1987 - 1989 : Le système Workshop


 

1987 : Le syndicat du crime 2 (producteur)
Emprisonné, Ho accepte d'aider la police pour protéger son frère dont la mission est d'infiltrer les milieux mafieux…

Tsui Hark pousse son ami John Woo à réaliser cette suite pour laquelle il participera surtout au scénario. La workshop entre ainsi dans l'ère de l'exploitation commerciale en choisissant de donner des suites à ses plus gros succès. Comme souvent dans ce cas de figure, la sequelle ne parvient pas à conserver le ton du film initial et joue la carte de la surenchère. Et de ce point de vue, elle ne déçoit pas, les scènes d'action étant particulièrement impressionnantes, dont un final d'anthologie qui voit les quatre héros massacrer des centaines de gangsters.

Disponibilité : Chez HK vidéo en V.O.S.T.F. dans une excellente copie.  

 

1987 : The final Victory (acteur)
Humour noir pour cette comédie sur le monde des gangsters. Tsui Hark a gagné un award pour sa prestation dans ce film.
De loin la meilleure prestation de Tsui Hark en tant qu'acteur, il joue un second rôle sérieux et ne cabotine pas comme d'habitude. Pour le reste, ce film se laisse voir, même si on était en droit d'attendre mieux de Patrick Tam.

 

1988 : Diary Of A Big Man (réalisateur officieux, producteur)
Ne sachant pas dire non aux femmes, un homme (Chow Yun-fat) se retrouve avec deux épouses (Joey Wong et Sally Yeh). Il a bien du mal à organiser son emploi du temps et doit régulièrement mettre à contribution son meilleur ami (Waise Lee), qui se retrouve lui aussi embarqué dans des situations toujours plus inextricables...

Joey Wong a raconté (E.F. n°122) que ce film aurait été tourné en vidéo par Tsui Hark avec des doublures pour tester ses gags. Annoncé comme le Big Heat de la comédie, il ressemble plutôt à une pièce de boulevard dont on aurait démultiplié les effets comiques jusqu'à saturation, un peu comme les jeux de dédoublements avec Jackie Chan dans Double Dragon. La formule fonctionne bien, Chow Yun-fat endosse toutes les postures du ridicule avec une classe qui ne tient qu'à lui. Le film est souvent drôle, avec en particulier un numéro chanté hilarant, mais parfois le rythme baisse. Sans révolutionner les relations entre les hommes et les femmes, ce film se laisse donc voir comme un divertissement sans prétention.  

Disponibilité : En VCD chez Mei Ah dans une copie de qualité correcte.

 

1988 : Gunmen (réalisateur officieux, producteur)
Un ancien soldat (Tony leung Ka-fai) devenu policier retrouve le communiste (Adam Cheung) qu'il avait combattu pendant la guerre, qui, lui, s'est reconverti dans le trafic d'opium. Aidé par ses frères d'arme, de véritables incorruptibles, le policier met alors tout en œuvre pour arrêter les agissements de son ennemi. Une nouvelle guerre s'engage entre les deux hommes…

Pour les journalistes qui défendaient le cinéma de Hong Kong, la sortie de ce film en 1989 constituait une bataille décisive, qui après le succès surprise d'Histoires de fantômes chinois, devait assurer l'implantation de ce cinéma en France, le film proposant un univers, le Shanghai des années 30, plus abordable que les folies fantastico-poétiques de son prédécesseur. Sorti fin juin (généralement les films de Hong Kong sortent au pires périodes), mal doublé, le film ne parvient pas à trouver son public, c'est un échec. Il avait pourtant bien des qualités : des personnages forts évoluant dans une ambiance qui rappelle celle des Incorruptibles dont le film s'inspirent ouvertement. Les scènes d'action possèdent la force et l'intensité de ce qui se fait de mieux à Hong Kong. Mais il est vrai que la brouille qui opposa Tsui Hark au réalisateur officiel du film, Kirk Wong, nuit à l'homogénéité du projet. Il en résulte un film intéressant, mais qui n'avait peut-être pas les qualités pour fédérer un large public.

Disponibilité : En VCD chez Megastar dans une copie de bonne qualité, mais le film est recadré 4/3.

 

1988 : Laserman (producteur)

 

1988 : The big Heat (réalisateur officieux, producteur)
Un policier (Waise Lee) perd peu à peu le contrôle de la main qui lui sert à tirer. Prêt à démissionner, il apprend que son meilleur ami vient d'être tué par des malfrats. Il monte d'urgence une équipe de copains flics pour tenter, par tous les moyens, d'arrêter les coupables.

Mêlant au polar des effets gores et de l'humour noir, Tsui Hark a voulu se démarquer des " Hero movie ", proposant une vision noire, violente et cynique de Hong Kong à l'approche de la rétrocession. En raison de gros problèmes de production de nombreux réalisateurs se sont succédés sur le tournage. Si le génial monteur David Wu est parvenu à limiter les dégâts, le film souffre quand même des changements d'orientation qui ont eu lieu. C'est dommage car ce dernier aurait pu être une œuvre sombre et impressionnante dans l'esprit de l'Enfer des armes. Au lieu de cela les différents changements de tons viennent régulièrement se parasiter les uns les autres, et notamment l'humour qui désamorce souvent l'horreur que pourrait inspirer certaines scènes. Certains trouveront ce spectacle extrêmement jouissif, les autres seront agacés par cette absence de suivi du propos.

Disponibilité : Chez HK vidéo en V.O.S.T.F. dans une excellente copie.

 

1988 : I Love Maria (acteur, producteur)
Un groupe de terroristes utilise des robots pour tenter de dominer le monde. Un inventeur fou (John Sham) et Whisky (Tsui Hark) un ex-membre du groupe vont réussir à prendre le contrôle de Maria, un robot construit à l'image de l'amie d'enfance de Whisky (Sally Yeh), elle-même chef du groupe. Avec l'aide de cette machine, ils lutteront contre les terroristes

En dépit d'une idée de départ originale, rendre hommage au Metroplis de Fritz Lang, et d'une thématique intéressante, notamment le thème du double traité sur la base d'une opposition homme / machine, cette première incursion dans le domaine de la science fiction n'est pas une grande réussite. Quelques longueurs nuisent à une intrigue passablement décousue qui laisse penser que les problèmes de productions ont dû être nombreux. En outre la musique ringarde et les effets spéciaux très grossiers ont accéléré le vieillissement du film. Cela dit, à son passage au festival de Paris, I Love Maria (baptisé Roboforce pour l'exploitation internationale) a fait sensation. Œuvre sans complexe et délirante, elle incarnait une autre façon de faire du cinéma.

Disponibilité : En DVD chez Universe dans une version de 96 min.

 

1989 : The Killer (producteur)
Un tueur à gage (Chow Yun-fat) blesse accidentellement une chanteuse (Sally Yeh) lors de l'exécution d'un contrat. Rongé par la culpabilité, il décide de tout mettre en œuvre pour l'aider à se faire rapidement greffer des cornées, seul moyen, pour elle, de ne pas perdre la vue.

Brouillé avec John Woo dans des conditions qui restent encore obscures aujourd'hui, Tsui Hark refuse de produire le film. Heureusement Chow Yun-fat fait peser son poids dans la balance et parvient à faire se concrétiser le projet. Il ne faudrait pourtant pas croire que Tsui Hark s'en soit complètement désintéressé. Il a imposé Sally Yeh, n'a pas voulu du jazz pour la musique du film et il a eu l'idée de la scène de discussion entre les deux tueurs sur les hauteurs de Hong Kong. En dépit de ces circonstances troublées, John Woo a pu réaliser l'un de ses plus grands films qui doit beaucoup à l'interprétation grandiose de Chow Yun-fat et à la capacité du réalisateur de sublimer ses personnages en leur donnant une dimension tragique.

Disponibilité : Chez HK vidéo en V.O.S.T.F. dans une excellente copie.

 

1989 : Just Heroes (producteur)
Les rivalités au sein d'un clan se déchaînent suite à l'assassinat du chef.

Destiné à aider financièrement Chang Cheh, ce film possède un casting impressionnant puisqu'on y croise David Chiang et Ti Lung, les deux acteurs fétiches du vieux maître, Danny Lee, Wu Ma, Stephen Chow, sérieux comme un pape, et même James Wong! Côté réalisation c'est John Woo qui assure, et il faut bien le dire plutôt mollement, le film ressemblant surtout à un sous-Syndicat du crime. S'il est producteur, Tsui Hark semble ne pas s'être investi directement sur le projet.

 

1989 : Web Of Deception (producteur)
Dans le style d'un film de Hitchcock, une jeune femme (Brigitte Lin) est victime d'un corbeau après avoir détourné de l'argent.
Il est très rare de voir un thriller à Hong Kong. Malheureusement si les scènes de suspens fonctionnent plutôt bien, la mise en scène reste trop classique. En plus les personnages manquent cruellement d'épaisseur. En l'absence  de personnalités fascinantes, cette histoire de corbeau et de trahison laisse le spectateur quelque peu indifférent. Une curiosité en tout cas, même si elle est loin d'être inoubliable.

 

1989 : Le syndicat du crime 3 (réalisateur, producteur)
Mark (Chow Yun-fat) arrive à Saïgon en 1974 pour venir en aide à sa famille. Là-bas il rencontre une mystérieuse aventurière (Anita Mui) dont il va tomber amoureux.

Après trois années sans avoir officiellement réaliser de film, Tsui Hark revient à la réalisation en imprimant sa marque sur la série à succès de John Woo. Et toute l'ambiguïté vient de là ! Il ne faut surtout pas espérer retrouver l'univers des deux premiers films, tant le style des deux réalisateurs est différent. Tsui Hark s'empresse de développer un personnage féminin fort et d'introduire un contexte politique à l'histoire, ce qui donne au film un ton tout autre. Une fois ces changements acceptés, le spectateur assiste à une fresque romantico-historique où l'action laisse souvent place à des moments lyriques emplis de tristesse et de nostalgie. Néanmoins Tsui Hark ne parvient pas toujours à donner à l'émotion une intensité optimale, si ce n'est dans la toute fin du film digne des plus grands moments de cinéma.

Disponibilité : Chez HK vidéo en V.O.S.T.F. dans une excellente copie dont il manque malheureusement 10 minutes par rapport à la version originale aujourd'hui perdue.

 


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