TOUTE MON HISTOIRE AVEC LE CINEMA DE HONG-KONG EN EXCLUSIVITE SUR INTERNET

 

1/ la première fois

Début 1994, je me rendais comme chaque semaine à mon vidéo club préféré pour me louer le dernier film américain sorti. 1994 en vidéo, c'étaient Piège en haute mer avec Steven Seagal, L'Arme fatale 3 ou encore le dernier Schwarzy : Last action hero… bref que du beau linge, mais en ce bel après-midi de printemps, une jaquette sortait du lot : sur celle-ci un homme avec un bébé dans les bras et dans une main un gros flingue. Vous l'avez deviné, j'ai craqué sur la jaquette d'Hard-Boiled. Une balle dans la tête traînait aussi au milieu de centaine de cassettes avec une affiche tout aussi destroy. Laquelle choisir ? Je demandai à l'employé du vidéo- club si ces films étaient biens, s'ils valaient un Stallone ou un Vandamme que je venais louer régulièrement. Il me conseilla le premier, A toute épreuve, le plus bourrin des deux pour lui, film très rentre dedans, je ne pouvais être déçu.

Inutile de vous expliquer l'effet que m'a fait ce film à la vu de ce chef d'œuvre, tout le monde a connu cette jouissance extrême en regardant le film de John Woo. J'ai donc de ce pas immédiatement loué le second Woo le lendemain. Le plaisir fut tout aussi fort, j'ai découvert en deux films ce qu'était le VRAI cinéma, au chiotte Seagal et ses petits copains musclés, je m'étais pris une baffe comme jamais je m'en étais pris. Depuis, je suis traumatisé par le cinéma de Hong-Kong, les WOO m'ont fait changer la vision du monde, je pouvais continuer à vivre. Pourtant,


A toute épreuve
j'ai découvert des films de Hong-Kong avant la vision de ces 2 films avec 1 ou 2 Bruce Lee et quelques Jackie Chan seventies comiques mal doublés et tronqués style le flic de Hong-Kong. Je trouvais ça pas mal, sans plus. En fait, au comique de Chan et aux pieds fulgurants de Bruce, je préfère largement les armes des polars à la Hard-Boiled et les histoires bien construites comme Une Balle Dans La Tête.

 

2/ 1994-1996 rattraper mon retard

Je ne pouvais pas rester sans rien faire, assoiffé de cinéma chinois, ces 2 années furent très intenses : tour des vidéo- clubs, rencontre avec des fans, achat de magazines spécialisés…Pour tout savoir en détails, c'est ici que ça se passe.

A/ KARA FILMS & CO

Je ressortis d'abord de mes placards tous mes IMPACT et autres MAD MOVIES qui traitaient du cinéma de Hong- Kong que je n'avais pas forcement lu à l'époque : articles sur Chinese Ghost Story, John Woo…toutes ces photos me faisaient baver, ils parlaient notamment dès 1989 de The Killer, film qui sortira en 1995 !

En vidéo, je fis le tour des vidéo - clubs de Lille, c'est comme cela que j'ai découvert pour 20 ou 30f tous les films sortis chez Kara film qui traînaient dans les bacs à solde. Hyper jouissifs à l'époque quant on a pas vu beaucoup de films de Hong-Kong, ils réunissaient tous les ingrédients indispensables dans un film de Hong-Kong : des armes, des gunfights, des ralentis, des poursuites folles dans les rues sales de HK, de l'ultraviolence et des gueules : des supers acteurs charismatiques comme Chow Yun-Fat, Andy Lau, Tony leung…immédiatement attachants. C'est vrai que maintenant, on peut dire que c'était pas fameux surtout pour les sales VF , mais ça avait le mérite d'exister. On peut quant même retenir quelques titres : Brotherhood, Black Vengeance avec Chow Yun-Fat- un mini Hard boiled -, Fury, la série Le sens du devoir ou encore Dans La Peau D'Une Femme… Aucun chef d'œuvre mais des séries B souvent sympathiques, parfois un peu Z mais qui ont le mérite de faire découvrir certains acteurs majeurs dans les années 90 : Chow Sing-Chi (dans Final Justice - voir dossier sur ce site), Mickael Wong (dans Fury), Kent Cheng (dans L'Hôtesse de la violence, ultra Z avec aussi Frankie Chan ), Danny Lee ou encore Chow Yun-Fat. Kara Film a sorti quant même un chef d'œuvre : Gunmen de Kirk Wong (réalisateur de Crime Story et futur expatrié aux USA pour le pire …et le meilleur ?).

Outre les Kara films, j'ai redécouvert Jackie Chan et j'ai vu l'un des plus grands films de Hong-Kong : Histoire de Fantômes Chinois de Chi Siu-Tung (et ses 2 suites). Quel choc ! A mille lieux des polars ultraviolents, cette fable m'a enthousiasmé pour sa musique (composé par James Wong), son côté féerique, une histoire très attachante, une actrice craquante , Joey Wong et un très grand acteur Leslie Cheung. On est loin des films fantastiques américains mais dans un fantastique chinois plein de sensualité (le baiser dans l'eau), de mystique et de folie typiquement chinoise (les personnages volent : complètement inédit).

Autre choc dispo en vidéo- club acheté 39f : L'Enfer Des Armes de Tsui Hark sorti en 1983(!) chez Scherzo avec une jaquette immonde par un certain Christophe HK Gans. Polar urbain très violent sur fond de Jean-Michel Jarre en musique (bonjour le copyright), le film a quelque chose de malsain qui le différencie des autres films de Hong-Kong que j'avais vu. A vous maintenant de le découvrir en vous abonnant à HK. Dispo en VOSTF !

Pour satisfaire mon besoin de chinoiseries, il fallait que j'aille plus loin, une fois les 30 films chinois dispos sur le marché vus, la correspondance avec d'autres amateurs était nécessaire : c'est comme cela que ma vidéothèque s'est agrandie avec des dizaines de titres en VOSTA tirés de copies laserdiscs très présents sur Paris. Alors, un grand merci et boujour en passant à Jean-Louis, grand collectionneur de films asiatiques qui m'a fait découvrir des dizaines de films parmi ses 500 films asiatiques, mais aussi à Ming, Bastien, Arnaud, Jacques (des centaines de films à partir de 1997), Mickael, Guillaume…

B/ GB :EASTEARN HEROES+MADE IN HONG-KONG

EASTERN HEROES

HK Vidéo n'existant pas encore, c'est sur l'Angleterre qu'il fallait se rabattre pour voir des films grâce aux labels Eastern Heroes ou Made in Hong-Kong. Des voyages Lille-Londres (départ 06h / retour00h) étaient ainsi organisés pour pouvoir dépenser des centaines de francs en vidéos, magazines ou autres posters. Ainsi à cette époque existait une boutique entièrement consacrée au cinéma qui nous intéresse : Eastern Heroes Shop tenue par des vendeurs assez antipathiques mais dont la boutique était bien garni. J'ai ainsi pu découvrir le premier monument de Kirk Wong : The Club (1980) avec des acteurs joués par de vrais gangsters, des bagarres à l'arme blanche… Un film qui n'a pas vieilli tout comme d'autres brûlots anarchistes de la même veine : L'enfer des armes ou Long Arm of the law. Outre ce film Eastern Heroes a sorti d'autres films intéressants comme Spooky Encounters avec Samo Hung, alias L'Exorciste Chinois chez HK, ou encore The Victim un kung-fu seventies avec toujours le gros Samo. Quant aux autres titres, ils sont à classer dans une catégorie films mineurs, plus Z qu'autre chose : Tiger on the beat 2, la suite
du sympathique premier du nom, sans Chow Yun-Fat ni les tronçonneuses ; The Tigers avec Andy Lau ou encore, pour descendre un cran en dessous New Killers In Town… Il est à noter qu'ils ont osé sortir un certain Hard Boiled 2 (DEUX !), aussi proche du film de John Woo que mes idées politiques sont proches du gros borgne de Le Pen et de son rat de service. En fait derrière ce titre racoleur se cache un gros nanar à 2 balles : The last blood avec le pop-singer Andy Lau.

Compte tenu qu' HK et ses chefs d'œuvres n'existait pas encore, les films paraissaient sympathiques, mais maintenant…voir un film Eastern Heroes, c'est comme voir un vieux Kara c'est à dire passer 1h30 devant une bouse cinématographique. Dernière chose concernant les vidéos EH, pour les amateurs de catégorie III, le label se spécialisant dans les productions cheap a aussi sorti quelques soft-porn au doux noms de Ghostly Love ou encore Escape from Brothel. Outre le magasin et les vidéos, EH a édité aussi des magazines plutôt biens faits (N&B, 80 pages environ, 35f, anglais assez simple) avec beaucoup d'illustrations, des critiques de films, des news et interviews, mais peu de dossiers poussés comme dans HK mag. En plus des mags,…ils ont sorti des bouquins (un " dico " avec des centaines de films chroniqués, plus un livre sur les actrices…avec de sublimes photos). La France a pris le relais sur l'Angleterre au niveau du cinéma de Hong-Kong, les 2 boutiques étant malheureusement fermées, tout comme le mag qui s'est arrêté à son 5e numéro. EH continue à survivre avec un site internet, la réédition de ses best-sellers vidéos sous de nouveaux packaging ainsi qu'une partie rédactionnelle dans un nouveau magazine de mangas.

MADE IN HONG-KONG

Du côté de l'Angleterre, c'est en fait avec le label Made in HK qu'il fallait compter pour pouvoir voir de bons films. Sont ainsi sorti chez ce label tenu par deux français expatriés, Tiger on the beat, A better Tomorrow III, The Killer, Saviour of the soul ou encore God of Gamblers c'est à dire les meilleurs HK avant l'heure ! Que du tout bon…Moon Warriors (1993 excellent film de Samo Hung avec Maggie Cheung et Andy Lau, avec des combats acrobatiques en apesanteur), The Barefoot Kid (1993 splendide film de kung fu de Johnny To avec Maggie Cheung et la futur star de Storm Riders, Aaron Kwok). En 1999, Made in Hong-Kong continuent de sortir des films (Zu, City On Fire…), après les sorties françaises. Inutile donc d'acheter en Angleterre étant donné que la plupart des bons films sont sortis en France. (A noté que Black Mask est sorti là bas en vidéo dans une version de…83 minutes, gardez vos vidéos HK, les films sont complets !)

 

3/ 1996-1999 : Les années " HK "

A/ LA DECOUVERTE

En avril 1996, les premières rumeurs courent qu'une collection prestigieuse de films asiatiques va sortir bientôt…La réponse à nos attentes cinéphiliques allait-elle être exaucer ? Quelques mois d'attentes plus tard…en septembre, sortie du magazine Tsunami. Et là, enfin…les premiers titres et une interview du sauveur, Christophe Gans. The killer, Le temple de Shaolin, Zu et Shogun 's Shadow, (éjaculation…oops), tels étaient les premiers titres de cette fabuleuse collection HK. Et comme ça ne suffisait pas pour le monsieur, un magazine allait être assorti à la collection.

24 Décembre 1996, ce soir c'est Noël, je me rappelle encore de ce jour…Lillois, mais fêtant cette fête à Paris, Lille étant toujours bredouille de vidéos HK, je me suis rendu chez Album m'acheter mes premiers HK, Shaolin Temple et Zu…J'ai du attendre un long et chiant repas de famille, une nuit et 300 kilomètres en voitures pour pouvoir voir les précieuses vidéos soit 24 heures d'attentes, dur !

Depuis, c'est une histoire d'amour avec HK que j'entretiens, qui continuera je l'espère encore longtemps, une histoire un peu apaisé depuis septembre 1998 faute de sortie vraiment intéressantes, mais l'amour, ça a ses hauts et ses bas alors vivement septembre prochain pour, je l'espère voir de bons et grands polars comme Full Alert ou Longest Nite. Car les vidéos sont de toute beauté :packaging, choix des films et qualité des masters. Rien à reprocher à HK qui depuis 1996 n'a fait aucune faute. Toutes nos attentes ont été résolues grâce à HK : les meilleurs Tsui Hark en moins d'un an (The Lovers, The Blade et OUATIC en tête), HK étant à ma connaissance le seul éditeur mondial à


The Lovers
proposer les 2 premiers, un rythme de parution rapide (jusqu'à 4 cassettes par mois), et surtout un magazine de luxe des plus beaux s'améliorant de numéro en numéro (le numéro 0 avec sa couverture glacée aux couleurs de ZU, ses belles photos N&B, son poster couleur central, était déjà magnifique, alors que dire quand la couleur est arrivée, quant les pages sont devenues lisses…) C'est tout simple, HK propose la meilleure collection vidéo tout genre cinématographique confondu en France et sûrement dans le monde (en terme de rythme de parution, fond et forme des vidéos, choix fait par des cinéphiles…), idem pour le magazine loin d'une revue traditionnelle (grand format, peu de publicité, excellent rapport qualité / prix compte tenu en plus de la présence de la vidéo avec un film et 30 minutes de suppléments !). Alors un conseil, si ce n'est pas déjà fait, mais ça j'en doute fortement, ACHETEZ HK, son magazine, ses vidéos, parlez-en autour de vous, copiez le moins possible (bon bien sûr on fait avec les moyens qu'on a, mais quant même, à long terme la copie tuera le marché de la vidéo comme du disque, voyez la situation alarmante actuellement à Hong-Kong où le marché du cinéma est en train de mourir à cause des VCD pirates à 2 balles)

B/ HONG-KONG AU CINEMA

DE THE KILLER AUX RETROSPECTIVES TSUI HARK

Outre les vidéos, HK a fait circulé ses films au cinéma, et ça c'était quelque chose à ne pas manquer en 1997-1998. Même si vous avez déjà vu un film en vidéo, le voir en grand écran est indispensable, un film étant à l'origine fait pour être vu en salle, n'est-ce pas ? Mon premier grand choc cinématographique a d'abord était de voir The Killer lors de sa sortie officielle le 7 mai 1995 (4 étoiles dans la revue Première, ça m'avait fait plaisir) dans une salle Gaumont de 500 places ! On était peut-être 20 dans la salle (les absents ont toujours tort), c'est triste à dire, mais voir LE film attendu depuis 1989 c'est quelque chose !(depuis 1993 en ce qui me concerne ne connaissant pas le film avant, quoique, dans un numéro de la revue Ciné-News en 1990, plusieurs pages traitaient déjà de Hong-Kong et de ses films OVNI, violents, cruels, l'article présentait des photos chocs (quant on a pas vu le film)- Chow Yun-Fat les yeux éclatés - qui m'avaient marqué)). Pour en revenir à HK, mars 1997 a été un grand événement pour tous les fans nordistes de ce cinéma avec le festival du film d'action et d'aventure de Valenciennes. Une dizaine de Tsui Hark y était présentés dont des films encore inédits en vidéo à l'heure où j'écris (lundi 10 mai 99, 23h14) : Tri Star (1995) avec Leslie Cheung, King of chess (1991) ou encore le mythique Peking opera blues (1986) (voir l'excellent dossier Tsui Hark sur ce site pour les critiques). En ce qui me concerne, je n'ai pu en voir que 2 avec un pote qui ni connaissait rien an cinéma de Hong-Kong (bonjour à Joël en passant). Il a craqué pour Maggie Cheung et l'érotisme de Green Snake. Nous avons aussi été voir Le Syndicat Du Crime 3 en compagnie de ploucs qui croyant voir un film américain sont sortis 15 minutes après le début du film après avoir bien rient des acteurs qui parlent le chinois (ayaaaaa)

HK SOS AMITIE

En septembre 1997, j'ai rencontré Laurent Henry à la Fnac devant…le stand HK, comme quoi HK en plus de sortir d'excellentes choses, rapproche les gens et les fans. Nous avons discuté devant la vidéo de The Blade qui venait d'arriver. Nous nous sommes vite rendu compte que nos passions se rapprocher et avons commencer à faire des échanges de vidéos, depuis c'est une longue amitié qui s'est construite jusqu'à la création du site. J'ai pu aussi faire la connaissance d'un ami de Laurent, Pascal (petit bonjour en passant), lui aussi fan de cinéma de Hong-Kong, ainsi que François, frère de Laurent. Petit à petit le cercle Cinémagic se construit alors…

Nouvelle rencontre déterminante en février 1998…(c'est Dallas, on dirais) Durant une nouvelle rétrospective de 7 films de Tsui Hark dans un cinéma étudiant de Lille (j'ai été à tous les films cette fois-ci), nous avons rencontré le troisième chaînon du site, le bien nommé Th. Depuis, si vous voulez tous les détails, tout ce petit monde s'est fait des restaurants chinois régulièrement, des soirées vidéos HK jusqu'à l'aboutissement en décembre 1998 par la création du site Hong-Kong Cinémagic. Tout d'abord dans un premier temps 3 à faire des articles (Laurent, Th et moi Master Cyco), le cercle s'est vite agrandi par de nouveaux écrivains en herbe (Laï Fen, le pro de l'équipe, François adepte des polars urbains et Jean Louis, le doyen du groupe...) Et ce n'est pas fini, nous attendons VOS articles, le site est ouvert à tous ! Nous voulons à court terme être LE site officiel du cinéma de Hong-Kong en France, en plus de celui d'HK bien sûr, mais nous avons le mérite contrairement à eux, de faire bouger le site toutes les semaines par de nouveaux articles, en plus nous sommes amateurs et attendons donc des amateurs comme vous. Sinon bravo à tous ceux qui s'occupent déjà d'un site en France ( Rising Sun,…) sur ce formidable moyen de communication qu'est Internet.

Voilà c'est enfin fini pour moi de vous raconter les principales étapes marquantes de la vie d'un acharné de cinéma asiatique (j'espère n'avoir rien oublier) D'ici plusieurs mois, l'article sera réactualiser si des événements se sont produits durant ce deuxième semestre 1999. Mes principaux souhaits seraient l'édition des prochains titres HK en DVD, les vidéos Polygram en VOSTF, la parution des premiers titres du label Asian Choc consacré aux cat III (Run n'kill,…), tous les films promis par AK vidéo depuis maintenant 2 longues années (As tears go by ! ! !, High Risk…), et puis aller à Hong-Kong (Laurent,Th quand est-ce que vous vous déciderez ?) pour pouvoir voir les tous derniers films au cinéma, m'imprégner des milles odeurs d'une ville fascinante et découvrir toutes ses cultures.

Ces souhaits seront-ils réalisés un jour ? Continuez à lire Hong-Kong Cinémagic et vous le saurai.

Bon allé, il est 00h34, j'vais couché maintenant, bonsoir !

 

Master Cyco Li Yun Chan © Hong-Kong Cinémagic, Mai 1999