5- La saga folle folle folle de Hong Kong


Dans les années 70-80, les number one au box-office HK étaient les frères Hui, les rois de la comédie cantonaise (3 de leurs films sont passés plusieurs fois sur ARTE : Mr Boo Détective (Private Eyes 76), Mr Boo fait de la Télévision (The Contract 78) et Chicken and Ducks Talk (88)). S'inspirant du burlesque américain des années 20 (Laurel et Hardy, Harold Lloyd, Buster Keaton...) des Marx Brothers, et de Blake Edwards, Michael (l'aîné), (le souffre-douleur) et Sam (le play-boy) vont faire rire toute l'Asie pendant plus d'une décennie. Il était alors normal de retrouver le même Sam Hui dans la série comique la plus populaire des années 80 : Mad Mission (Aces go Places). A l'origine de ce projet fou : l'acteur, producteur Karl Maka (Mak Kar). Avec sa maison de production Cinema City, sa passion pour James Bond, le western spaghetti, l'Inspecteur Clouzot (la célèbre Panthère Rose), il va faire exploser le Top Ten plusieurs fois de suite. Il est aussi à noter qu'il va également produire de nombreux films d'auteurs. On pourrait finalement comparer ce touche-à-tout de génie à Tsui Hark (ils ont plus ou moins la même bouille, en beaucoup moins chevelu pour Mak). Mais tous ses succès (uniquement dans la comédie) le rapproche plus d'un Wong Jing connaissant très bien la recette d'un gros succès commercial : il mixe donc de l'humour premier degré, de l'aventure, des cascades (élaborées par des spécialistes d'Hollywood), une intrigue policière (toujours très mince), et des combats bien réglés. La formule est gagnante, mais hélas le filon s'épuise avec le 5° opus réalisé en 1990 (4 ans après le numéro 4) n'est qu'une minable tentative pour essayer de renouer avec les succès d'antan).

Mad Mission - Episode 1 : le début de la légende (1981). Même si l'humour cantonais n'est pas ta tasse de thé, arrête-toi un peu sur cette comédie d'action sympathique. Si tu as raté son dernier passage sur M6, va louer la K7 après avoir fini une journée de boulot harassante, tu verras ça délasse. Bon, je sais, les gags ne sont pas de toute finesse, les acteurs sont parois agaçants, les costumes et la musique discos datent un peu, mais la mécanique fonctionne bien. En plus, pour une fois, le doublage est très correct (c'est Francis Lax, la voix de Huch, qui double le débonnaire Codijack, le pendant chinois de Kojak). L'histoire : Sam, dit " Gant Blanc "(Sam Hui), un voleur de haute voltige dérobe des diamants appartenant à la mafia. C'est " Langue Chaude " (Sylvia Chiang), aidée par Kody Jack, un inspecteur chauve et gaffeur arrivé de New-York (Karl Maka) qui sont chargé de l'enquête. Poursuivi par la mafia, Sam est obligé de faire équipe avec la police pour rester en vie et mettre hors d'état de nuire le gang. Le film est truffé de gadgets très Bondiens, de cascades dignes de Rémy Julienne et de situations rocambolesques. On ne peut pas rester insensible à ce genre de produit : soit on l'adore (comme moi), soit on le trouve débile et ridicule. Il faut également souligner que le film est mis en scène par l'immense acteur / producteur / réalisateur Eric Tsang (le petit gros des Flics de Hong Kong /Lucky Stars).

Mad Mission - Episode 2 : le retour des as (1982). Etant parfois maso, je ne pouvais pas rester de marbre aux chants des sirènes du numéro 2. Le scénario change peu : il y est toujours question de vol de diamants et du trio infernal. Le F.B.I. et des dangereux criminels voudraient bien récupérer les pierres. Mais bien entendu, grâce à de nombreux gadgets, Sam va devoir à nouveau se sortir de situations de plus en plus explosives.
Jouant la carte du " toujours plus ", Karl Maka se paie plus de parodies, plus de cascades, plus d'effets (dont une bataille de robots Transformers, une Rolls Royce digne du meilleur James Bond...).Mais le meilleur est à venir...

Mad Mission - Episode 3 : Man from Bond Street (1983). Toujours dans la surenchère, Maka n'hésite plus à se payer des acteurs occidentaux ! C'est ainsi que l'on peut apercevoir en " guest stars " les deux méchants de 007 : Jaws (l'immense Richard Kiel et son dentier d'acier), Oddjob (Harold Sakata et son chapeau melon tranchant dans Goldfinger), Mr Phelps (Peter Graves qui retrouve ici une Mission Impossible). Commençant un peu à la manière de Dangereusement Vôtre (réalisé 2 ans après...) à Paris, sur la Tour Eiffel et dans La Seine, Sam ne peut pas lutter contre ses instincts : il va donc une fois de plus essayer de voler un gros diamant, mais il est vite pourchassé par les bad guys vus plus haut. Heureusement, la Reine Elisabeth II d'Angleterre qui passait par là dans son sous-marin va sauver notre héros et lui confier la délicate mission de récupérer les joyaux de la couronne.
Courses poursuites en voitures, en scooters, en avions, en hélicoptères, des gadgets toujours aussi fous font dece film patchwork (parfois décousu) un must du genre dans le Panthéon des parodies complètement loufdingues. Cependant, durant le tournage, Tsui Hark ne cachera pas ses divergences d'idées et après avoir vu le résultat au montage, il quittera Cinema City pour aller créer sa propre compagnie : la Film Workshop.

Mad Mission - Episode 4 : You'll never die twice (1986). Le sous-titre s'inspire toujours d'un fameux James Bond, mais cette fois-ci, ce 4° opus change de direction. Il n'est plus question de vol de diamant, mais de la sauvegarde de l'humanité. Sam remplace Bruce Willis dans la recherche d'un professeur génial qui a découvert un crystal ayant la capacité de donner des forces surhumaines. Bien entendu, des méchants bonhommes sont sur le coup et notre trio héroïque aura du mal à en découdre pour le délivrer. Ringo Lam filme le quota habituel de poursuites en voitures, en hélicoptères, en bateau. Les guests stars répondent présents : Ronald Lancey (le méchant des Aventuriers de l'Arche Perdue), Kwan Tak Hing (l'ancien Wong Fei Hong). On a même droit au fils de Codyjack (aussi chauve que lui). L'humour est encore là mais on pressent que la série s'essouffle un peu. Le pire étant à venir hélas.

Mad Mission - Episode 5 : The Terracotta Hit (1990). Voulant retrouver les succès d'antan, Karl Maka déterre son bon vieux filon. Hélas, les as ne trouvent plus leur place, c'est là qu'est l'os ! Lau Kar Leung réalise mollement ce dernier épisode qui a seulement le mérite de nous faire retrouver Leslie Cheung en voleur stylé (comme Les Associés / Once a Thief). En compagnie de sa femme (la sublime Nina Li Chi), le couple va se faire passer pour nos héros préférés. A la fin, nos 4 lascars vont finir par s'associer pour pouvoir combattre un gang trafiquant d'arts et retrouver une épée volée. C'est aussi l'occasion de revoir les soldats en terre cuite de Terracotta Warrior. Il est à noter que l'on ne retrouve plus ici ni de guest stars occidentales ni la femme de Codyjack (Sylvia Chang).


1- L'Aventure, c'est l'aventure
2- Fantastique Hong Kong
3- De bons vieux polars
4- Des polars parfois mous du genou
6- Un condensé du savoir-faire de Hong Kong + le tableau récapitulatif


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