4- Des polars parfois mous du genou


Il arrive souvent que le pire cottoie le meilleur, je ne parlerai pas ici de Road Warriors (qui ressemble un peu au plus ringard des épisodes de C.H.I.P.S. la série U.S. où deux motards de la Police de la Route, tout droit sortis des Village People, passent leur temps à frimer sur leur grosse Harley). Roadwarriors (distribué par KARA) avec Danny Lee (comme par hasard) est comme je le disais à l'instant un film qu'il faut fuir comme la peste (une des seules cassettes de HK que je me suis résigné à effacer de ma vidéothèque : il n'y avait vraiment rien à sauver). Par contre, ceux qui suivent ne sont pas terribles mais il y a malgré tout quelques scènes qui permettent aux fans inconditionnels comme toi ou moi de s'y attarder au moins quelques minutes.

Guerre non Déclarée (Undeclared War)(1990) est finalement le seul Ringo Lam (période polar HK) qui nous soient parvenus en France (mis à part Mad Mission 4 et Double Dragons (deux comédies qui sonnent étrangement dans sa filmographie " en feu ")). Ringo (sans Sheila) n'était pas encore arrivé à Hollywood, mais il avait déjà des envies de s'évader. La preuve en est qu'il s'est permis un casting international (mais les acteurs sont quasi inconnus) et un tournage en Pologne. Bon, tout ça ne suffit pas, malgré un bon prologue bien saignant (les gunfights dans une église peuvent rappeler The Killer), on ressent un manque cruel de cascades et de kung fu. En voulant trop plaire à l'Occident, il enlève tout le cachet exotique qu'on est en droit d'attendre d'un produit réalisé par un metteur en scène hong kongais. Pour ce qui est de l'histoire : la C.I.A. et un flic de HK joué par .......................Danny Lee (AH ! QUE C'EST ORIGINAL !!!) traquent une bande de terroristes internationaux qui ont entrepris d'extorquer de l'argent à de riches investisseurs (c'est moins bien quand ils sont pauvres). Petit conseil d'ami : la prochaine fois que des distributeurs français veulent sortir un Ringo Lam, ils peuvent choisir Full Contact ou l'un des .... On Fire.

Mégaforce (Burning Ambition) aurait pu faire partie de ces bons petits films bien secs si l'ensemble n'avait pas été aussi décevant. L'histoire trop banal de cette prise de pouvoir à l'intérieur d'une organisation mafieuse ne vaut hélas le coup que pour une scène mémorable : celle du parking souterrain où les protagonistes se battent sur le verre cassé, obligeant les acteurs à faire le don de leur propre corps pour sauver ses parents. Yukari Oshima y est une fois de plus très efficace et démontre encore à celui qui ne le saurait pas déjà qu'elle fait partie de ces actrices / artistes martiales les plus douées de sa génération (à l'inverse de Michael Kael).

Héroïne Connection (China White)(1990) peut s'apparenter à Guerre non Déclarée par le fait qu'il est mis en scène par un des meilleurs réalisateurs HK : Ronny Yu, qui comme Ringo (toujours sans Sheila), a voulu sortir de son pays et conquérir le marché international. En tournant aux Pays-Bas (à Amsterdam) avec des acteurs occidentaux, il a lui aussi perdu un peu de son identité. Un peu à la manière de l'Année du Dragon, il filme mollement ses acteurs dans le China-Town de la grande ville hollandaise, puis retourne en Asie, dans le Triangle d'Or pour retrouver la pêche qu'il avait perdue en route. Hélas, ce n'est pas cela qui permettra de nous y attarder plus longtemps.

Brotherhood permet seulement de retrouver notre cher Danny Lee (dans son rôle à perpétuité de flic d'élite) et la sale gueule (toujours aussi antipathique) de l'imposant Sing Fui Ann. Pour ce qui est de l'histoire : Keung et Lui sont deux équipiers de chocs de la police de HK jusqu'à que l'un d'entre-eux fasse une bavure. Keung glisse alors inexorablement vers les fonds abyssaux de la dégénérescence. Son meilleur ami va tout faire pour l'aider à s'en sortir, mais les affres de la rue sont plus forts et auront raison de lui. Ce polar urbain ne fait pas partie de mon genre préféré, mais il fera certainement le bonheur de quelques pessimistes en mal de spleen.

Diamond Connection est, comme son nom l'indique, une histoire (une de plus) de trafic de diamants. Frankie Chan qui s'ennuie dans son boulot est criblé de dettes de jeu. C'est alors qu'une bande de gangsters va malencontreusement égarer des pierres précieuses (cachées dans un sac de riz) dans le petit supermarché de HK où travaille notre héros. Voulant récupérer les diamants, la Diamond Connection, une organisation internationale, va tout faire pour récupérer les précieux cailloux. Pensant que ce sont des vulgaires imitations, Chan va se retrouver imbriquer dans des situations où seul son formidable kung fu va pouvoir le sauver. Notre bien aimé Dick Wei est de la partie, Stanley Tong dirige les combats, ce qui est somme toute légèrement suffisant pour regarder au moins une petite fois cette minuscule petite série B.

Final Justice (1988) nous permet de retrouver un super flic joué par devinez-qui ??? Mais bien sûr, ce ne peut être que ce bon vieux Danny Lee (dans l'un de ses 500 rôles de policier " rentre-dedans "). Comme à son habitude, il va traquer la racaille qui pullule dans les rues sombres de Hong Kong. Cette fois-ci, il va s'attaquer à une bande de 4 cambrioleurs récidivistes qui n'hésite pas à annihiler tout ce qui se trouve devant leur chemin. Avec l'aide de Stephen (Chow Sing Chi dans son premier rôle dramatique), un jeune truand qu'il va faire libérer de prison, notre " inspecteur Harry " va tendre ses filets. Les tueurs se sentant menacer n'hésitent pas à éliminer le chef de la police. Hélas, Stephen est accusé de meurtre, tandis que la bande de malfrats court toujours et prépare même leur plus beau coup. Toujours dans la même veine que ces petits polars urbains violents, Final Justice (1988) ne déroge pas à la règle et permet à Chow Sing Chi de remporter le prix du meilleur second rôle au Taiwan Film Awards 1989, tandis que Danny Lee est égal à lui-même. On y retrouve également les mêmes sales tronches du ciné HK : Melvin Kwong Leung, Shing Fui On...

Red Fists nous compte l'histoire d'une alliance policière entre la Chine Populaire et Hong Kong ou plutôt celle entre Wong (l'excellent Yu Rong Kwong que l'on peut découvrir dans le spectaculaire Supercop 2) et Madame Siu. Ces deux super-flics vont devoir s'associer pour pouvoir arrêter un gang de faussaires particulièrement dangereux. Leur chef n'hésitera pas à kidnapper le jeune fils de Wong pour mieux couvrir ses arrières. Quelques scènes d'action sympathiques, mais pas de celles qui vont révolutionner le genre.

1- L'Aventure, c'est l'aventure
2- Fantastique Hong Kong
3- De bons vieux polars
5- La Saga folle folle folle de Hong Kong
6- Un condensé du savoir-faire de Hong Kong + le tableau récapitulatif


 

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