LOST AND FOUND

(littéralement: Edge of the World, Mandarin: Tianya Haijiao, Cantonais: Tin Ngai Hoi Kok)
Producteur, réalisateur, script: Lee Chi-Ngai
Avec: Kelly Chan Wai-Lam (Kelly), Takeshi Kaneshiro (Gum Sing-Mo, That Worm), Michael Fitzgerald Wong Man-Tak, Cheung Tat-Ming, Josie Ho Chiu-Yee, Hilary Tsui Ho-Ying, Ma Chun-Wai, Cheung Ying-Choi, Tang Lai-Ming, Tsang Hoi-Ying, Lee Hiu-Tung, Lee Hiu-Ying, Mak Siu-Fai.
Caméo: Jordan Chan Siu-Chun, Henry Fong Ping, Maria Cordero, Moses Chan Ho, Yim Lei-Ming, Teddy Chan Tak-Sum, Joe Ma Wai-Ho, James Yuen Sai-Sang.
Musique: chansons interprétées par Kelly Can Wai-Lam, et Leonard Cohen.
Type: C1, 36 éme sur 114 en 1996, exploité à HK du 18/10/96 au 13/11/96 (27 jours), recette: HK$ 5,383,985.
Durée: 101 min./ 1996.

Chan Wai-Lam, fille d'un puissant armateur de Hongkong, découvre qu'elle est atteinte d'une leucémie incurable. Mais, elle décide de se battre et de continuer à vivre ses derniers moments en travaillant chez son père. Elle fait la connaissance d'un des employés de celui-ci, marin et d'origine écossaise, Michael Wong. Prévenant et sympathique, il réussit à lui faire retrouver le sourire pour un temps.


Kelly Chan
A bout, elle finit par engagé " That Worm ", un étrange hurluberlu d'origine Mongole. Celui-ci est à la tête d'une petite boite spécialisée dans la recherche des objets et des personnes disparus. Il emploie les déshérités du quartier et vient en aide même à ceux ayant peu de moyen. Kelly lui demande de l'aider à retrouver le marin dont elle a perdu la trace, puis, de l'aider à retrouver... l'espoir.

Quel bonheur de voir Takeshi Kaneshiro donner la réplique à Kelly Chan dans cette comédie sentimentalo-dramatique et réaliste, produite, conçue, écrite et réalisée par Lee Chi-Ngai, réalisateur peu connu et ayant à son actif d'autres comédies sentimales plus au moins réussies. Citons Doctor Mack (avec Tony Leung Chiu-Wai, Lau Chin-Wan et Christy Cheung) et Marked for Murder. Kelly Chan, grande pop-star de Hongkong, a un jeu d'actrice plus qu'honorable, et on est amusé de voir Takeshi Kaneshiro dans un rôle assez sérieux après ses péripéties " Wongiennes ". Tout l'enjeu du film est d'occuper son temps le mieux possible, et faire preuve d'altruisme si possible, sachant que l'on mourra tôt ou tard. Bien malheureusement pour Kelly, ce sera plus tôt que prévu.

Chose rare dans les comédies de HK, ici l'intrigue est relativement crédible, et l'émotion passe. C'est comme un conte de fées moderne qui se terminerait mal. Inconditionnel de Kelly, et regardant tous ses concerts sur VCD, j'ai trouvé que ce film se démarquait grandement des productions Hongkongaise habituelles. Et je ne pense pas exagérer de beaucoup, en disant que la puissance émotionnelle dégagé par ce film, atteint celle de Chungking Express (évidemment moins dramatique). Une mise en scène simple, claire, efficace, nous permet d'entrer dans la peau des personnages et de comprendre leurs motivations et leurs désirs facilement. Pour apprécier le spectacle, peut être faut-il être un fan de Kelly Chan W-L ou avoir succombé à son sourire...

La partie tournée en Ecosse, " Au Bout Du Monde ", voyage initiatique pour Kelly (arrivée au stade finale de sa maladie), prône un retour à la nature, sinon guérisseur, apaisant tout du moins. Aucune scène décrivant la mort n'est montrée, ce qui rend la perte du personnage attachant de Kelly plus intense et plus douloureux. Lors de son enterrement et de la cérémonie funèbre, Kelly est présente et évolue, comme un spectre, autour de ses amis et de sa famille qui ne la voit pas. Elle se rend compte que tous l'adoraient, chose qu'elle n'avait pas compris à l'autre Bout Du Monde. Au final, en des termes biologiques, on dira qu'elle a préféré " investir dans la reproduction plutôt que dans la survie ", et en des termes métaphysiques, elle a laissé une partie d'elle même à son mari -That Worm- après sa disparition.

Ce film fut dénigré dés sa sortie, pour sa référence flagrante à 97 et aux départs pour l'étranger de nombreux hongkongais, anticipant le changement de régime. Toutefois, cette vision partielle et superficielle des choses est à mettre en opposition avec l'introspection du personnage et son exemple de lutte contre l'inévitable, de dévouement pour les autres et d'ultime espoir. De quoi faire la nique aux détracteurs de Hongkong, pour qui ses films
ne se résument qu'aux poings, au sang, aux gunfight et au sexe. Ce qui n'est quand même pas si mal...

 

Th. W-L.