3- Des pseudo-asiatiques :

Tous ces comédien(ne)s travaillèrent pour sûr, dans leur pays d'adoption ou répondirent à l'appel des sirènes américaines, mais ne firent en aucun cas changer la mentalité de ses habitants, se contentant de jouer les faire-valoir de l'acteur principal grimé en asiatique. Vous voulez des preuves ? Les voici :

- Victor Buono en chinois dans le pilote des Mystères de l'Ouest en 65.Marlon Brando grimé en japonais !
- Boris Karloff fût un autre détective : Mr Wong et avec Christopher Lee incarna Fu Manchu, idem pour Warner Oland (suprême gloire pour lui).
- Peter Lorre et Henry Silva nous la jouèrent Mr Moto.
- Même Marlon Brando se grima en 56 pour La Petite Maison de Thé (apprenant, comme peut le faire De Niro, quelques dialogues japonais en K7) et Shirley Mac Lane devint Ma Geisha en 61 avec Yves Montand (!).

Tout ceci n'est donc pas sérieux et prolonge le malentendu. Pour Hollywood, un bon asiatique n'est pas un asiatique mort (quoique, au cinéma tout est permis), mais doit être joué par un blanc.

 


4- Du rêve à la réalité :

En 1985, un jeune prof. américain, passionné de cinéma asiatique et féru d'arts martiaux, est parti en Chine pour y enseigner l'anglais. Il s'y fit accepter après de nombreuses difficultés et devint l'un des rares blancs à avoir reçu l'enseignement de l'art martial chinois : le wushu. Mark Saltzman a écrit un livre d'après son histoire et a interprété son propre rôle dans le sublime Le Fer et la Soie. Tenant également son propre rôle, le sifu Pan Quing Fu devint acteur pour l'occasion (sa première prestation date du Temple de Shaolin avec Jet Li en 81, ce qui est citée en référence dans le générique). Depuis, installé au Canada, il y tourne encore régulièrement. Autre intérêt du film : la découverte d'une jolie chinoise du nom de Vivian Wu, qui depuis fait carrière aux USA dans le meilleur (Le Club de la Chance, Pillow Book), en Chine le moyen (The Soong Sisters) et de nouveau aux USA pour le pire (Mutronics, Les Tortues Ninjas 3).

City on Fire, School on Fire, Full Contact, Mad Mission IV, Maximum Risk, eh bien vous connaissez ? Ringo Lam se risqua lui aussi de tourner en Occident. Bien mal lui en prit. En 90, Guerre non Déclarée sorti dans la totalke indifférence (en France en vidéo) car comme dirait mon ami Jean-Louis, c'est vraiment un film mou du genou. Pourtant le début s'annonçait sous les meilleurs auspices (comme disent les vieux), mais tout tourne très vite court. L'acteur principal Peter Lapis (!) remplaçant au pied levé Richard gere (c'est vrai !) initialement prévu est transparent, pas aidé il faut le dire par la déjà vieillissante Juliette (de Roméo en 68) Olivia Hussey, ni du cabotin Vernon Wells dont le tueur fou de Mad Max 2 semble très loin. Danny Lee (The killer) en anglais essaie de sauver les meubles, suivi de près par Rosamund "Tante Yee" Kwan qui, elle, parle très bien anglais. La débacle commence pour les réalisateurs, d'autres vont suivre. 


1- Les Japonais à Hollywood
2- Les Chinois à Hollywood
5- Les années 90 : l'essor ?
6- Le Triumvirat des années 90
7- Conclusion


© HKCinemagic

Les articles n'engagent que leurs auteurs. Toute reproduction d'un article du site en vue d'une édition doit faire l'objet d'une demande. Les photos utilisées pour illustrer ce site sont tirées de magazines, d'autres sites ou de VCD. Si les personnes possédant les copyrights sur ces photos ne souhaitent pas les voir figurer dans ce site, qu'elles nous préviennent, nous les retirerons.