Kwan Tak-hing, le grand interprête de Hong Fei-hong ,qui fit près de 100 films en interprétant ce personnage.

Petite Chronologie du cinéma de Hong Kong

Un livre entier pourrait être écrit sur l'histoire du cinéma de Hong Kong. Notre ambition sera ici beaucoup plus modeste. Nous nous contenterons de nous arrêter sur quelques dates clés afin d'offrir au lecteur une vision globale, mais nécessairement superficielle, d'une histoire riche en événements.


 

1924 : Le premier film
Rouge est considéré comme le premier film fait à Hong Kong.

 

1949 : La reconstruction
A la fin de la deuxième guerre mondiale, les Britanniques reprennent possession de leur colonie qui avait été occupée par les Japonais. L'industrie du cinéma peut redémarrer. Plusieurs studios occupent le terrain, produisant des films soit en mandarin, soit en cantonnais. A noter également, à cette époque, la sortie du premier film basé sur le personnage de Hung Fei-hung interprété par Kwan Tak-hing. Mis en scène par de véritables maîtres en arts martiaux, ces derniers vont donner une représentation bien plus réaliste des techniques de combat qui jusqu'alors s'apparentaient aux acrobaties de l'opéra de Pékin. Le cinéma d'art martiaux moderne chinois était né. La popularité de l'acteur est tel qu'il endossera son rôle de Hung Fei-hung pour une centaine de films. Un record !

 

Sorti en 1975, il s'agit d'un dès grand classique de Chang Cheh. Malheureusement il n'est possible que de le voir dans des versions coupées et doublées. Les fans attendent toujours que le catologue de la Shaw soit enfin disponible.1958 : L'essor de la Shaw Brother
Run Run Shaw, fils d'une famille prospère et dont les activités dans le cinéma remonte aux années 20, lance une nouvelle compagnie de production sous le nom de Shaw Brothers. Bâtie sur le modèle des studios hollywoodien, la compagnie va rapidement s'imposer devant ces rivaux et en particulier la Cathay. D'un point de vue économique ses employés sont salariés, du simple commis au réalisateur, en passant par les acteurs. Après avoir acquis un terrain à Clearwater Bay, Run Run y fit construire le " Shaw Movietown ", un complexe accueillant toutes les activités nécessaires à la création d'un film : des plateaux de cinéma bien sûr, mais aussi des magasins d'accessoires, une école pour les acteurs, des dortoirs pour les employés. La compagnie disposera également d'un circuit de distribution propre dans toute l'Asie du sud-est.

 

 

 

1967 : L'essor du film d'art martiaux
Avec Dragon Gate Inn de King Hu, qui sort sur les écrans de Hong Kong en 1969, la Shaw parvient à dépasser les productions américaines au box office. Il faudra attendre les années 90 pour que ces dernières recommencent à concurrencer sérieusement le cinéma hong kongais. Il faut dire qu'avec des films tournés en scope et en couleur, des acteurs charismatiques comme Cheng Pei-Pei ou David Chiang par exemple, des réalisateurs comme King Hu, Chang Cheh, Ho Meng-Hua et bien d'autres encore, et avec un large panel de genres proposés, le studio avait de quoi séduire le public local. De fait cette période voit un net recul du cinéma en cantonnais, la Shaw, comme sa concurrente la Cathay, tournant exclusivement en mandarin.

Le film qui lança la carrière internationale de bruce lee, quand un distributeur libanais le difusa par hasard et que le film rencontra un succès phénoménal.

1970 : L'essor de la Golden Haverst
Raymond Chow quitte la Shaw Brother pour fonder sa propre compagnie, la Golden Haverst. Convaincu que le modèle du studio comme la Shaw a vécu, il veut mettre en avant les acteurs et les réalisateurs, tout en redonnant au cantonnais sa place dans le cinéma, dans la mesure où c'est la langue parlée par 99% des hong kongais. Après avoir eu de la chance en faisant signer Bruce lee, Raymond Chow va mettre en œuvre une politique basée sur le star system, qui lui permettra de se distinguer de toutes les petites maisons de production indépendantes. Après la mort prématuré de Bruce Lee en 1973, Wang Yu, les frères Hui, Jackie Chan ou Samo Hung assureront progressivement la suprématie de la compagnie jusque dans les années 90. Il est à noter que ces stars participeront au retour du cantonais sur les écrans hong kongais jusqu'à en faire disparaître le mandarin. Quant à la Shaw Brother, elle connaîtra un lent déclin, mais continuera à produire des films jusqu'au milieu des années 80 avant de se tourner exclusivement vers la télévision.

 

1979 : La nouvelle vague
Ayant appris pour la plupart leur métier en occident, formée de la télévision, une poignée de jeunes cinéastes va bouleverser les habitudes cinématographiques en place. On y trouve Ann Hui, Allen Fong, Yim Ho, Tsui Hark, Alex Cheung ou Patrick Tam... Sans volonté de se constituer en école, chacune de ses personnalités choisira des voies parfois bien différentes. Certains montreront le quotidien, d'autres offriront des visions décalées des genres traditionnels ou s'orienteront vers le réalisme. Néanmoins la majorité de ces cinéastes resteront attaché au cinéma de genre. Les échecs commerciaux et l'indifférence des festivals internationaux auront rapidement raison du mouvement. Peu à peu les cinéastes sont obliger de se soumettre aux lois du marché.

Sworsman, l'une des productions de Tsui Hark qui lança,  avec sa suite, le renouveau du wu xia pian.

 

1984 : Les années Workshop
Après l'échec commercial de ses premiers films et quelques films commerciaux décevant,s Tsui Hark décide de fonder sa propre maison de production pour obtenir son indépendance artistique. La Workshop va générer une dynamique qui contaminera progressivement toute l'industrie cinématographique de Hong Kong. Pendant une dizaine d'années Tsui Hark lancera les modes et produira les films parmi les importants de cette période. En 1986 John Woo sort pour la Workshop le
Syndicat du crime, film qui engendre une vague sans précédent de polars. En 1987, Histoires de Fantômes Chinois lance la mode des films de fantômes romantiques. En 1990, Swordsman revitalise le film de sabre. En 1991, Once Upon A Time In China relance les films de Kung Fu.  

 

1996 : Les années crise
Depuis 1993, le cinéma de Hong Kong montre des faiblesses. Trop de films produits, une exploitation des genres trop intensive, une concurrence des films américains de plus en plus prégnante. La peur de la rétrocession, le piratage et la crise économique vont finir par mettre à mal une industrie fragilisée. Les producteurs essaieront tout. Les vieilles recettes les plus éculées, les grosses productions, les films fauchées et même le cinéma d'auteur dont Wong Kar-wai est devenu la figure emblématique en s'imposant à l'étranger. Mais rien ne parvient à redonner des couleurs au box office local, si ce n'est les adaptations de mangas. La série des Young And Dangerous (1996-1998), Feel 100% (1997), The Storm Riders (1998) ou Legend Of Speed (sorti à Noël 1999) seront les seuls à tirer leurs épingles du jeu. Une bien maigre consolation car ces films n'ont pas grand chose des chefs d'œuvres qui fleurissaient il n'y a pas si longtemps sur les écrans hong kongais.

 Young & Dangerous, une série à succès, mais à la morale douteuse (Ici une photo extraite du numéro 5).

2000 : Entre espoir et désespoir
Que nous réserve l'avenir ? La génération de réalisateurs pour remplacer les John Woo, Tsui Hark, Ann Hui ou Wong Kar-wai n'est pas encore arrivée. La mondialisation a recyclé jusqu'à les user les figures du style inventé par le cinéma de Hong Kong. Le public a déserté les salles. La Golden Harvest, symbole du cinéma de Hong Kong moderne, est menacé de fermeture. Peut-être que le phénix parviendra à renaître de ses cendres ?

 A Suivre…

 

Sources :

- Cahiers du cinéma : Hong Kong Cinéma (sept. 1984)

- City On Fire (1999) par Lisa Odham Stokes et Michael Hoover

 

Laurent HENRY (janvier 2000 - corrigé juillet 2001)


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