1990 - 1993 : La vague néo-clasique


 

1990 : Swordsman (réalisateur, producteur)
De multiples clans usent de toutes les ruses possibles pour s'approprier un mystérieux parchemin. Un jeune épéiste, Fox (Sam Hui), et sa partenaire, Kiddo (Cecillia Yip), se retrouvent au centre des complots.

Lorsqu'il est sorti, ce film a considérablement dérouté les journalistes qui l'ont vu. Jugé trop rapide, trop compliqué, il semblait inaccessible pour le public occidental. L'habitude des films survoltés en provenance de Hong Kong aidant, il est aujourd'hui tout à fait regardable. S'il a sans doute souffert des vicissitudes d'une production chaotique, avec en particulier une deuxième partie qui s'enlise quelque peu, Swordsman n'en reste pas moins d'une beauté et d'une esthétique irréprochables, possédant une musique magnifique. Le film qui a été à l'origine du renouveau du Wu xia pian.

Disponibilité : En VCD chez Thundermedia dont la qualité d'image est trop moyenne. A noter que ce label taiwanais ne propose que la version en mandarin.

 

1990 : Spy Games (producteur)

 

1990 : Histoires de fantômes chinois 2 (producteur)
Ning (Leslie Cheung), le collecteur d'impôts du premier épisode se fait arrêter injustement par une justice arbitraire. Il parvient à se sauver de la prison où il a été enfermé, et une fois dehors, il rencontre une jeune femme (Joey Wong), qui ressemble à la femme spectre qu'il a aimée.

Abandonnant l'atmosphère romantique dans laquelle baignait le premier film, cette suite joue la carte du spectaculaire et de la surenchère. Tourné au moment des événements de Tiananmen, l'humour du film ce fait également plus noir et plus cynique.

Disponibilité : En VCD chez Universe dans une assez bonne qualité.

 

1990 : The Raid (producteur)
Dans les années 30, un médecin aventurier aide des rebelles à mettre hors d'état de nuire une usine utilisée par les Japonais pour produire des armes chimiques.

Inspiré d'une bande dessinée, les transitions se font par le biais de dessins qui en s'animant deviennent progressivement réels, ce film se veut être une sorte d'Indiana Johnes asiatique. Si le résultat est divertissant, il n'a rien d'extraordinaire.

 

1990 : The master (réalisateur, producteur)
Un jeune chinois (Jet Li) se rend à Los Angeles pour voir son maître. Malheureusement, à son arrivé, il découvre le magasin de ce dernier complètement saccagé...

Sorti en 1992 pour capitaliser sur le succès de la série des Il était une fois en Chine, ce film est très décevant. Jet Li blessé n'est que l'ombre de lui même. Quant à Tsui Hark, s'il met déjà en place la thématique de son film suivant, avec en particulier une avocate chinoise qui fait étrangement penser à tante Yee, il ne parvient pas à rendre crédible les acteurs occidentaux de piètre talent dont il dispose, il néglige sa photo, et la musique, si belle d'habitude dans ses films, est ici franchement médiocre.

 

1991 : Il était une fois en Chine (réalisateur, producteur)
Wong Fei-hung (Jet Li), devenu le chef de la milice du drapeau noire, est au centre de conflits larvés qui opposent chinois, occidentaux et triades.

Refaire un film sur la figure la plus marquante du cinéma hong kongais était un pari audacieux que Tsui Hark a été capable de relever avec brio. Renouvelant considérablement le personnage de Wong Fei-hung, il l'inscrit dans un univers politique et, plutôt que de centrer son film uniquement sur ce dernier, il multiplie intrigues et personnages donnant à son histoire un caractère de chronique. Le résultat est magnifique, l'un des plus grands films du réalisateur avec en particulier une scène d'anthologie lorsque Fei-hung se bat sur des échelles.

Disponibilité : Chez HK vidéo en V.O.S.T.F. dans une excellente copie.

 

1991 : King Of Chess (réalisateur, producteur)
Divisé en deux parties, ce film raconte d'une part l'histoire d'un jeune homme doué pour les échecs (Tony Leung Ka-fai), mais brimé par le système communiste dans les années 60; et de l'autre les mésaventures d'un jeune surdoué aux échec dans le Tawain contemporain.

Au départ, le film réalisé parYim Ho devait mettre en scène la révolution culturelle en Chine. Mais le ton trop ouvertement communiste gène Tsui Hark. Il cède alors à la tentation et reprend le film à son compte. Il utilise les images tournées par Yim Ho sous forme de flash-back et développe une histoire contemporaine se déroulant à Taiwan. Tout l'intérêt du film tient dans se regard croisé sur deux époques et deux systèmes politiques radicalement différents. Les travers de chaque époques sont dénoncés par les deux réalisateurs. Malheureusement les critiques sont lourdes et la structure du récit pesante. Sans être une totale réussite, ce projet a néanmoins le mérite d'être l'une des rares incursions de Tsui Hark dans le monde contemporain.

Disponibilité : En VCD chez Megastar dans une version de bonne qualité.

 

1991 : Histoires de fantômes chinois 3 (producteur)
Après 100 ans de tranquillité, Lau Lau et ses femmes spectres recommencent à hanter le temple Lan Ro. Un jeune moine naïf, qui accompagne son vieux maître, ne tarde à croiser les dangereux fantômes.

Après les excès du numéro deux, ce nouvel épisode tente de revenir à la formule qui fit le succès du premier opus. Les ressemblances entre les deux films sont d'ailleurs telles que certains y ont vu la volonté de Ching Siu-tung de réaliser son Histoires de fantômes chinois, libéré de la présence envahissante de Tsui Hark. Si tel est le cas, ce film prouve une fois de plus que le réalisateur a du mal à mettre en scène les moments intimistes. Néanmoins le résultat reste très plaisant au regard des nombreux sous-produits sans imagination qu'a engendrés la série. Bénéficiant de bons effets spéciaux, d'un casting solide et de costumes splendides, le film distille en effet un esprit libertin et un érotisme chic dont la présence pimente agréablement ce conte et l'évite de sombrer dans la monotonie habituelle qui caractérise les sequels.

Disponibilité : En VCD chez Universe dans une bonne qualité et surtout dans une version complète.

 

1991 : The Banquet (réalisateur)
Un fils indigne essaie de se servir de son père pour gagner de l'argent.

Cette petite comédie de boulevard n'a pas grand intérêt. Tournée pour récolter des fond afin d'aider les victimes d'inondations, elle a néanmoins le mérite de rasembler un casting pour le moins incroyable, puisque pratiquement toutes les star et les seconds rôle de l'ex-colonie brtitanique viennent faire acte de présence. Le spectateur peut alors tester à loisir sa culture cinématographique. Et il en faut. A noter un moment faire touchant, lorsque Michael Hui, le comique déchu, partage un morceau de polet avec Stephen Chow, la relève. Sans doute Tsui hark n'est pas étranger à ce clin d'oeil.

Disponibilité : En VCD chez Mei Ah dans une version de qualité correcte, mais le film est recadré plein écran.

 

1992 : Swordsman 2 (réalisateur officieux, producteur)
Fox (Jet Li) et Kiddo (Michelle reis) retournent auprès des highlanders. Quand ils arrivent, Ying (Rosamund Kwan) a disparu, mais leurs frères d'arme sont là. Fox décide de partir à la recherche de Ying et d'affronter l'invincible Asia (Brigitte Lin) qui retient le père de la jeune fille prisonnier.

Le style de la Workshop dans toute sa flamboyance : un casting incroyable, des combats délirants, des idées que vous n'auriez même pas imaginées dans vos rêves les plus fous, une musique sublime, des effets spéciaux réussis et des scènes de poésie pure qui viennent contrebalancer judicieusement la frénésie de l'action. Tout concoure à faire de ce spectacle total un enchantement. Comme d'habitude, il est difficile de déterminer la part qu'a joué Tsui Hark dans la réalisation du film. Si les combats ont incontestablement la marque de Ching Siu-tung, les relations amoureuses, les moments de poésie, l'humour font irrésistiblement penser aux films de Tsui. En tout cas, la dream team nous transporte une fois de plus au delà de l'imagination, du cinéma pur…

 

1992 : Il était une fois en Chine 2 (réalisateur, producteur)
Wong Fei-hung (Jet Li) se rend à Canton avec tante Yee (Rosamund Kwan) et Fu (Max Mok) pour assister à un congrès de médecine, mais la ville est en proie aux agissements violents de la secte du lotus blanc dont le principal objectif est de bouter les occidentaux hors de la Chine.

Les suites sont généralement synonymes d'exploitation commerciale. Ce n'est pourtant pas le cas ici. Plongeant Wong Fei-hung dans un univers plus sombre, Tsui Hark continue de développer ses idées sur le personnage et sur son environnement. Si ce second volet est indéniablement une grande réussite, il divise les fans de la saga. Pour certains, il s'agit du meilleur film de la série en raison de ses combats époustouflants et de son atmosphère crépusculaire. Les autres préfèrent quand même les charmes du premier épisode. Question de goûts…

Disponibilité : Chez HK vidéo en V.O.S.T.F. dans une excellente copie.

 

1992 : Double Dragon (réalisateur)
Séparés à leur naissance dans les années 60, des jumeaux (Jackie Chan) grandissent dans deux contextes sociaux différents. Le premier est élevé au Canada par ses riches parents et devient un musicien réputé, le deuxième, recueilli par une prostituée, s'est instruit au contact de la rue. Les deux frère se retrouvent dans le Hong Kong moderne où leur ressemblance physique va entraîner toute une série de confusions, aussi bien dans leur vie personnelle que professionnelle.

Laissant Ringo Lam s'occuper des scènes d'action (on peut noter au passage que Tsui Hark délègue volontiers l'action dans ses films, ce qui montre que ce n'est pas ce qui l'intéresse en tout premier lieu), Tsui Hark développe la dimension comique du film en offrant à Jackie Chan des situations plus riches et plus intéressantes qu'à l'habitude. Mais même si la mécanique fonctionne bien, ce film ne reste qu'un divertissement sans prétention qui ne marque pas le spectateur outre mesure.

Disponibilité : Chez HK vidéo en V.O.S.T.F. dans une excellente copie.

 

1992 : Wicked City (producteur)
Deux policiers (Jacky Cheung et Leon Lai) luttent contre de dangereux extra-terrestres qui sont capables de prendre forme humaine.

Nouvelle incursion dans la science fiction, nouvel échec.

 

1992 : L'auberge du dragon (réalisateur officieux, producteur)
Pour avoir le pouvoir absolu, l'eunuque Tsao Chu fait tuer le ministre Yu Chien et utilise ses enfants pour tendre un piège à leur oncle (Tony Leung Ka-fai) dont il craint la vengeance.  

Après l'échec de la collaboration sur Swordsman, Tsui Hark rend définitivement hommage à King Hu avec ce remake. Bénéficiant d'une photo somptueuse, d'un casting féminin de rêve (Maggie Cheung et Brigitte Lin) et de chorégraphies inspirées signées par Ching Siu-tung, ce film est un enchantement pour les yeux. Une fois de plus il est très difficile de savoir quelle a été implication exacte de Tsui Hark dans ce projet. En tout cas le style est bien celui de la Worshop.

Disponibilité : Chez HK vidéo en V.O.S.T.F. dans une excellente copie.

 

1993 : Swordsman 3 - East Is Red (producteur)
East Is RedDe retour dans le monde des arts martiaux, Asia (Brigitte Lin) l'invincible se rend compte que de nombreux imposteurs se font passer pour lui. Il décide alors de les combattre afin de régner en seul maître sur l'univers.

Souffrant d'une mauvaise réputation, son montage serait hystérique, ce film est en fait dans la lignée des deux premiers épisodes. S'il s'avère moins intéressant que ces derniers, c'est que le goût de Ching Siu-tung pour le bis l'a emporté. Les délires les plus fou sont donc au programme : espadon volant, ninjas harnachés sur des cerfs-volants, samouraï nain, bataille de bateaux volants… Amusant sans doute, mais tout ceci se fait au détriment du l'esprit plus noble et plus tragique qui traversait les deux premiers films.

 

1993 : Il était une fois en Chine 3 (réalisateur, producteur)
Accompagné de tante Yee (Rosamund Kwan) et de Fu (Max Mok), Wong Fei-hung (Jet Li) rend visite à son père qui vit à Peking. Sur place, le bon docteur est obligé de participer à une compétition de danse de lions afin de déjouer une machination politique.

Mésestimé par les anglo-saxons parce qu'il manquerait de rythme, ce film propose en fait une orientation encore différente par rapport aux deux premiers chapitres. Délaissant l'action, Tsui Hark se focalise en effet d'avantage sur le couple Fei-hung / tante Yee, approfondit sa réflexion sur l'image en introduisant une caméra cinématographique dans l'intrigue et s'attarde sur cette pratique traditionnelle qu'est la danse du Lion. Et même si Fei-hung n'affronte pas d'ennemis à la mesure de son talent, que le kung fu devient complètement aérien et hystérique, un magnifique personnage fait son apparition, pied-bot, un combattant humilié qui rejoindra Fei-Hung. Loin de s'essouffler donc, la série continue sa maturation avec ce nouvel épisode.

Disponibilité : En DVD chez Megastar dans une version quelque peu décevante. L'image n'est pas irréprochable et la bande son remixée en stéréo noie régulièrement les voix sous les bruitages.

 

1993 : The Magic Crane (producteur)
Les clans du monde des arts martiaux se réunissent pour contrecarrer un nouveau clan avide de pouvoir. Un jeune homme au cœur pur (Tony Leung Chiu Wai), qui se rend à cette réunion avec son maître, rencontre sur la route une mystérieuse jeune femme (Anita Mui) qui chevauche une cigogne géante.

Reprenant la recette à succès de la série des Swordsman, ce film y accentue la dimension merveilleuse. Cigogne magique, êtres volants, tortue géante, instruments de musique meurtriers sont les principaux ingrédients de ce film qui s'apparentent d'avantage à une féerie chinoise qu'à un Wu Xia Pian. L'intrigue du film repose sur une idée chère à Tsui Hark puisque deux femmes s'affrontent et progressivement celle qui apparaît incarner le bien sombre dans le mal, tandis que l'autre, une Rosamund Kwan revancharde, finit par gagner la sympathie du spectateur. Malheureusement, en dépit de ses bonnes idées, de ses ambitions formelles, de son casting et de la richesse des thèmes abordés, le film manque de charme, peut être parce que la réalisation de Benny Chan ne parvient pas à saisir quelques moments forts autre que les scènes d'actions, telles que les émouvantes confrontations entre Brigitte Lin et Jet Lee dans Swordman 2.

Disponibilité : En VCD chez Universe dans une qualité convenable.

 

1993 : Iron Monkey (producteur)
Un Homme masqué, qui se fait appeler Iron Monkey, dévalise les riches pour donner au pauvre. La police n'hésite pas à retenir le jeune Wong Fei-hung pour obliger son père à lui livrer Iron Monkey.

Iron MonkeyCurieusement ce film a été comparé à un Robin des bois, sans doute parce que Iron Monkey redistribue l'argent des riches au pauvres. Néanmoins ce justicier masqué fait d'avantage penser à Zorro, d'autant que le bedonnant chef de la police local ressemble au sergent Garcia tant du point de vue du caractère (un faux méchant souvent le dindon de la farce) que dans les rapports qu'il entretient avec le médecin local qui sort masqué à la nuit tombée. Au delà de ces questions d'influence, Iron Monkey exploite le retour en force des films d'arts martiaux. Si le résultat est moins ambitieux que la série des Il était une fois en Chine, ce divertissement fonctionne bien, alternant scènes d'action, parfaitement chorégraphiées par le réalisateur Yuen Woo Ping et scènes de comédie qui évitent l'humour souvent lourd comme dans Claws Of Steel. En dépit de ses qualités, le film fut un gros échec au box office à Hong Kong.

Disponibilité : En VCD chez Megarstar dans une version remasterisée. Les couleur sont chatoyantes, dommage que les seconds plans soient parfois flous.

 

1993 : Il était une fois en Chine 4 (producteur)
Alors qu'il vient juste de gagner une compétition de danse de lions, Wong Fei-hung (Zhao Wen-zhou) doit en recommencer une, cette fois pour lutter contre les huit puissances étrangères qui veulent mettre la main sur son pays.

Déléguant la mise en scène pour ce quatrième épisode, qui voit Zhao Wen-zhou remplacer Jet Li, Tsui Hark se contente d'en assurer la production. La saga se réoriente en abandonnant ses ambitions politiques pour se recentrer sur sa dimension grand spectacle. Les combats deviennent encore plus aériens, les péripéties s'enchaînent, mais l'esprit génial qui animait les trois premiers volets est perdu.

Disponibilité : Chez HK vidéo en V.O.S.T.F. dans une excellente copie.

 


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