3- De bons vieux polars


En ce qui concerne les très bons polars qui " déménagent ", il ne faut surtout pas rater l'excellent Une Flic de Choc (Above The Law) (1986) avec le merveilleux Yuen Biao jouant ici le rôle d'un avocat dégoûté par la justice de son pays qui laisse partir un dangereux trafiquant de drogue faute de preuve (il a fait assassiner le seul témoin et toute sa famille). L'homme de lois va alors décider de faire justice lui-même, abattant l'un des deux criminels. Voulant exécuter le second dans sa maison, il est devancé par quelqu'un d'autre, mais hélas, il est vite suspecté de meurtre par l'inspecteur joué par Cynthia Rothrock. Corey Yuen chorégraphie de multiples combats spectaculaires, comme celui qu' opposent les deux tigresses : Cynthia Rothrock et Karen Shepherd. C'est en les voyant se battre que l'on peut voir la nette supériorité des metteurs en scène de Hong Kong ainsi que la confrontation finale entre Melvin Wong et le très agile Yuen Biao. Bref, du tout bon.

Dans le même style " flingues et kung fu ", on ne peut pas passer à côté de la célèbre série des Sens du Devoir (In the Line of Duty / Yes Madam dans la VO)(1985). Des réalisateurs différents se succèdent mais forment un style assez caractéristique que l'on pourra retrouver tout le long de la saga : des supers femmes flics, des gunfights violents et du kung fu à " en veux-tu en voilà ". Il faut savoir aussi que la série ne s'est jamais arrêté et que l'on peut dénombrer 7 films plus ou moins officiels (tout récemment est sorti Yes Madam 5 avec Cynthia Khan). Même s'ils ne forment pas des suites logiques avec des personnages récurants, on peut retrouver Michelle Khan / Yeoh dans les deux premiers opus et Cynthia Khan dans les deux derniers. Les deux femmes (qui trouvent ici leur premier rôle important à l'écran) se valent aussi bien dans leur jeu d'actrice que dans les scènes d'action ; et en plus, elles sont jolies : que demander de plus ? C'est d'ailleurs cette série qui propulsa leur carrière.

Cynthia Rothrock joue également la " guest star " dans le final du n° 2 (connu aussi en France sous le nom de " 2 Superflics à Hong Kong ")(1986) et c'est hélas bien là que réside le seul intérêt du film. Cette fin spectaculaire vaut à elle-seule la peine de louer la cassette : on a vraiment mal à la place des cascadeurs qui se livrent ici à des prouesses que seuls les casse-cou fous furieux de Hong Kong ont le secret. On pourrait d'ailleurs comparer ce final à celui du Police Story de Jackie Chan ou ce dernier se livrait à une démolition en règle d'une galerie marchande. Vous remplacez le grand magasin par une luxueuse propriété et vous aurez une petite idée du résultat : vraiment très impressionnant. Ce 2° volet permet également de voir Tsui Hark et Richard Ng faisant les pitres (mais était-ce vraiment raisonnable?).

Heureusement, le 1° et le 4° font remonter la moyenne. Ainsi, dans le premier, on est heureux de revoir Henry " Ayato " Sanada ( de retour de San Ku Kai ) jouer le rôle d'un super flic japonais qui va aider Michelle Khan et Michael Wong (le chef des S.D.U. dans Final Option sorti chez HK VIDEO ) à arrêter de dangereux terroristes nippons voulant venger la mort de l'un d'entre-eux. Film très violent qui aligne les scènes spectaculaires comme celle d'introduction qui se situe dans l'avion, lieu d'une véritable tuerie où les gunfights à la John Woo se mélangent avec le kung fu à la Jackie Chan. Au milieu de SDD1, c'est un bar entier qui se voit complètement détruit par ses protagonistes survitaminés. D'ailleurs, heureusement qu'ils sont en forme, parce que pour pouvoir venir à bout de ces méchants très robustes, il faut être au top. Ainsi, à bout de force, Michelle Khan / Yeoh parviendra à finir son film dans un final apocalyptique épuisant.

Dans SDD4 (connu aussi en France sous le nom de " Les Dealers de Hong Kong ")(1988), Michael Wong est ressuscité, mais c'est surtout l'occasion de retrouver l'excellent Donnie Yen au mieux de sa forme. Pour ceux qui ne le connaisse pas encore, c'est l'un des acteurs fétiches de Yuen Wo Ping (chorégraphe de l'incroyable Matrix avec Keenu Reeves) qui le fera découvrir en 1983 dans Drunken Tai Chi. En France, on le connaît pour le médiocre High Voltage, mais surtout pour son rôle de nationaliste du Lotus Blanc dans Il était une Fois en Chine 2 (c'est Yuen Wo Ping qui y dirige les combats comme par hasard ...). Le final y est tout aussi puissant dans le toujours inédit Tiger Cage 2 séquelle (de bien meilleure facture) de La Rançon des Traîtres. On peut enfin retrouver Donnie Yen dans Wing Chun (de Yuen Wo Ping ...encore lui !). Pour en revenir à SDD4, la pléthore d'acteurs excellents font de ce film le meilleur de la série : on en a le souffle coupé !!

En ce qui concerne SDD3 (1987), le prologue (un casse de bijoux très violent et très spectaculaire) laisse présager le meilleur, mais hélas ça ramollit du genou très rapidement. Seule consolation, c'est l'occasion de redécouvrir l'actrice japonaise Michiko Nishiwaki dans l'un de ses nombreux rôles de sculpturale salope (on peut la voir aussi dans le final musclé de Le Flic de Hong Kong opposée à Sibelle Hu et Les Dieux du Jeu / God of Gamblers : la superbe tatouée qui lance les dés).

Parfois appelé Queen High - In Line of Duty - The Beginning dans sa version internationale, Noces de Feu (1989) n'est pourtant pas affilié à la série susnommée. L'actrice principale (Cynthia Khan) reste la même, mais la trame est sensiblement différente : vous remplacez la super-fliquesse par la fille d'un parrain qui voit sa famille massacrée lors de son mariage et vous obtenez un film mou du genou (encore un !) pendant près de ¾ d'heure mais qui heureusement s'accélère dans la seconde partie. Ainsi, notre héroïne (aidée de ses derniers hommes de main) va nous concocter une vengeance impitoyable(comme d'habitude) visant le clan adverse. Les gunfights sanglants alternent avec des combats bien réglés: les morts vont alors tomber par grappes. Tout cela fait donc une bonne moyenne. NB : on pourra remarquer au passage Ken "D runken Master 2 " Lo dans un tout petit rôle à la fin, ce qui personnellement me fait toujours plaisir).

Iron Angels (Angel) (1988) est le premier d'une longue série (4 films officiels si je ne m'abuse), qui un peu à la manière des Sens du Devoir, met en scène un groupe de supers nanas chargées de lutter contre les méchants bandits qui sévissent dans toute l'Asie du Sud Est. On ne comptera plus les succédanés qui suivirent après, le seul petit indice qui permet de les reconnaître est le mot " Angels " qui accompagne la plupart de ces films voulant adopter le même fil conducteur : des bad guys et des supers nénettes qui vont leur mettent la pâté. Dans celui qui nous intéresse, il est question du Triangle d'Or et d'un gang de trafiquants de drogue dirigé par la sadique Madame Su (Yukari Oshima dans l'un de ses rôles les plus S.M.). Heureusement, notre trio héroïque d'agents très spéciaux est là pour préserver la veuve, l'orphelin et le gentil surfer qui est train de lire ce site merveilleux (tant pis pour les autres). Il faut dire que ces filles ont du répondant et qu'il vaut mieux se mettre aux abris quand elles dégainent leurs " machines à découdre ". Teresa Woo (aucun lien de parenté avec John), l'une des rares réalisatrices de HK, sait filmer les gunfights. Cependant, on peut rester sur sa faim car même si les scènes d'action sont de bonne qualité, la quantité est ma foi bien insuffisante par rapport à la moyenne de ses concitoyens. En plus, le Pan and Scan utilisé ici par le distributeur donne un aspect téléfilm à une oeuvre qui aurait largement mérité mieux.

Extrême Vengeance (Killer Angels)(1989) : l'"angélique " Moon Lee est chargée d'infiltrer un gang et se fait embaucher dans un night-club. Là, elle se lie d'amitié avec le premier homme de main du Parrain. S'en suivront bien évidemment des rapports dignes d'une tragédie grecque (ce qui est souvent le cas dans les films de Hong Kong). Bonne série B qui permet de revoir les " HK Angels ", toujours en aussi bonne forme. Yukari Oshima et Gordon Liu/Lau Kar Fei (le méchant tronçonneur que l'on peut admirer dans Tiger on the Beat) sont comme d'habitude excellents. Il ne faudra pas rater le climax explosif qui voit une fois de plus une petite centaine de bonshommes se faire dégommer comme dans le meilleur des " shoot'n up " de votre Playstation.

Raid pour l'Honneur (1989) met une fois de plus en scène les célèbres " Deadly China Dolls " (chères à Rick baker et Toby Russel). Ces femmes fatales (les très efficaces Moon Lee et Sibelle Hu) vont ici devoir affronter des trafiquants de drogue. Après avoir rater leur flagrant délit (à cause d'une petite voleuse jouée par Moon Lee), la police (menée par Sibelle Hu) va mettre les bouchées doubles pour finalement anéantir le gang. Mené à un rythme d'enfer, ce film mérite une fois de plus le détour. Ken Lo fait comme à son habitude une petite apparition dans les hommes de mains du méchant de service, ce qui laisse présager de beaux combats bien troussés.

Pour en finir avec Yuen Wo Ping, La Rançon des Traîtres (Tiger Cage)(1988) reste l'un de ses films les plus violents. Après une descente de police très musclée, un trafiquant de drogue se fait descendre. Son frère ne tarde pas à venger sa mort. Arrêté, il menace de dénoncer un gang de flics ripoux. Un inspecteur plus intègre que les autres (Jacky Cheung) va découvrir la corruption et s'engager avec son collègue dans une véritable tuerie entre flics, d'où personne s'en sortira indemne.Pas de quartier pour ce polar vraiment hard où tout le monde ou presque est un pourri qui s'ignore. Dommage que Donnie Yen meurt rapidement (zut, je l'ai dit), ce qui enlève un peu de kung fu dans l'histoire. Mais bon, cela reste un bon film à voir.

Dans la petite série B nerveuse et sans prétention, continuons avec Fury. C'est l'occasion de retrouver ce bon vieux Michael Wong qui ici ne retrouve plus ses rôles habituels d'officier de police (un peu à la manière de Danny Lee) mais plutôt celui d'un truand jouant dans le trafic de faux billets. Avec ses deux meilleurs amis, ces fous furieux vont bien sûr finir par s'entre-tuer. Le film pourra te laisser sur ta faim, mais il garde cependant quelques qualités inhérent aux bons petits polars secs et sans pitié. Il est à noter que l'on peut y retrouver le toujours détestable Waise Lee (un pilier du genre), le faux-frère d'Une Balle dans la Tête.

Gunmen (1988) est connu comme étant la version HK des Incorruptibles, mais aussi comme étant le premier polar new wave de l'ex colonie anglaise à être sorti sur les écrans français en 1990. Hélas, le succès escompté n'est pas au rendez-vous et Capital Films (qui le distribuait à ce moment là) ne tentera même pas de sortir les titres qu'ils avaient prévus ensuite : Shanghai Blues (qu'on attend toujours) de Tsui Hark et The Killer (qui a mis finalement presque une dizaine d'années à arriver dans l'hexagone). Il est vrai qu'à l'époque, votre humble serviteur (et comme beaucoup d'autres) n'était pas encore habitué à ce genre de cinéma au montage épileptique et à ces acteurs chinois qui se ressemblaient tous. A le regarder maintenant, on l'apprécie davantage et on peut le considérer aisément comme un petit chef d'oeuvre du genre.

Black Vengeance (Tragic Hero)(1986) est aussi un film particulier car c'est celui qui nous révéla pour la première fois le magnifique, le sublime, l'incomparable, l'extraordinaire, l'incontournable, l'inimitable Chow Yun Fat (l'autre chouchou de ma femme). Fidèle à ses rôles de gangster au grand coeur affublé de son éternel imper noir, Chow (aidé par Andy Lau) va devoir réitérer le final du Syndicat du Crime 2 pour pouvoir succéder à un parrain du milieu. Séquelle de l'inédit Rich and Famous (paru chez Made in Hong Kong en VOSTA), le film vaut donc surtout la peine pour son climax avec ses gunfights dignes des meilleurs John Woo.

Même s'il est assez moyen, il faut avoir vu Defector (Dragon Fight)(1988) car il est quand même le premier film avec Jet Lee (et Chow Sing Chi) à être parvenu en France. Rien que pour cela, tu devras regarder cette histoire de deux artistes martiaux chinois amis qui, arrivés aux USA pour une tournée sportive voient leur vie basculer. En effet, Tiger Wong (Dick Wei) est attiré par le rêve américain et décide de fuir la troupe (nous sommes juste après le massacre de la place Tien An Men), mais durant son escapade, il tue accidentellement un policier. Son ami Jimmy Lee (Jet Lee), étant resté sur place par le fait qu'il ait raté son avion, est accusé du meurtre. Pour se sortir de ce mauvais pas, Tiger sera obligé de devenir l'homme de main d'une bande de gangsters notoires, tandis que Jimmy trouvera refuge dans l'épicerie tenue par le père de Chow Sing Chi (qui n'a exceptionnellement pas un rôle comique). Les deux amis d'enfance vont par la suite devenir deux frères ennemis dont l'issue ne pourra être que fatale. Filmé entièrement aux States, The Defector (on se demande encore pourquoi ce titre ?) est quand même le premier film contemporain avec Jet Lee. On y verra comme d'habitude ses talents d'artiste martial et d'ailleurs, on peut également considérer ce film comme très légèrement autobiographique puisque Jet fit partie (tout comme son personnage) de la tournée chinoise de wu shu aux Etats Unis durant les années 70. Pour conclure, on peut dire que s'il est assez inégal dans l'ensemble, le film garde malgré tout quelques scènes puissantes comme le combat final.

L'Héritier de la Violence (Legacy of Rage)(1986) est connu comme le premier film de Brandon Lee. Ce dernier est envoyé en prison par son ami d'enfance policier (Michael Wong) pour avoir de l'avancement, mais surtout le champ libre avec sa gonzesse. Refusant de céder à ses avances, elle se fera violer. Sachant cela, Brandon essaie de s'évader, mais il échoue et devra attendre de purger sa peine pour pouvoir sortir et se venger. A voir surtout pour le final où sur-armé, Brandon Lee va se prendre pour Chow Yun Fat dans le Syndicat Du Crime 2 : explosif !!

!L'Hôtesse de la Violence (The Heist) alterne une ambiance malsaine (des filles subissent d'horribles souffrances sadiques) et un ton plutôt guilleret ; on a donc du mal à définir ce polar. Ainsi, un peu comme Jackie Brown, Betty et Carrie sont des hôtesses chargées de convoyer des diamants volés. Hélas, leur appétit vorace (elles ont eu la mauvaise idée de détourner le butin) va leur être fatal. L'une d'entre-elles va d'ailleurs mourir dans des conditions affreuses (comme Master Cyco les aime). Envoyée à l'hosto, la survivante ne pourra pas refuser longtemps l'aide de la police quand elle se rendra compte que les malfrats ne vont pas lâcher le morceau aussi facilement. Des gunfights bien couillus dans un hôpital, une course-poursuite avec des hors-bord assez explosive, des combats hargneux font de cette petite série B un divertissement tout à fait correct. Frankie Chan, l'un des nombreux touche-à-tout de HK (scénariste, acteur, producteur, musicien, cascadeur...et autres choses que j'ignore) connaît bien son affaire. C'est également l'occasion de retrouver ce bon vieux gros de Kent Cheng (le flic ripoux de Crime Story).

Reprenant la même trame que le film précédent, Les Exterminatrices (That's Money)(1990) bénéficie d'un climax explosif. Pour arriver jusque là, il faut se taper les pérégrinations de Candy et Penny, les deux collaboratrices d'un privé. Ce dernier doit livrer un paquet de morphine contre 1 million $. Hélas, il ne sait pas qu'il transporte de la drogue qui appartient à un dangereux caïd, et que l'argent va lui être volé par un traître de la Triade. Le chef des truands va alors vouloir se venger sur notre sympathique trio. Mais il ne sait pas encore qu'il a affaire à des furies capables de tout casser sur leur passage. Kung fu et gunfights sont les deux composants d'un final qui déménage vraiment ! Pour le reste ...euh....


1- L'Aventure, c'est l'aventure
2- Fantastique Hong Kong
4- Des polars parfois mous du genou
5- La Saga folle folle folle de Hong Kong
6- Un condensé du savoir-faire de Hong Kong + le tableau récapitulatif


© HKCinemagic

Les articles n'engagent que leurs auteurs. Toute reproduction d'un article du site en vue d'une édition doit faire l'objet d'une demande. Les photos utilisées pour illustrer ce site sont tirées de magazines, d'autres sites ou de VCD. Si les personnes possédant les copyrights sur ces photos ne souhaitent pas les voir figurer dans ce site, qu'elles nous préviennent, nous les retirerons.