils, mais en plus ils approuvent. Ils approuvent au point d’exhorter Yin de suivre l’exemple de son jeune frère et d’intégrer lui aussi les triades. L’argent est bon à prendre, où qu’il soit, semble être un principe moral dans la société actuelle…

Lorsque les parents ont à ce point " oublier " leurs principes moraux, on ne s’étonnera pas alors que les bandes organisées puissent recruter leurs éléments de plus en plus jeunes. Témoins ces adolescents, sortis à peine de l’enfance, et qui en sont déjà à se battre à la machette. La force de Fruit Chan est de nous montrer l’impasse que représente ce modèle de société sans jamais sombrer dans le moralisme. Il sait comme personne à Hong Kong montrer le désœuvrement moral. Yin par exemple, avec ses principes est un vestige du passé, lorsqu’il décide de quitter les triades, il envoie une lettre de démission à son boss ! " Les habitants de Hong Kong se sont réveillés comme des bébés ce matin mais nous, nous sommes de vieux bébés " lui dira d’ailleurs son boss le lendemain de la rétrocession.

Mais The Longest summer tire surtout sa force des images tournées pendant les cérémonies et insérer au récit. D’aspect documentaire, elles accompagnent parfaitement le désarrois dans lequel sont plongés ces anciens soldats. L’entrée de troupes chinoises à Hong Kong, filmée au petit matin et sous la pluie n’a rien de glorieux. On assiste, comme la foule de curieux qui s’est déplacée, à la parade de pantins (soldats) en gants blancs en train de faire le salut militaire sur des camions. Mais quelque chose nous échappe. Cette armée se présente comme une armée de libération, rendant enfin Hong Kong à la Chine, mais quelque chose cloche.

On a le sentiment que c’est bien une armée d’occupation qui vient en remplacer une autre. Là dans la foule, Yin et ses compères, presque malgré eux, font le salut militaire aux chars qui paradent. Ils savent ce que représente cette armée (ils n’ont pas pu oublier Tian Anmen, comme le rappelle une manifestation dans le film) mais ils sont perdus, ne savent vers qui se tourner pour pouvoir exister. Ils ont besoin d’une figure d’autorité et vu que la société se dérobe, il ne reste plus que la Chine comme espoir. Yin ne se remettra pas de cette prise de conscience douloureuse et après la disparition de son frère, l’amnésie sera le seul moyen pour lui (et pour la société) de trouver un semblant de bonheur. Oublions ce qu’on fait les chinois et ce qu’ils représentent tant qu’on peut continuer à faire de l’argent.

Finalement, nous montre Fruit Chan, les hongkongais n’ont que très peu de conscience politique (le même problème touche les taiwanais). La faute à la culture chinoise et sans doute aux britanniques qui ont bien profité de cet état de fait. Les premières élections directes dans la colonie datent de 1991, soit bien après la signature des accords (1984) rendant Hong Kong à la Chine et ces élections ressemblent à une épine dans le pied laissé aux communistes.

The Longest Summer, que certains on trouvé inférieur à Made In Hong Kong, est certes moins facile d’accès mais beaucoup plus riche que le premier opus. Fruit Chan prouve qu’il est un excellent directeur d’acteur (ils sont tous irréprochables) et même s’il a du mal à finir son film, on constate avec joie que Made in Hong Kong n’était pas un accident. Fruit Chan est dorénavant un réalisateur qui compte et qu’il faut suivre.

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Little Cheung : Enfance et immigration

Après autant de noirceur, Fruit Chan revient à un peu plus de chaleur humaine avec le dernier opus de cette trilogie. Cette fois, ce sera à travers le regard d’un enfant de neuf ans que l’on vivra les derniers instants britannique de la colonie.

Little Cheung est le fils d’un petit restaurateur, pour lequel il fait des livraisons pour se faire de l’argent de poche. Sa mère, souvent absente pour cause de mah jong, le rapproche de sa bonne et de sa grand-mère. Dans ses déambulations, il va rencontrer Fan, la fille d’une immigrante chinoise clandestine. Une amitié va naître.

Little Cheung Little Cheung

Pour son troisième film, Fruit Chan ne choisit pas la facilité. Il est en effet très difficile de parler de l’enfance (encore plus à Hong Kong !) sans d’un côté, sombrer dans la mièvrerie et le mélo ou de l’autre, prendre les enfants pour ce qu’ils ne sont pas, c’est à dire des adultes en leur collant dans la bouche des propos qui ne sont pas de leur âge. Mais Fruit Chan est suffisamment intelligent pour ne pas tomber dans ces pièges et le résultat est touchant de justesse.

L’endroit ou vit Cheung est filmé de manière quasi documentaire et on assiste à une réalité que bien des cinéastes hongkongais oublient de nous montrer. En dehors des immeubles et buildings du centre ville, Hong Kong ressemble à une ville du tiers monde. Les moins riches et les plus démuni sont irrémédiablement repoussés à la périphérie où les habitations sont dans un tel état de délabrement qu’ils font penser à des bidon villes. Les trottoirs sont sales, jonchés de détritus. On y cottois des immigrés clandestins, des prostitués ou des jeunes qui se prennent pour des caïds.

C’est l’autre face du miracle économique que représente Hong Kong pour les chinois. Mais paradoxalement, Fruit Chan montre qu’il existe dans ces quartiers encore un esprit de village. Les gens se connaissent tous et pour la plupart, se respectent. Ce qui rend d’autant plus choquant leur attitude envers les immigrés (clandestins ou non, chinois ou non, voir à ce sujet l’attitude plus qu’ambiguë qu’entretiennent les parent de Cheung à l’égard de la bonne philippine). Leur attitude relève d’un profond mépris, qu’il faut sans doute rapprocher du racisme latent des hongkongais. Là où ce mépris est encore plus incompréhensible, c’est qu’il s’applique sans distinction aux chinois du continents comme aux indiens ou aux philippins. Rien ne permet, au premier abord, de différencier un immigrant chinois d’un hongkongais et seule les conditions de travail de chacun permettent de savoir à qui l’on affaire.

L’immigration est bien le thème central de Little Cheung. Les chinois du continent essayent de trouver à Hong Kong l’argent qu’ils n’ont pas chez eux. Naïvement, ils vont jusqu’à penser qu’après le 1er juillet, il n’y aura plus de frontière pour aller à Hong Kong. Bien évidement, la réalité est tout autre et même après la rétrocession, ils seront toujours considérés comme des clandestins et à ce titre, se feront ramener comme les autres à la " frontière ". Cheung (comme nous) comprendra alors dans quel univers il évolue même si celui-ci est complexe. D’un côté, on lui montre à l’école que son territoire va être rendu à la Chine (voir la pathétique explication du drapeau chinois pendant les cours, à ce moment là, on ne sait vraiment pas si l’on doit rire ou pleurer) et de l’autre, il assiste aux descentes de police dans son quartier qui viennent embarquer les chinois clandestins (y compris, bien sûr, Fan et sa mère).

Mais Fruit Chan ne sombre jamais dans la démagogie et tout ce que l’on voit, on le voit du point de vue de Cheung et c’est la grande force du film. Lorsque la bonne s’en va, on ne sait plus ce qu’elle devient, idem pour Fan et sa mère lorsqu’elles sont arrêtées par la police. On n’explique pas tout aux enfants, il en sera de même pour nous. Il nous reste notre imagination et notre regard d’adulte pour deviner ce qu’il en est vraiment.

Sur le plan visuel et sur celui de la narration, le style de Fruit Chan a beaucoup évolué depuis Made in Hong Kong. Little Cheung confirme que Fruit Chan n’est pas un grand créateur formel. Il est beaucoup plus intéressé par les histoires et ses personnages que par un quelconque effet visuel. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en ces temps d’esthétique clip, ça repose presque les yeux. Idem pour la bande son, réduite à son strict minimum. Ce qui donne au film un aspect sobre et dépouillé. Rendant son accès relativement hermétique pour un public habitué aux montages hystériques. Le film, malgré ses bonnes critiques, n’a rien rapporté dans la colonie. C’est dommage car Fruit Chan se révèle vraiment comme un incroyable directeurs d’acteur, et ce qu’il a réussi à obtenir pour Little Cheung de la part d’acteurs non professionnels est absolument magnifique. Little Cheung est une réussite et elle le doit autant au talent de Fruit Chan qu’à celui de ses comédiens.

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Conclusion

Fruit Chan n’a pas voulu se substituer aux livres d’histoires en nous faisant un cours de géopolitique et c’est tant mieux. Il pose sur la rétrocession un regard quasiment de sociologue, mais avec une sensibilité de cinéaste. On ne peut donc pas le considérer comme un réalisateur social au même titre qu’un Ken Loach ou un Mike Leight. Il ne fait pas de politique et ne nous assène pas de message. Fruit Chan est loin d’être jusqu’au boutiste et il n’exclue pas un jour de retravailler pour les studios, voire même pour Hollywood. Il a juste l’intelligence d’adapter ses méthodes de tournage et son mode de financement au script qu’il veut réaliser.

Au final, Fruit Chan nous aura offert des instantanés de chacune des générations qui ont vécue cette rétrocession. L’enfance avec Little Cheung, l’adolescence avec Made in Hong-Kong et le regard des adultes avec The Longest Summer. A la fois drôle, touchant, émouvant ou désespéré, ils ont tous leur pertinence et sont la preuve qu’un autre cinéma peut exister à Hong Kong. En forme de clin d’œil, la dernière image de Little Cheung nous montre Cheung voyant par la fenêtre Moon, Ping et Sylvester traverser la rue. Une dernière note de tendresse envers ses personnages plus qu’un clin d’œil à une époque révolue. La boucle est bouclée, on peut maintenant passer à autre chose.

Bienvenue dans la République Populaire de Chine.

David Aneas - Mai 2001 (mise à jour, octobre 2003)

 

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